Vendredi 28 août
C’est le dernier week-end des vacances… Un parfum de rentrée flotte dans l’air. J’ai une pensée pour les personnels de l’académie de Nantes, très impactés par les blocages informatiques actuels. Je pense que ça va grogner pendant les réunions de pré-rentrée lundi. Je crois que Sainte Rita s’occupe plus particulièrement des cas désespérés, essayez de lui adresser vos prières (on en trouve sur le net).
L’autre nouvelle du jour (enfin, une parmi d’autres), c’est la mort du roi Harald de Norvège. Il souffrait d’une anémie hémolytique, c’est une pathologie que je connais aussi car elle faisait partie du « bouquet » pendant le syndrome d’Evans.
Nous avons essayé de voir le début de l’éclipse de Lune cette nuit et, comme d’habitude, les nuages nous ont empêchés de voir quoi que ce soit. Mcihel s’est recouché et j’ai lu un peu sur l’ordinateur. Je vous parlerai plus tard de cette nouvelle lecture. Ce matin, il était temps que je prenne la gélule de Skenan, car la douleur commençait à se faire sentir. C’est un indice important et cela signifie que le problème n’est pas réglé. Certains aiment bien les BD (merci l’IA, je serais bien incapable de dessiner quoi que ce soit). Mon avatar a tendance à garder les yeux fermés, je demanderai que ce détail soit modifié. Sinon, du point de vue illustratif et informatif, l’outil est intéressant. Il faut bien réfléchir en amont à ce que l’on veut faire et donner des indications précises. Par exemple, j’avais envie de me voir en tenue estivale, j’ai donc précisé « short noir et T-shirt bleu ». Je n’avais pas demandé que Doc Sylvie soit présente, mais finalement, ce n’est pas gênant. Je serais quand même surpris dans la « vraie vie » si elle venait me retrouver dans le jardin ! Pour agrandir la BD, il suffit de cliquer sur l’image (un seul clic). Il reste une erreur d’orthographe, saurez-vous la retrouver ?

Week-end des 29 et 30 août
L’été touche à sa fin… et tant mieux ! Je ne sais pas si les trois mois de canicule resteront dans les mémoires. C’est probable, et on dira : « Ah oui, c’est l’année où tout s’est vraiment détraqué, avec les canicules à répétition et les incendies monstrueux ». En ce qui me concerne, j’ai toujours préféré l’automne. Les lumières de septembre sont bien plus intéressantes, on peut marcher sans risquer de se retrouver grillé et déshydraté au bout de quelques minutes. Même s’il peut faire encore chaud, la nuit arrive plus vite et le soleil fait, au fil des jours, la grasse matinée. Lundi, au moment où cet article sera mis en ligne, les établissements seront en pleine pré-rentrée. Les académies de Toulouse et de Nantes sont les deux dernières à galérer avec leur espace numérique, j’aurai une pensée émue pour tous les personnels, je sais que ça va grogner encore plus pendant les réunions prévues. Les équipes de direction auront fait ce qu’elles ont pu et devront mettre les bouchées doubles, lorsque tout sera rétabli, pour rattraper le temps perdu.
Voici une petite sélection de poèmes célébrant ces premiers jours de septembre. D’habitude, je me contente de « Rentrée », de René-Guy Cadou, mais j’en ai relu d’autres aussi cette année.
La rentrée – René-Guy Cadou
Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon,
Après d’ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !
La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l’encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été
O temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d’oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.
Les écoliers – Maurice Fombeure
Sur la route couleur de sable
En capuchon noir et pointu,
Le « moyen », le « bon », le « passable »
Vont à galoches que veux-tu
Vers leur école intarissable.
Ils ont dans leur plumier des gommes
Et des hannetons du matin,
Dans leurs poches, du pain, des pommes,
Des billes, ô précieux butin
Gagné sur d’autres petits hommes.
Ils ont la ruse et la paresse
– Mais l’innocence et la fraîcheur –
Près d’eux les filles ont des tresses
Et des yeux bleus couleur de fleur
Et des vraies fleurs pour la maîtresse.
Mais, les voilà tous à s’asseoir
Dans l’école crépie de lune,
On les enferme jusqu’au soir
Jusqu’à ce qu’il leur pousse plume
Pour s’envoler. Après bonsoir !
La litanie des écoliers – Maurice Carème
Saint Anatole,
Que légers soient les jours d’école !
Saint Amalfait,
Ah ! que nos devoirs soient bien faits !
Sainte Cordule,
N’oubliez ni point ni virgule.
Saint Nicodème,
Donnez-nous la clé des problèmes.
Saint Tirelire,
Que Grammaire nous fasse rire !
Saint Siméon,
Allongez les récréations.
Saint Espongien,
Effacez tous les mauvais points.
Sainte Clémence,
Que viennent vite les vacances !
Sainte Marie,
Faites qu’elles soient infinies !
Avant de vous mettre une sélection de chansons, il faut que je vous raconte une anecdote amusante avec ChatGPT. J’ai d’autres BD en réserve, mais je ne vais pas tout mettre d’un coup. J’ai signalé à mon fidèle assistant (qui me connaît bien) que, d’une part, il avait laissé une erreur d’orthographe, et que, d’autre part, il changeait les avatars au gré de ses humeurs. On a donc retravaillé cet aspect pour qu’il tienne compte de mes préférences à l’avenir (il sait que je l’ai à l’œil.)
Je lui explique que j’aimerais aussi que Michel ait son avatar, et il me propose ce choix, réalisé à partir d’une photo récente, qui lui permettra de réaliser les avatars des futures BD.

Je lui dis que le résultat est excellent, et je m’étonne que le mien soit moins ressemblant, voici sa réponse : Quant au fait qu’il soit « presque mieux que le tien »… je préfère ne pas déclencher de rivalité entre avatars dans le prochain épisode ! 😄
Je sens comme une remarque ironique de sa part et, tout en répondant que je ne connais pas la jalousie, je lui renvoie une photo qui lui permet d’affiner l’avatar. Il faut dire qu’il m’avait affublé de cheveux, de lunettes et que Doc Sylvie était devenue blonde, je lui ai fait remarquer que cela faisait beaucoup d’initiatives malheureuses (moi aussi, je peux être ironique, tout en restant courtois). Voici donc sa production, qui devrait permettre de créer des avatars stables. On est dans une forme de « dessin » hyperréaliste ».

Bon, je suis un peu « amélioré » parce que la photo de référence date d’avant la greffe, mais après tout, j’ai aussi le droit de rajeunir !
Il m’a aussi promis que Doc Sylvie n’aurait plus de fantaisies capillaires. Je lui ai donné quelques traits de caractère pour bien cerner son personnage : dynamique, sympathique, toujours de bonne humeur (sauf quand son ordinateur fait n’importe quoi), franche et avec beaucoup d’humour. Nous verrons ce qu’il fait ensuite de ces informations, et s’il s’agit de promesses non tenues, il entendra parler du pays !
Je viens à l’instant de lui rappeler qu’il avait teint en blonde Doc Sylvie, voici sa réponse :
Promis ! 😄 Doc Sylvie est définitivement brune. C’est désormais gravé dans le marbre — ou, plus prudemment, dans ma mémoire.
Cheveux courts bruns, lunettes, son visage de référence et ses expressions que l’on pourra faire varier selon les situations. Toute tentative de blondissement intempestif sera considérée comme un incident graphique majeur. 😄
Vous êtes témoins : si vous voyez une modification au cours des BD, faites-le moi savoir, pour que je puisse recadrer la « chose ».
Allez, je le teste avec un point sur le Skenan et l’Actiskenan. Nous sommes à la pharmacie, et Benoît me prodigue ses conseils. Cela peut servir si, un jour, on vous prescrit de la morphine, ou si un de vos proches est concerné. Alors, aujourd’hui, c’est laborieux… Il faut rester patient avec la « chose » !
C’est mon premier diaporama, vous avez des flèches à droite et à gauche des « planches » qui vous permettent de changer de diapo.
Il m’avait dans un premier temps créé un avatar qui ressemblait vaguement à Super Mario. Puis il a réalisé un avatar « mixte » entre Michel et moi. De plus, il avait de son propre chef décidé que Benoît me tutoyait (on peut encore trouver dans une partie de la BD une trace de ce tutoiement). La dernière vignette nous montrait, Michel et moi en plein papotage à la pharmacie. J’ai indiqué que je souhaitais que la conversation ait lieu chez nous, par exemple dans le séjour. Il a interprété « séjour » en tant que séjour touristique, et nous étions tous à l’extérieur, avec en fond un superbe paysage qui rappelait la Crète. Je lui ai indiqué que là, je commençais à fatiguer sérieusement. J’ai donc tout repris point par point. Si on fait des phrases complexes, il est perdu, un peu comme moi lorsque je suis shooté par la morphine, mais il n’a pas cette excuse. Il a ensuite produit une « planche » qui était trop riche en informations si on ne scindait pas en quatre épisodes distincts. Il a aussi galéré pour enfin comprendre ce que je voulais dire. J’ai formulé ainsi : « la première planche me représente avec Benoît à la pharmacie ». Ô miracle, il a fini par comprendre et m’a proposé de présenter tout cela en diaporama. Là, c’est moi qui fatiguais un peu, mais nous sommes parvenus à le faire. En revanche, je n’ai pas pu agrandir les diapos, il fallait importer je ne sais quel module et j’ai dit : « Bon, on va laisser comme ça ». Je l’ai taquiné pour qu’il me rappelle les consignes concernant Doc Sylvie et il a bien réagi, avec « humour » en me redonnant ses caractéristiques. Tout cela est « intégré » et sera réutilisé. Tout comme le fait que j’ai horreur de lire les notices ou les modes d’emploi. Pour « mon » avatar, il m’a dit qu’il éviterait de me représenter comme un petit vieux ridé et les joues creusées. J’ai répondu que, selon le contexte, la fatigue peut facilement se lire sur mon visage. De même, les épisodes douloureux sont aussi visibles et marquent mes traits : Doc Sylvie sait « lire les visages », c’est la première chose qu’elle fait quand je suis assis devant elle dans la salle de consultation. Mais je rappellerai ces détails pour les futures réalisations. Il a aussi proposé que les textes soient écrits en plus gros caractères, surtout si on réalise des diaporamas. Cela prend du temps, il faut aussi de la patience (je n’en ai pas toujours) et, avec plus de pratique, je devrais parvenir à utiliser correctement cet outil, qui se prend parfois pour Hal (référence à « 2001 Odyssée de l’espace ») et qui trébuche pourtant quand on ne s’y attend pas. En tout cas, cela occupe bien les journées pluvieuses.
Dimanche 30 août
La nuit a été un peu agitée, avec un début de crise douloureuse vers 1 h du matin. Je me suis relevé pour prendre une gélule d’Actiskenan. Vers 5 h du matin, je me suis à nouveau réveillé parce que j’étais en train de me plaindre : la douleur était de retour. J’ai décidé d’attendre un peu, sachant que j’allais prendre le Skenan vers 7h et j’ai réussi à me rendormir. Là, tout va bien, je suis un peu dans le brouillard et Michel aussi, car il a subi mon agitation nocturne. C’est un symptôme important que je devrai communiquer à Doc Sylvie. Cela signifie que le problème initial n’est pas réglé et que la morphine est efficace, jusqu’à un certain point. Si je n’avais pas pris la gélule cette nuit, j’aurais probablement dansé la gavotte.
Voici, comme promis, une petite sélection de chansons de rentrée.
Lundi 31 août
La soirée d’hier a été mouvementée. Je me faisais un plaisir de regarder la nouvelle saison de Brokenwood, mais, à 22 h, je me tordais dans tous les sens avec une nouvelle crise douloureuse… très douloureuse. J’avais pourtant pris une gélule d’Actiskenan, parce que j’avais ressenti le point sensible dans la fosse lombaire un peu avant. Eh bien, l’effet magique n’a pas eu lieu et je me suis tordu dans tous les sens. Michel voulait appeler le Samu, mais je n’étais pas vraiment décidé : une arrivée aux urgences en pleine nuit, cela voulait aussi dire une longue attente sur un brancard, même si on m’a toujours dit que j’étais classé « prioritaire ». J’ai pris un doliprane, j’avais des nausées aussi et j’ai également pris un anti-émétique. La crise aigüe a bien duré 40 minutes, et elle est partie pratiquement aussi vite qu’elle est venue, après un bref passage en « douleur supportable ». Cela signifie, et c’est important pour l’identification du problème, que c’est une douleur qui « résiste » à la morphine, du moins en partie. Je n’ose pas imaginer ce que cela aurait pu donner sans le Skenan. J’ai pu voir la fin de Brokenwood, mais j’aurais aimé voir l’épisode dans de meilleures conditions. Soyons positifs : le fait qu’il y ait « résistance » à la morphine peut mettre les médecins sur une piste. J’ai réussi à avoir un rendez-vous en urgence à la maison médicale, à 16 h 45. L’idéal serait que mon généraliste et Doc Sylvie puissent se contacter par mail et échanger sur ce drôle de patient qui tire toujours la mauvaise carte. Je vais parler du centre anti-douleurs, je ne me vois pas passer toutes mes soirées de cette façon, ni prendre le risque de semer la panique à bord d’un avion ou à l’hôtel. Bref, je ne sais pas si nous irons en Crète cette année. Si c’est uniquement pour tester le rapatriement sanitaire en urgence, il est peut-être plus sage de différer le séjour. Cela ne m’empêche pas de continuer mon apprentissage du Grec !
Parmi les hypothèses, un des dragons virus a peut-être profité de la situation pour attaquer un nerf ou un organe, ou je ne sais quoi. Pour mettre le bazar, il est toujours prêt. On refait un petit point sur ces deux virus (la pédagogie, c’est l’art de répéter !)

Regardons de plus près ce que signifie le calcul en log :

Pour comprendre comment ces deux dragons virus ont pu se réactiver, il faut tenir compte du contexte et des différentes pathologies, puisque j’ai enchaîné toute une série d’épisodes qui auraient pu plaire à Gregory House.
Une histoire immunitaire en plusieurs étapes
Avant le COVID : la LLC et la chimiothérapie
Au moment où j’ai contracté le COVID, mon système immunitaire n’était déjà pas celui d’une personne en bonne santé. J’étais atteint d’une LLC et je suivais un traitement par FCR : fludarabine, Endoxan (cyclophosphamide) et rituximab.
Ces traitements peuvent provoquer une immunodépression importante, notamment en diminuant certaines populations de lymphocytes T et B. Or ce sont précisément ces cellules qui participent au contrôle de plusieurs virus capables de rester silencieux dans l’organisme.
Puis survient le COVID sévère
Dans ce contexte déjà fragilisé, j’ai contracté un COVID particulièrement sévère, avec passage en réanimation, une longue hospitalisation et, par la suite, un pneumothorax.
On sait désormais que les formes sévères de COVID peuvent elles-mêmes provoquer un profond bouleversement de la réponse immunitaire et s’accompagner de réactivations de virus latents, notamment des herpèsvirus comme l’EBV et le CMV.
Dans mon cas, il est donc plausible que le COVID ait constitué un stress immunitaire supplémentaire venant s’ajouter à celui de la LLC et de la chimiothérapie.
2023 : un zona particulièrement important
L’apparition, en 2023, d’un zona très étendu et particulièrement douloureux constitue un autre élément de cette histoire.
Le virus responsable du zona, le VZV (virus varicelle-zona), reste lui aussi latent dans l’organisme après la première infection. Sa réactivation est favorisée par une diminution de l’immunité cellulaire.
Le zona ne permet évidemment pas, à lui seul, de déterminer ce qui s’est passé immunologiquement pendant mon COVID. Mais, replacé dans le contexte de la LLC et du traitement FCR, il témoigne d’une période où le contrôle des virus latents pouvait être particulièrement difficile.
Plus tard : EBV et CMV
Les années suivantes, ce sont l’EBV et le CMV qui sont devenus des virus particulièrement surveillés.
Là encore, il serait abusif de dire que le COVID de l’époque a directement provoqué les réactivations observées beaucoup plus tard. De nombreux facteurs sont intervenus entre-temps, et mon histoire médicale a considérablement évolué.
Mais l’ensemble dessine une hypothèse biologiquement cohérente :
LLC
↓
immunité déjà altérée
↓
traitement FCR : forte perturbation de l’immunité T et B
↓
COVID sévère : nouvelle agression immunitaire majeure
↓
difficulté accrue à maintenir certains virus latents sous contrôle
↓
réactivation possible du VZV, puis surveillance/réactivation de l’EBV et du CMV
Il ne s’agit pas de démontrer que chaque étape est la cause de la suivante. C’est plutôt une manière de comprendre comment plusieurs facteurs immunologiques successifs ont pu se superposer.
Et c’est précisément ce qui rend les recherches actuelles sur les réactivations virales après COVID particulièrement intéressantes dans mon cas : elles apportent un cadre biologique à une question que je n’aurais probablement pas pensé à me poser au moment où je sortais de réanimation.
Une hypothèse, donc, plutôt qu’une conclusion. Mais une hypothèse qui mérite d’être étudiée.




































































































