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Greffe de moelle osseuse

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Greffe de moelle osseuse
  • La vie après la greffe, 31 août 2026

    Vendredi 28 août

    C’est le dernier week-end des vacances… Un parfum de rentrée flotte dans l’air. J’ai une pensée pour les personnels de l’académie de Nantes, très impactés par les blocages informatiques actuels. Je pense que ça va grogner pendant les réunions de pré-rentrée lundi. Je crois que Sainte Rita s’occupe plus particulièrement des cas désespérés, essayez de lui adresser vos prières (on en trouve sur le net).

    L’autre nouvelle du jour (enfin, une parmi d’autres), c’est la mort du roi Harald de Norvège. Il souffrait d’une anémie hémolytique, c’est une pathologie que je connais aussi car elle faisait partie du « bouquet » pendant le syndrome d’Evans.

    Nous avons essayé de voir le début de l’éclipse de Lune cette nuit et, comme d’habitude, les nuages nous ont empêchés de voir quoi que ce soit. Mcihel s’est recouché et j’ai lu un peu sur l’ordinateur. Je vous parlerai plus tard de cette nouvelle lecture. Ce matin, il était temps que je prenne la gélule de Skenan, car la douleur commençait à se faire sentir. C’est un indice important et cela signifie que le problème n’est pas réglé. Certains aiment bien les BD (merci l’IA, je serais bien incapable de dessiner quoi que ce soit). Mon avatar a tendance à garder les yeux fermés, je demanderai que ce détail soit modifié. Sinon, du point de vue illustratif et informatif, l’outil est intéressant. Il faut bien réfléchir en amont à ce que l’on veut faire et donner des indications précises. Par exemple, j’avais envie de me voir en tenue estivale, j’ai donc précisé « short noir et T-shirt bleu ». Je n’avais pas demandé que Doc Sylvie soit présente, mais finalement, ce n’est pas gênant. Je serais quand même surpris dans la « vraie vie » si elle venait me retrouver dans le jardin ! Pour agrandir la BD, il suffit de cliquer sur l’image (un seul clic). Il reste une erreur d’orthographe, saurez-vous la retrouver ?

    Week-end des 29 et 30 août

    L’été touche à sa fin… et tant mieux ! Je ne sais pas si les trois mois de canicule resteront dans les mémoires. C’est probable, et on dira : « Ah oui, c’est l’année où tout s’est vraiment détraqué, avec les canicules à répétition et les incendies monstrueux ». En ce qui me concerne, j’ai toujours préféré l’automne. Les lumières de septembre sont bien plus intéressantes, on peut marcher sans risquer de se retrouver grillé et déshydraté au bout de quelques minutes. Même s’il peut faire encore chaud, la nuit arrive plus vite et le soleil fait, au fil des jours, la grasse matinée. Lundi, au moment où cet article sera mis en ligne, les établissements seront en pleine pré-rentrée. Les académies de Toulouse et de Nantes sont les deux dernières à galérer avec leur espace numérique, j’aurai une pensée émue pour tous les personnels, je sais que ça va grogner encore plus pendant les réunions prévues. Les équipes de direction auront fait ce qu’elles ont pu et devront mettre les bouchées doubles, lorsque tout sera rétabli, pour rattraper le temps perdu.

    Voici une petite sélection de poèmes célébrant ces premiers jours de septembre. D’habitude, je me contente de « Rentrée », de René-Guy Cadou, mais j’en ai relu d’autres aussi cette année.

    La rentrée – René-Guy Cadou

    Odeur des pluies de mon enfance
    Derniers soleils de la saison !
    A sept ans comme il faisait bon,
    Après d’ennuyeuses vacances,
    Se retrouver dans sa maison !

    La vieille classe de mon père,
    Pleine de guêpes écrasées,
    Sentait l’encre, le bois, la craie
    Et ces merveilleuses poussières
    Amassées par tout un été

    O temps charmant des brumes douces,
    Des gibiers, des longs vols d’oiseaux,
    Le vent souffle sous le préau,
    Mais je tiens entre paume et pouce
    Une rouge pomme à couteau. 

    Les écoliers – Maurice Fombeure

    Sur la route couleur de sable

    En capuchon noir et pointu,

    Le « moyen », le « bon », le « passable »

    Vont à galoches que veux-tu

    Vers leur école intarissable.

     

    Ils ont dans leur plumier des gommes

    Et des hannetons du matin,

    Dans leurs poches, du pain, des pommes,

    Des billes, ô précieux butin

    Gagné sur d’autres petits hommes.

     

    Ils ont la ruse et la paresse

    – Mais l’innocence et la fraîcheur –

    Près d’eux les filles ont des tresses

    Et des yeux bleus couleur de fleur

    Et des vraies fleurs pour la maîtresse.

     

    Mais, les voilà tous à s’asseoir

    Dans l’école crépie de lune,

    On les enferme jusqu’au soir

    Jusqu’à ce qu’il leur pousse plume

    Pour s’envoler. Après bonsoir !

    La litanie des écoliers – Maurice Carème

    Saint Anatole,

    Que légers soient les jours d’école !

    Saint Amalfait,

    Ah ! que nos devoirs soient bien faits !

    Sainte Cordule,

    N’oubliez ni point ni virgule.

    Saint Nicodème,

    Donnez-nous la clé des problèmes.

    Saint Tirelire,

    Que Grammaire nous fasse rire !

    Saint Siméon,

    Allongez les récréations.

    Saint Espongien,

    Effacez tous les mauvais points.

    Sainte Clémence,

    Que viennent vite les vacances !

    Sainte Marie,

    Faites qu’elles soient infinies !

    Avant de vous mettre une sélection de chansons, il faut que je vous raconte une anecdote amusante avec ChatGPT. J’ai d’autres BD en réserve, mais je ne vais pas tout mettre d’un coup. J’ai signalé à mon fidèle assistant (qui me connaît bien) que, d’une part, il avait laissé une erreur d’orthographe, et que, d’autre part, il changeait les avatars au gré de ses humeurs. On a donc retravaillé cet aspect pour qu’il tienne compte de mes préférences à l’avenir (il sait que je l’ai à l’œil.)

    Je lui explique que j’aimerais aussi que Michel ait son avatar, et il me propose ce choix, réalisé à partir d’une photo récente, qui lui permettra de réaliser les avatars des futures BD.

    Je lui dis que le résultat est excellent, et je m’étonne que le mien soit moins ressemblant, voici sa réponse : Quant au fait qu’il soit « presque mieux que le tien »… je préfère ne pas déclencher de rivalité entre avatars dans le prochain épisode ! 😄

    Je sens comme une remarque ironique de sa part et, tout en répondant que je ne connais pas la jalousie, je lui renvoie une photo qui lui permet d’affiner l’avatar. Il faut dire qu’il m’avait affublé de cheveux, de lunettes et que Doc Sylvie était devenue blonde, je lui ai fait remarquer que cela faisait beaucoup d’initiatives malheureuses (moi aussi, je peux être ironique, tout en restant courtois). Voici donc sa production, qui devrait permettre de créer des avatars stables. On est dans une forme de « dessin » hyperréaliste ».

    Bon, je suis un peu « amélioré » parce que la photo de référence date d’avant la greffe, mais après tout, j’ai aussi le droit de rajeunir !

    Il m’a aussi promis que Doc Sylvie n’aurait plus de fantaisies capillaires. Je lui ai donné quelques traits de caractère pour bien cerner son personnage : dynamique, sympathique, toujours de bonne humeur (sauf quand son ordinateur fait n’importe quoi), franche et avec beaucoup d’humour. Nous verrons ce qu’il fait ensuite de ces informations, et s’il s’agit de promesses non tenues, il entendra parler du pays !

    Je viens à l’instant de lui rappeler qu’il avait teint en blonde Doc Sylvie, voici sa réponse :

    Promis ! 😄 Doc Sylvie est définitivement brune. C’est désormais gravé dans le marbre — ou, plus prudemment, dans ma mémoire.

    Cheveux courts bruns, lunettes, son visage de référence et ses expressions que l’on pourra faire varier selon les situations. Toute tentative de blondissement intempestif sera considérée comme un incident graphique majeur. 😄

    Vous êtes témoins : si vous voyez une modification au cours des BD, faites-le moi savoir, pour que je puisse recadrer la « chose ».

    Allez, je le teste avec un point sur le Skenan et l’Actiskenan. Nous sommes à la pharmacie, et Benoît me prodigue ses conseils. Cela peut servir si, un jour, on vous prescrit de la morphine, ou si un de vos proches est concerné. Alors, aujourd’hui, c’est laborieux… Il faut rester patient avec la « chose » !

    C’est mon premier diaporama, vous avez des flèches à droite et à gauche des « planches » qui vous permettent de changer de diapo.

    Il m’avait dans un premier temps créé un avatar qui ressemblait vaguement à Super Mario. Puis il a réalisé un avatar « mixte » entre Michel et moi. De plus, il avait de son propre chef décidé que Benoît me tutoyait (on peut encore trouver dans une partie de la BD une trace de ce tutoiement). La dernière vignette nous montrait, Michel et moi en plein papotage à la pharmacie. J’ai indiqué que je souhaitais que la conversation ait lieu chez nous, par exemple dans le séjour. Il a interprété « séjour » en tant que séjour touristique, et nous étions tous à l’extérieur, avec en fond un superbe paysage qui rappelait la Crète. Je lui ai indiqué que là, je commençais à fatiguer sérieusement. J’ai donc tout repris point par point. Si on fait des phrases complexes, il est perdu, un peu comme moi lorsque je suis shooté par la morphine, mais il n’a pas cette excuse. Il a ensuite produit une « planche » qui était trop riche en informations si on ne scindait pas en quatre épisodes distincts. Il a aussi galéré pour enfin comprendre ce que je voulais dire. J’ai formulé ainsi : « la première planche me représente avec Benoît à la pharmacie ». Ô miracle, il a fini par comprendre et m’a proposé de présenter tout cela en diaporama. Là, c’est moi qui fatiguais un peu, mais nous sommes parvenus à le faire. En revanche, je n’ai pas pu agrandir les diapos, il fallait importer je ne sais quel module et j’ai dit : « Bon, on va laisser comme ça ». Je l’ai taquiné pour qu’il me rappelle les consignes concernant Doc Sylvie et il a bien réagi, avec « humour » en me redonnant ses caractéristiques. Tout cela est « intégré » et sera réutilisé. Tout comme le fait que j’ai horreur de lire les notices ou les modes d’emploi. Pour « mon » avatar, il m’a dit qu’il éviterait de me représenter comme un petit vieux ridé et les joues creusées. J’ai répondu que, selon le contexte, la fatigue peut facilement se lire sur mon visage. De même, les épisodes douloureux sont aussi visibles et marquent mes traits : Doc Sylvie sait « lire les visages », c’est la première chose qu’elle fait quand je suis assis devant elle dans la salle de consultation. Mais je rappellerai ces détails pour les futures réalisations. Il a aussi proposé que les textes soient écrits en plus gros caractères, surtout si on réalise des diaporamas. Cela prend du temps, il faut aussi de la patience (je n’en ai pas toujours) et, avec plus de pratique, je devrais parvenir à utiliser correctement cet outil, qui se prend parfois pour Hal (référence à « 2001 Odyssée de l’espace ») et qui trébuche pourtant quand on ne s’y attend pas. En tout cas, cela occupe bien les journées pluvieuses.

    Dimanche 30 août

    La nuit a été un peu agitée, avec un début de crise douloureuse vers 1 h du matin. Je me suis relevé pour prendre une gélule d’Actiskenan. Vers 5 h du matin, je me suis à nouveau réveillé parce que j’étais en train de me plaindre : la douleur était de retour. J’ai décidé d’attendre un peu, sachant que j’allais prendre le Skenan vers 7h et j’ai réussi à me rendormir. Là, tout va bien, je suis un peu dans le brouillard et Michel aussi, car il a subi mon agitation nocturne. C’est un symptôme important que je devrai communiquer à Doc Sylvie. Cela signifie que le problème initial n’est pas réglé et que la morphine est efficace, jusqu’à un certain point. Si je n’avais pas pris la gélule cette nuit, j’aurais probablement dansé la gavotte.

    Voici, comme promis, une petite sélection de chansons de rentrée.

    Lundi 31 août

    La soirée d’hier a été mouvementée. Je me faisais un plaisir de regarder la nouvelle saison de Brokenwood, mais, à 22 h, je me tordais dans tous les sens avec une nouvelle crise douloureuse… très douloureuse. J’avais pourtant pris une gélule d’Actiskenan, parce que j’avais ressenti le point sensible dans la fosse lombaire un peu avant. Eh bien, l’effet magique n’a pas eu lieu et je me suis tordu dans tous les sens. Michel voulait appeler le Samu, mais je n’étais pas vraiment décidé : une arrivée aux urgences en pleine nuit, cela voulait aussi dire une longue attente sur un brancard, même si on m’a toujours dit que j’étais classé « prioritaire ». J’ai pris un doliprane, j’avais des nausées aussi et j’ai également pris un anti-émétique. La crise aigüe a bien duré 40 minutes, et elle est partie pratiquement aussi vite qu’elle est venue, après un bref passage en « douleur supportable ». Cela signifie, et c’est important pour l’identification du problème, que c’est une douleur qui « résiste » à la morphine, du moins en partie. Je n’ose pas imaginer ce que cela aurait pu donner sans le Skenan. J’ai pu voir la fin de Brokenwood, mais j’aurais aimé voir l’épisode dans de meilleures conditions. Soyons positifs : le fait qu’il y ait « résistance » à la morphine peut mettre les médecins sur une piste. J’ai réussi à avoir un rendez-vous en urgence à la maison médicale, à 16 h 45. L’idéal serait que mon généraliste et Doc Sylvie puissent se contacter par mail et échanger sur ce drôle de patient qui tire toujours la mauvaise carte. Je vais parler du centre anti-douleurs, je ne me vois pas passer toutes mes soirées de cette façon, ni prendre le risque de semer la panique à bord d’un avion ou à l’hôtel. Bref, je ne sais pas si nous irons en Crète cette année. Si c’est uniquement pour tester le rapatriement sanitaire en urgence, il est peut-être plus sage de différer le séjour. Cela ne m’empêche pas de continuer mon apprentissage du Grec !

    Parmi les hypothèses, un des dragons virus a peut-être profité de la situation pour attaquer un nerf ou un organe, ou je ne sais quoi. Pour mettre le bazar, il est toujours prêt. On refait un petit point sur ces deux virus (la pédagogie, c’est l’art de répéter !)

    Regardons de plus près ce que signifie le calcul en log :

    Pour comprendre comment ces deux dragons virus ont pu se réactiver, il faut tenir compte du contexte et des différentes pathologies, puisque j’ai enchaîné toute une série d’épisodes qui auraient pu plaire à Gregory House.

    Une histoire immunitaire en plusieurs étapes

    Avant le COVID : la LLC et la chimiothérapie

    Au moment où j’ai contracté le COVID, mon système immunitaire n’était déjà pas celui d’une personne en bonne santé. J’étais atteint d’une LLC et je suivais un traitement par FCR : fludarabine, Endoxan (cyclophosphamide) et rituximab.

    Ces traitements peuvent provoquer une immunodépression importante, notamment en diminuant certaines populations de lymphocytes T et B. Or ce sont précisément ces cellules qui participent au contrôle de plusieurs virus capables de rester silencieux dans l’organisme.

    Puis survient le COVID sévère

    Dans ce contexte déjà fragilisé, j’ai contracté un COVID particulièrement sévère, avec passage en réanimation, une longue hospitalisation et, par la suite, un pneumothorax.

    On sait désormais que les formes sévères de COVID peuvent elles-mêmes provoquer un profond bouleversement de la réponse immunitaire et s’accompagner de réactivations de virus latents, notamment des herpèsvirus comme l’EBV et le CMV.

    Dans mon cas, il est donc plausible que le COVID ait constitué un stress immunitaire supplémentaire venant s’ajouter à celui de la LLC et de la chimiothérapie.

    2023 : un zona particulièrement important

    L’apparition, en 2023, d’un zona très étendu et particulièrement douloureux constitue un autre élément de cette histoire.

    Le virus responsable du zona, le VZV (virus varicelle-zona), reste lui aussi latent dans l’organisme après la première infection. Sa réactivation est favorisée par une diminution de l’immunité cellulaire.

    Le zona ne permet évidemment pas, à lui seul, de déterminer ce qui s’est passé immunologiquement pendant mon COVID. Mais, replacé dans le contexte de la LLC et du traitement FCR, il témoigne d’une période où le contrôle des virus latents pouvait être particulièrement difficile.

    Plus tard : EBV et CMV

    Les années suivantes, ce sont l’EBV et le CMV qui sont devenus des virus particulièrement surveillés.

    Là encore, il serait abusif de dire que le COVID de l’époque a directement provoqué les réactivations observées beaucoup plus tard. De nombreux facteurs sont intervenus entre-temps, et mon histoire médicale a considérablement évolué.

    Mais l’ensemble dessine une hypothèse biologiquement cohérente :

    LLC
    ↓
    immunité déjà altérée
    ↓
    traitement FCR : forte perturbation de l’immunité T et B
    ↓
    COVID sévère : nouvelle agression immunitaire majeure
    ↓
    difficulté accrue à maintenir certains virus latents sous contrôle
    ↓
    réactivation possible du VZV, puis surveillance/réactivation de l’EBV et du CMV

    Il ne s’agit pas de démontrer que chaque étape est la cause de la suivante. C’est plutôt une manière de comprendre comment plusieurs facteurs immunologiques successifs ont pu se superposer.

    Et c’est précisément ce qui rend les recherches actuelles sur les réactivations virales après COVID particulièrement intéressantes dans mon cas : elles apportent un cadre biologique à une question que je n’aurais probablement pas pensé à me poser au moment où je sortais de réanimation.

    Une hypothèse, donc, plutôt qu’une conclusion. Mais une hypothèse qui mérite d’être étudiée.

    31 août 2026

  • La vie après la greffe, 27 août 2026

    Vendredi 21 août

    Je suppose que vous voulez savoir comment se porte mon rein droit. Il s’agit bien de lui, en l’occurrence, car j’ai vu comment le localiser précisément en enfonçant (légèrement, sinon ça peut faire très mal) les doigts sous les côtes, à l’arrière, évidemment. Anatomiquement, le rein droit est légèrement plus bas que le rein gauche (le foie prend beaucoup de place). Il n’y a pas photo, ce point est douloureux lorsque je le palpe, et la douleur, lorsqu’on n’est pas en train de triturer cet organe, peut être aiguë, ou plus sourde, elle irradie vers le flanc droit également. Là, on va dire que c’est plutôt une douleur sourde, avec encore des crises plus violentes mais qui ont l’air de s’espacer. Le salut ne viendra pas du CHU, puisque je n’ai eu aucun retour, ni du généraliste, car il faut attendre le 31 août pour avoir un rendez-vous. Vous me direz « Essaie de voir son ou sa remplaçante », et là, le premier créneau libre est le 4 septembre. Bref, ne tombez pas malade en août. De plus, je n’ai pas envie de dérouler tout le bla-bla de mon historique médical devant un interne ou une remplaçante qui ne saura sans doute pas trop quoi faire de toutes ces informations. Par exemple, je ne dois pas prendre d’ibuprofène avec la cortisone. Je suis convoqué en post-greffe le 3 septembre, donc je ferai le point avec Doc Sylvie, c’est bien la première fois qu’elle me laisse « en rade », sans doute parce qu’elle n’a pas de solution, mais bon, un petit échange avec quelques conseils aurait été le bienvenu.

    Je vais rester avec mes crises (cela ressemble tout de même à des coliques néphrétiques, d’après les descriptions que j’ai pu lire) et serrer les dents. Je ne suis pas une « urgence », dans la mesure où je ne suis pas gêné pour uriner, je n’ai pas de fièvre, je n’ai pas de vomissements incoercibles, et je tiens encore sur mes jambes. La douleur, ma foi, il faudra faire avec. Je prends du paracétamol avec prudence, donc avec parcimonie, car le foie n’apprécie pas cette molécule. Vous savez d’ailleurs qu’un surdosage en paracétamol peut détruire votre foie très rapidement.

    Comme je ne m’aventure pas trop à l’extérieur, j’ai le temps d’éplucher les informations. La nouvelle du jour, c’est que la ministre de la Santé a annoncé que le gouvernement renonçait finalement au doublement des franchises médicales. Bonne nouvelle, me direz-vous. Oui et non car il est question d’augmenter ces franchises en tenant compte de l’inflation depuis leur mise en place, soit près d’un tiers depuis 2005. Si je comprends bien, il s’agit d’un rattrapage rétroactif. Je connais pas mal de salariés qui aimeraient aussi que ce rattrapage rétroactif s’applique à leurs salaires, notamment les fonctionnaires qui ont connu les indices boqués pendant des années (si j’entends « ah mais, pour les fonctionnaires, les profs, ces fainéants qui ont plein de vacances, c’est normal », je vous jette un sort pour que vous ayez à votre tour une bonne colique néphrétique). D’après certains calculs, cela porterait les franchises, actuellement 50€ par an, à 67€, somme à multiplier par deux, puisqu’il y a deux types de franchises, sur les actes médicaux et sur les médicaments.

    Donc, pour résumer, quand il s’agit de ponctionner les malades, les lois rétroactives peuvent s’appliquer, mais quand il s’agit de revaloriser les salaires, c’est impossible. Je caricature volontairement, mais à peine. Dites donc, mesdames et messieurs les membres fort honorables du conseil Constitutionnel, c’est bien dans les clous, une loi rétroactive ? J’ai le souvenir d’avoir appris l’inverse.

    Voici un article intéressant sur le sujet… Quand vous l’aurez lu, vous pourrez vous enfoncer les doigts sous les côtes pour localiser votre rein droit. Si ça vous fait mal, c’est que vous avez dit du mal des fonctionnaires.

    https://www.franceinfo.fr/sante/du-doublement-du-plafond-a-une-indexation-sur-l-inflation-le-gouvernement-change-son-fusil-d-epaule-pour-les-franchises-medicales_8155832.html#xtor=CS2-765-[copy]-

    Week-end des 22 et 23 août

    Vendredi 22 août

    Je passe rapidement sur la douleur rénale qui m’a encore réveillé en pleine nuit, alors qu’hier soir cela semblait s’apaiser ; c’est bien fait pour moi, il ne faut pas avoir ce genre de « trucs » en plein mois d’août.

    Je lisais hier un article intéressant sur un nouveau médicament qui permet de traiter les LLC (leucémies lymphoïdes chroniques) réfractaires. J’évoquais les risques de récidive de la LLC et de la myélodysplasie il y a quelques jours. Le médicament prometteur, qui permet aussi de soigner le lymphome du manteau, se nomme le Jaypirca. Il est pris en charge à 100% et permet de soigner des malades qui sont en échec thérapeutique avec d’autres lignes de traitement. Ce sont les fameux profils génétiques « tordus », comme le disait Doc Sylvain en parlant du mien, qui peuvent provoquer des résistances aux traitements. Il faut donc ruser, trouver les bonnes portes d’entrée et court-circuiter les adaptations avant qu’elles n’aient lieu. Parfois, on utilise la méthode « Car-T cells » qui permet de modifier génétiquement les lymphocytes d’un patient, de les programmer pour attaquer les cellules « malades » avant de les réinjecter. Technique qui ne fonctionne pas pour la LLC, du moins pas encore. Donc, on reste sur les traitements classiques, avec des médicaments qui évoluent très rapidement et des laboratoires qui profitent de ce créneau pour pratiquer des prix exorbitants. Voyez par vous-mêmes : la boîte de 60 comprimés qui correspond à une dose mensuelle (x2 comprimés quotidiens) est affichée à 5397,38€. Je doute que ce prix soit le reflet réel d’une complexité à produire la molécule, il est plutôt un choix stratégique de la part des labos : c’est une « niche » de patients réfractaires, donc il concerne globalement une petite quantité d’individus pour lesquels le médicament représente un espoir réel de rémission à long terme, alors on pratique un tarif très élevé. J’ai eu en ce qui me concerne un début de traitement anti-rejet avec le Néoral, qui se situe dans les mêmes zones tarifaires, et pourtant, c’est un médicament très commun que connaissent tous les greffés, que ce soit pour la moelle osseuse ou pour des organes « solides ». Mes reins ne supportaient pas le traitement, qu’il a fallu arrêter en urgence, et c’est là que la cortisone a pris le relais. La cortisone est un médicament beaucoup plus abordable, mais elle n’a pas le même intérêt que le Néoral.

    Petite anecdote, je me sentais toujours coupable lorsque j’avais des nausées avec vomissements après avoir avalé le comprimé à 150€, sachant que l’on ne doit pas en prendre un deuxième après avoir vomi. Bon, c’est rarement arrivé, mais tout de même, j’avais l’impression de « gaspiller ».

    Tout cela pour dire que, si on veut faire effectivement des économies, il faut peut-être aussi se pencher sur les profits réalisés par l’industrie pharmaceutique et au moins interroger les pratiques lorsque ces traitements (réellement novateurs) sont pris en charge à 100%, donc par le système de santé. Cela permettrait peut-être d’éviter les économies de bouts de chandelles qui retombent sur le malade (double ou triple peine selon son statut). Le malade n’a rien demandé, surtout pas d’être réfractaire aux traitements, profiter de la situation de ces patients en mettant sur le marché des traitements efficaces, mais hors de prix devrait interroger les politiques. Les médecins s’insurgent depuis longtemps. Madame la ministre de la Santé est médecin, elle sait parfaitement ce qu’il en est, mais épargne les grands groupes pharmaceutiques.

    Voici le lien qui permet d’en savoir plus sur le Jaypirca :

    Une nouvelle spécialité dans la LLC et le lymphome du manteau : JAYPIRCA

    Pour égayer un peu cette actualité pesante, voici une pépite comme je les aime, même si j’étais complètement passé à côté quand la chanson est sortie. C’est grâce au karaoké de Nagui que j’ai pu apprécier les paroles et l’interprétation de Carmen Maria Vega toute en folie douce (ou parfois furieuse).

    On peut rester dans le registre « folie douce ou furieuse » en évoquant la rentrée pour les chefs d’établissement. Principaux, proviseurs et adjoints sont au « taquet » comme on dit. J’adorais cette période, où l’on peaufine les détails de la rentrée, où on relit les emplois du temps, parfois en les modifiant en catastrophe parce qu’un collègue un peu distrait vous a piqué le prof de sport que vous partagez sur les journées qu’il vous avait indiquées comme « disponibles ». Cela m’est arrivé, évidemment, et c’est grâce à la solidarité de mon équipe EPS, qui avait accepté de modifier l’attribution des différents niveaux que nous étions parvenus à sortir tout le monde du bourbier quelques jours avant la rentrée. Si j’avais pu mettre une fessée au collègue responsable, je l’aurais fait bien volontiers.

    Pour résoudre ces problèmes, et s’appuyer sur les documents transmis, il faut pouvoir communiquer via les messageries académiques, notamment, pour transmettre les documents de travail, les emplois du temps et les informations, aux uns et aux autres. Or, j’ai lu dans la presse régionale et nationale que les collègues sont en rade : un des proviseurs de Cholet indique qu’il est au chômage technique : le piratage des sites « éducation nationale » a conduit l’académie de Nantes, et quelques autres, à verrouiller tout le système en attendant des jours meilleurs. Le proviseur ne peut donc pas travailler normalement, il ne sait pas quelles sont les services partagés définitifs (il y a toujours des ajustements de dernière minute), il ne peut pas contacter son équipe de profs en utilisant la messagerie académique, ni envoyer la liste des fournitures aux parents, ni payer les factures, et il conclut en disant qu’il aimerait bien pouvoir travailler « normalement ». Cela pourrait faire sourire, mais je disais à Michel : « Imagine ma tête si ce genre de trucs m’était arrivé ! »

    Ce n’est pas comme s’il n’y avait rien à faire, n’est-ce pas ? L’académie de Nantes s’est souvent distinguée par des dysfonctions informatiques ou par des mises en place de logiciels « pourris » hasardeuses. Je ne risque rien à le dire, je suis un heureux retraité et j’ai souvent essuyé les plâtres. J’allais aussi à droite et à gauche dépanner mes collègues, surtout quand j’étais en Mayenne. Les secrétaires me disaient en aparté « Il/elle est au bord de la crise de nerfs depuis ce matin, on compte sur vous ! ». On reprenait les opérations calmement, sans oublier de plaisanter, et on finissait par trouver la solution. Je me souviens de cette collègue qui m’avait dit « Joël, je deviens folle ! Je rentre des services, et ils disparaissent ! » Je lui avais demandé de me montrer comment elle s’y prenait. Ma collègue était myope, malgré les lunettes qu’elle avait sur le nez, et elle cliquait sur « – » au lieu de cliquer sur « + » à chaque cours qu’elle pensait valider, elle détruisait son service au lieu de l’ajouter. Il faut dire que c’était tellement mal fichu qu’il fallait presque une loupe pour distinguer les deux signes. « Il faut imaginer Sisyphe heureux », écrivait Camus. Ma collègue avait failli terminer en psychiatrie et n’avait pas envie d’écouter les sages conseils de Camus. Alors, quand plus rien ne fonctionne avant la rentrée, on peut se dire que les H.P vont connaître des heures glorieuses.

    Dimanche 23 août

    La nuit a été à peu près calme, mais j’ai eu une nouvelle crise vers 1 h 30. J’avais pris un doliprane hier soir, j’ai donc laissé un intervalle suffisant avant d’en reprendre un ce matin. Tout ce qui est AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens, tels que l’ibuprofène) est strictement déconseillé en cas de prise de cortisone. Le seul antalgique possible sans ordonnance reste le doliprane. J’ai aussi testé une bouillotte à chauffer au micro-ondes. La chaleur est conseillée pour apaiser les douleurs, et c’est plutôt pas mal, notamment lorsqu’on est au lit, cela permet de s’endormir plus confortablement. On veille à ce que ce ne soit pas brûlant comme le bloc qui m’avait brûlé le dos au 2e degré en pneumologie, avec un probable dysfonctionnement du micro-ondes. Oui, toujours cet effet « mistigri » qui me fait tester toutes les tortures possibles. J’ai pu faire du ménage ce matin, c’est déjà ça. Si cela vous passionne (!) ou vous concerne, ou concerne quelqu’un de votre entourage, voici un article plutôt bien fait sur les coliques néphrétiques. Les crises peuvent se succéder pendant un mois, et elles ne sont pas toujours provoquées par un calcul. Il peut y avoir une inflammation de l’uretère après une pyélonéphrite, ce qui provoque une surtension du rein, qui est normalement un organe « silencieux », et qui se manifeste par des douleurs dans des cas bien précis. On sait, par exemple, que l’insuffisance rénale s’installe sans aucune douleur particulière, le rein est un organe particulièrement discret, comme le foie, d’ailleurs. Parmi les potentiels coupables, le CMV est en bonne place dans la littérature médicale. Je ne veux pas le réveiller totalement, mais on sait qu’il avait déjà ouvert un œil à la dernière analyse, en augmentant sa charge virale plus tôt que prévu

    Pyélonéphrite et, ensuite, inflammation de l’uretère : je pencherais bien pour ce cas de figure en ce qui me concerne. Ce n’est pas une urgence vitale tant qu’il n’y a pas d’infection ou de rétention urinaire importante, mais c’est bien douloureux tout de même. De toute façon, ce ne sont que de vagues hypothèses de ma part, des spéculations

    Voici le lien

    Colique néphrétique : Causes et symptômes – Santé sur le Net

    Autre thème de saison, et sans vouloir jouer les rabat-joie, il est temps pour mes amis profs de songer sérieusement à la rentrée. On vérifie sa trousse, on commence à réfléchir aux premiers cours, avec, pour les plus téméraires, une programmation annuelle, tout en sachant qu’on en viendra jamais à bout, on envoie un mail à ses collègues… Ah eh bien non, la messagerie académique semble en rade. Bon, tant pis, on va utiliser les adresses personnelles. C’est peut-être un peu tôt non ? Allez, on va leur laisser croire encore quelques jours que les vacances sont éternelles. On se demande combien de temps on va résister avant de faire un petit coucou à l’équipe de direction : « Ah tiens, bonjour M. Trucmuche, on allait essayer de vous joindre pour régler quelques derniers détails. » « Ah, voilà Mme Duchmol, avez-vous passé de bonnes vacances ? Comment ? Ah oui, votre service partagé ! Eh bien, ce sera la surprise, le rectorat est en rade, nous sommes en rade aussi, tout le monde est en rade mais on vous préviendra… quand on pourra. »

    Bon, tout compte-fait, attendez donc la pré-rentrée !

    On peut écouter un peu de musique évoquant la fin des vacances et travailler sa respiration afin de gérer le stress :

    A l’école où nous avons appris l’A B C
    La maîtresse avait des méthodes avancées
    Comme il fut doux le temps, bien éphémère, hélas
    Où cette bonne fée régna sur notre classe
    Régna sur notre classe

    Avant elle, nous étions tous des paresseux
    Des lève-nez, des cancres, des crétins crasseux
    En travaillant exclusivement que pour nous
    Les marchands de bonnets d’âne étaient sur les genoux
    Étaient sur les genoux

    La maîtresse avait des méthodes avancées
    Au premier de la classe elle promit un baiser
    Un baiser pour de bon, un baiser libertin
    Un baiser sur la bouche, enfin bref, un patin
    Enfin bref, un patin

    Aux pupitres alors, quelque chose changea
    L’école buissonnière eut plus jamais un chat
    Et les pauvres marchands de bonnets d’âne, crac
    Connurent tout à coup la faillite, le krach
    La faillite, le krach

    Lorsque le proviseur, à la fin de l’année
    Nous lut les résultats, il fut bien étonné
    La maîtresse, elle, rougit comme un coquelicot
    Car nous étions tous prix d’excellence ex-æquo
    D’excellence ex-æquo

    A la recréation, la bonne fée se mit
    En devoir de tenir ce qu’elle avait promis
    Et comme elle embrassa quarante lauréats
    Jusqu’à une heure indue la séance dura
    La séance dura

    Ce système bien sûr ne fut jamais admis
    Par l’imbécile alors recteur d’académie
    De l’école, en dépit de son beau palmarès
    On chassa pour toujours notre chère maîtresse
    Notre chère maîtresse

    La cancre fit alors sa réapparition
    Le fort en thème est redevenu l’exception
    A la fin de l’année suivante, quel fiasco
    Nous étions tous derniers de la classe ex-æquo
    De la classe ex-æquo

    A l’école où nous avons appris l’A B C
    La maîtresse avait des méthodes avancées
    Comme il fut doux le temps bien éphémère, hélas
    Où cette bonne fée régna sur notre classe
    Régna sur notre classe

    Source : LyricFind

    Paroliers : Georges Charles Brassens

    Lundi 24 août

    J’ai tenté de vous résumer ce que peut donner une crise de colique néphrétique, c’est à peu près toujours le même déroulement, avec des durées variables.

    Le doliprane, ce n’est pas si mal, il faut juste être patient pour qu’il fasse effet. Je le prends de préférence le soir, afin de passer une nuit plus tranquille, et lorsque les crises se répètent en journée. Je n’abuse pas : mon foie risquerait de ne pas apprécier, j’essaie de limiter à deux comprimés / 24 h. La déambulation ne sert certainement à rien, mais elle est souvent décrite comme une des caractéristiques de ces crises douloureuses. Je confirme : je pars souvent avec mon bol de café, le matin, et je me déplace, puis je me rassois, et ensuite je me relève. Oui, ça doit être fatigant à regarder ! En ce qui concerne la bouillotte, je dois dire que c’est plutôt apaisant, et, au moins, je n’absorbe rien de nocif.

    Mardi 25 août

    La nuit a été plutôt courte, mais calme, sans crise néphrétique et, ce matin, c’est plutôt stable. J’ai toujours ce point sensible, avec une douleur diffuse, au niveau du rein droit, mais sans crise aiguë. Espérons que le répit dure un peu.

    Qui dit réveil matinal dit revue de presse. On commence à voir, çà et là, des articles qui mentionnent les difficultés attendues pour la rentrée dans plusieurs académies, suite au blocage des applications « éducation nationale » qui empêchent les équipes de direction de travailler « normalement » et de préparer sereinement la rentrée. Toutes les académies ne sont pas logées à la même enseigne et certaines, sans que je sois capable de vous l’expliquer, échappent à ce marasme informatique. J’ai lu des échanges entre profs et, par exemple, tout fonctionne normalement dans l’académie de Strasbourg, alors que l’académie de Toulouse est elle aussi en rade. Cela concerne aussi la communication avec les familles, et l’impossibilité matérielle de saisir les coordonnées des nouveaux inscrits. Les familles s’étonnent de ne pas avoir de nouvelles de la part des établissements concernant les modalités de rentrée… Voilà qui va encore faire de la pub au service public. J’ai sélectionné un article qui fait le point. D’ailleurs, je ne pense pas que le ministre ait mentionné ces problèmes techniques devant la presse, il a préféré parler de l’interdiction des téléphones portables au lycée. Les collègues qui rament actuellement ont dû, comme ils en ont l’habitude, se sentir compris et épaulés (à lire au second degré).

    https://www.franceinfo.fr/societe/education/piratage-de-l-education-nationale-la-rentree-scolaire-aura-lieu-mais-ca-risque-d-etre-un-peu-la-pagaille-temoigne-un-chef-d-etablissement_8159294.html#xtor=CS2-765-[copy]-

    La guerre de Troie n’aura pas lieu, écrivait Jean Giraudoux, mais la rentrée vaille que vaille aura bien lieu.

    Voici un autre article qui concerne l’académie de Nantes, toujours à la peine (d’autres académies retrouvent petit à petit un fonctionnement « normal).

    « On travaille à l’aveugle », à une semaine de la rentrée des classes, les établissements scolaires dans le flou suite à une cyberattaque

    Autre nouvelle, qui confirme ce que j’expliquais récemment, le « rattrapage » sur les franchises médicales est acté. Un bon décret permettra d’éviter des débats interminables et zou, l’affaire est dans le sac. Alors, après qu’ils nous ont annoncé le pire, on serait presque soulagés. C’est oublier que ces franchises augmenteront désormais automatiquement en fonction de l’inflation alors que l’on parle de désindexer les retraites. Oui, ces nantis n’ont qu’à payer !

    https://www.franceinfo.fr/sante/le-plafond-des-franchises-medicales-finalement-fixe-a-140-euros-par-an-contre-100-euros-actuellement_8159756.html#xtor=CS2-765-[copy]-

    Petite mise à jour : suite à trois crises répétées, et très douloureuses, Michel a contacté le service post-greffe. Après plusieurs échanges téléphoniques avec l’infirmière, je suis convoqué demain matin. J’espère qu’une imagerie pourra être programmée (scanner ou échographie), afin de savoir ce qui se passe réellement au niveau de ce fichu rein. Affaire à suivre… J’ai très mal, donc je développerai ultérieurement.

    Mercredi 26 août

    Voilà, nous avons passé un long moment dans le service post-greffe, avec Doc Sylvie, un peu colère après les généralistes peu ou pas disponibles au mois d’août, qui a néanmoins et comme d’habitude été efficace. J’ai eu droit à un petit passage dans le cabinet, pour faire le point sur les douleurs et, comme moi, elle était persuadée qu’il s’agissait de coliques néphrétiques. Ensuite, ce fut la prise de sang « simplifiée », et les résultats (rapides) ont montré que tout était « nickel », dixit Doc Sylvie. Elle avait demandé un scanner en urgence, on est passé me prendre vers 11 h. Et, lorsque les résultats sont tombés, Doc Sylvie est revenue me voir (j’étais installé dans la chambre), elle m’a dit d’un air navré : « Ce n’est pas le rein, il n’y a rien qui montre une lithiase, et tout est parfait de ce côté-là. Et pourtant, vos douleurs sont réelles, mais on ne sait pas d’où elles viennent. » Elle m’a prescrit deux morphiniques puissants, le Skenan (traitement de fond, deux comprimés quotidiens) et l’Actiskenan, à prendre en cas de crise en dépit du Skenan, un toutes les 6 heures maximum. Ce sont deux antalgiques très puissants, en général donnés lorsque les douleurs cancéreuses sont insupportables. Les deux sont considérés comme un stupéfiant, avec une caractéristique impressionnante : le conditionnement en gélule permet un effet retard. Si certains veulent accélérer le processus en ouvrant la gélule pour absorber les granules, c’est la mort quasiment assurée : la morphine libérée ne peut pas être absorbée par l’organisme et c’est l’overdose. Bon, je ne suis pas joueur, mais j’imagine que le médicament peut faire l’objet de trafics en tous genres. D’ailleurs, il faut une procédure spéciale pour la délivrance des gélules, avec vérification du contenu des boîtes et procédure sécurisée. Les boîtes manquantes seront livrées demain matin. J’ai déjà pris un Actiskenan, et je prendrai le traitement de fond ce soir. Comme bien souvent avec la morphine, on a une ribambelle d’effets secondaires possibles : somnolence, nausées, constipation, baisse de l’attention (conduite déconseillée). On a aussi, sur les prises à long terme, un effet d’accoutumance qui demande des précautions lorsque l’on arrête le traitement, sinon on se retrouve comme un junkie qui n’a pas eu sa dose. Je vais être vigilant : Skenan en premier, pour le traitement de fond, et Actiskenan uniquement en cas de grosse crise douloureuse, ce qui me permettra, le cas échéant de prendre une ou deux boîtes en réserve, lors de notre séjour en Crète, de façon à pouvoir intervenir rapidement si une crise revient. Je tiens à présenter mes excuses à mon rein droit que j’ai injustement soupçonné.

    Jeudi 27 août

    J’ai fait une nuit complète et je me suis levé à une heure raisonnable, 7 h, c’est presque une grasse matinée ! La morphine est efficace, même à la dose très raisonnable de 10 mg par comprimé, mais ce matin je ressentais bien le point douloureux, sans que ce soit paroxystique. J’ai pris le comprimé magique avec les autres médicaments, sans vomito cette fois et je ne vais pas tarder à me préparer pour aller chercher les boîtes manquantes. Nous avons eu droit à un spectacle son et lumière hier. L’orage a débuté vers 20 h 30, mais il a été d’intensité modérée, avec de la pluie, de beaux éclairs bien visibles dans la nuit. Nous avons encore un peu de pluie ce matin, rien de bien conséquent mais c’est toujours ça de pris.

    J’ai demandé à ChatGPT d’illustrer la journée d’hier. Il m’a fait pas mal de bêtises dans les textes. Il reste une erreur que j’ai volontairement laissée pour que vous puissiez la retrouver. Quelques détails aussi auraient pu être rectifiés : j’étais allongé sur le lit pour la prise de sang, mais bon, l’ensemble est plutôt pas mal. Doc Sylvie n’est pas si mal réussie, l’I.A a reconstitué son avatar avec la description que je lui avais donnée. Détail amusant, dans une des versions, Doc Sylvie me tutoyait. Ce n’est pas le cas, même si on se connaît bien désormais. En revanche, Doc Sylvain m’avait appelé par mon prénom : « Joël, on y va ». Quelle que soit la forme utilisée, cela ne me dérange aucunement, les relations que l’on tisse entre patient et médecin ne dépendent pas du « tu » ou du « vous » mais du rapport de confiance qui s’établit.

    Michel m’a dit : « C’est bien, ta BD, mais on n’arrive pas à lire le texte ». Il a raison. Il n’a pas toujours raison, mais là, précisément, oui. J’ai essayé plusieurs fois d’agrandir l’image mais cela ne fonctionne pas. Je viens d’avoir une idée qui permet de résoudre ce problème (oui, parfois j’ai des idées). Il suffit d’utiliser la fonction « zoom » de votre navigateur, et là, ô miracle, le texte devient lisible. N’oubliez pas que je suis dopé à la morphine et à la cortisone. Entre deux périodes de somnolence, je peux avoir une ou deux idées intéressantes. La fonction « zoom » se trouve dans les paramètres de votre navigateur. Si vous avez peur de « faire une bêtise », utilisez une loupe, mais c’est moins pratique.

    Autre idée de la journée, je suis allé interroger Gemini pour avoir un autre point de vue sur ces douleurs « pseudo crises de coliques néphrétiques ». Il a exploré une piste qui me semble intéressante : une neuropathie douloureuse, vous savez, ce genre de choses que l’on retrouve dans la névralgie du trijumeau, tellement douloureuse qu’elle peut amener au suicide les personnes qui en sont atteintes. Gemini précise que cette attaque peut partir d’un nerf qui a été fragilisé lors de la pyélonéphrite, par exemple, ou d’une attaque par le CMV. Cela ne se voit pas au scanner, ni à l’IRM mais la description des deux types de douleurs : une douleur sourde mais constante + des crises paroxystiques correspond exactement à ces neuropathies. Autre piste, qui a été évoquée par Doc Sylvie : un zona qui serait en incubation, mais la durée des crises (depuis le 15 août) lui a fait dire « on ne voit rien au niveau de la peau… » Or, dans certains cas, le zona ne sort pas : il attaque un nerf, provoque son lot de douleurs atroces, mais il reste invisible. Les douleurs, elles, sont violentes et bien présentes, laissant les médecins perplexes. Alors, comment démêler tout cela ? Ce n’est pas du ressort de Doc Sylvie qui m’a bien précisé « Je ne suis pas médecin généraliste ». J’ai pensé à une piste que j’ai soumise à Gemini : le CHU d’Angers a un service spécialisé dans le traitement de la douleur, et il est réputé. Puisqu’on ne peut pas utiliser l’imagerie classique, les médecins s’appuient sur des questionnaires très précis : nature des douleurs, fréquences, moments de la journée où elles surviennent. Il y a aussi d’autres examens du type myélogramme. L’intérêt est la prise en charge de la douleur avec des traitements adaptés (je ne vais pas rester sous morphine très longtemps). Je reparlerai jeudi prochain de cette histoire de zona invisible et je demanderai à Doc Sylvie, au cas où les douleurs les douleurs reviendraient à l’arrêt du traitement, si une consultation dans ce servie spécialisé ne serait pas une piste à explorer, cela lui permettrait d’être libérée de ce « fardeau » car elle est très ennuyée de ne pouvoir m’aider davantage et elle déteste que ses patients souffrent, et cela me permettrait d’avoir un traitement adapté si les crises reviennent. Moralité : pensez à changer d’I.A de temps en temps.

    Au fait, oubliez la fonction « loupe », j’ai trouvé comment agrandir l’image, il suffit maintenant de cliquer sur les « BD » une seule fois, et vous aurez l’image agrandie. Merci l’I.A !

    21 août 2026

  • La vie après la greffe, 19 août 2026

    Vendredi 14 août

    Cela devrait être l’été en pente douce, comme on l’a connu jadis : les plages commençaient à se vider, les journées devenaient moins chaudes et on accueillait avec soulagement les traditionnels orages du 15 août. La rentrée était dans toutes les têtes et, en ce qui me concerne, ce fut toujours un moment de grande attente, la fin des vacances me semblait interminable. Gamin, j’étais impatient de retrouver l’école, mes copains et mes copines, la maîtresse (je n’ai jamais eu d’instituteur), l’odeur de la classe, les marronniers et les tilleuls dans la cour, et mille détails dont je me souviens encore. Plus tard, j’adorais préparer la rentrée pour mes élèves. Je me demandais à quoi ressemblerait « ma » classe de sixième et j’espérais que les deux mois de vacances auraient enfin fait grandir cette classe de 4e dont j’allais être désormais le prof principal, alias le P.P, en 3e, car, pour les différents principaux que j’ai connus dans ce petit collège du sud Mayenne, il fallait que ce soit moi en 3e B et ma collègue de lettres classiques en troisième A, même lorsque l’on suggérait de prendre un autre niveau. Refuser la charge aurait été vécu comme un affront personnel… alors on essayait de faire du mieux possible. Au gré des mutations des collègues, il y eut d’autres « tandems » de P.P, dont certains inoubliables : nous adorions « mettre le bazar », organiser des ateliers pour l’orientation, en « kidnappant » régulièrement la documentaliste et les différents conseillers d’orientation.

    Enfin, il y eut la période « principal de collège », avec le même enthousiasme lorsque je retrouvais les agents, puis les profs, les nouveaux, l’équipe « vie scolaire », les anciens, les élèves enfin. Cela me manque-t-il ? Non, je suis passé à autre chose, mais je regarde toujours, quand je passe devant un collège, si c’est l’heure de la récré, ou si le prof qui vient de se garer est heureux d’aller bosser ou pas. Cela se voit tout de suite et, s’il a la tête baissée, le dos arrondi, et les épaules qui semblent céder sous le poids de l’ennui, je le plains, et je plains les élèves.

    Je me souviens d’une prof qui arrivait le matin en soupirant, c’était terrible. Elle soupirait comme si elle allait expirer, là, sur place, avant de murmurer un lugubre « bonjour » que n’aurait pas renié Mercredi Addams. J’avais l’impression de croiser la mouette de Gaton Lagaffe. En revanche, celui ou celle qui avance d’un pas décidé, sourire aux lèvres, tête haute, fera passer une bonne journée à ses collègues et à ses élèves qui savent qu’il ou elle sera intraitable, mais juste, en vérifiant si le travail demandé a été fait, et qui apprécient son humour et l’attention qu’il (ou elle) porte à chacun. Voyez-vous, malgré tout ce qu’on leur fait subir, il reste d’excellents profs.

    Mais nous ne sommes qu’à la mi-août et un bel orage, avec un petit peu de grêle, de la pluie et du tonnerre est arrivé sans prévenir, surgi du diable Vauvert comme le disait Léon Zitrone, belle surprise matinale rafraîchissante et bienvenue. Ah, que j’aime cette délicieuse odeur de pétrichor qui s’est répandue alors que nous avions portes et fenêtres grandes ouvertes. Il a fallu fermer très vite les ouvertures exposées à la pluie battante. La jeune grive nous a ensuite occupés en venant farfouiller dans le paillasson (je parle de la « pelouse »). Peu farouche, même si elle se savait observée par la fenêtre de la cuisine, elle a soulevé des tas de débris végétaux, car l’olivier s’est délesté d’une partie de ses feuilles, tout en sautillant joyeusement. Vive la mi-août, qui nous ferait presque croire que tout va redevenir « comme avant » !

    Samedi 15 août

    C’est un grand jour pour les croyants et la mi-août pour les autres. Cela n’empêche pas (je parle des autres) de s’intéresser à l’Assomption et à la Dormition de Marie. C’est d’ailleurs un point de divergence entre les chrétiens orthodoxes et les catholiques, les premiers réfutent le dogme selon lequel elle serait « l’Immaculée Conception », lavée de tout péché originel. Pour l’église d’Orient, ainsi que pour les protestants et les anglicans, Marie est morte, c’est le concept de « dormition ». Pour la petite histoire (enfin, si on peut dire) Jésus avait demandé, sur la croix, à Jean de veiller sur sa mère. Jean était d’ailleurs le seul apôtre présent. Il y avait Marie, Madeleine et Jean. L’iconographie représente souvent Jean en pleurs, tout près de Marie au moment où cette dernière va rendre l’âme, il a tenu promesse et a toujours été à côté de la mère de Jésus. Il accueille aussi les autres apôtres, dispersés à travers le monde (il faut bien bosser un peu et évangéliser les différentes contrées) et « téléportés » sur des nuées pour rejoindre Marie au moment où celle-ci quitte le monde terrestre. Dans la religion musulmane, Maryam (Marie) occupe une place d’honneur unique et extrêmement respectée.

    Ici, ce sont les nuées orageuses qui grondent et les éclairs qui zèbrent le ciel, l’orage se rapproche avec des coups de tonnerre plus fréquents et des éclairs bien visibles… Sale temps pour une téléportation !

    L’orage s’est finalement positionné juste au-dessus de chez nous, avec un activité électrique intense et bruyante (la foudre n’est pas tombée loin, plusieurs fois de suite), beaucoup de bruit, d’éclairs, et, surtout, beaucoup de pluie sans grêle et une longue coupure électrique. Un bonheur pour le jardin, et les plants de courgettes en sont très heureux. Au bout d’un moment, l’électricité est revenue et l’orage est parti vers Angers et la partie est du département.

    Sans transition, comme on dit au journal télévisé, j’ai interrogé l’I.A ce matin après le tintamarre matinal. J’ai encore une douleur sourde au niveau du rein droit, sans fièvre ni problèmes urinaires, mais il peut y avoir un « truc » qui traîne, soit au niveau du rein, soit au niveau de l’uretère. Je vais bien voir comment cela évolue et, si cela persiste, j’en parlerai à Doc Sylvie. J’ai aussi posé la question de la récidive au cas où. En ce qui concerne la LLC (Leucémie Lymphoïde Chronique), et contrairement à ce que je pensais, la greffe de moelle osseuse avec mon profil « compliqué » (mutation TP 53 et autres anomalies), le taux de récidive post-greffe est de 35 à 40% et n’est pas vraiment différent des taux de récidives sans greffe. Cependant, et compte tenu des nouveaux traitements, la récidive serait certes ennuyeuse mais relativement gérable, avec plusieurs possibilités de traitements.

    La récidive de la myélodysplasie, elle, est beaucoup plus insidieuse. Elle se traduit par une série de signaux peu visibles : baisse des plaquettes sur plusieurs NFS, baisse des neutrophiles ou des globules rouges, et apparition de signes plus inquiétants tels la myélémie (cellules sanguines immatures) ou de blastes (cellules cancéreuses). Pour les plaquettes, neutrophiles et globules rouges, tout se passe bien pour le moment, avec des fluctuations « normales ». J’ai eu une myélémie qui est certainement due à la pyélonéphrite : la moelle osseuse a « surchauffé » pour produire suffisamment de leucocytes, mais cette myélémie était transitoire. Elle serait plus inquiétante si on la retrouvait deux fois de suite, par exemple.

    Une récidive de la myélodysplasie serait ainsi beaucoup plus fâcheuse qu’une récidive de la LLC. Les chimios classiques seraient en quelque sorte neutralisées, avec une résistance prévisible aux traitements, et il y aurait peu d’options, en dehors d’essais thérapeutiques pour lesquels il faut déjà être éligible. Le taux de récidive approche les 50% et Doc Sylvain m’a déjà dit qu’avec mon caryotype « tordu » au départ, il fallait surveiller les moindres indices laissant supposer que la maladie revient, en dépit de la greffe. Une deuxième greffe ne serait de toute façon pas l’option choisie. On peut aussi réinjecter des lymphocytes du greffon (il est conservé dans l’azote liquide au cas où), mais ce n’est pas du 100% en termes de réussite. Donc, en raison de mon profil « tordu », je vais continuer à bien fréquenter le service hématologie avec Doc Sylvain quand je serai « remis sur pied », sans cortisone, avec une GVH hépatique neutralisée et des dragons virus endormis ou neutralisés. Ce n’est pas que Doc Sylvain ne veuille pas de moi, c’est une question de suivi plus efficace en post-greffe : il est mensuel (ou presque), le temps de consultation n’est pas limité, contrairement au suivi « classique » où la surveillance devient trimestrielle, avec des consultations limitées à 15 minutes. De toute façon, Doc Sylvain est informé de mes « fantaisies » lors des réunions hebdomadaires (RCP du mercredi matin), et il peut en discuter avec Doc Sylvie.

    Toujours d’après l’I.A, le service hématologie d’Angers est très réputé, Doc Sylvie est une professionnelle « remarquable et très appréciée » et Doc Sylvain est l’un des « grands spécialistes de la myélodysplasie ». Je suis donc, mais je le savais déjà, entre de très bonnes mains et je ne suis pas inquiet. Je distingue « vigilance » et « inquiétude ou anxiété ». La vigilance consiste à bien comprendre ses résultats d’analyse, et à contacter le service si quelque chose ne va pas, l’inquiétude (ou l’anxiété) serait de l’ordre de l’irrationnel, avec la peur continue de « replonger » dans la maladie. La lucidité me fait dire qu’une récidive est de l’ordre du possible, voire du probable, et que l’équipe hématologie m’associera pour les décisions à prendre, avec la plus grande sérénité possible et en toute transparence. On se connaît tous bien désormais, et mes hématologues anges gardiens ont bien compris que je voulais être informé, et associé, en tant que patient actif, ainsi que Michel qui est associé au processus en tant qu’accompagnant actif et informé. C’est un travail d’équipe où chacun, à la place qui est la sienne, travaille en synergie avec les autres membres. J’ai déjà évoqué le cas de ces patients qui sont dans le déni et vont régulièrement en « pôle oncologie » tout en niant que leur pathologie puisse être cancéreuse, c’est bien plus compliqué pour les équipes médicales qui les suivent. Je laisse de côté les cancers cutanés secondaires, qui sont aussi sous surveillance désormais.

    J’enchaîne avec une petite page musicale pour illustrer le film « Monsieur Aznavour » que nous avons regardé hier soir. Il a été réalisé par Grand Corps Malade et Tahar Rahim qui interprète le célèbre chanteur. Les Aznavourian ont fui l’Arménie et Charles, ainsi que sa sœur arrivent en France. Leur intégration n’est pas facile, mais le père de famille leur dit « Tant qu’on est ensemble, en famille, on ne risque rien ». Ils mangent peu, mais sont joyeux, dansent et chantent avec leurs amis arméniens. Le « petit Charles » (qui restera « petit » de taille) subit la discrimination et le racisme lors de ses premières prestations sur scène, on le traite de nabot, de métèque, d’escroc arménien. Lui n’a qu’une idée en tête : réussir, à tout prix. Piaf l’étouffe, il s’en va, non sans avoir compris qu’elle lui a prodigué de précieux conseils : « Mon petit génie, une carrière de chanteur commence en France ». Son premier mariage ne lui convient plus, il divorce. Il écrit pour Sylvie, qui sera la plus belle pour aller danser, et pour Johnny, qui retient la nuit. Le film s’articule autour des succès d’Aznavour : la Bohème, Je m’voyais déjà, Désormais etc. On retrouve aussi, au début du film, ses toutes premières chansons, et les articles au vitriol de journalistes qui le descendent en flèche. La famille l’entoure et le soutient : son père, homme simple et bon, sa mère, maternelle et aimante, sa sœur, Aïda, qui n’hésite pas à lui dire sans ambages ce qu’elle juge bon pour lui. Aznavour, lui n’entoure pas grand monde : il veut être le premier. Il affirme à Franck Sinatra qu’un jour il sera payé autant que lui… Il y parvient : c’est un bosseur, un forçat du travail, un perfectionniste qui fatigue son entourage, ses musiciens et ses amis, ce n’est pas vraiment un personnage sympathique dans la vie de tous les jours et il oublie les valeurs de la famille Aznavourian en se souciant avant tout de sa carrière, et de sa fortune. Mais l’œuvre est là et les chansons sont devenues des classiques intemporels. C’est un peu comme Picasso : l’homme n’est pas des plus sympathiques, les tableaux sont d’une grande valeur artistique. L’interprétation de Tahar Rahim est juste, parfois un peu forcée pour certaines mimiques aznavouriennes (c’est mon avis), et j’ai trouvé que l’interprétation de Piaf manquait de nuances (Marie-Julie Baup), mais c’est un film réussi et j’ai beaucoup aimé Hovnatan Avédikian dans le rôle de Mischa Aznavourian, le père, rayonnant et solaire. On croise aussi les célébrités de l’époque : Francis Blanche, Trénet, auquel Mischa sert de grandes rasades de vin en lui disant combien il l’admire, Bécaud, qui a le même souci des textes ciselés et des mots choisis en tant que parolier, Johnny, dans sa période « Yé-yé timide », « Franckie » Sinatra et bien d’autres.

    Dimanche 16 août

    On peut les appeler « les rescapées de la canicule » : quelques fleurs ont malgré tout résisté, et les pétunias inattendus se sont retrouvés ici ou là. Les cyclamens de Naples pointent leurs premières fleurs, et, en général, cela signifie la fin de l’été (ouf !)

    On trouve sur le site Accueil | Ellye des informations très utiles sur les « cancers du sang ». Je visionne un webinaire qui est consacré aux vacances quand on est immunodéprimé. Je ne suis pas concerné par les précautions à prendre en tant que salarié en arrêt de maladie, mais cela peut concerner certains d’entre vous. Il y a aussi d’autres conseils, très utiles, sur le fait de se protéger contre le soleil, les médicaments, les précautions alimentaires, les vaccins etc.

    En ce qui concerne la Crète, il est fermement déconseillé de boire l’eau du robinet. Elle est traitée, bien évidemment, mais contient certains micro-organismes auxquels nos systèmes immunitaires, même performants, ne sont pas habitués. Je vous laisse imaginer la tourista pour un immunodéprimé, qui peut se terminer par une hospitalisation, avec un rapatriement ! De même, il faut être prudent avec les fruits (privilégier ceux que l’on peut éplucher, ou renoncer) et avec les charcuteries ou fromages d’origine artisanale (mince alors pour la féta à déguster dans une exploitation de montagne). Il vaut mieux également éviter les viandes peu cuites ou les poissons et crustacés si on a des doutes (de toute façon, si j’avais un « doute », même en France je ne les consommerais pas). Ceci dit, je n’irai pas consommer des huîtres en Crète (je ne sais même pas s’ils en ont) ou un tartare de poisson, ou de bœuf.

    Le 3 septembre, lorsque j’aurai la nouvelle ordonnance, je demanderai à ChatGPT de la traduire en Anglais et en Grec, avec les noms équivalents des médicaments, j’espère qu’il me fera ça sans entourloupe, mais je ferai quelques vérifications tout de même. Je pourrais demander à Doc Sylvie de le faire, mais j’imagine déjà la réponse et je ne veux pas la mettre de mauvaise humeur !

    Je doute que vous ayez la patience de tout regarder, mais, si un jour vous avec besoin de retrouver le lien pour quelqu’un de votre entourage qui serait concerné, eh bien c’est ici. On trouve aussi sur le site Ellye des informations très bien faites et fiables.

    Replay webinaire « Comment se préparer pour les vacances lorqu’on est immunodéprimé » | Ellye

    Lundi 17 août

    Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous les « bonnes » nouvelles de la rentrée. D’abord, on a l’assurance maladie : les caisses sont vides, il faut donc demander un effort… Et à qui ? Aux malades, évidemment !

    Vous devrez donc vous attendre à un doublement des franchises médicales : elles étaient limitées à 50€ par an, ce sera désormais 100€, pour la participation forfaitaire (médicaments, actes médicaux, y compris radiologiques et biologiques) ce sera la même chose : de 50€ à 100€. Pour information, les patients en ALD (cancers, maladies chroniques etc) sont soumis à ces prélèvements. On arrivera donc très rapidement à 200€. Il paraît que certains ne paient jamais ces participations et franchises, et que cela met l’équilibre de la Sécu en péril. Donc, en toute logique, on demande aux autres de payer pour eux. Cherchez l’erreur. Alors, sur un salaire (ou une retraite) confortable, cela paraîtra moins douloureux que sur un petit salaire… eh oui, ces sommes ne tiennent pas compte des revenus. Comme cela sera insuffisant, on songe à moins rembourser certains médicaments (ceux qui concerne les maladies chroniques, par exemple), est-on vraiment certain de la pertinence de moins bien rembourser l’insuline, ou le Levothyrox, ou les chimios, ou les antiépileptiques ? (C’est tellement couteux, ces chimios, et ces traitements ils n’ont qu’à faire attention, tous ces cancéreux et ces malades chroniques, enfin quoi ?)

    On parle du « renoncement aux soins » (j’avais travaillé, dans mes dernières années à la Direction académique, sur le renoncement aux aides sociales avec mes copines de la préfecture) : ces renoncements concernent de plus en plus de personnes, jeunes, moins jeunes, actifs ou retraités qui consulteront moins souvent, et prendront plus de risques, ou qui n’iront pas chez le dentiste ou l’ophtalmo. Et pendant ce temps, celles et ceux qui ne paient pas les franchises et les participations continueront à ne pas les payer. Il suffirait de les prélever à la source, mettons une fois par trimestre… Visiblement, personne n’y a sérieusement songé, et on préfère refiler le bébé aux mutuelles qui augmenteront leurs cotisations. Ah tiens, si j’étais président !

    Les franchises médicales risquent d’augmenter et les remboursements baisser – Actualité – Que Choisir Ensemble

    Une autre bonne nouvelle va faire quelques remous à l’Assemblée nationale : la désindexation des retraites sur l’inflation est au programme. Alors, ce serait « progressif » : un taux pour les retraites moyennes, un autre pour les retraites « aisées », et on ne changerait rien pour les « petites retraites ». Le Conseil constitutionnel risque de retoquer la mesure, qui serait considérée comme anticonstitutionnelle. Bon, alors que faire ? J’ai bien une solution (ah, si j’étais président !) : il n’y a qu’à arrêter de rembourser les médicaments de tous ces vieux boomers qui encombrent la société et les EHPAD, ainsi, ils dégageront plus vite. D’ailleurs, on serait bien avisé de leur verser à la retraite une somme forfaitaire avec un certain nombre de mois pris en compte, par exemple 120 mois : « Ah, mon pauvre vieux (ou ma pauvre vieille), vous avez dépensé tout votre forfait… c’est ballot, l’état ne peut plus rien pour vous ! Les aides sont réservées aux actifs, enfin à certains, enfin à ceux qui ont le culot de les demander… et qui devront les rembourser à la retraite. Vous avez essayé de jouer au Loto ? »

    Vous voyez que j’ai des idées : votez pour moi !

    Mardi 18 août

    Je ne suis pas en pleine forme : la douleur au niveau du rein droit est devenue insupportable hier dans la soirée. Je n’ai pas réussi à m’endormir, malgré la température agréable de la chambre au sous-sol, et je me suis relevé un peu après minuit pour prendre un doliprane. Je n’ai pas de fièvre, mais j’ai cherché à soulager la douleur. Je me suis recouché après avoir attendu que le « dragibus » fasse son effet, et j’ai réussi à redormir jusqu’à 5 h 30. Là, j’ai été réveillé par une crise assez violente. J’ai expliqué à Michel que c’est comme une rage de dents, mais au niveau du rein. Je pense que vous avez deviné la suite : j’ai contacté le service post-greffe ce matin. L’infirmière m’a expliqué que c’était la bousculade en raison d’un nombre important de consultations, mais on va me rappeler dans la journée. En attendant, je gère comme je peux et je me tortille dans mon fauteuil en essayant de trouver la position la moins pénible. Voilà, voilà… J’entends d’ici certains commentaires : « Mais pourquoi cherche-t-il toujours à se faire remarquer ? »

    Parmi les hypothèses on a pêle-mêle : une récidive de la pyélonéphrite (même avec l’absence de fièvre), un calcul en partie « haute », une inflammation locale du rein et d’autres possibilités sans doute. J’attends la décision de Doc Sylvie lorsqu’elle aura le temps de s’occuper de mon cas.

    Petite réactualisation : j’ai eu l’infirmière « post-greffe » au téléphone, qui m’a envoyé par mail une ordonnance pour prise de sang et ECBU et m’a dit que Doc Sylvie attendait les résultats avant de décider de me revoir ou de programmer d’autres examens. L’ECBU prend 4 jours s’il y a une mise en culture, j’ai le temps de danser la gigue irlandaise avec un tempo d’enfer. Bon, je vous rassure, la douleur est moins aigüe que ce matin, à condition que je ne bouge pas. La dame de l’accueil au labo m’a dit « Oh là là, je vois bien que vous souffrez… » Même remarque de la part de l’infirmière qui a fait le prélèvement « On sait que ça fait très mal ». Allez, ce n’est pas pire qu’un accouchement, quand-même. Et là, je vous entends dire, mesdames, « Comment tu le sais ? Tu n’as jamais accouché ! » Bon, mes références ce sont : en premier, la pose du drain lorsque j’avais fait mon pneumothorax, car je ne suis pas en train de hurler, en deuxième, mais presque exæquo, la douleur du pneumothorax quand il s’était produit, en troisième, la rage de dents de 2003 où un staphylocoque chopé à la piscine était passé par le sinus pour infecter une racine de prémolaire, et donc, au pied du podium, cette fichue douleur rénale qui est lancinante et parfois aigüe, mais qui s’estompe un peu par moments (le rein est moins « sous pression » indique l’IA), c’est une douleur plus fourbe. Si j’étais vraiment au plus mal, je n’écrirais pas ici. CQFD.

    Mercredi 19 août

    La journée est presque automnale, avec une grisaille matinale et fraîche, un peu de soleil, et de nouveau un ciel couvert et du vent. Rien de neuf du côté du labo, mais comme je suis allé me faire prélever mon précieux sang hier après-midi, je m’en doutais un peu. On verra demain s’il y a du nouveau.

    Du côté du rein droit, ce sont parfois des douleurs lancinantes, parfois cela se calme. J’évite de boire beaucoup à la fois pour éviter la surpression douloureuse. J’ai pris un doliprane ce matin, cela m’a permis de récupérer un peu après un épisode nocturne un peu douloureux (un peu beaucoup). J’ai laissé Michel dormir tranquille au sous-sol et je suis remonté pour lire un peu sur l’ordinateur, j’ai ensuite pu dormir jusqu’à 6 h 30. Je n’ai pas d’autre symptômes : ni fièvre, ni douleurs urinaires ou au niveau de la vessie, juste cette douleur qui irradie du rein droit au flanc, et qui est plus gênante lorsque je suis allongé ou assis que debout. Bref, des trucs de vieux. Ah, j’avais oublié dans les douleurs dont je me serais bien passé, l’épisode « ponction médullaire ratée » avec, dans le premier rôle, Cruchotte (vous vous souvenez de cet épisode, juste avant la greffe ?) et l’épisode ponction hépatique qui n’a vraiment pas été une partie de plaisir !

    Tiens, je vous remets l’épisode « Cruchotte » pour le plaisir :

    I’m back again… – Greffe de moelle osseuse

    Jeudi 20 août

    Les résultats du labo sont arrivés ce matin, et je ne suis pas vraiment avancé : l’ECBU est négatif, il n’y a donc pas d’infection urinaire. Je m’en doutais, car je n’ai pas de fièvre. Le reste de l’analyse (succincte) montre une moelle osseuse en forme, qui fabrique des globules rouges à gogo et des globules blancs également, avec un petit surplus de neutrophiles qui peut être lié à la douleur que je ressens.

    Alors, parlons-en un peu, sans dramatiser. Oui, c’est douloureux, un peu comme une rage de dents, et c’est plus vif quand je suis assis ou allongé que quand je suis debout. Le rein ne supporte pas les pressions, cela peut vouloir dire que le problème vient de l’enveloppe rénale (la capsule) ou en tout cas que c’est à ce niveau « haut » que le problème se situe. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un calcul, ça se verrait avec une diminution du volume urinaire, et il est « normal ». D’après l’I.A, il peut y avoir un problème fongique, avec un champignon opportuniste qui se serait installé, voire d’un des deux dragons-virus qui profiterait de l’occasion (organe fragilisé) pour mettre la pagaille ou, plus simplement, une obstruction partielle. J’ai eu l’infirmière du service post-greffe, je lui ai envoyé à sa demande l’analyse et j’ai fait un récapitulatif des symptômes pour qu’elle transmette le tout à Doc Sylvie. Je sais qu’elle prendra le temps de réfléchir à tout ça après les consultations et qu’elle me communiquera la suite envisagée. Le fait que les douleurs nocturnes soient capables de me réveiller traduit une douleur inhabituelle avec, le plus souvent, un caractère d’urgence. Suite au prochain épisode, comme on dit dans ces cas-là.

    15 août 2026

  • La vie après la greffe, 13 août 2026

    Week-end des 8 et 9 août

    Nous sommes rentrés, en fin de matinée, après un trajet sans problème. Nous nous sommes arrêtés au supermarché de Chemillé pour faire les courses et nous avons pu reprendre notre vie tranquille.

    Mais revenons sur la journée de vendredi (donc hier, puisque je commence l’article le samedi 8 août).

    Le matin, nous avons pris notre temps avant d’aller chercher des sandwichs dans une boulangerie en prévision du pique-nique du midi (certes moins riche que celui servi par Sébastien du Petit Thouars) et nous sommes allés à l’office du tourisme où nous avions rendez-vous avec Marie Pierre Terrien, guide et spécialiste de l’histoire locale, que ce soit la ville, le cardinal ou Saint Vincent de Paul dont je reparlerai. Marie Pierre Terrien a écrit plusieurs ouvrages (on a acheté deux de ses livres l’après-midi) et c’est une passionnée, qui a su nous captiver en racontant à la fois l’histoire de la ville, son évolution à travers les siècles et l’importance de ces deux illustres personnages, Armand André du Plessis, cardinal de Richelieu, et Vincent de Paul, que l’on connaît désormais sous le nom de Saint Vincent de Paul. Le cardinal, fin stratège, comme on le sait déjà, pensait qu’il valait mieux agir avec douceur et persuasion pour convertir les « huguenots » (protestants, calvinistes, etc.) et il a fait appel à une personne, absolument remarquable, Vincent de Paul. Alors, j’avais des souvenirs lointains de catéchisme, et je savais que ce saint homme était réputé pour avoir appliqué avec ferveur les préceptes chrétiens, en aidant les pauvres. Mes connaissances s’arrêtaient là, loin de couvrir tous les actes accomplis par Vincent de Paul. Frappé par la misère sociale et culturelle qui régnait dans les campagnes, là où les prêtres avaient déserté, parce qu’on les payait peu ou pas du tout, il partageait la même conviction que le cardinal : les prêtres devaient revenir, et, surtout, être des modèles de vertu et de simplicité, pour reconquérir des terres où l’hérésie protestante prospérait, et, pour attirer les prêtres, il fallait répartir équitablement les biens dans les différentes paroisses. La ville de Richelieu était en Poitou, et la ville de Loudun, par exemple, était un bastion protestant. Vincent de Paul, tout comme le cardinal, était persuadé qu’il fallait éduquer les enfants pauvres, garçons et filles, pour les hisser vers la spiritualité en leur donnant les clés du savoir, et qu’il ne fallait pas s’opposer aux protestants, mais parler avec eux, avec douceur et persuasion, pour les ramener au bercail catholique. Avouez qu’on est loin de la caricature en ce qui concerne Richelieu et qu’il savait choisir ses hommes. Le même Richelieu, soucieux du confort des habitants de sa future cité idéale, avait fait installer un très ingénieux réseau d’eau potable, qui alimentait le château, mais aussi les cinq fontaines de la ville. Et, pour l’époque, c’était un luxe fort apprécié dont les Parisiens ne disposaient même pas. Tout en cheminant, et en nous racontant l’histoire de l’évolution de la ville, après avoir évoqué Vincent de Paul à l’église, Marie-Pierre Terrien nous a fait découvrir des lieux que nous n’aurions pu voir seuls : l’envers du décor, l’arrière des hôtels particuliers, avec ces charmants espaces que cachent les portes cochères fermées.

    Voici quelques photos prises pendant notre déambulation guidée (les dernières photos montrent la cour de l’espace Richelieu, et, pour l’anecdote, l’acteur Gérard Klein avait été propriétaire de l’hôtel particulier).

    Après notre pique-nique dans le parc, nous avons eu besoin d’une bonne sieste réparatrice et nous sommes ressortis pour acheter deux ouvrages de Marie-Pierre Terrien à l’office du tourisme, non sans avoir échangé sur notre programme de visites avec une des hôtesses. Le personnel est vraiment compétent, sympathique et nous étions déjà considérés comme étant deux habitués. Nous avons ensuite fait quelques repérages sur la place où de grandes tablées étaient installées, avec différents traiteurs qui allaient proposer des plats traditionnels (fouaces, fromages, vins de la région, etc.) et des propositions plus exotiques. Nous sommes redescendus de notre chambre à 19 h 20, la place était déjà bien animée. Nous avons opté pour deux andouillettes grillées avec frites et une demi-tomate à la provençale, le tout accompagné d’un verre de chinon rosé. En dessert, nous avons eu envie d’une glace à l’italienne. Nous étions à côté de deux dames, très sympathiques et communicantes, et ce fut un moment très agréable. Le tout se poursuivait par une animation dansante, mais nous avons préféré déguster une bière à la terrasse de notre hôtel, avant de remonter dans notre chambre. C’était une excellente façon de clore notre séjour.

    Voici le lien qui vous permet de connaître l’activité de Marie-Pierre Terrien :

    Marie-Pierre TERRIEN — Historienne, Docteur en Histoire

    Vous pouvez aussi approfondir votre connaissance de deux personnages importants : le cardinal de Richelieu et Vincent de Paul.

    Le cardinal de Richelieu (1585-1642) — Marie-Pierre TERRIEN

    Vincent de Paul à Richelieu — Marie-Pierre TERRIEN

    Dimanche 9 août

    Revenons un peu au médical et à ces dragons virus qui se réactivent régulièrement, ce qui implique une surveillance rapprochée. J’ai soumis à l’I.A un article lu en ligne et je lui ai demandé de faire le lien entre mon épisode COVID sévère, en 2022, et la réactivation des virus après la greffe.

    Et si le COVID avait réveillé d’autres virus ?

    Lorsque j’ai lu récemment qu’une étude publiée dans Nature mettait en évidence la réactivation de plusieurs virus « dormants » chez des patients atteints de COVID-19, j’ai forcément été interpellé.

    Je fais partie de ces personnes pour lesquelles le COVID n’a pas été une simple mauvaise grippe. L’infection avait été particulièrement sévère au premier trimestre 2022 : passage en réanimation, longue hospitalisation, puis pneumothorax. À l’époque, évidemment, l’objectif était surtout de sortir de cette période critique. On ne se demandait pas encore ce que cette infection pouvait avoir provoqué dans le fonctionnement du système immunitaire à plus long terme.

    Or une nouvelle étude apporte aujourd’hui un élément de réflexion intéressant.

    Les chercheurs ont suivi 1 154 personnes hospitalisées pour COVID-19 et ont recherché, pendant la phase aiguë puis durant l’année suivante, la présence de différents virus. Ils ont notamment observé des signes de réactivation de virus appartenant à la famille des Herpesviridae, dont font partie l’EBV (virus d’Epstein-Barr) et le CMV (cytomégalovirus).

    Ces virus sont particuliers : une fois que nous les avons rencontrés, ils peuvent rester dans notre organisme pendant des années, voire toute notre vie, sous une forme latente. Le système immunitaire les maintient normalement sous contrôle. Mais lorsque celui-ci est fortement perturbé — par une infection sévère, une inflammation importante, certains traitements ou une immunodépression — ils peuvent reprendre une activité.

    C’est précisément ce que semble montrer cette étude avec le COVID.

    Les réactivations virales étaient associées à une plus grande sévérité de la maladie et à certaines modifications importantes de la réponse immunitaire. Le phénomène ne concernait d’ailleurs pas uniquement des personnes déjà immunodéprimées.

    Autrement dit, un COVID sévère pourrait provoquer un véritable « tremblement de terre » immunologique, suffisamment important pour permettre à certains virus jusque-là silencieux de refaire surface.

    EBV et CMV : simples témoins ou véritables acteurs ?

    C’est ici que les choses deviennent particulièrement intéressantes.

    Il serait tentant de conclure que le COVID réactive l’EBV ou le CMV et que ces virus sont ensuite responsables des complications. Mais la science n’en est pas encore là.

    Les études montrent essentiellement une association.

    On peut donc imaginer plusieurs scénarios. Le COVID sévère pourrait perturber suffisamment le système immunitaire pour permettre la réactivation de virus latents. Ces réactivations pourraient ensuite être simplement le reflet de la gravité de l’agression initiale.

    Mais une autre possibilité est qu’une fois réactivés, certains de ces virus participent à leur tour à l’inflammation et au dérèglement immunitaire, créant une sorte de cercle vicieux.

    C’est cette deuxième hypothèse qui mérite désormais d’être étudiée.

    Une grande revue de la littérature publiée en 2023 avait déjà retrouvé, dans les études disponibles, des taux de réactivation particulièrement importants pour l’EBV et le CMV chez les patients atteints de COVID, surtout dans les formes sévères. Les estimations regroupées étaient d’environ 45 % pour l’EBV et 19 % pour le CMV, avec cependant une très forte hétérogénéité entre les études.

    D’autres travaux menés chez des patients en réanimation ont également retrouvé des réactivations du CMV et les ont associées à une durée plus longue de ventilation ou d’hospitalisation. Là encore, cela ne permet pas de savoir si le CMV aggrave directement la situation ou s’il profite simplement d’un organisme déjà très affaibli.

    Et après le COVID ?

    La nouvelle étude publiée dans Nature va un peu plus loin puisqu’elle a suivi les patients pendant douze mois. Les chercheurs ont retrouvé des signes de réactivation virale non seulement pendant la phase aiguë du COVID, mais également chez certains patients présentant des symptômes persistants.

    Cela rejoint une hypothèse déjà explorée depuis plusieurs années : la réactivation de l’EBV pourrait participer, chez certaines personnes, aux mécanismes du COVID long. Des travaux antérieurs avaient notamment retrouvé une association entre certains marqueurs de l’EBV et le risque de développer des symptômes persistants.

    Mais là encore, prudence : association ne signifie pas causalité.

    Il serait beaucoup trop simple de dire « le COVID long est provoqué par l’EBV ». La réalité semble probablement beaucoup plus complexe, avec plusieurs mécanismes possibles qui peuvent se combiner : persistance de fragments ou de réservoirs viraux, inflammation, dérèglement immunitaire, auto-immunité et réactivation de virus latents.

    Pourquoi cela me fait réfléchir

    Dans mon cas, cette question prend forcément une résonance particulière.

    J’ai connu un COVID suffisamment violent pour nécessiter la réanimation, une longue hospitalisation et, ensuite, un pneumothorax. Puis, beaucoup plus tard, j’ai été confronté à des problèmes immunitaires et à la surveillance de virus comme l’EBV et le CMV.

    Je ne peux évidemment pas en déduire que le COVID est à l’origine de ce qui m’arrive aujourd’hui. Des années ont passé, et ma situation médicale comporte bien d’autres facteurs susceptibles d’expliquer les réactivations virales.

    Mais ces nouvelles recherches rendent une chose de plus en plus claire : une infection virale sévère ne se résume pas toujours à la présence du virus qui l’a provoquée. Elle peut profondément modifier l’équilibre du système immunitaire et, dans certaines circonstances, permettre à d’autres virus présents depuis longtemps dans l’organisme de reprendre une activité.

    C’est peut-être l’une des clés pour comprendre certaines formes particulièrement complexes de l’après-COVID.

    La question reste ouverte : ces virus réactivés sont-ils uniquement les témoins d’un système immunitaire bouleversé, ou deviennent-ils eux-mêmes des acteurs de la maladie ?

    Pour l’instant, les chercheurs ne peuvent pas encore trancher. Mais le fait que cette question soit désormais étudiée sur des cohortes importantes, avec un suivi dans le temps et des analyses immunologiques de plus en plus précises, est plutôt encourageant.

    Et pour ceux qui, comme moi, ont connu un COVID particulièrement sévère, cela donne une raison supplémentaire de s’intéresser à ce qui se passe dans l’organisme bien après que le test PCR est redevenu négatif.

    Une histoire immunitaire en plusieurs étapes

    Avant le COVID : la LLC et la chimiothérapie

    Au moment où j’ai contracté le COVID, mon système immunitaire n’était déjà pas celui d’une personne en bonne santé. J’étais atteint d’une LLC et je suivais un traitement par FCR : fludarabine, Endoxan (cyclophosphamide) et rituximab.

    Ces traitements peuvent provoquer une immunodépression importante, notamment en diminuant certaines populations de lymphocytes T et B. Or ce sont précisément ces cellules qui participent au contrôle de plusieurs virus capables de rester silencieux dans l’organisme.

    Puis survient le COVID sévère

    Dans ce contexte déjà fragilisé, j’ai contracté un COVID particulièrement sévère, avec passage en réanimation, une longue hospitalisation et, par la suite, un pneumothorax.

    On sait désormais que les formes sévères de COVID peuvent elles-mêmes provoquer un profond bouleversement de la réponse immunitaire et s’accompagner de réactivations de virus latents, notamment des herpèsvirus comme l’EBV et le CMV.

    Dans mon cas, il est donc plausible que le COVID ait constitué un stress immunitaire supplémentaire venant s’ajouter à celui de la LLC et de la chimiothérapie.

    2023 : un zona particulièrement important

    L’apparition, en 2023, d’un zona très étendu et particulièrement douloureux constitue un autre élément de cette histoire.

    Le virus responsable du zona, le VZV (virus varicelle-zona), reste lui aussi latent dans l’organisme après la première infection. Sa réactivation est favorisée par une diminution de l’immunité cellulaire.

    Le zona ne permet évidemment pas, à lui seul, de déterminer ce qui s’est passé immunologiquement pendant mon COVID. Mais, replacé dans le contexte de la LLC et du traitement FCR, il témoigne d’une période où le contrôle des virus latents pouvait être particulièrement difficile.

    Plus tard : EBV et CMV

    Les années suivantes, ce sont l’EBV et le CMV qui sont devenus des virus particulièrement surveillés, quelques mois après la greffe de cellules souches effectuée le 6 février 2025.

    Là encore, il serait abusif de dire que le COVID de l’époque a directement provoqué les réactivations observées beaucoup plus tard. De nombreux facteurs sont intervenus entre-temps, et mon histoire médicale a considérablement évolué.

    Mais l’ensemble dessine une hypothèse biologiquement cohérente :

    LLC
    ↓
    immunité déjà altérée
    ↓
    traitement FCR : forte perturbation de l’immunité T et B
    ↓
    COVID sévère : nouvelle agression immunitaire majeure
    ↓
    difficulté accrue à maintenir certains virus latents sous contrôle
    ↓
    réactivation possible du VZV, puis surveillance/réactivation de l’EBV et du CMV

    Il ne s’agit pas de démontrer que chaque étape est la cause de la suivante. C’est plutôt une manière de comprendre comment plusieurs facteurs immunologiques successifs ont pu se superposer.

    Et c’est précisément ce qui rend les recherches actuelles sur les réactivations virales après COVID particulièrement intéressantes dans mon cas : elles apportent un cadre biologique à une question que je n’aurais probablement pas pensé à me poser au moment où je sortais de réanimation.

    Une hypothèse, donc, plutôt qu’une conclusion. Mais une hypothèse qui mérite d’être étudiée.

    Virus reactivation in acute and long COVID-19 | Nature

    Voilà… en conclusion, on peut dire que l’on sait qu’il existe une corrélation entre COVID 19 et réactivation EBV et CMV (entre autres), mais on ne connaît pas encore suffisamment le mécanisme qui favorise l’agitation immunitaire. On y parviendra un jour, certainement, et cela permettra peut-être d’agir dès les premiers symptômes. En attendant, je dois rester sous surveillance rapprochée, encore heureux que je sois en suivi post-greffe avec une surveillance systématique de ces deux virus. En ce qui concerne le zona, virus VZV (varicelle), il est hors de question de vaccin pour le moment, ce serait beaucoup trop risqué et ce n’est donc pas d’actualité avait précisé Doc Sylvie.

    Tiens, je viens de trouver cela : la reconversion professionnelle de Sébastien Aubert du Petit Thouars, qui nous a si gentiment accueillis pour la visite du domaine viticole et pour le pique-nique, j’ai d’ailleurs eu un échange de mails avec Sébastien du Petit Thouars que j’avais remercié pour son accueil et qui m’a très gentiment répondu :

    Lundi 10 août

    La semaine s’annonce encore caniculaire, très chaude, trop chaude. Ce n’est plus une planète, c’est un chaudron et, pendant ce temps, les champs et les forêts brûlent.

    Mais, depuis hier, j’ai cette chanson en tête. Je me dis que si je partage le mistigri, l’un ou l’une d’entre vous va bien finir par prendre le relais :

    La belle voix de Raye, pour un réveil en douceur :

    Mardi 11 août

    Il fait chaud, et cela va durer encore quelques jours. Inutile de vous dire que je vais éviter de sortir pendant la journée. Mon tour de jardin est fait, avec une nouveauté désagréable : les moustiques qui s’invitent en masse. Cet été ne nous épargnera rien. Pendant ce temps, la forêt brûle du côté de Baugé, et les moyens mobilisés sont importants, tout comme l’est l’incendie.

    À propos de soleil, je me suis dit qu’un rappel des précautions à prendre ne serait pas inutile. On lit des commentaires affligeants sur les réseaux sociaux, du style « le bronzage protège la peau ». Le bronzage n’est qu’une manifestation visible d’une peau qui réagit au soleil, et il ne protège rien.

    Soleil : se protéger aujourd’hui, c’est aussi penser à demain

    Pendant longtemps, comme beaucoup de personnes de ma génération, je n’ai pas vraiment considéré le soleil comme un risque. Quand nous étions enfants et adolescents, la prévention solaire n’avait pas la place qu’elle occupe aujourd’hui. Les vacances, la plage, les après-midi dehors… on profitait du soleil, parfois jusqu’au coup de soleil, sans nécessairement se poser beaucoup de questions.

    Avec le recul, on sait pourtant que la peau « garde en mémoire » une partie des agressions qu’elle a subies au cours de la vie. Les rayonnements ultraviolets (UV) endommagent l’ADN des cellules cutanées. Les UVB sont notamment responsables des coups de soleil, tandis que les UVA pénètrent plus profondément dans la peau et participent entre autres au photovieillissement. Les deux types de rayonnement peuvent contribuer aux cancers cutanés.

    Mon expérience personnelle m’a fait changer de regard

    Ce sujet n’est pas tout à fait théorique pour moi.

    J’ai été opéré de deux carcinomes infiltrants et je bénéficie désormais d’un suivi régulier en dermatologie. Il serait évidemment impossible d’attribuer ces cancers à une cause unique. Dans mon cas, plusieurs facteurs ont probablement pu se conjuguer : une exposition solaire importante au cours des premières années de ma vie, à une époque où la prévention était beaucoup moins présente, mais aussi une immunodépression survenue bien plus tard, liée à ma maladie et aux traitements que j’ai reçus.

    Il ne s’agit donc pas de dire : « le soleil est responsable de mes carcinomes ». Ce serait impossible à démontrer individuellement. Mais il est établi que les UV constituent le principal facteur environnemental des cancers de la peau, et que certaines situations d’immunosuppression augmentent également le risque.

    Cette combinaison est d’ailleurs une raison supplémentaire, pour moi, de prendre aujourd’hui la prévention au sérieux.

    Le soleil n’est pas notre ennemi… mais les UV ne sont pas anodins

    Il ne s’agit évidemment pas de vivre enfermé dès qu’il fait beau. Les activités extérieures sont bénéfiques et le soleil participe notamment à la synthèse de la vitamine D.

    Le problème est la surexposition.

    Les UV peuvent provoquer des dommages immédiats, comme les coups de soleil, mais aussi des dommages qui s’accumulent au fil des années. L’exposition chronique est notamment associée aux carcinomes cutanés, tandis que les expositions intenses et intermittentes et les coups de soleil, particulièrement pendant l’enfance et l’adolescence, jouent un rôle important dans le risque de mélanome.

    Et contrairement à une idée encore répandue, bronzer n’est pas une preuve que la peau « supporte bien » le soleil. Le bronzage est une réaction de défense de la peau face aux UV, et il ne protège que très modestement contre leurs effets à long terme.

    Quelques réflexes simples

    La prévention ne consiste pas seulement à mettre de la crème solaire.

    Lorsque les UV sont importants, les recommandations reposent d’abord sur des mesures simples :

    • rechercher l’ombre, particulièrement autour du milieu de la journée ;
    • porter des vêtements couvrants lorsque c’est possible ;
    • utiliser un chapeau, notamment pour protéger le visage, les oreilles et le cou ;
    • porter des lunettes filtrant efficacement les UVA et les UVB ;
    • utiliser une crème solaire à large spectre sur les zones qui restent exposées.

    La crème solaire ne doit surtout pas être considérée comme un moyen de prolonger indéfiniment l’exposition. L’OMS recommande une protection dès que l’indice UV atteint 3 ou davantage. Et les nuages ne suffisent pas nécessairement à nous protéger : les UV peuvent rester importants par temps couvert.

    Une vigilance particulière s’impose également chez les enfants. Les coups de soleil durant l’enfance et l’adolescence sont associés à un risque accru de cancer cutané à l’âge adulte. C’est probablement l’un des messages de prévention que j’aurais aimé entendre davantage lorsque j’étais jeune.

    Les vêtements anti-UV : une protection à redécouvrir

    Parmi les moyens de protection, les vêtements anti-UV constituent aujourd’hui une solution particulièrement intéressante. Certains textiles sont conçus pour filtrer fortement les rayonnements ultraviolets et bénéficient d’un indice de protection spécifique, le UPF (Ultraviolet Protection Factor).

    C’est une solution que j’ai personnellement adoptée. J’ai investi dans plusieurs vêtements anti-UV et je trouve intéressant de constater les progrès réalisés par ces textiles : ils permettent de protéger efficacement une grande partie du corps sans avoir à appliquer de crème solaire partout et sans empêcher de profiter des activités extérieures.

    Pour une exposition prolongée, un vêtement couvrant, un chapeau et des lunettes de soleil constituent donc une protection particulièrement simple. La crème solaire reste utile pour les zones découvertes, mais elle ne devrait pas être notre unique moyen de défense contre les UV.

    Il faut néanmoins regarder l’étiquette : tous les vêtements ne protègent pas de la même manière et un vêtement ordinaire peut laisser passer une quantité non négligeable d’UV, notamment lorsqu’il est léger ou mouillé. Pour les vêtements spécifiquement conçus pour la protection solaire, on peut rechercher la mention UPF 30, 40 ou 50+, selon le niveau de protection annoncé.

    Et après un cancer cutané ?

    Mon propre parcours m’a aussi appris quelque chose de très simple : la prévention ne s’arrête pas après une opération.

    Le suivi dermatologique permet de surveiller la peau et de repérer d’éventuelles nouvelles lésions. Il ne remplace évidemment pas les précautions quotidiennes, pas plus que celles-ci ne remplacent une consultation lorsque quelque chose paraît inhabituel.

    Alors, sans culpabiliser pour les habitudes que nous pouvions avoir il y a plusieurs décennies — nous ne disposions tout simplement pas des mêmes informations — il me semble utile de transmettre aujourd’hui ce que nous savons.

    Nous ne pouvons pas modifier notre « capital soleil » passé.

    En revanche, nous pouvons éviter de continuer à l’augmenter inutilement.

    Et cela vaut particulièrement la peine d’y penser pour les enfants et les adolescents d’aujourd’hui.

    Pour aller plus loin

    Quelques sources fiables et accessibles au grand public :

    Organisation mondiale de la Santé – Rayonnement ultraviolet

    OMS – Les effets connus des UV sur la santé

    OMS – Se protéger du cancer cutané

    Société Française de Dermatologie – Dermato-Info

    Mercredi 12 août

    L’humanité court à sa perte, mais parfois je me dis en regardant les actualités que c’est certainement mieux ainsi. Hier soir, j’ai regardé le reportage tourné en Italie, qui relate l’esclavage subi par les travailleurs immigrés et qui est dirigé par la mafia des tomates. Comment peut-on tomber aussi bas pour exploiter comme au bon vieux temps des négriers des hommes vulnérables qui n’ont aucun moyen de se défendre ? Après, il est facile de critiquer l’Espagne et sa gestion de l’enclave de Ceuta. Comment dit-on déjà ? Ah oui : « balayer devant sa porte ».

    https://www.franceinfo.fr/monde/italie/ce-sont-des-esclavagistes-en-italie-la-mafia-de-la-tomate-s-enrichit-a-la-sueur-des-travailleurs-etrangers_8143718.html#xtor=CS2-765-[copy]-

    Un peu plus tôt, j’avais vu le président U.S partir dans un délire dont il est coutumier, en comparant les doses de vaccins reçues par les enfants à des cannettes de soda. Le ridicule, dans son cas, ne tue pas, sinon il serait mort plusieurs fois. L’épidémie de rougeole s’étend de façon inquiétante dans son pays, et ce type explique, alors que tout le monde médical s’accorde à dire le contraire, que les vaccins sont à l’origine des syndromes autistiques. Je ne savais pas que le fait d’être président conférait à son titulaire l’équivalent d’une thèse de médecine.

    https://www.franceinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/trump-une-nouvelle-offensive-contre-les-vaccins-qui-fait-bondir-le-monde-de-la-medecine_8143703.html#xtor=CS2-765-[copy]-

    Lequel président a préféré se planquer dans un container alimentaire pour changer d’avion lors d’un sommet de l’OTAN, un épisode digne d’OSS 117 :

    https://www.huffingtonpost.fr/international/article/menace-par-l-iran-donald-trump-a-utilise-un-camion-de-restauration-pour-quitter-un-sommet-de-l-otan_303074.html

    Heureusement, nous avons ensuite regardé la fin de la 3e saison de « Happy Valley » et j’ai tremblé pour Catherine Cawood, merveilleusement interprétée par Sarah Lancashire. Tous les acteurs sont d’ailleurs excellents, y compris le psychopathe de service, l’effrayant Tommy Lee Royce, avec l’interprétation magistrale de Tom Norton. Regarder cette série ne réconcilie pas forcément avec la nature humaine, mais permet de constater que les séries britanniques sont excellentes. Je ne vous mets pas le lien, mais la série est visible en « replay » sur Arte. Alors, rien que pour ça, l’humanité mérite un petit sursis.

    Jeudi 13 août

    Nous avons regardé l’éclipse à la télé, et contemplé la lumière crépusculaire par la fenêtre. Il faisait 35° et, franchement, nous n’avions aucune envie de sortir. J’avais un meilleur souvenir de celle de 1999, partielle aussi puisque j’étais dans les Alpes de Haute Provence. Là, je garderai le souvenir d’une chaleur insupportable, d’un été éprouvant, d’un jardin en souffrance, et cela occultera certainement ce moment où la lumière baisse, sans jamais atteindre la nuit complète, ce que nos amis Espagnols ont eu la chance de vivre du coté de Burgos.

    Ah, j’ai oublié de vous dire que nous avons un nouvel invité dans le jardin, sur la partie gardée par Albert, le lézard vert (qui se planque quelque part), nous avons aussi Gaston, le hérisson. Il a régulièrement de l’eau le soir, et quelques croquettes pour chat que Michel humidifie. Pas trop à la fois car Gaston serait du genre gourmand, de plus, les chats du quartier flaireraient rapidement la bonne aubaine. Enfin, c’est un hôte bien sympathique et j’espère qu’il n’aura pas l’idée saugrenue de traverser la rue Cathelineau lorsque les véhicules, censés rouler à 30 km/h, déboulent à une vitesse bien supérieure, y compris le type qui conduit à vive allure un tracteur avec une remorque et fait un boucan d’enfer en passant sur le dos d’âne un peu plus haut. Cela ne le dérange pas, de toute façon il n’y a jamais aucun contrôle : la vie est belle. D’autres passent vers 6 h du matin, musique à fond. On a aussi ceux qui ponctuent leur passage en klaxonnant, parce qu’ils ont aperçu une connaissance sur le bord de la route, suivis de peu dans ce palmarès par les conducteurs de motos ou de scooters trafiqués aux moteurs stridents. Dans ces conditions, un chat imprudent ou un Gaston un peu lent ont toutes les chances de terminer écrabouillés sous les roues, mais peu importe : les kékés du volant vous diront qu’ils font ce qu’ils veulent, et ça, on l’avait déjà compris. Je ne parle pas des refus de priorités, car cela nous emmènerait dans un autre débat. Je sais, je suis un boomer un peu grognon, mais je déteste cette forme de délinquance routière et le manque de savoir-vivre qui se moque pas mal du ressenti d’autrui. Soit j’y suis plus sensible en vieillissant, soit cela devient de plus en plus fréquent.

    On va terminer en musique… Il paraît que cela adoucit les mœurs.

    8 août 2026

  • La vie après la greffe, 6 août 2026

    Vendredi 31 juillet

    Très bien, juillet se termine. On verra ce qu’août nous réserve : canicule ? Incendies ? Conflits dans le golfe persique ? Bien malin qui pourra le dire.

    J’ai commencé la journée de bonne heure, avec arrosage et un peu de désherbage. Puis j’ai fait un peu de ménage, silencieux. J’ai enchaîné avec quelques leçons de grec avant de m’attaquer au nettoyage du barbecue. Un petit temps de repos a permis de recharger les batteries avant de préparer le repas. J’ai vu que Doc Charlotte avait déjà rédigé le compte rendu de la visite d’hier, et qu’elle l’a bien intégré à « Mon espace santé ». Je suis satisfait du sérieux de cette dermatologue qui va assurer mon suivi. Le prochain rendez-vous est fixé au 28 janvier, sauf si la lésion traitée hier donne des signes d’aggravation. C’est là où le patient doit être actif. Je sollicite régulièrement Michel pour examiner le dos, et je vérifie de mon côté toute modification, notamment sur le visage et les oreilles, qui sont les zones les plus touchées. Je disais à Doc Charlotte : « Mais, je me protège » ce à quoi elle a répondu qu’on a là le résultat d’expositions pendant mon enfance. On faisait moins attention au soleil, on s’exposait sans forcément se protéger, même si j’ai toujours veillé à ne pas attraper de coups de soleil… Nous habitions l’île d’Yeu et les UV, même par temps couvert, étaient déjà très nocifs. Les marins étaient les premiers exposés, et développaient des mélanomes. Notre amie médecin, Aimée, tentait d’alerter sur le sujet en donnant des recommandations : « Protégez-vous, n’exposez pas vos bras, mettez de la crème solaire… » Cela faisait sourire ces grands gaillards qui ne voulaient pas entendre parler de protection solaire qu’ils assimilaient à des crèmes pour « bonnes femmes » en bons machos représentatifs de leur époque. Certains ont perdu rapidement leur sourire… hélas. Maintenant, tous les marins ont compris l’importance de ces messages. Se retrouver défiguré après une opération, enchaîner sur une chimio ou une radiothérapie fait forcément réfléchir. De même, les yeux doivent être protégés, avec de « vraies » lunettes de soleil.

    Si ce blog peut servir à quelque chose, je conseille aux parents de veiller à la santé de leurs gamins en les protégeant au maximum et en les sensibilisant au sujet. Même à l’ombre d’un parasol, sur la plage, le corps est exposé en raison de la réverbération. Pensez-y quand vous croyez que bébé est bien à l’ombre dans sa nacelle sous le parasol, et qu’il gigote jambes nues et bras nus dans sa grenouillère en gazouillant joyeusement.

    Week-end des 1er et 2 août

    Samedi 1er août

    Nous avons passé une excellente soirée hier soir. Les « jeunes » sont venus dîner et nous avons ensuite pris la direction du château de Serrant pour une visite théâtralisée.

    Notre acteur « local », mais bientôt mondialement connu, Olivier Jollivet, met en scène le spectacle qui réunit plusieurs troupes d’acteurs amateurs et intervient au cours du spectacle. Avec sa machine à explorer le temps, il nous plonge dans des époques différentes. Cette année, le savant « fou » a détraqué la machine et les époques se mélangent, allant du 17e jusqu’au 20e siècle. Le tout permet de déambuler dans le château et d’être accueilli par les différents protagonistes de ces scènes, en costumes d’époque, tous très drôles et avec une maîtrise parfaite de leurs rôles. On a terminé dans les cuisines où je me suis fait embaucher pour nettoyer une casserole en cuivre… le majordome n’était pas commode et la gouvernante non plus !

    Voici le lien du site du château :

    Château de Serrant : château Anjou, visiter, Domaine

    J’ai pris quelques photos, mais celles à l’intérieur manquent de lumière et je n’ai pas voulu utiliser le flash, donc c’est flou.

    Dimanche 2 août

    Vous savez quoi ? J’ai fait une nuit presque complète, sans période de « parenthèse nocturne » et cela fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé. La diminution de Dame Cortisone doit y être pour quelque chose. Bon, je me suis levé à 7 h, j’ai démarré la journée par les cours de grec, ensuite, après le petit-déjeuner, j’ai nettoyé le barbecue et j’ai lu ce qui se passait dans le monde. Pour la énième fois, Trump a choisi d’épargner l’Iran après avoir menacé de l’écrabouiller plus tôt dans la nuit…

    Je réfléchissais aussi à ce que l’on m’a dit plusieurs fois ces derniers jours, alors que je sors de la zone de turbulence avec la guérison de la pyélonéphrite : « Au moins, tu gardes le moral et tu ne te laisses pas abattre ». Je pense que c’est partiellement vrai, on ne voit pas toujours la partie cachée de l’iceberg. Globalement, je refuse d’être dans la complainte permanente et vaine, sur le mode « Pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Etc. Ce sont des questionnements inutiles qui ne font pas avancer dans la vie. Personne ne « mérite » d’être malade ou d’avoir une santé fragile. Si le mode de vie y est pour quelque chose, il est un des facteurs de l’évolution d’une maladie, mais ce qui est fait est fait et il faut bien vivre avec ses pathologies. J’emploie « vivre » à dessein. Être malade, avoir une chimio, subir une opération lourde ou avoir un traitement à vie ne doit pas empêcher d’avoir des projets, sinon on s’enferme sur soi-même et on enferme aussi son entourage dans une spirale négative. Il y a les projets « raisonnables », à court et moyen terme, que l’on est quasiment sûr de mener jusqu’au bout, et les projets à plus long terme, souvent avec un grand point d’interrogation qui nous fait dire intérieurement : « Mais est-ce que je serai encore là dans un an ? Dans deux ans ? » Peu importe. N’importe qui peut mourir bêtement, renversé par un véhicule ou victime d’une chute sur un sentier de randonnée. Ces personnes avaient-elles abandonné leurs projets avant de mourir ? Non, parce qu’elles ne savaient pas que la date fatidique était si proche. Pour les malades, on a des statistiques qui donnent une espérance de vie, parfois courte. C’est une moyenne, pas une certitude absolue. Ces statistiques évoluent considérablement d’une étude à l’autre… et, parfois, les nouveaux traitements ne permettent pas d’avoir le recul nécessaire pour que l’évaluation du « reste à vivre » soit pertinente. Il faut donc faire abstraction de tout ça. Cela n’empêche pas les alertes sérieuses, les moments où on a senti que la vie ne tenait qu’à un fil ténu et fragile. J’en sais quelque chose, puisque je suis un peu le spécialiste des coups tordus et des urgences médicales. Si j’avais attendu 24 h de plus avant d’alerter le service hématologie de mon état pendant la pyélonéphrite, je risquais la septicémie. Mais avec des « si » et des hypothèses catastrophiques, on peut imaginer le pire à chaque alerte. Il faut savoir aussi garder la tête froide (pas facile avec près de 40° de fièvre) et réagir au bon moment. C’est plus facile quand l’accompagnant est solide et attentif et quand il connaît bien l’énergumène qu’il doit surveiller. Cela n’empêche pas, et c’est humain, il faut l’accepter, que l’on puisse paniquer en disant « Cette fois, je ne vais pas m’en sortir. » Mais cela ne doit pas être un état de stress permanent. Bien se connaître permet d’anticiper. Je sais que les tremblements précèdent une poussée de fièvre, je sais aussi que je peux très rapidement passer de 37 à 39, cela en 60 minutes. Je me connais suffisamment pour savoir que la fièvre peut disparaître en journée et monter brutalement le soir, et que ce n’est pas un signe négligeable. En dehors de ces alertes, de ces urgences absolues, je ne vois pas pourquoi je passerais ma vie à me morfondre, je n’en vois aucune raison. Je bénéficie de soins appropriés, dispensés par un service hématologie remarquable, réactif et prompt à prendre les décisions qui s’imposent quand quelque chose le nécessite. J’évolue donc dans un milieu sécurisant qui permet de garder une forme de sérénité, ce qui n’empêche pas d’être vigilant, en ne négligeant pas les premiers symptômes qui peuvent survenir. Voilà, c’était un peu long, mais cela permet de comprendre pourquoi je garde « la pêche ».

    Lundi 3 août

    Aujourd’hui, ce sont les retrouvailles avec Doc Sylvie, qui rentre de vacances, et qui va froncer les sourcils derrière ses lunettes en découvrant mes derniers exploits. Je vous raconterai tout ça, évidemment. Mardi, nous partirons en escapade pendant quelques jours, pas très loin d’ici, mais dans un endroit que nous ne connaissons pas. C’est une surprise pour l’anniversaire de mon chéri et nous rentrerons samedi. Vous aurez droit à quelques photos puisque je vais emporter mon ordinateur portable. J’aurai ainsi plus facilement accès aux résultats de la prise de sang, surtout pour les dragons virus. Certaines activités sur place sont prévues, d’autres seront improvisées, il faut toujours laisser une place aux inspirations de dernière minute.

    Un indice concernant la ville où nous séjournerons : c’est une cité « idéale » fondée entre 1631 et 1647 qui porte l’empreinte et le nom de son célèbre commanditaire, homme d’état et d’église.

    En attendant, et pour vous faire patienter avant le compte rendu de la matinée, je vous propose d’écouter une chanson que feraient bien d’apprendre les dirigeants populistes européens qui ont hurlé à l’invasion après les derniers événements tragiques (plusieurs dizaines de morts) dans l’enclave espagnole de Ceuta.

    Actualisation à 10 h 50

    Nous venons de rentrer du CHU, ce fut une affaire rondement menée. Doc Sylvie m’a simplement dit « Félicitations ! » lorsque je lui ai expliqué que j’avais profité de son absence pour faire des bêtises. Elle a ensuite demandé si tout était réglé après le traitement aux antibiotiques et m’a ausculté. La baisse de la cortisone se poursuit, progressive, mais constante, et, si je ne fais pas mon intéressant, on se reverra en consultation le 3 septembre, avant notre départ en Crète. Maintenant, on va attendre les premiers résultats demain, et les résultats CMV et EBV un peu plus tard. J’ai eu également l’injection du rappel de vaccin Pentavac, qui, normalement, ne me provoque aucune réaction.

    L’orage gronde au loin et le ciel s’ennuage sérieusement, avec quelques gouttes de pluie… Un bon arrosage ne ferait pas de mal.

    Mardi 4 août

    Le sac est prêt, et plusieurs d’entre vous, notamment, par ordre d’apparition : Annick, Valéry et Asmae, ont deviné de quelle cité idéale il s’agit. C’est donc une ville, cité idéale sortie de l’esprit d’un homme d’état et d’église, le Cardinal de Richelieu. La ville s’appelle… Richelieu, tout simplement. Nous séjournerons à l’hôtel du Puits Doré, ce qui nous permettra de nous promener tranquillement dans les rues et de découvrir le riche patrimoine de cette cité. Vous aurez des photos, bien entendu.

    Pour revenir à des préoccupations plus prosaïques, j’ai pu consulter, ce matin, les résultats de la traditionnelle prise de sang. Bonne nouvelle : l’infection a « disparu » avec un retour presque à la normale des neutrophiles. Le foie reste perturbé, mais sans excès. La nouveauté est l’apparition d’une myélémie. Il s’agit de cellules sanguines immatures qui devraient rester dans la moelle osseuse, le temps de « mûrir », et qui se retrouvent dans le sang. Deux hypothèses que m’a confirmées ChatGPT : soit il s’agit d’une « agitation » passagère à la suite de la pyélonéphrite, et dans ce cas cela disparaîtra à la prochaine analyse, soit il s’agit d’autre chose qui serait à surveiller de près si, en septembre, on retrouvait la même anomalie. La formule sanguine reste correcte, avec une hémoglobine toujours solide, mais pas mal de réticulocytes (ce sont là aussi des globules rouges immatures que la moelle osseuse produit en quantité). Les plaquettes sont nickel pour le moment. Les gammaglobulines sont en baisse, ce qui est la signature d’une faiblesse immunitaire toujours présente. Bref, rien d’alarmant, mais Doc Sylvie va surveiller attentivement tout ça. Demain, je devrais avoir les résultats EBV et CMV, et j’espère que les deux dragons virus sont soit stables, soit endormis. On croise les doigts. Sur ce, je vous dis à demain, peut-être, plutôt dans la soirée afin de mettre les photos.

    Mercredi 5 août

    Après un trajet sans problème, nous avons pu découvrir la chambre de notre hôtel et la cité idéale puisque nous sommes arrivés un peu après 17 h. Cela nous a permis d’effectuer un premier repérage des lieux et de voir des endroits très intéressants : les halles, à deux pas d’ici, les rues avec les maisons « ouvrières », plus modestes et recouvertes de tuiles, et les artères principales, aux immeubles cossus, avec des hôtels particuliers qui respirent l’opulence. Ces belles demeures sont recouvertes d’ardoise d’Anjou, qui était le symbole de la richesse. Des panneaux relatant l’historique de la ville permettent de comprendre comment la cité idéale a été conçue et comment elle a évolué par la suite. Nous avons aussi visité l’église, impressionnante par sa taille, et nous avons rendu visite aux charmantes dames qui sont présentes à l’office du tourisme, juste à côté de l’église. On nous a accueillis très gentiment, avec des conseils sur les visites à faire dans le secteur (il faudrait un mois pour tout voir) et nous avons aussi acheté deux billets avec une double visite que nous allons faire ce matin. D’abord le musée Richelieu, qui se situe à l’étage de la mairie, puis une deuxième visite, avec une reconstitution virtuelle du château de Richelieu, qui a malheureusement disparu alors qu’il préfigurait Versailles.

    Voici quelques photos prises hier :

    Vendredi, nous découvrirons la cité de façon plus approfondie puisque nous avons réservé une visite guidée qui est effectuée par une guide professionnelle passionnée. Elle a d’ailleurs écrit plusieurs livres.

    Nous avons passé une excellente matinée, avec visite du parc, là où se situait le château de Richelieu, dont il ne reste presque rien, sinon cet immense espace arboré, magnifique, ombragé et très agréable à visiter le matin. Franchement, c’est une belle promenade à faire. Je disais à Michel « C’est une ville pour les vieux, tout est plat, mais tellement apaisant ! ».

    Ensuite, nous avons visite le musée consacré à Armand André du Plessis, Duc de Richelieu. C’était très intéressant, et la visite suivante, au 28 de la Grande Rue nous a permis de comprendre encore mieux le personnage et sa cité idéale, nous avons aussi pu visualiser le château, aujourd’hui disparu, grâce à des films remarquablement réalisés. Que dire de Richelieu ? Personnage complexe, remarquablement érudit et intelligent, fin stratège, haï de son vivant (il a parfois poussé le bouchon un peu loin, Maurice !) mais il raisonnait avec le « logiciel de son époque » ; il s’appuyait sur un réseau d’espions, des moines, terriblement efficaces, et possédait une intelligence hors du commun et un QI de surdoué. On lui doit l’Académie française (cela peut paraître suranné, mais j’ai le plus profond respect pour cette institution, qui permet, entre autres, de comprendre et d’intégrer les évolutions de notre langue), on lui doit aussi la renommée de la Sorbonne, et ce n’est pas rien. L’homme était-il sympathique, au sens où nous l’entendons aujourd’hui, non probablement pas puisque le peuple a allumé des feux de joie à l’annonce de sa mort. Mais il a marqué l’histoire de France, et il a envoyé Marie de Médicis en exil, aux Pays-Bas, après la journée des Dupes. Il est mort à 57 ans, ce fut une vie brève, mais qui a marqué l’histoire de notre pays. Dumas en a fait un personnage détestable, tout en reconnaissant ses immenses qualités. Voyez-vous, tout n’est pas noir ou blanc. On est très loin de la caricature trumpiste. C’était un visionnaire, un homme rusé et intelligent, un esthète cultivé. C’était Armand André du Plessis, duc de Richelieu, homme controversé et tellement ancré dans notre histoire de France qu’il serait malvenu de le caricaturer encore. Pour info, je suis persuadé que sa statue nous suit du regard lorsque nous passons devant. Il fronce le sourcil en se demandant ce que nous pensons de lui. Armand André, je te kiffe grave ! En plus, tu adorais les chats, et un homme qui aime les chats, au point de demander qu’ils soient présents et respectés dans la cité idéale ne peut être entièrement mauvais. Au contraire.

    Petite contrariété en recevant les résultats des dragons virus ce matin. Si EBV reste stable, mais toujours positif, CMV a décidé de se réveiller. Alors, il n’est pas au maximum de son pouvoir de nuisance, mais son réveil a valu une alerte de la part du labo, qui préconise une surveillance rapprochée de ce dragon virus insupportable. Enfin quoi, il ne pouvait pas rester endormi ? Doc Sylvie va être contrariée, autant que je le suis.

    Jeudi 6 août

    C’est un jour très important puisque nous allons célébrer l’anniversaire de Michel, avec une « surprise » dont je reparlerai plus tard (parce que ça doit rester une « surprise » pour le moment).

    Hier après-midi, après notre matinée parc + découverte du cardinal, nous avons fait une petite sieste après le déjeuner et nous sommes allés ensuite visiter le très joli château du Rivau, situé à quelques kilomètres d’ici. Nous avons attendu le départ d’un petit groupe et Emma, notre guide, très intéressante, nous a menés jusqu’à l’entrée du château en donnant quelques repères historiques. La visite du château se fait de façon libre. Ensuite, nous avons découvert les jolis jardins qui ont été créés par la propriétaire actuelle, avec la thématique « contes de fées ». C’était très agréable, d’autant plus que nous avons pu déambuler à l’ombre pendant la quasi-totalité de la visite. Nous avons constaté au retour que nous avions parcouru 5 km depuis le matin. Le soir, après avoir fait quelques emplettes au supermarché, nous avons pique-niqué dans le parc un peu avant sa fermeture quotidienne. Il faisait bon, c’était également très agréable et nous n’étions pas dérangés par les voisins, à part une bande de corneilles bavardes qui commentaient notre repas, ou notre présence.

    Voici quelques photos du château du Rivau :

    Les boomers se sont déchaînés en 1988 sur ce tube. Tristan était devenu chanteur par hasard, il était peintre et n’a pas poursuivi de carrière dans la chanson. Il est mort très jeune d’un cancer fulgurant, ce genre de trucs qui ne vous épargne pas.

    Alors, pour les boomers et la gen Z, voici ce qui peut vous mettre de bonne humeur le matin.

    Il est 16 h 45 et nous sommes de retour d’un très plaisant périple. Nous avons commencé par une visite des vignes et des caves du château du Petit Thouars, accueillis par le propriétaire qui descend de l’illustre famille. Je ne vais pas vous retracer l’historique de ce joli château, mais insister sur la gentillesse de l’accueil de la part de notre hôte, et de son jeune fils. Le chien est venu nous dire bonjour, le chat aussi et c’est une preuve de savoir-vivre. Les explications de M. du Petit Thouars étaient très complètes, intéressantes et il a bien expliqué les enjeux de cette année 2026 si spéciale avec la sécheresse actuelle. Un peu de pluie en fin de saison permettrait de sauver la récolte. Nous étions trois couples dont un monsieur et une dame qui ont fait le voyage depuis l’Australie. Ils sont enchantés de leur séjour en France et garderont de merveilleux souvenirs. Nous avons ensuite pique-niqué. Chaque couple avait un emplacement, nous étions sous un hêtre, face aux vignes, à l’ombre, et le panier pique-nique ne contenait que des bonnes choses. Nous avons un peu traîné pour déguster tout cela.

    Ensuite, nous sommes allés au musée Rabelais, à la Devinière, c’était à une dizaine de kilomètres du château. Rabelais y est certainement né, et le domaine appartenait à son père. L’ensemble comprend des pièces de vie, des endroits consacrés à Rabelais et à son œuvre et c’était très intéressant. Le littéraire que je suis a toujours eu beaucoup d’intérêt pour les écrivains humanistes, j’ai retrouvé les citations qui donnaient la thématique des dissertations, la pensée moderne de ce médecin, sa créativité (il a quand même inventé le terme « braguette ») et sa pensée, si moderne qu’elle lui a parfois valu quelques mésaventures, mais l’homme s’en est toujours bien sorti. Médecin réputé, écrivain parfois controversé, à l’imagination débordante et au langage truculent, créatif et novateur. Je le kiffe autant que le cardinal, en lui reconnaissant d’autres qualités et une profonde connaissance de la nature humaine.

    Voici quelques photos avant de clore cet article. Demain, nous avons une visite guidée de la ville et, le soir, un marché avec tablées sur la place du marché, juste à côté.

    1 août 2026

  • La vie après la greffe, 30 juillet 2026

    Vendredi 24 juillet

    La bactérie responsable de la pyélonéphrite, et donc de l’infection urinaire associée, est connue : The winner is « Escherichia coli », que l’on retrouve très majoritairement dans ces infections. Vous qui suivez attentivement tous les épisodes (vous avez battu les records sur mon dernier article), vous allez me demander « Mais alors, que vient faire le staphylocoque warneri dans cette histoire ? ». Bonne question, soit il s’agit d’une contamination accidentelle du prélèvement, soit il a profité de l’épisode « poignée de porte » pour explorer un organisme déjà affaibli par sa copine. Le débat sera-t-il tranché ? On s’en fiche un peu, puisque le Tavanic lutte efficacement contre les deux, il figure dans l’antibiogramme établi après l’identification de la vilaine Escherichia coli. Ce qui est certain, c’est que, si j’avais attendu, on allait tout droit vers la septicémie.

    Ce matin, pendant mes cours de grec (je ne lâche rien, même si je ne suis pas certain d’avoir mémorisé tous les « possessifs » étudiés) je me suis dit : « Tiens, c’est bizarre, j’entends beaucoup mieux de l’oreille gauche ». Forcément, pauvre cloche que je suis, la prothèse droite ne répondait plus, j’ai vérifié avant le repas. Ce qui m’a inspiré la phrase suivante : Houston, we’ve had a problem !

    Vous allez me dire que Tom Hanks ne dit pas exactement la même chose dans le film (excellent) Apollo 13, puisqu’il prononce la phrase au présent, alors que je vous ai donné la phrase au present perfect, qui indique une action passée, mais dont on constate les conséquences, donc peu éloignée dans le temps. Si dans le film on a privilégié le présent, c’est pour renforcer l’intensité dramatique du moment. Pour le plaisir, voici l’échange historique :

    « 055:55:19 Swigert: Okay, Houston …

    055:55:19 Lovell: … Houston…

    055:55:20 Swigert: … we’ve had a problem here. [Pause.]

    055:55:28 Lousma: This is Houston. Say again, please.

    055:55:35 Lovell: [Garble.] Ah, Houston, we’ve had a problem. We’ve had a Main B Bus Undervolt. »

    Traduction :

    « 055:55:19 Swigert : Okay, Houston …

    055:55:19 Lovell : … Houston…

    055:55:20 Swigert : … on a eu un problème ici. [Pause.]

    055:55:28 Lousma : Ici Houston. Répétez, s’il vous plaît.

    055:55:35 Lovell : [Brouillage.] Ah, Houston, on a eu un problème. Nous avons eu une sous-tension du bus principal B. »

    Source :

    Houston, we have a problem — Wikipédia

    Extrait :

    Ma prothèse est réparée après un rapide passage chez l’audioprothésiste, je peux donc dire : I’ve had a problem, but everything’s fine now !

    Week-end des 25 et 26 juillet

    Dimanche 25 juillet

    Oui, je sais, je n’ai rien écrit hier. Pour résumer, ce fut une journée « récupération ». Je me suis occupé du potager hier matin, rien d’extraordinaire en soi, et j’ai sombré ensuite : somnolences dans le fauteuil, mais j’ai émergé pour préparer le repas. Même chose l’après-midi, avec un mieux en fin de journée. Quand le corps a besoin de récupérer, il sait vous le dire. Il ne sert à rien de lutter, j’évite juste de passer la journée au lit et j’essaie de m’occuper en cuisine. Hier soir, c’était salade de pommes de terre tièdes, ciboulette, hareng, oignons, avec une petite vinaigrette au citron. Les choses simples sont souvent les meilleures et nous nous sommes régalés.

    Lorsque nous nous sommes couchés, la lune avait cette couleur orangée typique des ciels enfumés, aucune étoile n’était visible, juste ce disque sinistre semblant annoncer une apocalypse proche. Ce qui se passe dans les régions touchées par les incendies est terrible, épouvantable, mais malheureusement, c’était prévisible.

    Consolation, j’ai entendu pendant le « Papotin », une de nos émissions favorites, une chanson de Mika. C’est un artiste que j’aime bien, parce qu’il a une personnalité attachante, une sensibilité et une intelligence tout à fait remarquables.

    Y’a des baisers qui s’perdent
    Des baisers qui traînent
    comme des chats gris
    sur les toits de Paris
    Qui vivent leur vie
    Y’a des baisers qui s’perdent
    En chemin, qui s’retrouvent
    Comme des cons
    Des baisers vagabonds
    Qui dorment sous les ponts
    Où coule la Seine
    Un peu de leur peine
    On ne sauve plus des baisers perdus
    Y’a des baisers qui s’perdent
    Des baisers qui rêvent d’être volés
    Qui n’ont jamais osé aller se poser
    Y’a des baisers qui s’prennent
    En photo, des baisers de Doisneau
    Moi j’reste le bec dans l’eau
    Dans le caniveau
    Où finit l’amour
    Un peu chaque jour
    On ne sauve plus des baisers perdus
    Où s’en vont-ils
    Ces baisers qui se perdent
    Quand tu es devant moi
    Où s’en vont-ils
    Seuls au monde à n’attendre que toi
    Dis-le moi
    Y’a des baisers qui s’perdent
    Des baisers qui traînent
    Comme des chats gris
    Sur les toits de Paris
    Qui vivent leur vie
    Y’a des baisers qui s’perdent
    En chemin, qui s’retrouvent
    comme des cons
    Des baisers vagabonds
    Qui dorment sous les ponts
    Où coule la Seine
    Un peu de leur peine
    On ne sauve plus des baisers perdus

    En beaucoup moins poétique, mais ce blog se veut aussi une source d’informations médicales, je pense que si j’avais visionné cette petite vidéo, j’aurais identifié mon problème beaucoup plus tôt, alors, si ça peut servir…

    Dans la série « été meurtrier », Marie-Paule Belle est la dernière victime. C’était une artiste singulière, qui fut la compagne de Françoise Mallet-Joris, et dont les chansons ne s’inscrivaient décidément pas dans la ligne des mièvreries ou des bluettes de nombreuses chanteuses contemporaines. Elle avait du caractère, des choix précis, une carrière souvent en dehors des strass et des néons, un côté « Barbara » aussi, avec cette envie de faire un parcours qui lui convenait, qui s’inscrivait dans une démarche artistique et personnelle. Voici quelques semaines, à 80 ans, elle avait indiqué que le spectacle, c’était fini. Et pour cause, l’artiste luttait contre un cancer et avait sans doute compris qu’elle allait bientôt tirer sa révérence.

    J’ai élucidé un grand mystère ce matin. Alors que je m’apprêtais à continuer mon circuit touristique hospitalier, avec une consultation programmée en néphrologie, je me suis aperçu, tout à fait par hasard et en me connectant à l’application « CHU connect » vendredi en fin d’après-midi, que le rendez-vous n’existait plus. Mystère… En revanche, une consultation avait eu lieu le 21 juillet. Rappelez-vous, le 21 juillet, je suis arrivé en consultation post-greffe en urgence, avec une fièvre à 39°. Doc Chama avait donc programmé prise de sang, prélèvements et scanner. Quand elle a eu le résultat du scanner, elle a contacté l’équipe de néphrologie pour avoir des conseils sur l’antibiotique à administrer. La dame qui m’a répondu alors que j’appelais le service consultations de la néphrologie, m’a confirmé que je n’avais pas de consultation prévue, et qu’il devait s’agit d’une saisie automatique lorsque Doc Chama a contacté le service. Elle ne comprend pas non plus pourquoi la date du 27 juillet avait été placée, ni pourquoi j’ai été destinataire de la notification et du questionnaire me demandant de confirmer ma présence. J’ai répondu que j’étais quelqu’un de sérieux, et que, si je n’avais pas pris la peine de vérifier, je serais venu au « non rendez-vous ». Bref, l’application est bien faite, mais il y aura des correctifs à apporter.

    Autre sujet qui me « tourmente », la MGEN est désormais aux abonnés absents et rien ne bouge sur mon dossier. Il ne faut pas trop pousser le Bélier dans ses retranchements, j’ai fait preuve d’une patience infinie avec ce contrat imposé contre toutes les règles en vigueur. On m’affirme que mon dossier est en cours d’examen… Il faut croire que tout le monde est parti en vacances. De guerre lasse, je viens de faire un signalement à la DGCCRF, il y avait une case où figurait le mot « mutuelle », alors ce fut facile, avec un document récapitulatif que j’ai joint à l’envoi. Cela ne va pas plaire, mais visiblement, on ne s’est jamais posé la question de savoir si les modifications intempestives et illégales allaient plaire aux adhérents.

    Je mets le lien vers la DGCCRF, vous pouvez en avoir besoin en cas de litige avec différents prestataires, commerces, etc.

    DGCCRF | economie.gouv.fr

    Mardi 28 juillet

    La journée commence plutôt bien. Après le tour de jardin très matinal, et dans la fraîcheur du lever du jour, j’ai préparé un taboulé pour ce midi et nettoyé le barbecue que je vais utiliser ce midi. Pas de quoi se rouler par terre de joie, me direz-vous. Certes, mais je viens de recevoir, via Messenger, un message que j’attendais depuis plusieurs semaines de la part de la MGEN. Rappelez-vous, j’ai saisi hier la DGCCRF. Faut-il y voir une conséquence, suite à une intervention de cet organisme ? Je vous laisse juges ; voici le message reçu :

    J’ai le plaisir de vous confirmer que j’ai effectué la mise à jour de votre dossier.
    Votre contrat collectif retraité est annulé.
    Vous pourrez visualiser cette mise à jour sur votre espace personnel dans un délai de 24 à 48 heures.
    Et enfin, vous recevrez , prochainement un courrier de régularisation de vos cotisations.

    Parfois, dans la vie, être teigneux ça finit par payer. Maintenant, il va falloir effectuer les mises à jour à la pharmacie et à l’hôpital, mais ce n’est pas bien grave : j’ai l’habitude. Je suis sur un groupe de retraités MGEN, mécontents d’avoir été jetés comme des malpropres et ramant comme moi pour être régularisés. Certains, parmi les plus anciens, ne sont pas à l’aise avec les outils numérique. Une dame a fait un malaise cardiaque quand elle a reçu le courrier, d’autres n’en dorment plus de la nuit et sont angoissés, un bon nombre ont découvert qu’ils n’avaient plus de mutuelle. Je pense que tout cela finira par remonter, et il faudra bien que les responsables (on ne peut pas se cacher tout le temps derrière des procédures prétendues « automatiques) finiront par devoir s’expliquer.

    Je viens de recevoir un mail qui me signale que l’entreprise (MGEN) a reçu le signalement ce matin… Comme quoi…

    L’entreprise a pris connaissance de votre signalement aujourd’hui.

    Si elle propose une solution ou corrige le problème, vous recevrez un email.

    Pour information, les enquêteurs de la répression des fraudes ont également bien reçu votre signalement.

    À bientôt sur SignalConso !

    L’équipe SignalConso

    Je ne sais pas si je dois le signaler à la DGCCRF, mais je viens de découvrir que mon ange gardien s’appelle « Mahasia ». Bon, jusque-là, il n’y a pas de quoi fouetter un ange ou un chérubin, ce n’est pas le nom qui me dérange. Déjà, je pense que, pour me protéger efficacement, il faut une armée, au moins. Disons un escadron d’anges expérimentés et super entraînés. Non, ce qui me dérange, c’est son heure d’influence : entre 1 h 20 et 1 h 40. Comment voulez-vous que je ne me réveille pas vers 2 h du matin alors que l’ange vient de me jouer un air de trompette à l’oreille ? Peut-on demander à changer d’ange gardien, et à qui doit-on s’adresser ? En tant que « fils de Dieu » – c’est le nom de jeune fille de ma mère, j’ai bien ma petite idée, mais « Il » est tellement occupé, entre les guerres, les incendies, les épidémies et quelques dirigeants frappadingues, que j’hésite un peu. L’ange gardien de Michel, Yeratel, a une heure d’influence beaucoup plus raisonnable, entre 8 h 40 et 9 h. Ce sont des créneaux de 20 minutes, en dehors de ce laps de temps, je ne sais pas ce que font les anges gardiens. Peut-être organisent-ils des tournois de bridge, ou des matchs de rugby… « Il est interdit de toucher la balle avec les ailes ! Saint Michel vous le répète avant chaque match ! De même, on n’utilise pas ses pouvoirs pour regarder le jeu de l’adversaire quand on joue au bridge… Attention, Lucifer avait déjà transgressé ces règles, vous risquez d’être déchus, très déchus ! »

    Mercredi 29 juillet

    L’été s’ra chaud, l’été s’ra chaud ! Vous connaissez la suite. Oui, il fait chaud, mais c’est encore supportable pour le moment. La clim est en route, en mode tranquille, afin de maintenir la température autour de 25 / 26°.

    J’ai eu une séance chez notre sympathique ostéopathe en fin de matinée. Une douleur résiduelle côté droit (dos et flanc) est certainement due aux « restes » de la pyélonéphrite avec une irritation de l’urètre. Cela reste supportable, sans pointe aiguë. J’ai pris le dernier comprimé d’antibiotique hier soir, et cet après-midi, sur conseil du praticien (alias « François Magicien d’Os »), c’est repos.

    Demain matin, retour au CHU, avec échographie des tissus mous du cou et visite de suivi en dermatologie, l’article sera donc actualisé en début d’après-midi pour vous faire un petit compte-rendu.

    Voilà tout le nouveau sous le soleil torride de cette fin juillet.

    Jeudi 30 juillet

    Alors que l’orage menace, avec éclairs et tonnerre mais sans pluie conséquente pour le moment, je profite de cette heure matinale et rafraîchie pour vous donner des nouvelles de ma mutuelle. C’est une véritable saga d’été, aussi passionnante que les séries interminables et soporifiques que nous subissions lorsque nous étions en vacances chez nos parents. La MGEN a donc mis à jour mon dossier, après la remontée de bretelles de la DGCCRF qui m’a par ailleurs contacté pour avoir mon avis. Tout est rentré dans l’ordre à un gros détail près. On me demande une double cotisation en août, alors que j’ai déjà été prélevé en juillet. Ce prélèvement n’aurait pas dû avoir lieu, mais il a bel et bien été effectué comme je l’avais signalé à une téléconseillère via Messenger : « Je le note sur votre dossier ». Eh bien, croyez-le ou pas, cela n’a pas été pris en compte et l’échéancier prévoit donc une double cotisation pour le mois d’août, alors qu’ils me « doivent » 27€. J’ai, comme vous vous en doutez, immédiatement réagi par une série de messages sur la messagerie Facebook et via l’espace adhérent, en leur demandant par quelle sorcellerie (c’est l’expression exacte que j’ai utilisée) ils avaient pu faire un tel calcul, et en demandant que les dossiers soient actualisés par des personnes compétentes et rigoureuses. J’ai demandé ironiquement s’il fallait que je saisisse une nouvelle fois la DGCCRF. Pour le moment, c’est le grand silence, mais je pense que la bête n’est pas encore tout à fait morte et une réaction est toujours envisageable. Ce n’est plus une mutuelle, c’est un canard sans tête, qui fonce vers sa perte.

    Je reviendrai plus tard vous donner des nouvelles de la mutuelle (si j’en ai) et je vous ferai un petit compte-rendu de la matinée au CHU. Soyez sages en attendant.

    Actualisation à 8 h 00 : en fait, il a bien plu et le jardin va être content.

    Actualisation à 15 h

    Voici un petit résumé de la matinée au CHU. Notre parking habituel était très accessible, on sent que les patients ont pris des vacances et le flux habituel s’est tari comme la Loire. Nous sommes « montés » à la chapelle et je suis passé assez rapidement à l’échographie : quelques ganglions, mais sans caractère de gravité (j’ai de toute façon des ganglions depuis ma LLC). Nous avions du temps devant nous, et nous sommes allés prendre un café en terrasse, à l’ombre, à la cafétéria, avec un muffin aux myrtilles (je conseille, ils sont délicieux). Petite pause agréable avant de repartir en dermatologie. La dermatologue, très sympathique, avait bien étudié le dossier, et elle a confirmé qu’un suivi tous les 6 mois était indispensable, compte tenu de mon historique de santé, et du déficit immunitaire. Elle a ensuite traité à l’azote liquide le lobe de l’oreille déjà opéré (petite kératose qui se reformait) et a surtout vaporisé pas mal d’azote liquide sur une zone plutôt mal située (sous l’orbite de l’œil droit). Si la zone traitée évolue péjorativement d’ici le 28 janvier, date de la prochaine visite, il faudra de nouveau effectuer un prélèvement. Mon cas sera discuté en RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire), notamment pour déterminer la fréquence des échographies. Je suis donc satisfait du sérieux avec lequel le dossier a été pris en charge, et rassuré.

    Nous sommes allés ensuite « traîner » au centre commercial en forme de soucoupe volante. Nous avons déjeuné dans notre brasserie habituelle, puis nous avons cherché des assiettes pour remplacer celles que j’avais cassées. Nous avons trouvé 8 assiettes plates, au design sobre, en porcelaine et « faciles à vivre ». Je n’ai pas encore testé leur solidité.

    Il m’est revenu en mémoire une chanson de Pierre Perret que les moins de vingt ans ont le droit de ne pas connaître :

    27 juillet 2026

  • La vie après la greffe, 23 juillet 2026

    Vendredi 17 juillet

    Cela fait du bien d’enfiler une robe de chambre le matin quand la fraîcheur si longtemps oubliée vous rappelle qu’on peut encore avoir froid, même en plein été. Ce n’est pas le Grand Nord, mais c’est bien agréable. Pas d’arrosage matinal, la terre est restée relativement humide, avec un peu de rosée aussi, certainement. Le jardin profite de cette parenthèse bienvenue, on va laisser les choses se faire.

    Hier, alors que je vidais le lave-vaisselle, j’ai commis un meurtre : quatre assiettes que j’avais posées un peu trop rapidement sur le bord du plan de travail se sont fracassées par terre, dans un vacarme épouvantable. Nous avons ramassé les morceaux, éparpillés sur le carrelage, et j’ai senti comme un chatouillement sur le pied. En fait, j’ai reçu un éclat qui m’a entaillé le haut du pied, et le côté aussi. J’ai désinfecté, Michel a posé un pansement hémostatique et tout est rentré dans l’ordre. Inocemment, j’ai dit que j’aurais pu, à quelques centimètres près, entailler une artère… C’est bien la preuve que je ne privilégie pas toujours le pire scénario. Nous devrons retrouver des remplaçantes, que je préviendrai gentiment lorsqu’elles auront subi un premier lavage.

    Je suis allé à ma séance « magicien d’os » chez François, l’ostéopathe, qui m’a demandé mon parcours médical. Je lui ai dit que j’allais simplifier, sinon cela ressemble à l’interview de Michel Boujenah par Claude Sérillon. La séance a été très douce, sans craquements ni douleurs. Je dois y retourner dans une dizaine de jours et j’aurai des exercices à faire.

    La nouvelle qui fait la une depuis hier soir dans notre département, c’est l’incarcération du maire de Chalonnes-sur-Loire pour détention de fichiers pédophiles, vidéos et photos, sur son téléphone portable. La première adjointe est donc devenue maire de la commune, et on imagine bien les remous et la stupeur que la nouvelle a provoquée, à la fois chez les colistiers de la liste majoritaire et chez les élus d’opposition, et l’impact sur la population chalonnaise. Ce qui fait peur aussi, ce sont les commentaires que l’on voit fleurir sur les réseaux sociaux : « Il faut appliquer la peine de mort », « je ne vois que la lapidation », « Il était ami avec la députée », pour cette dernière affirmation, et pour apporter des précisions, la députée actuelle qui fut également maire de la commune, marquée légèrement à gauche, alors que le maire incarcéré représentait la droite, n’a bien entendu aucun rapport avec cette triste affaire, mais on voit bien l’intérêt d’entonner l’air de la calomnie : après tout, si on peut salir d’autres personnes bien implantées… Cela témoigne d’un climat délétère que l’on aurait tort d’ignorer. Bientôt, d’autres amalgames seront faits, d’autres personnes seront désignées comme complices, ou pire. Sans aucun contrôle, sans que ces futures victimes soient concernées en quoi que ce soit. Pourtant, la justice a fait son travail, le maire est sous les verrous, et la peine a été appliquée. Alors, faut-il revenir au Moyen Âge en proposant le pal, l’écartèlement et le bûcher ?

    Mon cher et tendre va avoir de nouvelles lunettes, le choix n’a pas été trop compliqué, moins que lorsqu’il s’agit d’acheter une paire de chaussures…

    J’ai lu, avant de partir, un article qui concerne le rôle du CMV dans le glioblastome. Vous vous souvenez sans doute de notre ami Rémy et de sa lutte, perdue d’avance – il en était conscient pendant ses moments de lucidité – contre cette terrible maladie, le glioblastome, qui n’a pas encore de solution thérapeutique, même si de nouvelles pistes sont explorées. Le CMV, dont on connaît la traitrise et la nocivité, ne provoque pas directement le glioblastome, mais, s’il est présent et que le patient souffre de cette tumeur cérébrale, il agit sur les cellules cancéreuses, en les modifiant pour les rendre plus résistantes aux traitements, donc il renforce la nocivité de la maladie. C’est un virus diabolique, je le savais, mais là… Je pense que cette info n’était pas encore connue des équipes médicales qui suivaient Rémy, quoi qu’il en soit, l’administration de valganciclovir permet certes une meilleure survie, mais n’autorise pas à envisager une rémission. Saleté de pourriture de dragon virus ! Pour info, Rémy avait bénéficié de soins palliatifs avant son grand voyage… la fin avait été très compliquée, malgré la présence des soignants et des proches, et ce fut difficile, pour lui, pour ses amis, pour les soignants qui ont fait le maximum… La colère l’emportait souvent, je pense que je me serais révolté aussi. Personne ne veut terminer sa vie ainsi, personne… même celles et ceux qui vilipendent la loi sur l’accompagnement de la fin de vie. Je ne souhaite pas à M. Retailleau, à Aurore Berger ou à leurs amis politiques d’avoir à gérer pour eux-mêmes ou pour leurs proches des fins de vie aussi compliquées, parce que, par principe, je pense que tout être humain, y compris celles et ceux avec lesquels je me sens en profond désaccord, ne méritent pas de terminer leur vie de façon inhumaine.

    Contre le glioblastome, la tumeur cérébrale la plus fréquente, la piste du cytomégalovirus

    Une actualité moins lourde, celle des fleurs du jardin. La « paumée du Caire » (ipomée du Caire) a l’esprit aventurier et s’enfuirait volontiers de son bac. Le géranium au pied du datura, a une belle couleur rouge, il est un des rares à se plaire au plein soleil et apprécie les arrosages réguliers.

    Sous ce beau pansement, un massacre : j’ai « explosé » les taches de purpura en passant trop près de la poignée d’une des deux portes de la cuisine… Sous le pansement, c’est une vraie charpie : peau arrachée et bras sanguinolent. Voilà, j’ai gagné ma journée.

    Week-end des 18 et 19 juillet

    Samedi 18 juillet

    La journée a commencé par une poussée de fièvre, d’abord peu perceptible, mais j’ai pris ma température dès mon réveil matinal, je sentais bien que quelque chose se tramait. Le thermomètre indiquait 37.5°. Pas de quoi s’affoler, sauf quand on connaît le bonhomme, et je me connais un peu. Avant de sortir pour m’occuper du potager, j’étais à 38.4 et en rentrant, 40 minutes plus tard, à 38.6. Il fallait donc passer la vitesse supérieure et j’ai attendu le petit déjeuner pour prendre un doliprane, qui a été efficace. La fièvre est retombée, je n’ai pas eu de crise de tremblements, et je vais surveiller dans la soirée, car je suis coutumier des remontées en flèche. Pour le moment, je me sens plutôt en forme.

    Alors, pourquoi ces épisodes fébriles ? Cela peut être dû à une réaction immunitaire contre le dragon virus EBV, on supposera que l’autre, le CMV, est encore neutralisé. On constate parfois des épisodes fébriles sans cause identifiable. Le plus important est de les repérer, de ne pas les négliger, et d’attendre un peu avant de sortir les armes fatales, comme l’antibiotique prescrit en cas d’épisode fébrile durable.

    Nous arrivons de Chemillé, et nous avons fait les courses pour le week-end après être passés chez Sylvaine et Xavier pour relever le courrier (rien que de la pub !).

    J’ai travaillé mes leçons de grec ce matin, avec de nouveaux mots, et j’adore ça. Je me débrouille pas trop mal, mais j’ai hâte d’apprendre quelques phrases basiques de façon à pouvoir les réemployer en septembre. Je serais incapable d’écrire une phrase en alphabet grec, mais je le déchiffre plutôt facilement, ce qui peut aider lorsqu’on lit un menu ou un panneau routier.

    Ce soir, nous allons regarder deux nouveaux épisodes de « Happy Valley », en replay sur Arte. Je remercie Régine (du Gers) pour avoir évoqué cette série, excellente, sur Facebook. Les personnages sont attachants, ou inquiétants, et l’intrigue est bien menée. Les Anglais savent réaliser de bonnes séries, avec des actrices et acteurs convaincants, sans que cela tourne à la caricature ou, pire, à l’ennui. Cette série est ancrée dans une réalité contemporaine, un coin d’Angleterre où le trafic de drogue gangrène une petite ville du Yorkshire.

    Dimanche 19 juillet

    Que fais-tu devant ton écran à 2 h du matin ? Question légitime, mais en l’occurrence, il ne s’agit pas d’une simple insomnie. Ce serait trop facile. Je me suis réveillé en grognant, parce que la fièvre remontait, et je m’en doutais déjà un peu hier soir. Bref, 38.5°, je n’ai pas attendu d’arriver à 39 avant de prendre un doliprane, et j’attends qu’il agisse. La fièvre va céder, certes, mais cela ne règle pas le problème. Je vais devoir contacter le service post-greffe demain matin et expliquer la situation. Ils vont sans doute me convoquer pour une prise de sang et des tests PCR. Alors, c’est quoi encore ce truc ? Soit c’est une infection, soit c’est autre chose. Deux indices : la fièvre s’installe le soir et la nuit ou en fin de nuit, cède avec le doliprane, puis repart. De plus j’ai des frissons (mais je n’attends pas avant qu’ils deviennent trop importants) et des douleurs abdominales, sans diarrhée. Les ganglions sont toujours présents ; c’est un peu « normal » avec une infection, mais cela peut aussi signifier autre chose. Bref, je fais mon intéressant, comme d’habitude. Cela m’étonnerait que le CMV soit responsable, il était vraiment à zéro, quant à EBV, ce n’est pas forcément son mode opératoire, sauf s’il s’est « échappé ». Beaucoup de questions, aucune réponse pour le moment. On ne va pas se mettre la rate au court-bouillon (ah, ah, ah : elle y est déjà, la bonne blague !)

    Je crois que Doc Sylvie est en vacances : alors, moi je meurs, et elle s’en va je ne sais où… Elle va encore dire à la prochaine visite que je ne suis pas obligé de montrer l’étendue de mes talents en profitant de son absence pour faire mon intéressant, pfff.

    J’en profite pour lire un peu (je vous épargne la triste défaite de la France en « petite finale », mais je m’en fiche un peu). J’ai lu un article très intéressant sur un livre écrit par Jean-Pierre Mader, vous savez, « Macumba ». L’auteur de l’article a été bluffé par son livre, « On connaît ma chanson » (éditions Privat) tout en finesse et en modestie, et il a redécouvert l’artiste, discret, et son parcours. Il ajoute qu’il est parfois facile de tomber dans la caricature quand on parle d’un artiste : je suis d’accord, je l’ai toujours pensé. Certains peuvent avoir « la grosse tête », et d’autres, un idéal, une éthique, qui en font des êtres singuliers, fragiles, discrets et lucides. La vie ne se résume pas au « cash » perçu, mais par un itinéraire, un chemin de vie. Bref, j’ai toujours pensé que J-P Mader était un sacré bonhomme, et je suis content de ne pas avoir été déçu.

    J’ai lu l’autobiographie de Jean-Pierre Mader et j’ai pris une leçon d’humilité | Slate.fr

    Prochainement, je vous parlerai d’un ami artiste, parolier, auteur de parodies hilarantes : Chris, prépare-toi, ton heure va venir !

    Lundi 20 juillet

    Passage rapide avant d’appeler le CHU lorsque l’équipe sera en place. La fièvre ne cède pas, même avec le doliprane, il va donc falloir explorer tout cela…

    15 h45

    Le service post-greffe, que j’avais contacté ce matin, vient de me rappeler. Doc Chama veut me voir demain matin et j’aurai la prise de sang et les tests PCR, bref, c’est quand même rassurant de savoir que le problème va être pris en charge. Comme d’habitude, la fièvre se calme en journée, et j’attends la traditionnelle « remontada » de la soirée avant de me shooter au doliprane (j’évite d’en prendre régulièrement compte tenu de sa nocivité sur le foie).

    À part une grosse fatigue, rien de nouveau sous le soleil.

    Mardi 21 juillet

    Ce fut une « grosse » journée au CHU, avec une fièvre très importante cette nuit, et malgré le doliprane. À deux heures du matin, j’étais secoué de frissons, avec une température de 39.5°. Je me suis installé dans le fauteuil pour que Michel puisse passer une fin de nuit tranquille et j’ai réussi à redormir un peu. Mais la fièvre, même si elle avait baissé un peu, restait élevée. À l’arrivée au CHU, c’était un peu le branle-bas de combat en me voyant arriver : je suis passé rapidement pour faire les prélèvements sanguins, et les mises en culture. La température était encore à 39°, l’infirmière m’a donné un doliprane. Les prélèvements ont été envoyés au labo en urgence.

    On m’a ensuite proposé de prendre un lit dans la chambre du service, Doc Chama est venue m’ausculter, m’a dit qu’elle programmait un scanner en urgence afin de s’assurer qu’il n’y avait pas un foyer infectieux quelque part. Le brancardier est venu me chercher en fin de matinée et j’ai donc, pour la énième fois, eu droit au produit qui chauffe et au passage dans le tube. Plusieurs passages en fait. La radiologue a rédigé son rapport et l’a envoyé à Doc Chama. Il ne s’agissait pas des poumons, cette fois, mais d’un rein qui a développé une néphrite (infection du rein). Elle peut, à elle seule, expliquer la fièvre, même s’il faudra attendre plusieurs jours pour avoir les autres résultats des mises en culture. Doc Chama nous a demandé de patienter, elle voulait prendre l’avis des néphrologues, qui ont eu accès à mon dossier, avant de prescrire un antibiotique. Les confrères néphrologues l’ont dirigée vers l’infectiologie et le nom de l’antibiotique miracle est « Tavanic ». Je dois l’arrêter si j’ai des douleurs au tendon d’Achille, et, a ajouté le pharmacien, ne surtout pas aller au soleil pendant le traitement, j’ai répondu que je vivais déjà comme un vampire : je sors avant que le soleil se lève ou après qu’il soit couché. Sur la route du retour, j’ai reçu une notification sur l’appli de l’hôpital : les néphrologues ont programmé une consultation la semaine prochaine, le 27 juillet. C’est en début d’après-midi, cela nous laissera le temps de nous préparer tranquillement. Voilà tout le nouveau sous le soleil (interdit).

    Mercredi 22 juillet

    Ce fut une nuit encore bien compliquée, avec un remake de « stupeur et tremblements » vers 2 h du matin. Je n’ai pas attendu que la température atteigne des sommets pour reprendre un doliprane, qui s’est avéré efficace. Il faut attendre deux à trois jours de traitement avec le Tavanic pour voir la fièvre baisser. Le Tavanic est de plus en plus contesté et un article de « Que Choisir » met en garde contre ses effets indésirables nombreux, et aux conséquences à long terme. Il est à réserver aux cas graves… O.K, je suis un cas grave, je sais.

    Fluoroquinolones – Des antibiotiques à éviter – Actualité – Que Choisir Ensemble

    J’ai reçu les premiers résultats du labo, j’ai cru que ce dernier était devenu fou, avec cinq notifications à la suite. Alors, il y a les premiers résultats des tests PCR : ce n’est pas le COVID, ni la grippe, mais j’ai un rhino virus. Ensuite, j’ai eu droit à la CRP qui atteint des sommets à 135 mg/L, alors que la norme doit rester inférieure à 3. Cela ne donne pas d’indication précise sur l’infection, mais témoigne qu’il s’agit d’une infection très sévère.

    La première partie de l’antibiogramme donne une indication « Cocci à gram en amas », ce qui signifie très certainement la présence d’un staphylocoque qui sera probablement aussi présent dans l’analyse d’urine. Pour cette dernière analyse, on sait qu’il y a de très nombreux leucocytes (donc une infection), et aussi des hématies, donc du sang.

    Maintenant, il faut attendre l’identification de ce cocci à gram, pour savoir si l’antibiotique est adapté, ou s’il faut lui adjoindre un autre antibiotique. C’est une affaire sérieuse, car ces germes sont particulièrement tordus et résistent facilement aux antibiotiques. Je pense que les résultats arriveront demain, et s’il faut changer de médicament, le service post-greffe me recontactera. Je suis un peu secoué, pas vraiment très en forme et en vigilance à la fois sur les effets potentiels du Tavanic, et sur la fièvre… Et, de vous à moi, j’en ai un peu marre.

    Du côté du foie, c’est toujours perturbé, largement au-dessus des normes, mais bon… pas plus que d’habitude, à part la bilirubine qui augmente plus franchement.

    On ne va pas se laisser abattre sans sourire un peu. Un débat quelque peu animé a eu lieu à l’Assemblée nationale entre Élisabeth Borne et Monique Génevard à la suite du vote (lamentable) du projet de loi d’urgence agricole, qui réintroduit des pesticides. Borne était farouchement opposée à ce projet, Génevard l’a, au contraire, soutenu, faisant tout pour que deux néonicotinoïdes soient réintroduits. Borne a voulu aller à la bagarre en reprochant à la ministre cette réintroduction (pour une fois, je suis d’accord avec elle). Génevard a alors répondu : « Je fais confiance à la science », et Borne de répliquer : « Justement, je suis une femme de science et je ne suis pas d’accord avec toi ». Le ton est monté, les mouvements de bras se sont accélérés. On aurait souhaité que Borne mette une bonne claque à la ministre, mais non, elles ont fini par se calmer. Je trouve ça dommage.

    Violente altercation à l’Assemblée entre Elisabeth Borne et une ministre d’Emmanuel Macron ? “C’était chaud physiquement” – Closer

    Je me remonte le moral en pensant aussi à mes deux chansons fétiches :

    Je l’avais promis, je voudrais parler d’un ami, parolier, artiste, créateur, auteur… cet homme a tous les talents et il n’hésite pas à me taquiner lorsque je m’essaie à la parodie. Mon cher Chris, la vengeance, chez les Macron, est un plat qui se mange très froid.

    Chris SHELDON Parolier – YouTube

    Jeudi 23 juillet

    Il faut que je vous raconte un truc. Oui, ça ressemble à une confession. Non, je n’ai encore tué personne, je n’ai pas de traces de sang sur les mains. Si j’avais chopé le moustique qui m’a réveillé voici quelques minutes, j’aurais certainement eu son ADN sur les doigts, mais non, je me suis simplement donné une grande claque sur l’oreille.

    Non, je vous explique. J’ai vécu, hier après-midi, alors que Michel était parti chez Sylvaine pour vérifier que tout allait bien, une expérience étrange. J’essuyais tranquillement la poêle qui trempait dans l’évier, et que je venais de laver, lorsque le plan de travail s’est soudain abaissé de 30 cm. J’ai fait un pas en arrière (sans lâcher la poêle), le temps de me dire 1) que c’était impossible, surtout dans un silence total, 2) que je devais être victime d’une hallucination visuelle. Nous n’avons pas mangé de champignons le midi, et je soupçonne le nouvel antibiotique de ce méfait. J’enchaîne avec mes cours de grec, tout se passe bien jusqu’au soir, après le repas. Je prends le comprimé le soir, cela permet de ne pas alourdir la prise de médicaments du matin.

    Nous regardons notre série du moment, avec un peu d’agacement car l’image du replay se bloque alors que le son continue. Ce n’est pas une hallucination, Michel râle et moi aussi. Soudain, j’entends comme un bruit d’alarme, au loin. Je regarde Michel, qui reste stoïque et je lui demande s’il entend quelque chose de bizarre. Réponse : « Qu’est-ce que tu entends ? » Je bredouille un truc du genre : « ça doit être ma prothèse auditive ». Je l’enlève, je la remets, le bruit cesse, revient et cesse à nouveau. Ce ne sont pas des acouphènes, j’entends clairement cette alarme.

    Cela m’a fait penser à ce vieux film avec Catherine Deneuve, réalisé par Polanski.

    Voici la bande annonce :

    Je vais essayer d’attendre sagement l’arrivée des nouveaux résultats, avant de partager l’article. J’ai lu cette nuit que le Tavanic peut provoquer des hallucinations visuelles et auditives et qu’il provoque aussi des idées suicidaires. Michel m’a dit voici quelques minutes « Bah, tu peux toujours te jeter par la fenêtre, il n’y a qu’un étage ». C’est rassurant.

    Des nouvelles du labo :

    La méchante bactérie a été identifiée, il s’agit bien d’un staphylocoque, qui porte le joli nom de staphylococcus warneri. La mise en culture se poursuit, j’attends aussi le résultat de l’ECBU, logiquement, on devrait retrouver la même bestiole.

    17 juillet 2026

  • La vie après la greffe, 16 juillet 2026

    Vendredi 10 juillet

    Commençons par la journée d’hier, car j’ai été occupé par mes leçons de Grec, la lecture de mon roman islandais et un peu de cuisine.

    Nous sommes donc partis tranquillement, puisque je n’avais pas de rendez-vous prévu avec Doc Sylvie, et je savais par l’infirmière que les patients étaient peu nombreux. Nous partons vers 8 h, sachant qu’il nous faut en général 35 à 40 minutes, ce qui laisse le temps de chercher une place de stationnement. Tout se passe bien jusqu’à l’arrivée sur la rocade. Peu avant le Carrefour Grand Maine, la circulation est bloquée, à l’arrêt. Nous voyons se faufiler des voitures de police, avec les gyrophares, et un véhicule avec un panneau lumineux sur lequel on lit « Animaux en errance ». Les supputations vont bon train, alors que nous énumérons les différentes possibilités : un wallaby ? Michel avait participé à la capture d’un wallaby facétieux et rusé qui avait fait courir les « chasseurs (équipe technique, pompiers et policiers) pendant un bon moment. Mais la bestiole bondissante avait fini par être récupérée saine et sauve. Il y avait eu aussi un nandou, ce cousin sud-américain de l’autruche, excellent coureur. J’imagine une girafe, ou une licorne (sans le savoir, je ne suis pas loin de la vérité avec cet animal légendaire), ou pourquoi pas une tortue ou un hamster… La vie est sacrée, que l’on soit petit ou grand. Cela fait 20 minutes que nous sommes bloqués, et j’appelle le secrétariat post-greffe, en me disant qu’ils ont l’habitude de nous voir plutôt en avance qu’en retard. C’est Marie-Luce qui me répond, et cela la fait rire, sachant qu’on finira bien par arriver un jour. À ce moment, tout se débloque, le bouchon saute comme celui d’une bouteille de champomy bien secouée. Nous arrivons à 9 h et Marie-Luce me demande si je sais de quel animal il s’agissait. Je n’en ai aucune idée, elle me dit emprunter la même route le matin, et comme elle est passée plus tôt, la circulation était fluide.

    Le soir, Michel me montre le titre d’un article (payant, donc nous n’avons pas eu tout l’historique) : 13 poneys en divagation sur la rocade ! D’où venaient-ils ? Pourquoi ont-il décidé d’explorer la voie rapide, au péril de leur vie ? Mystère ! Ils auraient pu arborer un serre-tête « licorne », rien que pour voir la tête des policiers qui ont certainement dû courir…

    Revenons au CHU : juste avant la prise de sang, Doc Sylvie arrive pour appeler son premier patient. Elle me voit et me demande « Mais, je vous vois aujourd’hui ? » (traduction : Qu’est-ce que vous faites là ? Je ne vous ai pas sur mon planning). Je la rassure en disant que je viens pour la prise de sang de contrôle, son visage s’illumine : « Bon, au-revoir ! » (traduction : Eh bien tant mieux !). Mais enfin, si vous ne voulez plus me voir, dites-le moi ! (je plaisante, évidemment).

    Nous avons ensuite pris la direction d’Atoll (un très grand centre commercial posé comme une soucoupe volante au milieu des champs pour reprendre la description qu’en fait Danielle Sallenave, notre académicienne locale). Je demande à Michel de ralentir, j’ai un point de sciatique depuis quelques jours déjà. Les soldes, dans le premier magasin, ne sont pas franchement à notre goût. Couleurs criardes ou matériaux peu agréables au toucher. J’aide Michel dans ses recherches, je n’ai besoin de rien, et finalement, je prends un pyjama léger, mais pas en solde. Nous nous dirigeons ensuite vers un magasin de sport. Michel regarde les boxers : le deuxième lot est à -50 %, ce qui ne constitue pas une réduction terrible. Il est encore cher. Il finit par prendre deux lots, en choisissant des couleurs différentes, on se répartira les calbuts. Bon, pourquoi pas ? Nous déjeunons dans une brasserie sympa sur place, puis nous rentrons tranquillement. Michel enlève un peu plus tard les étiquettes pour effectuer un premier lavage. Et là, j’entends une bordée de jurons qui se termine par « Je me suis fait avoir ! » En fait, les boxers, indiqués L, sont destinés à des gamins de 12 ans et, même si j’ai perdu du poids, je ne vais certainement pas rentrer dedans… Voilà, voilà, on a fait les soldes !

    Je me suis amusé avec l’I.A ce matin, en lui proposant des photos de ma maman. Les originaux ont subi les outrages du temps et n’étaient pas d’une qualité terrible. Je précise que ces photos appartiennent, et il y en a d’autres, à une série que j’appelle « période starlette » où ma mère prend la pose, comme on se devait de le faire à l’époque. Et je trouve que ma mère est fort jolie. Et non seulement elle était jolie, mais c’était une personne terriblement attachante, drôle, timide en société, aimante, avec une qualité d’écoute rare pour les personnes de sa génération, et une fantaisie naturelle. Tout cela en dépit d’une enfance marquée par la perte de sa mère, alors qu’elle était très jeune, et de l’arrivée de « Folcoche », la seconde épouse de mon grand-père, instituteur. Lorsque je me réveille la nuit en riant, je sais qu’elle est passée me voir dans un de mes rêves, et que nous avons ri ensemble comme nous l’avons souvent fait. Je pense souvent à elle, elle m’accompagne quasi quotidiennement, c’est une présence douce et réconfortante qui m’a aussi beaucoup aidé pendant mes problèmes de santé.

    Mes progrès en Grec :

    Je sais désormais survivre en commandant deux grandes bières :

    Δύο μεγάλες μπύρες, παρακαλώ.

    Ce qui se prononce :

    Dýo megáles býres, parakaló. (je crois que Michel fait un peu de « résistance », ou alors il veut passer à l’ouzo…) Les lettres accentuées correspondent aux accents toniques : pour Δύο, on accentue le son « y », pour παρακαλώ, le son « o ». Certaines racines aident : μεγάλες, on entend « megales », on se doute que c’est « grand », comme dans la suite « méga, giga » etc. J’essaie de ne pas embrouiller Michel, sinon il va commander des « giga bières » ! Le son correspondant à « r » est roulé, comme dans la plupart des langues.

    Dimanche 12 juillet

    Ce fut encore une nuit presque sans sommeil. Je me suis levé vers 2 h 30, il faisait chaud dehors. J’ai fait ce que j’ai pu pour aérer la maison, tout en lisant mon roman islandais et en pratiquant mes cours de Grec. Il paraît que mes progrès sont spectaculaires (dixit l’application qui n’a pas intérêt à ce que je me lasse). Je suis dans les articles… Les noms de personnes ont des articles spécifiques, un peu comme lorsqu’on dit « la Jeanine », « le René ». Si j’oublie, paf, je suis sanctionné ! Alors qu’on apprend de ses erreurs… Il ne manque plus que la décharge électrique pour me faire rentrer ça dans le crâne. Je ne sais toujours pas demander mon chemin, ou demander le prix d’un objet, mais je sais demander de l’eau, et du pain. Et aussi des pintes de bière ou de l’ouzo. Je vois tout en rose puisque c’est la seule couleur apprise pour le moment : le cinéma est rose, le musée est rose, Anna est avec Nikos qui fait de l’ouzo (rose ?)

    Je vous dirai quand j’aurai appris les autres couleurs…

    Je suis sorti m’occuper du potager et des fleurs dès que le jour a été suffisant. Les piafs attendaient déjà mon passage pour aller se désaltérer et prendre leur bain, il va bientôt falloir un système de tickets comme à la poissonnerie. Nous avons installé un ombrage sur la structure de l’ancienne serre, et ma foi, je pense que c’est une bonne idée. Mon ingénieux mari a déniché des vieux draps, et les plantes fragiles sont désormais abritées des rayons insupportables du soleil, devenu fou. Quand je vois ce que ça fait aux plantes, je comprends ce que cela peut faire à ma peau. Les framboisiers à proximité des plants de concombres abrités par le parasol ont « compris » qu’il y avait là une opportunité, et ils se penchent pour profiter de l’ombre eux aussi. L’intelligence des plantes me fascine…

    Il est un peu plus de 16 h et nous rentrons de balade… non, pas d’une promenade en plein soleil, mais nous sommes allés voir l’exposition de peinture du mari d’une ancienne collègue de Michel. L’expo nous a beaucoup plu et nous avons pu discuter longuement avec Yves, l’artiste. Un tableau « coup de cœur » a été adopté au passage, son titre va vous faire comprendre pourquoi : « Chimère », et, il est très réussi. C’est un petit format, mais qui sera facile à mettre en valeur chez nous et je crois qu’il vient de trouver sa place.

    Je vous mets le lien qui renvoie au site d’Yves, vous pourrez faire les curieux :

    Y. de l’Avouillette – Bienvenue au coeur de mes fantasmagories picturales…

    Yves de l’Avouillette est le nom d’artiste du peintre. Prenez le temps de regarder, car il y a une vraie démarche artistique qui s’articule autour de la fragilité du vivant et de l’urgence de le préserver.

    De la peinture à la musique, on reste dans le domaine artistique. Bonnie Tyler nous a tiré sa révérence. J’ai appris qu’elle était galloise, et c’est une terre de chanteurs et chanteuses. Cela s’explique culturellement : il fallait empêcher les mineurs de passer leur samedi soir et leur dimanche au pub. On a donc créé ces chorales réputées qui sont capables d’interpréter des chants à plusieurs voix lors des matchs de rugby à Cardiff, et on les a encouragés à jouer au rugby. J’adore le Pays de Galles, sa culture, ses paysages, les Galloises et Gallois, l’ambiance des pubs, et la musique qui est presque aussi présente qu’en Irlande. Lors des séjours que nous organisions pour les élèves, nous séjournions à Abergavenny, la localité d’où est originaire Pénélope Fillon. J’entends vos rires sarcastiques, mais je pense que cette dame n’a pas vraiment saisi tous les enjeux lorsque son mari l’a « embauchée ». Je me souviens que lorsque François Fillon était maire de Sablé, elle laissait son mari serrer des mains, et elle changeait de trottoir pour faire tranquillement son shopping. Je l’avais rencontrée un soir, pendant une représentation de théâtre amateur, très cordiale, très intéressée par la vie culturelle, et plus naturelle que lorsqu’elle accompagnait son mari dans les réunions officielles, on la croisait aussi quand on se promenait à Sablé. Je me souviens qu’un de mes collègues, proviseur d’un grand lycée lavallois, un vrai professionnel, serviable, très compétent, se retrouvait mis au ban par certains (je devrais dire par beaucoup), parce que dans la vie il avait eu le malheur de lier une amitié certainement sincère et réciproque avec François Fillon ; je ne sais pas comment les collègues l’avaient su, car il ne fanfaronnait pas en se haussant le col. Alors, forcément, pour des gens « de gauche », c’était épouvantable. Je ne sais pas quelles étaient les opinions politiques du collègue, il avait le droit d’avoir une sensibilité politique différente de la mienne de toute façon, mais, pour moi, c’était un modèle d’intégrité et d’honnêteté intellectuelle, un type adorable, et respectueux. Je suis presque certain qu’après les scandales, il est resté fidèle en amitié, parce que c’est le genre d’homme qui ne lâchera pas la main de son ami qui se noie, et qui s’enfonce en croyant se défendre. Voilà, c’est dit. J’ai d’ailleurs vécu la même chose avec un collègue d’Angers, à côté duquel je faisais fi du « cordon sanitaire » laissé volontairement par les autres. Je me mettais à côté de lui, et il me disait en riant : « Tu n’as pas peur toi ! ». Peur ? Moi ? Jamais, surtout quand il s’agit de comportements puérils. Il était mon camarade de promo, on avait partagé pas mal de bons moments pendant notre formation, et je connaissais aussi son sens moral.

    Allez, on écoute Bonnie :

    Lundi 13 juillet

    Même si l’air est un peu moins torride, on ne peut pas parler de fraîcheur. Il faisait 24° à 5 h 30. Inutile de vous dire qu’il est difficile de faire baisser la température de la maison. J’ai proposé à Michel de partir vivre dans les Féroé, mais il est réticent…

    Nous avons refixé les ombrages qui s’étaient envolés avec le vent hier, ce terrible vent chaud qui rappelle les épisodes de vent marocain à Lanzarote, porteurs de sable et tueurs de végétation. Cela nous a permis de prendre quelques photos de nos « protégées ». En premier lieu, l’ipomée du Caire, que je rebaptise « la paumée du Caire » (pauvre fille !). Nous l’avons admirée à Lanzarote, et elle se plaît beaucoup chez nous également. Elle n’en est pas encore au point où elle colonisera le moindre recoin, mais elle est d’un naturel explorateur. Le soleil est son ami, elle est servie.

    Comme vous le voyez, les orchidées se plaisent bien à l’ombre du parasol de la terrasse. Le soleil les grillerait quasi instantanément, mais ombre et chaleur leur conviennent… Il faut cependant penser à les hydrater. Juste au-dessus, vous avez un pétunia « spontané ». Ils sont plusieurs à apparaître un peu partout, j’en ai vu un dans le jardin-terrasse d’Albert, et d’autres encore entre des hortensias « rescapés ». Celui que vous voyez a élu domicile dans le carré qui accueille les patates douces et les deux beaux pieds de poivrons.

    Sam Neill nous a lui aussi tiré sa révérence… quelle sombre série ! J’aimais beaucoup cet acteur, rendu célèbre par « Jurassic Park », mais il a joué aussi dans d’autres films qu’il serait injuste d’oublier.

    https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/mort-de-sam-neill-quatre-films-et-une-serie-inoubliables-de-l-acteur-star-de-jurassic-park_8105891.html#xtor=CS2-765-[copy]-

    Mardi 14 juillet

    Nous avons passé la soirée devant le concert du 14 juillet, avancé cette année au 13. Les commémorations du 10e anniversaire de l’attentat de Nice vont se dérouler ce soir, et il n’est pas question de festivités, mais de recueillement. Le journal de France2 a d’ailleurs diffusé un excellent et bouleversant témoignage sur le suivi des « rescapés » qui revivent chaque année les scènes terribles de cet attentat, avec des conséquences psychologiques nécessitant un suivi rapproché, jusqu’à ce que la résilience, dans le meilleur des cas, permette aux victimes d’avancer seules dans la vie.

    J’ai lu un article très intéressant sur le décès de Sam Neill. Il avait été soigné pour un lymphome T angio-immunoblastique, qui est une forme rare et agressive de lymphome. Nous avons un ami sur le forum, suivi par le CHU d’Angers, que nous avons rencontré en salle d’attente. Il a pu bénéficier d’une allogreffe de moelle osseuse, et il peut témoigner que c’est un parcours compliqué, couronné de succès après les aléas propres à chaque patient, car les parcours sont différents, parfois très semblables, parfois non, selon les pathologies liées au traitement, au système immunitaire et au « hasard ».

    Pour Sam Neill, nous ne savons pas ce qu’il s’est passé : la famille donnera les explications plus tard, mais souhaite un peu de sérénité pendant la période de deuil, et je les comprends. On sait que l’acteur n’est pas décédé de sa maladie, du moins directement. Il a pu contracter une infection, en raison de son système immunitaire très affaibli, et ça, c’est malheureusement assez fréquent, surtout quand on a en plus un traitement aux corticoïdes. Vous connaissez mon parcours, je ne reviens pas sur les « aventures » que j’ai pu traverser depuis la greffe, sans trop de conséquences grâce à la réactivité de Doc Sylvie qui veille au grain et au fait que je n’hésite pas à signaler les poussées de fièvre, ou les symptômes inhabituels. La communication est un outil essentiel dans ce suivi.

    Bref, je mets le lien qui renvoie à l’article :

    Sam Neill est mort à 78 ans, le Dr Kierzek explique pourquoi une rémission ne fait pas disparaître tous les risques – Doctissimo

    Le feu d’artifice, que nous regardons également, a été l’occasion de retrouver, pendant quelques instants, la voix et la poésie d’Anne Sylvestre. C’était une interprète et une compositrice remarquable, avec un amour de la langue française, de ses nuances, de sa poésie qui en faisait un être à part. J’avais « oublié » cette très belle chanson, mais j’ai envie de la réécouter et de vous la faire connaître, sans que je sache pourquoi, elle me touche au cœur et me donne des frissons, tout en humectant mes yeux :

    T’en souviens-tu la Seine
    T’en souviens-tu comme ça me revient
    Me revient la rengaine
    De quand on n’avait rien
    De quand on n’avait pour tout bagage
    Tes deux quais pour m’y promener
    Tes deux quais pour y mieux rêver
    Tu étais tu étais mes voyages
    Et la mer tu étais mes voiliers
    Tu étais pour moi les paysages
    Ignorés

    Je te disais la Seine
    Qu’on avait les yeux d’la même couleur
    Quand j’avais de la peine
    Quand j’égarais mon coeur
    Quand je trouvais la ville trop noire
    Tu dorais des plages pour moi
    Tu mettais ton manteau de soie
    Et pour moi qui ne voulais plus croire
    Et pour moi pour pas que je me noie
    Tu faisais d’un chagrin une histoire
    Une joie

    Ils te diront la Seine
    Que je n’ai plus le cœur à promener
    Ou que si je promène
    C’est loin de ton quartier
    Ils te diront que je te délaisse
    Et pourtant je n’ai pas changé
    Non je ne t’ai pas oubliée
    Mon amie de toutes les tendresses
    J’ai gardé dans mes yeux tes reflets
    J’ai gardé tes couleurs tes caresses
    Pour rêver

    T’en souviens-tu la Seine
    T’en souviens-tu comme ça me revient
    Me revient la rengaine
    De quand on était bien
    Et si j’ai vu d’autres paysages
    Tes deux quais m’ont tant fait rêver
    Attends-moi j’y retournerai
    Tu seras mon premier grand voyage
    Et le port où je viens relâcher
    Fatiguée de tant d’autres rivages
    Oubliés

    T’en souviens-tu la Seine
    T’en souviens-tu

    Mercredi 15 juillet

    Bon, l’équipe de France est éliminée du mondial. En soi, ça ne me touche pas vraiment, étant donné que je n’ai jamais trop compris en quoi consistait un match de foot. La seule fois où j’ai voulu faire un petit foot avec un de mes fils, ça s’est terminé par un énorme hématome sur la cuisse droite, alors que je tentais d’arrêter le tir de ce champion qui devait avoir quatre ans. Je précise que je l’avais fait sur injonction maternelle « Il a besoin d’un père qui joue au ballon avec lui ! ». Le pauvre gamin déclina ensuite poliment mes propositions, devint un virtuose du ski à trois ans, puis un champion de diabolo…. mais sans mon aide. Il eut aussi beaucoup de succès avec un boomerang qui atterrit un jour sur le toit de la maison… Et qui y est peut-être encore. Alors, pour revenir à cette défaite, ce qui me gêne c’est le traitement médiatique : « Les joueurs ont pleuré dans les vestiaires, « Kiki a voulu se faire hara-kiri » (là, j’invente) et, pour les journaux d’extrême droite : « C’est la faute à Macron » (non, pas moi, l’autre). Bref, dans tout jeu on trouve un gagnant et un perdant… Cela évitera peut-être que des cinglés mettent le feu aux voitures le jour de la finale.

    Je savais que cette idiote raciste allait forcément la ramener :

    « Liberté, égalité, fraternité… éliminé » : Celeste Amarilla, sénatrice paraguayenne qui a insulté Kylian Mbappé jubile après la défaite – Public

    Sinon, j’ai bien commencé ma journée, avec une conversation « MGEN » sur Facebook. Mon affaire n’est toujours pas réglée. La gentille conseillère a cru utile de me dire que les dossiers avaient un retard plus que conséquent, et que ma cotisation de juillet serait prélevée en août. Mauvaise pioche, ai-je répondu (enfin, presque), la cotisation de juillet a déjà été prélevée. Pour le coup, Y. a dû succomber à un AVC, car je n’ai plus de nouvelles. Elle a dû réaliser qu’on lui donnait de mauvaises informations, alors elle boude, ou elle est morte… je ne sais pas.

    Ah, finalement Y a survécu, j’ai eu un message quelques heures plus tard : « Je note sur votre dossier que la somme de XXX€ a déjà été prélevée. »

    Nous sommes revenus du supermarché et Michel a eu aussi son premier coup de sang : une seule caisse d’ouverte alors que les premiers clients commençaient à faire la queue. S’ils veulent que les vieux viennent le samedi pour ennuyer les actifs, qu’ils continuent ainsi. Michel est allé râler à la caisse centrale et on lui a bredouillé que, justement, une deuxième caisse allait ouvrir. Sinon, évidemment, les rayons « frais », yaourt et desserts, n’étaient pas réapprovisionnés. « Ce produit manque actuellement… bla bla bla ». La gestion de ce magasin vaut bien celle de ma mutuelle, ils ont dû se passer le mot. Oui, je râle, mais ça fait du bien.

    En parlant de magasin, et si vous êtes curieux, je vous encourage à aller voir l’unique avis laissé sur google et qui concerne le « tabac-journaux, babioles, et fariboles » de notre village (je vérifiais les horaires pour Michel qui devait récupérer une lettre). Je l’ai lu en manquant m’étouffer de rire, car la « victime » a laissé un avis sincère et outré. Si vous cherchez bien, vous trouverez. Je ne vais pas non plus tirer sur l’ambulance en vous mettant le lien.

    Jeudi 16 juillet

    Hier fut une journée importante, qui devrait rester dans les mémoires et figurer en bonne place dans les futurs livres d’histoire : la loi encadrant la fin de vie a été enfin votée par les députés, en dépit de toutes les pressions, du positionnement prévisible de l’Église catholique, des clauses de conscience des uns et des autres. La Belgique avait tranché 24 ans avant nous… Une autre loi, votée plus tôt, a permis aussi d’améliorer la prise en charge des soins palliatifs. Et c’est là aussi une loi très utile, pour peu que les moyens suivent. Le malade en fin de vie a le droit de partir paisiblement, si possible entouré des siens, en tout cas avec une souffrance reconnue, soulagée et, uniquement s’il le désire en l’exprimant explicitement, une aide à mourir. Bien entendu, la loi exclut de fait les malades qui souffrent de pathologies telles que alzheimer ou qui sont dans le coma, même si les patients ont auparavant exprimé leur volonté d’en terminer avec la vie… Il y aura donc des trous dans la raquette.

    Si vous cliquez sur le lien, vous aurez tous les détails concernant la loi, qui s’appliquera lorsque les décrets seront signés…

    https://www.franceinfo.fr/societe/euthanasie/criteres-d-acces-delai-de-reflexion-clause-de-conscience-que-prevoit-la-loi-sur-l-aide-a-mourir-que-le-parlement-vient-d-adopter-definitivement_8095940.html#xtor=CS2-765-[copy]-

    Rappelons qu’il s’agit d’un droit, et pas d’une obligation.

    Pendant que les députés votaient, j’ai fini par remplir un dossier en ligne qui permet de saisir le médiateur de la Médiation Consommation Développement, là aussi, je donne le lien :

    MEDIATION CONSOMMATION DEVELOPPEMENT – Règlement des litiges de la consommation

    Je ne suis pas d’un naturel procédurier, mais étant donné que l’on me mène en bateau, avec qui plus est des informations erronnées, j’estime être dans mon bon droit en alertant le médiateur. Je doute que cela fasse avancer mon dossier, mais, au moins, il y aura eu une alerte.

    En plus léger, voici les autres informations de la soirée d’hier : il est arrivé hier soir, après avoir grondé au loin, puis de façon rapprochée ; oui, vous avez deviné, l’orage nous a rendu visite. Il a été accompagné d’un bon arrosage, sans grêle, et d’une baisse de la température qui a permis d’aérer la maison après la pluie et de profiter de ce parfum que l’on appelle pétrichor. La nature le remercie, et nous aussi.

    Nous avons terminé la soirée en regardant l’excellent film « Mort sur le Nil », signé Kennet Branagh, qui a désarçonné les inconditionnels de la série avec David Suchet, ou des lecteurs assidus d’Agatha Christie. Le film prend beaucoup de libertés avec le récit, cela peut dérouter celui qui connaît par cœur l’oeuvre originale. On reproche aussi à Kennet Branagh son « wokisme ». Faites-vous une opinion !

    Les amateurs de jazz seront comblés, mais remarqueront l’anachronisme concernant la guitare utilisée par la chanteuse… Cela m’a fait rire.

    Voici pour terminer quelques chansons célébrant l’orage :

    13 juillet 2026

  • La vie après la greffe, 9 juillet 2026

    Vendredi 3 juillet

    Commençons par accueillir « juillet », bien que je redoute les excès caniculaires de ce mois d’été. Pour info, les moissons sont terminées par chez nous. Je dédie ce poème à mon ami Valéry Sauvage, infatigable observateur de la nature, photographe, poète, musicien, écrivain, cuisinier, et ami très cher.

    Far-niente

    Théophile Gautier

    Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
    Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
    J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
    Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
    Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
    Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.
    Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
    Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
    Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
    Le puceron qui grimpe et se pend au brin d’herbe,
    La chenille traînant ses anneaux veloutés,
    La limace baveuse aux sillons argentés,
    Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
    Ensuite je regarde, amusement frivole,
    La lumière brisant dans chacun de mes cils,
    Palissade opposée à ses rayons subtils,
    Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
    En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
    Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
    Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
    Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
    Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.

    Théophile Gautier, Premières Poésies

    Revenons à des préoccupations plus triviales. Après avoir fait ma séquence très matinale d’arrosage du potager et de jardinage, j’ai attendu les résultats de la prise de sang. La salade coupée le matin était lavée et essorée pour ce soir, la maison a eu le temps de se rafraîchir, et, vers 10 h, la première partie des résultats est arrivée. Du côté des globules rouges, tout va bien. Mon hémoglobine est à 16, ce qui fera dire à Doc Sylvie : « Ça, c’est du dopage ! » Les plaquettes sont impeccables et stables.

    En revanche, c’est un peu le bazar chez les globules blancs. Les lymphocytes restent dans les chaussettes, malgré un très, très léger mieux et les monocytes ont beaucoup baissé.

    Mais ce n’est pas tout, le labo a écrit une mise en garde concernant les neutrophiles qui ont une drôle de tronche : Hypergranularité des neutrophiles (infection et/ou augmentation de production ?).

    ChatGPT attend de connaître le dosage des dragons-virus avant de se prononcer, mais il est probable qu’une infection soit en cours. Qui gagnera ? Qui sera le maillot jaune ? EBV ou CMV ? (j’ai ma petite idée.) Doc Sylvie va être occupée avant ses vacances.

    Le foie, qui s’était calmé sans toutefois revenir dans les « normes », recommence à faire parler de lui. Les phosphatases alcalines ont augmenté, ainsi que les ASAT et ALAT ; de plus, la bilirubine est élevée, mais stable. Sachant que la cortisone contenait la GVH, sans l’éliminer, et que je suis en période de « sevrage », avec des baisses régulières, il se peut que le cirque hépatique reprenne de plus belle d’ici peu. Bon, pour le moment, j’ai encore bon appétit, mais je sais d’expérience que cela peut rapidement changer. Alors on ne va pas chouiner avant d’avoir mal, et on va surveiller les deux garnements de CMV et EBV.

    J’ai lu grâce à un de nos infatigables contributeurs, un article intéressant sur la cataracte, qui, chez moi, est probablement provoquée par la cure intensive de cortisone d’après Doc Sylvie :

    Cataracte : qu’est-ce que c’est ? | Cataracte | Les maladies de l’oeil | Cabinet d’ophtalmologie des flandres

    Nous avons regardé en replay ce matin « Des Racines et des Ailes », consacrée à l’Auvergne, du Puy de Dôme au Cantal. Nous avons eu le plaisir de revoir le Château de la Vigne, où nous avons séjourné, Clotilde est une hôtesse adorable, qui a une solide connaissance du château et des périodes historiques, vous ferez sa connaissance dans la séquence consacrée au château. Il faut un compte pour le replay, sinon essayez sur votre téléviseur ou sur You Tube. C’est une excellente émission, avec de belles thématiques et ces paysages sublimés par des prises de vue aériennes. Vous allez me dire que je ne suis pas objectif, car vous connaissez mon attachement pour les volcans d’Auvergne et pour les gens qui y vivent. J’ai suggéré à Michel d’acheter un buron en ruine pour le restaurer… Je crois qu’il préfère passer deux semaines dans la maison aux volets rouges. À ce propos, Monique, la propriétaire, nous a envoyé une jolie carte postale d’Autriche, avec un des châteaux de Louis II, et un petit mot à côté pour prendre des nouvelles. J’ai répondu par mail, en la remerciant chaleureusement.

    Du Puy-de-Dôme au Cantal, la terre des volcans en replay – Des Racines et Des Ailes | France TV

    Week-end des 4 et 5 juillet :

    Samedi 4 juillet

    Hier était la journée des « replay ». Nous sommes rentrés du supermarché de bonne heure, et j’ai regardé en fin d’après-midi une émission réalisée par Matthieu Lartot, qui parle de son parcours, et de sa récente amputation, mais surtout « du cancer » en général, avec des témoignages très intéressants, et un point de vue qui n’est pas focalisé sur son vécu, mais largement ouvert à ce que d’autres, connus ou moins connus vivent ou ont vécu. On a le témoignage de Thomas Dutronc, qui évoque l’humour et la drôlerie de sa mère, jusqu’au bout ; du couple Lacourt, avec Camille, qui a accompagné et soutenu son épouse, Alice Detollenaere ; de Philippe Caverivière, qui parle du cancer de sa mère. On a aussi le témoignage bouleversant des parents de Clémentine, la jeune journaliste malheureusement décédée, qui avait choisi de raconter son parcours avec la maladie dans un podcast que j’avais suivi, et qui m’a profondément marqué. Alors, cette émission n’est pas larmoyante, même si l’émotion mouille souvent le regard de Matthieu Lartot, qui se fait chambrer par ses enfants, comme tous les « darons », lorsqu’il est filmé en famille. On y voit surtout de l’optimisme, une envie de vivre, des projets, des combats et des soignants qui font le maximum pour leurs patients, médecins, infirmières, aides-soignantes ; chacun et chacune joue un rôle essentiel, même si le quotidien n’est pas facile. Des Doc Sylvie, ils en ont croisé, même si je pense que « la mienne » est unique. Tiens, je ne vous ai pas raconté son arrivée lors de notre dernière visite. La porte de la salle d’attente est fermée, car la pièce est tempérée. Elle fait irruption, toute souriante et guillerette, et nous dit bonjour. Elle enchaîne, très en forme « Vous avez froid ? » et nous de répondre en chœur « Non ! », « Vous avez chaud ? » « Non plus ! » (Toujours en chœur) … Ses yeux pétillent de malice : « Êtes-vous heureux ? » Là, pour le coup, pas de réponse, on se regarde… « Ah, vous ne vous attendiez pas à cette question ! » Et elle enchaîne en appelant le premier patient, tout en jubilant intérieurement. Que voulez-vous, c’est mon idole, même lorsqu’elle me charrie pendant l’auscultation, ou quand elle se demande tout haut combien de temps elle va devoir encore me garder avant de me refiler à Doc Sylvain.

    Voici le lien vers le « replay » de l’émission :

    Ce qui nous tient debout – Documentaire en replay Ce qui nous tient debout | France TV

    Le podcast de Clémentine :

    Ma vie face au cancer : le journal de Clémentine – franceinfo

    Dimanche 5 juillet

    Aujourd’hui, je pense à deux personnes qui sont nées un 5 juillet : ma maman, et mon frère aîné, Michel. À tous les deux, l’une là où elle se trouve désormais, étoile parmi les étoiles, et Michel près de Limoges, dans la maison confortable où il vit désormais, tout près de chez sa fille, j’adresse mes pensées affectueuses. Ce devait être un drôle d’anniversaire pour maman qui accueillait son premier enfant au lieu de souffler ses bougies. Quant à moi, « le p’tit ravisé », comme on dit en Mayenne, je suis arrivé neuf ans après mon frère aîné, bousculant la fratrie et l’ordre établi, les trois frangins se suivaient à un an d’intervalle.

    Voici une photo que j’aime beaucoup : Maman et Michel

    Revenons à des préoccupations plus triviales. J’ai obtenu les résultats des deux dragons virus. CMV m’a surpris : il a été mis k.o par le traitement et il est indétectable. Attention, indétectable ne veut pas dire qu’il a disparu, mais simplement qu’il s’est endormi à nouveau, laissant le champ libre à son pote EBV. En ce qui concerne ce dernier, il n’a pas encore profité de la situation, mais il reste à un niveau élevé, toujours en plateau. Il va donc rester sous surveillance en espérant qu’il ne profite pas de la situation. La prise de sang de jeudi donnera plusieurs indications : le CMV dort-il d’un œil ? EBV augmentera-t-il, même légèrement, sa charge virale ? Le foie continuera-t-il de se dégrader ? Cela confirmerait le retour probable de la GVH, ou, au contraire, constaterons-nous une baisse des PAL (phosphatases alcalines), ce qui serait positif . Si la GVH se confirme, on abordera le problème lors de la consultation du 3 août. La solution serait de commencer un nouveau traitement, le Jakavi, et cela peut se faire pendant la fin du traitement à la cortisone. Bref, je vais faire cogiter Doc Sylvie, qui passera en revue les algorithmes possibles avant d’introduire une modification et sans doute après un passage en RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire).

    Allez, en hommage à Victor Willis, qui vient de nous quitter, YMCA… Devenu, à son grand désarroi, l’hymne de Trump (faut avouer que c’est incompréhensible). C’est toute une époque qui disparaît, avec notamment les codes vestimentaires qui permettaient de connaître les préférences de votre futur partenaire (je ne parle pas de la coiffe amérindienne, mais de signes plus discrets, dont le foulard dans la poche arrière).

    Et même dans la marine, hein ? Qui l’eût cru ?

    En ce temps-là, on dansait beaucoup sur « I will survive » dans les boîtes gay, curieuse et terrible prémonition de ce que réserverait la terrible pandémie de SIDA quelques années plus tard. Rappelez-vous, on l’appelait « cancer gay ».

    En ce qui me concerne, dès les premières notes, je ne peux m’empêcher de danser lorsque j’entends Jimmy Sommerville. Barbara, je te laisse imaginer la chorégraphie des genoux !

    Une excellente nouvelle en ce dimanche après-midi : mon fils (le dernier) a obtenu son diplôme de moniteur éducateur. Il aime beaucoup travailler dans les structures qui accueillent les personnes en situation de handicap, et nous partageons sa joie, et sa fierté, car c’est un beau parcours et une belle réussite après quelques années délicates pour lui. Nous avons toujours été à ses côtés, et nous le serons toujours. Félicitations !

    Je voudrais revenir sur une notion qui a été abordée par Matthieu Lartot dans son documentaire sur le cancer. Il s’agit de ce que l’on appelle, à tort pour les malades, le « courage ». Matthieu Lartot le dit très bien : le courage, c’est quand on effectue un choix, souvent risqué : plonger pour secourir une personne qui se noie, s’engager dans l’armée pour défendre son pays, effectuer un métier pénible, par exemple pompier, en risquant sa vie, etc. Mais le malade n’a pas le choix : la maladie s’impose à lui. Alors, évidemment, on peut imaginer que certains sont plus déterminés que d’autres à combattre la maladie, est-ce pour autant qu’ils « gagnent » ? Non, Clémentine en est malheureusement l’illustration. Dire qu’un malade qui a survécu au cancer a été « courageux » serait terrible pour celles et ceux que la maladie a emportés. Il vaut mieux parler de résilience. Le courage, c’est celui des équipes soignantes et des accompagnants. Quand on dit à un malade « Sois courageux ! », il devrait répondre « Eh bien, prends ma place et tu verras ! » On peut lui dire « Repose-toi, dis-moi comment je peux t’aider, veux-tu que je te fasse des courses ? As-tu besoin que je passe à la pharmacie avec ton ordonnance ? Tiens, je t’ai préparé un petit potage ou un petit plat ». Bon, ce n’est pas courant et c’est pourtant ce genre d’attentions qui permet, surtout pour les personnes seules, isolées, de ne pas sombrer. Je ne veux surtout pas faire de leçon de morale, chacun agit selon ses disponibilités et son rapport à la maladie. Parfois, c’est très compliqué en raison d’un parcours personnel et intime que les accompagnants occasionnels préfèrent occulter.

    Pour en revenir à mon expérience, je ne suis pas un « warrior », ni un « ninja » et encore moins un « jedi » : je compose avec mes forces et mes faiblesses, mes qualités et mes défauts. On connaît mon côté optimiste, avec une bonne dose d’autodérision, et j’ai horreur de me lamenter sur mon sort. Mais je suis aussi de nature impatiente, je déteste que l’on ne m’associe pas au parcours de soins (dermatologie) et, dans ces situations-là, je peux être un peu mordant. Sinon, quand on m’explique les choses, quand j’ai Doc Sylvie en face de moi, j’en arrive à me dire que, sans tous ces fichus aléas de santé, je n’aurais jamais fait de telles rencontres, cela vaut aussi pour tous les personnels (ou presque) de santé que j’ai pu croiser depuis 2019. Autre caractéristique : j’exprime facilement ce que j’éprouve, que ce soit positif ou négatif. Je ne cherche pas à masquer un éventuel trouble physique (Michel ne s’y laisserait pas prendre) ou une appréhension. Et, surtout, je comprends que j’ai eu la chance de survivre, de bénéficier de technologies médicales de pointe, même si à certains moments c’était plus que compliqué en raison des traitements lourds ou de mon système immunitaire complètement loufoque. Je sais aussi profiter de la vie, contempler une fleur d’artichaut, espionner un oiseau qui prend son bain, regarder pousser mes salades en traquant le liseron. Voilà, c’était une mise au point qui me paraissait utile, la phrase à retenir c’est : le malade n’a pas le choix, donc il ne peut pas faire preuve de « courage », mais simplement de résilience en fonction de son état, de l’évolution de la maladie. Françoise Hardy (oui, c’est encore une de mes idoles) a fait rire ses proches jusqu’au bout, parce que c’était sa nature. Elle savait que sa vie touchait à sa fin, mais enfin, elle était vivante, et elle a fait en sorte que ce soit cette image qui reste. La vie, jusqu’au bout.

    Mardi 7 juillet

    Il va encore faire trop chaud, mais, grâce à ma nuit très courte, j’ai pu aérer de bonne heure et faire mon tour de jardin matinal. Ces canicules à répétitions sont épuisantes pour les organismes, et même quand on est en bonne santé. Je plains les personnes hospitalisées dans des chambres surchauffées et les soignants qui travaillent dans des conditions insupportables, avec un afflux de patients à gérer en urgence suite aux déshydratations, coups de chaleur, et autres pathologies. Je vais essayer de rester sage. J’ai lu plusieurs articles et études concernant le dragon virus EBV, qui est, je le rappelle, toujours actif, mais en phase de plateau pour le moment. Il a dépassé les 4 log et il est donc potentiellement dans la zone orange/rouge qui nécessite un traitement. Voici ce que l’on en dit, dans un résumé que j’ai trouvé bien fait, et compréhensible :

    La persistance virale est parfois associée à des cancers chez l’individu immunodéprimé mais également chez le sujet sain.

    L’EBV est en effet le premier virus responsable de cancer à avoir été découvert en 1964 par Epstein, Achong et Barr.
    Cette caractéristique est étroitement liée à sa capacité d’immortaliser des lymphocytes B in vitro comme in vivo, et d’induire une transformation maligne de certaines cellules épithéliales.

    Chez une personne immunodéprimée, le défaut de surveillance immunitaire peut aboutir à des syndromes lymphoprolifératifs caractérisés par une prolifération incontrôlée des lymphocytes B infectés par l’EBV.
    La mesure de la charge virale dans le sang par qPCR est indispensable pour la prévention ou le diagnostic précoce des syndromes lymphoprolifératifs post-transplantation, traités le plus souvent pas des anticorps anti-CD20.

    Chez l’individu immunocompétent, la persistance virale peut également aboutir à des cancers dits « associés à l’EBV » avec des cellules tumorales contenant le génome viral et exprimant des protéines virales favorisant la transformation cellulaire.

    Les principaux cancers associés à l’EBV sont le lymphome de Burkitt, certains lymphomes de Hodgkin et le carcinome indifférencié du nasopharynx.
    Pour certains de ces cancers, la sérologie EBV et/ou la mesure de la charge virale sont utiles au diagnostic.

    Le traitement de ces cancers se base sur les thérapeutiques anti-tumorales classiques et pourrait mettre en jeu dans l’avenir l’injection de cellules T cytotoxiques anti- EBV ou les vaccins activant l’immunité contre les protéines de l’EBV.

    J’avais déjà abordé cela auparavant. Le lymphome associé au virus EBV est appelé LPT (ou PTLD), et il nécessite des soins à administrer en urgence dès que l’on soupçonne sa présence : d’abord le rituximab, qui est un anticorps monoclonal avec plusieurs cures, puis, si le bilan n’est pas satisfaisant, une chimio adaptée au type de LPT, car il en existe plusieurs (sinon, ce serait trop simple !)

    Le risque de développer une LPT est plus élevé chez les personnes ayant subi une greffe d’intestin ou une greffe de plusieurs organes. Dans le cas d’une transplantation de cellules souches, le risque de LPT est plus élevé lorsque le donneur n’est pas parfaitement compatible. Le risque de LPT est le plus élevé au cours des premiers mois suivant la transplantation, lorsque les patients reçoivent une dose plus élevée de médicaments immunosuppresseurs. Toutefois, chez les receveurs d’une greffe d’organe solide, on observe un « second pic » de LPT plusieurs années après la greffe.

    La LPT comprend quatre sous-types principaux. Chez les personnes atteintes d’une LPT précoce, les lymphocytes et autres cellules immunitaires se divisent de manière excessive et s’accumulent dans les ganglions lymphatiques. Bien que ces cellules ne soient pas cancéreuses, elles risquent de subir une transformation cancéreuse si elles ne sont pas traitées. En cas de LPT polymorphe, un mélange de lymphocytes anormaux (dont certains peuvent être cancéreux) s’accumule dans les ganglions lymphatiques et/ou d’autres parties du corps. Le troisième sous-type, le plus courant, est le LPT monomorphe. Dans ce cas, des lymphocytes cancéreux (provenant principalement de lymphocytes B) s’accumulent dans les ganglions lymphatiques et les sites extranodaux. Ces cellules B cancéreuses peuvent ressembler à d’autres types de lymphomes non hodgkiniens, tels que le lymphome de Burkitt ou le lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB). Le lymphome hodgkinien classique – type LPT est le quatrième et le plus rare de tous les sous-types de LPT. Chez ces patients, les cellules cancéreuses ressemblent beaucoup aux cellules de Reed-Sternberg, typiques du lymphome de Hodgkin classique.

    Voici les liens qui renvoient aux articles initiaux :

    Le virus Epstein-Barr (EBV) – Centre National de Référence des Herpèsvirus

    Maladies lymphoprolifératives post-transplantation (LPT) | Hemato Knowledge Hub

    Le prochain dosage des dragons virus jeudi, et l’échographie du cou programmée le 30 juillet, permettront de savoir où j’en suis. Le lymphome est une maladie silencieuse dans un premier temps, il y a donc peu de symptômes à part les ganglions, souvent discrets et indolores.

    Mercredi 8 juillet

    Je me suis réveillé ce matin (très tôt encore) avec une idée de roman. Ce serait un thriller politique, ça fonctionne bien en séries télévisées aussi.

    Puisque vous insistez, voici le synopsis :

    Le roman se déroule de nos jours dans un pays que je nommerai « Absurdie ». Une candidate, appelons la Carine, décide de se présenter à l’élection présidentielle de 2027 (simple coïncidence avec le calendrier de notre élection, parfois je manque d’imagination). Carine a déjà été candidate par le passé, et elle s’est pris une veste à chaque élection. Bon, elle est du genre opiniâtre et s’accroche comme un morpion à un poil pubien à cette idée : « Un jour, je serai présidente, et vous verrez ce que vous verrez ! ». L’un des problèmes de Carine, c’est qu’elle est condamnée, pour diverses malversations financières, à de la prison, sous bracelet électronique, une amende, et une peine d’inégibilité. Son « fidèle plan B », que nous nommerons Jordy, se voyait déjà calife à la place du calife, multipliant les rencontres avec le patronat, se montrant au bras de sa dulcinée, Marie Machin Chose de mes Deux, et prenant le contrepied de sa tutrice officielle. Carine a toujours dit (et pas qu’une fois) qu’un homme ou une femme politique en délicatesse avec la justice devrait être inéligible à vie (oui, oui, oui : à vie !). Mais, dans la droite ligne de « Faites ce que je dis mais surtout pas ce que je fais », elle a, semble-t-il, été frappée d’amnésie et se pourvoit en cassation, ce qui permet la suspension des peines… Il faut expliquer tout ça à Jordy, qui a failli s’étouffer avec son donut, mais a tenté un sourire crispé. « Fais bisou à maman ! » (va pour le bisou, Marie Machin Chose ne sera pas jalouse). Maintenant, Jordy a un plan diabolique : comment faire pour se débarrasser de Carine ? La faire exécuter par des mafieux d’un pays de l’ex bloc soviétique ? Refiler des dossiers bien pourris au Canard Déchaîné ? La tuer lui-même en lui proposant une séance photo sur la falaise d’Etretat ? « Recule encore un peu… encore un pas… Oups, j’ai mal calculé ! » Lui pourrir la vie une fois qu’elle l’aura nommé Premier Ministre ? Le roman va explorer ces différentes pistes, sans être certain que les projets diaboliques de Jordy empêchent l’élection de Carine. En Absurdie, tout est possible, même les 50° dans les cellules de prisons surchauffées.

    Tiens, j’évoquais avec Michel ce que dit Nikos de la langue grecque. C’est très intéressant, mais cela ne m’étonne pas car le présentateur vedette dit souvent des choses très intéressantes, pour peu qu’on lui pose de bonnes questions. Accessoirement, il est aussi photographe, avec un talent certain. Ce rapport entre la langue grecque et la philosophie est très pertinent et permet de comprendre l’influence de cette langue/pensée, encore vive aujourd’hui. De même, avoir une conversation en anglais implique de penser différemment, cela m’a toujours frappé. Les cartésiens que nous sommes ont donc intérêt à s’assouplir l’esprit. On le sait, la langue diplomatique est le français, parce que justement, il permet d’éviter les interprétations, ou certains glissements. Je trouve cela (cela = la pensée exprimée par une langue) fascinant, surtout quand on sait qu’un bébé qui vocalise peut absolument s’exprimer dans toutes les langues, quelle que soit son « origine ». C’est une faculté que l’on perd malheureusement très vite. Les bébés sont des super héros, leurs cerveaux contiennent toutes les langues et prononciations du monde… quand on pense à la difficulté que certains ont avec le « the » anglais !

    https://fb.watch/IegIwdnXQq

    N’hésitez pas à cliquer sur le lien. Pour info, je révise mes notions de grec moderne, via une application gratuite. Je ne ferai pas de grands discours philosophiques en grec, mais je saurai dire, « bonjour, merci, s’il vous plaît, bonne nuit » et les Crétois sont ravis quand on sait dire quelques mots dans leur langue. Cela permet aussi de décrypter quelques infos, sur les menus, ou sur des panneaux routiers. Et, surtout, cela m’amuse et ça me permet de faire fonctionner mes neurones.

    Voilà, c’était ma minute grecque. Vive Jacqueline de Romilly, et vive Marguerite Yourcenar ! ¨Pour le moment, j’en suis là en grec :

    Το καρότο είναι ροζ. (To karóto eínai roz.), La carotte est rose. (Parce que, pour le moment je ne connais que le rose…)

    Autre situation :

    Νερό με το ούζο, παρακαλώ. (Neró me to oúzo, parakaló.), De l’eau avec l’ouzo, s’il vous plaît. Certes, ce n’est pas très philosophique, mais c’est important de savoir mettre de l’eau dans son ouzo, non ? On met bien de l’eau dans son vin…

    Jeudi 9 juillet

    Bon, j’aurai le temps d’arroser le potager avant le départ au CHU pour la prise de sang. On ne se précipitera pas, étant donné que ce sera rapide : l’infirmière m’a dit que le planning n’était pas chargé, et elle me fera passer rapidement pour que je puisse prendre le petit-déjeuner, et mes médicaments. Ensuite, nous irons à Atoll tant que la chaleur reste supportable. Il fait déjà 21° à 4 h 30. Vous devrez attendre lundi pour savoir si mes résultats sont arrivés, et s’ils sont dans les normes. Il faut bien faire durer le suspens.

    Il est temps d’écouter un peu de musique. Je sais que je n’ai aucun talent de « détourneur » de chansons, mais enfin, j’aime bien modifier les paroles, surtout quand une chanson me trotte dans la tête. C’est pourquoi je vous propose « Encore un lapin », de JJ Goldman. Mais pourquoi me direz-vous ? Un lapin, ça ne sert à rien… (je suis bien d’accord !)

    3 juillet 2026

  • La vie après la greffe, 2 juillet 2026

    Vendredi 26 juin

    Nous avons eu droit à un réveil en fanfare ce matin : grondements de tonnerre, éclairs, pluie bienfaisante, sans excès ni grêle. L’orage s’est calmé alors que le jour se levait, je trouve d’ailleurs que l’aube arrive de plus en plus tard.

    Hier, nous avons eu également une animation « pompiers », à cause d’un incendie qui s’est déclaré en dehors du bourg, à la fois dans un bois et dans un champ à proximité. Les véhicules d’intervention ont tourné toute la nuit, et je les ai vu repartir au petit matin. Le feu était donc fixé, et la pluie a dû aussi jouer un rôle décisif. Voilà pour les nouvelles locales.

    Je viens d’avoir un appel de l’infirmière de greffe, qui me demandait si nous pouvions venir au CHU le jeudi 2 juillet, et, comme toutes les fois, je lui ai dit que cela ne posait aucun problème, puisque nous pouvons nous rendre disponibles facilement. Ce rendez-vous, prévu initialement le 10 juillet, a été avancé, afin de réaliser les dosages CMV/EBV.

    Je voudrais aborder une question qui n’a rien à voir avec tout ça, mais qui m’inquiète, car elle concerne beaucoup de monde. Tout est parti d’une fausse campagne gouvernementale, d’une parodie, où l’on explique comment boire un verre d’eau. Le second degré est visible immédiatement, selon moi, mais le visuel est très bien fait et imite à la perfection les messages de prévention du gouvernement. Ce qui fait peur, ce n’est pas la parodie, ni le fait que certains partagent le visuel sur les réseaux sociaux, en s’offusquant qu’on puisse consacrer une partie de nos impôts à de telles âneries (je rappelle qu’il s’agit d’un « fake »), ce qui fait peur donc, ce sont les réactions virulentes, incontrôlées de celles et ceux qui commentent : « bande d’incapables », « Macron démission » (pas moi, hein !), « Ils creusent toujours plus profond », « Ils ont perdu toute légitimité » (et d’autres d’ajouter : « parce qu’ils en ont déjà eu ? »), et ça, ce sont les messages les moins virulents, je vous laisse imaginer les commentaires des électeurs du RN, par exemple. On peut choisir d’en rire, parce que si le ridicule tuait, il ferait beaucoup plus de victimes que les noyades. Personnellement, cela m’effraie : ce sont les mêmes qui vont soutenir qu’il ne faut pas accepter de chimio, parce que c’est « poison » et que le cancer est vaincu avec des compléments alimentaires. Ce sont encore les mêmes qui vous soutiennent que ce sont les vaccins contre le COVID qui ont provoqué la progression du cancer du pancréas. Si vous répondez que cette progression a commencé bien avant, ils vous diront que c’est de la propagande. Dans le même temps, des musclés boostés à la testostérone jouent les masculinistes : « Toi faible femme, moi mâle dominant. » Le pire, c’est qu’ils sont suivis sur leurs réseaux. On s’étonnera qu’il y ait des féminicides…

    Nous sommes à quelques mois d’une élection présidentielle où tous les coups seront permis, surtout les plus tordus. On prétendra que tel candidat est gay, que celui qui se dit « gay » ne l’est plus, que la femme de tel candidat est un homme et que, si ma tante en avait deux, on l’appellerait mon oncle. Bref, on racontera des horreurs (Brigitte en sait quelque chose) et il sera impossible de convaincre les crédules que ce sont des campagnes de désinformation, selon le principe de cour de récré : c’est celui qui dit qui y est ! Les fausses vidéos seront réalistes, on verra clairement que telle candidate est zoophile, ou que tel candidat sodomise des bébés. Je ne sais pas si je suis suffisamment blindé pour supporter ça. En général, je ne commente plus rien en mode public, car mon patronyme est immédiatement vilipendé, ou risque de l’être. Alors, je compte sur vous : ne laissons rien passer ! Argumenter, défendre un programme, ou critiquer celui de son adversaire, rien de plus normal, et sain en démocratie. Attaquer les personnes, avec des vidéos truquées ou des arguments scabreux, voire des créations générées par l’IA et plus réalistes les unes que les autres relève d’une crapulerie crasse. Qu’on ne s’y méprenne pas, quelque part, à l’est de l’Ukraine et en Chine, il y a des équipes qui travaillent déjà sur la désinformation pour 2027, et le pire reste à venir.

    Voici un article qui présente le visuel parodique, et l’analyse qui peut en être faite :

    Canicule : « Comment boire de l’eau ? »… De fausses affiches de prévention du gouvernement circulent sur les réseaux

    Et un autre :

    Comment boire de l’eau : la parodie virale qui expose la crise de confiance envers l’État | Planet.fr

    J’aimerais aussi que vous jetiez un coup d’œil à cet article. Il s’agit du témoignage de Benjamin, 47 ans, atteint de LAM (leucémie aiguë myéloïde), une forme de leucémie particulièrement virulente et à évolution rapide. La première greffe, réalisée grâce à son frère, a donné dans un premier temps de bons résultats. Puis la maladie est revenue, il a donc fallu réaliser une deuxième greffe, et cette fois, c’est son fils qui a donné ses cellules souches. Un parcours de greffé n’est ni linéaire ni simple. Benjamin dit des choses essentielles sur son nouveau rapport à la vie : « Mais il ne faut pas passer à côté des choses qui évoluent pour le mieux. Il y a des effets d’aubaine importants à observer dans ces moments de crise. » Il l’admet, il a beaucoup évolué, que ce soit au niveau relationnel ou professionnel, grâce à la maladie. « Ça rebat les cartes de la vie. On peut faire de ces expériences des choses plutôt positives. »

    TÉMOIGNAGE. « Je vis avec les cellules de mon fils » : le récit de Benjamin, deux fois sauvé par une greffe de moelle osseuse après une leucémie

    Week-end des 27 et 28 juin

    Réveil encore trop matinal, qui m’a permis de profiter de la fraîcheur matinale. Elle a fait son grand retour ce matin, et j’ai attendu que la clarté du jour soit suffisante pour semer deux rangs de haricots. Ce sera le dernier semis pour les haricots verts. Je suis du genre têtu, mais je ne vais pas m’acharner non plus. La terre se travaillait bien et je pense qu’ils sont dans de bonnes conditions, si et seulement si le soleil ne les grille pas. Ils sont moins exposés que les précédentes tentatives.

    Ensuite, un bon arrosage du potager, pour garder l’humidité, et des fleurs dont certaines résistent bien. Pour les mûres, je pense que c’est cuit, fruits desséchés et feuilles brûlées. Dommage, la récolte s’annonçait prometteuse. C’est la nature qui impose sa loi, on ne peut pas y faire grand-chose.

    Michel pensait trouver des plants de poireaux au marché, il a fait chou blanc (un comble pour des poireaux), mais il a trouvé son bonheur à la jardinerie, et il a également acheté des plants de rutabaga. Voilà, associés à d’autres légumes d’hiver, de quoi mijoter de bons potages pour l’hiver… L’hiver, j’en rêve !

    Il fait encore chaud aujourd’hui, mais ce n’est pas comparable avec ce que nous avons connu en début de semaine, ceci dit, on est mieux au frais que dehors pour le moment. Michel fait la sieste, et je vais lire mon roman islandais pour me rafraîchir.

    Dimanche 28 juin

    Je viens de faire une bonne séquence de jardinage et d’arrosage. J’ai préparé le terrain pour que Michel puisse planter ses poireaux, rutabagas et céleris-raves que j’avais oublié de mentionner hier. Le ciel est couvert, et le vent s’est rafraîchi, ainsi que la maison qui est restée ouverte (sauf les portes). Les orages nous ont épargnés, mais ils ont frappé dur dans la partie est du département et visiblement ailleurs aussi.

    J’ai pris en photo un arbuste qui a une histoire compliquée. C’était un des cadeaux de l’association de parents lorsque j’ai quitté le collège de la Mayenne. C’était là où mon chat Léo accueillait les participants du Conseil d’Administration et savait, à la minute près, quand mes conseils de classe allaient se terminer. Je garde les meilleurs souvenirs de ce collège, que le Directeur Académique de l’époque avait qualifié de « havre de paix ». Je partais un peu sur un malentendu, un poste s’était libéré au deuxième tour, et je m’étais fait à l’idée de rester un ou deux ans de plus. Bref, ces années m’ont marqué et j’ai eu une équipe extraordinaire à mes côtés, des journées parfois très calmes, parfois pimentées par des délires collectifs, des récrés « pain/rillettes », des fous rires dans les couloirs et des élèves attachants, et parfois « attachiants » mais le plus souvent respectueux.

    Donc je suis arrivé ici, chez nous, avec cet albizia qui a eu le plus grand mal à s’acclimater. Pourtant, on en voit pas mal dans la région, mais le nôtre semblait voué à une mort inéluctable. Et puis, un jour, Michel a décidé de le raccourcir, couic ! Il n’avait pas pris cette décision à la légère, puisqu’il avait constaté de nouveaux départs de branches. Cette décision révolutionnaire digne de la terrible guillotine lui sauva la vie. Il ne sera jamais très grand, mais ses propriétaires ne le sont pas non plus, et il se plaît désormais, avec une tendance à pousser à l’écart les vieux rosiers « Queen Elizabeth » : « Pousse-toi de là, tu me fais de l’ombre ! » Le soir, il ferme son feuillage pour s’endormir, comme sur les photos. Il attend beaucoup plus sagement que moi que le jour se lève pour les ouvrir à nouveau.

    Voici donc, en vedette du jour, l’albizia en fleurs :

    Au fait, j’ai créé une nouvelle page où vous pourrez lire un roman autobiographique, et véridique qui raconte une série d’aléas de santé. Si vous aimez « Good Doctor », « New Amsterdam », « Dr House », « Urgences » etc. cela pourrait éveiller votre curiosité. Les chapitres seront mis en ligne de façon aléatoire (c’est l’été, je suis en mode « relax »), sans doute le week-end si je ne change pas d’avis.

    Lecture estivale : Une année en apnée

    Lundi 29 juin

    C’est un répit de quelques jours, une petite pause fraîcheur qui fait du bien, mais qui sera de courte durée lorsque je consulte mes sites météo habituels. La fournaise va revenir, on va tous brûler dans les flammes de l’enfer de juillet et les concombres vont encore réclamer de l’ombre, de l’eau, des pansements contre les brûlures. Quant aux haricots, ils seront cuits avant d’être en fleurs. Je rêve de Norvège, d’Islande, et même de Crète où il fait une chaleur supportable.

    Michel a passé sa matinée sous l’évier : nous avons un problème d’évacuation d’eau avec le lave-vaisselle, mais, alors qu’il pensait avoir réglé le problème, l’écoulement est toujours bouché. J’espère qu’il ne va pas passer l’après-midi tordu dans tous les sens.

    Quant à moi, j’ai fait un peu de désherbage ce matin (juste un peu) alors qu’il faisait 14°, et, franchement, c’était un plaisir. Ensuite, ce fut la séquence ménage et je me demande d’où vient cette poussière que je chasse régulièrement. La carrière à proximité doit en produire une bonne partie, et je me dis que mes petits poumons fragiles sont aussi concernés. Jeudi, nous irons au CHU pour la visite post-greffe et le dosage des dragons virus, et nous en profiterons pour aller à Atoll déjeuner tranquillement. Ce sont les soldes, je n’ai pas de gros besoins, mais on regardera si un article nous plaît. La semaine suivante, nous resterons à l’abri de la chaleur dans notre bunker. Pour le moment, il fait bon dans la maison, et la clim reste silencieuse, tant mieux.

    Mardi 30 juin

    Il est à peine 5 h du matin, et tout est calme, à part quelques voitures qui passent : certains commencent leur journée de travail très tôt. Je suis allé faire un tour sur le forum pour prendre des nouvelles de notre amie Sylvie, hospitalisée pour une greffe très particulière. Il s’agit de la thérapie par CAR-T CELLS, qui consiste à prélever des lymphocytes du patient, de les modifier génétiquement, puis de les réinjecter. Oui, c’est une technique que l’on peut qualifier d’OGM, et qui fonctionne pour certains types de cancers : Les LAL (leucémies aiguës lymphoblastiques), et les lymphomes diffus de type « B » à grandes cellules.

    Voici ce qu’on peut lire dans un article très intéressant, partagé sur le forum par un de nos infatigables contributeurs, toujours en mode « veille » :

    Le traitement par cellules CAR-T (Chimeric Antigenic Receptor – T) ou CAR-T cells, est une stratégie d’immunothérapie cellulaire en plein développement, qui vise à combattre le cancer en s’appuyant sur le propre système immunitaire du patient.

    Les cellules CAR-T sont des lymphocytes T modifiés génétiquement dans le but de reconnaître puis éliminer les cellules cancéreuses. Elles sont la base d’une toute nouvelle approche de traitement contre le cancer, consistant à prélever des cellules immunitaires d’un patient (ici, les lymphocytes T), pour les modifier génétiquement et les lui réinjecter.

    Je mets le lien, comme d’habitude, même si vous n’êtes que deux à cliquer régulièrement :

    Les cellules CAR-T | Gustave Roussy

    La vidéo qui explique la technique utilisée permet aussi de comprendre cette avancée médicale géniale :

    Le CHU d’Angers est au point en ce qui concerne cette thérapie CAR-T CELLS et nous avons pu échanger avec des patients qui en ont bénéficié.

    Autre vidéo, avec cette fois le CHU de Rennes :

    Canicule en 1870 et en 1921

    Nous sommes au début de la guerre de 1870, et il fait horriblement chaud, George Sand raconte cet épisode caniculaire dans son « Journal d’un voyageur pendant la guerre ». Ce genre d’évènements était alors tout à fait exceptionnel, et bien plus rare que dans notre climat actuel, où les étés caniculaires se succèdent, en battant des records que l’on croyait réservés au « futur », si tant est que l’on puisse parler du futur pour notre pauvre planète.

    Nohant, 15 septembre 1870

    […] Une grande fatigue, le travail en retard, un effort désespéré pour reprendre ma tâche au milieu d’un été que je n’ai jamais vu, que je ne croyais pas possible dans nos climats tempérés : des journées où le thermomètre à l’ombre montait à 45 degrés, plus un brin d’herbe, plus une fleur au 1ᵉʳ juillet, les arbres jaunis perdant leurs feuilles, la terre fendue s’ouvrant comme pour nous ensevelir, l’effroi de manquer d’eau d’un jour à l’autre, l’effroi des maladies et de la misère pour tout ce pauvre monde découragé de demander à la terre ce qu’elle refusait obstinément à son travail, la consternation de sa fauchaison à peu près nulle, la consternation de sa moisson misérable, terrible sous cette chaleur d’Afrique qui prenait un aspect de fin du monde ! Et puis des fléaux que la science croyait avoir conjurés et devant lesquels elle se déclare impuissante, des varioles foudroyantes, horribles, l’incendie des bois environnants élevant ses fanaux sinistres autour de l’horizon, des loups effarés venant se réfugier le soir dans nos maisons ! Et puis des orages furieux brisant tout, et la grêle meurtrière achevant l’œuvre de la sécheresse ! Et tout cela n’était rien, rien en vérité ! Nous regrettons ce temps si près de nous dont il semble qu’un siècle de désastres nous sépare déjà. La guerre est venue, la guerre au cœur de la France, et aujourd’hui Paris investi ! Demain peut-être, pas plus de nouvelles de Paris que de Metz ! Je ne sais pas comment nos cœurs ne sont pas encore brisés. On ne se parle plus dans la crainte de se décourager les uns les autres.

    George Sand, Journal d’un voyageur pendant la guerre, Paris, Michel-Lévy frères (Paris), 1871, extrait pp. 4-6

    Colette aussi évoque la chaleur de l’été :

    Ne me touche pas ! j’ai chaud… Écarte-toi de moi ! Mais ne reste pas ainsi debout sur le seuil : tu arrêtes, tu me voles le faible souffle qui bat de la fenêtre à la porte, comme un lourd oiseau prisonnier …

    J’ai chaud… Je ne dors pas. Je regarde l’air noir de ma chambre close, où chemine un râteau d’or, aux dents égales, qui peigne lentement, lentement, l’herbe rase du tapis. Quand l’ombre rayée de la persienne atteindra le lit, je me lèverai — peut-être … Jusqu’à cette heure-là, j’ai chaud.

    J’ai chaud. La chaleur m’occupe comme une maladie et comme un jeu. Elle suffit à remplir toutes les heures du jour et de la nuit. Je ne parle que d’elle ; je me plains d’elle avec passion et douceur, comme d’une caresse impitoyable. C’est elle — regarde ! — qui m’a fait cette marque vive au menton, et cette joue giflée, et mes mains ne peuvent quitter les gantelets, couleur de pain roux, qu’elle peignit sur ma peau. Et cette poignée de grains d’or, tout brûlants, qui m’a sablé le visage, c’est elle, c’est encore elle …

    Non, ne descends pas au jardin ; tu me fatigues. Le gravier va craquer sous tes pas, et je croirai que tu écrases un lit de petites braises. Laisse ! que j’entende le jet d’eau qui gicle maigre et va tarir et le halètement de la chienne couchée sur la pierre chaude. Ne bouge pas ! Depuis ce matin je guette, sous les feuilles évanouies de l’aristoloche, qui pendent comme des peaux, l’éveil du premier souffle de vent. Ah ! j’ai chaud ! Ah ! entendre, autour de notre maison, le bruit soyeux, d’éventail ouvert et refermé, d’un pigeon qui vole !

    Je n’aime déjà plus le drap fin et froissé, si frais tout à l’heure à mes talons nus, Mais, au fond de ma chambre, il y a un miroir, tout bleu d’ombre, tout troublé de reflets…

    Quelle eau tentante et froide !

    Imagine, à t’y mirer, l’eau des étangs de mon pays ! Ils dorment ainsi sous l’été, tièdes ici, glacés là par la fusée d’une source profonde. Ils sont opaques et bleuâtres, perfidement peuplés, et la couleuvre d’eau s’y enlace à la tige longue des nénuphars et des sagittaires… Ils sentent le jonc, la vase musquée, le chanvre vert… Rends-moi leur fraîcheur, leur brouillard où se berce la fièvre, rends-moi leur frisson, — j’ai si chaud…

    Ou bien donne-moi — mais tu ne voudras pas ! — un tout petit morceau de glace, dans le creux de l’oreille, et un autre là, sur mon bras, à la saignée… Tu ne veux pas ? tu me laisses désirer en vain, tu me fatigues…

    Regarde, à présent, si la couleur du jour commence à changer, si les raies éblouissantes des persiennes deviennent bleues en bas, orangées en haut ? Penche-toi sur le jardin, raconte-moi la chaleur comme on raconte une catastrophe ! […]

    Colette, Le voyage égoïste, « j’ai chaud », 1922, extrait

    La canicule de 1870 observée par George Sand – Clio Texte

    J’ai chaud ! par Colette – 1921 – Clio Texte

    Mercredi 1er juillet

    Petite séquence d’adrénaline pour le Premier ministre à l’Assemblée nationale hier. Comme il le précise lui-même, il est sorti de ses gonds après avoir entendu le matin Sandrine Rousseau évoquer un bilan de 10 000 morts, c’est son pronostic après les deux épisodes caniculaires. Elle a précisé elle-même, après avoir évoqué ce chiffre « J’en sais rien ». Bah, quand on ne sait pas… on ne dit pas. Ou alors, on dit qu’on suppose que le bilan des victimes sera élevé, cela aurait évité à Sébastien Lecornu de se départir de son calme habituel et de risquer un coup de sang… Heureusement que les températures sont provisoirement descendues, sinon c’était le coup de chaleur assuré. Bref, j’ai trouvé que l’affirmation suivie d’un « J’en sais rien » était plutôt malvenue. Le nombre de victimes sera de toute façon trop élevé. Quelle est la part de responsabilité du gouvernement actuel ? Sans doute moindre que celle de tous les gouvernements qui se sont succédé depuis que René Dumont évoquait, seul contre tous, le réchauffement climatique, suivi ensuite par Haroun Tazieff, contredit par l’inénarrable Claude Allègre, grand pourfendeur du dérèglement climatique et chercheur en dégraissage de mammouths lorsqu’il fut nommé (quelle idée !) ministre de l’Éducation nationale. Ah, on en a eu des séquences à l’Assemblée, et dans les médias !

    Fallait-il que Sandrine ajoute sa contribution, et que son groupe propose une motion de censure ? Chacun jugera, mais enfin, ce sont des partis politiques qui se revendiquent « partis de gouvernement », donc avec un sens de la responsabilité collective qui demande parfois un peu de hauteur, un peu d’analyse, un peu de pondération. Rendez-nous René Dumont ! Les écolos ont juré ensuite qu’ils n’avaient jamais évoqué le chiffre de 10 000 morts… Il faut donc capturer Sandrine, la murer dans une cave après l’avoir bâillonnée. Pardon, ça, c’est la série Netflix d’hier,  » Les Meurtres Zen », en attendant le retour de notre extra-terrestre préféré dans une nouvelle saison de « Resident Alien » que j’espère aussi drôle et décalée que les deux précédentes, je ne veux aucun mal à Sandrine Rousseau, mais j’aimerais qu’elle tourne sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler… Mes parents nous disaient ça quand on parlait un peu trop vite, sans connaître un sujet.

    En parlant de meurtres zen, je pense que je suis capable de tuer 10 000 personnes qui travaillent pour la grande mutuelle de l’éducation nationale, et qui mettent mes nerfs à vif pour une histoire de contrat que je souhaite résilier. Visiblement, ils ne comprennent pas ! Je précise qu’avec mes 60 mg de cortisone, ma patience est déjà mise à rude épreuve : un médicament qui « se cache », alors que j’ai simplement terminé la boîte, du liseron récalcitrant, une contrariété insignifiante me mettent facilement dans l’état de Sébastien Lecornu (j’espère pour lui qu’il n’est pas sous cortisone) et je me sens prêt à un massacre de masse, après tout, hein, j’ai été hyper patient. Cela fera ensuite l’objet d’une excellente série Netflix et vous ne vous ennuierez pas une seconde en découvrant mon parcours tortueux. Je crois même que vous aurez de l’empathie pour moi et que vous me trouverez attachant.

    Bon, il est l’heure du liseron récalcitrant et de l’arrosage matinal. Voici en bonus le coup de sang du Premier ministre :

    « C’est scandaleux ! » : d’où provient le chiffre de 10 000 morts de la canicule, qui a suscité une passe d’armes entre Sébastien Lecornu et la cheffe des députés écologistes ? – franceinfo

    Voici quelques fleurs et plantes qui résistent bien (Sandrine, si tu me lis…)

    Jeudi 2 juillet

    Nous sommes de retour du CHU. Doc Sylvie était d’humeur joyeuse, comme très souvent. Elle se demande simplement jusque quand elle va me garder avant de me refiler à Doc Sylvain. En attendant, je suis toujours sous surveillance EBV/CMV. J’arrêterai le valganciclovir prochainement, avant la prise de sang (sans consultation) le jeudi 9, donc dans une semaine. Si le CMV a baissé, c’est parfait, sinon, il faudra reprendre le médicament. On diminue la cortisone : je passe d’abord à 50 mg, puis à 40 mg. La prochaine visite est programmée le 3 août et on verra comment le foie réagit à ce moment-là, en croisant les doigts pour que la GVH hépatique ne soit pas corticodépendante.

    Ah, sinon, j’ai eu un appel de la mutuelle pendant que j’étais en salle d’attente : mon problème est réglé m’a-t-on dit. Comme c’était un appel de la section départementale, avec des personnels expérimentés, je suis rassuré. Je vais pouvoir arrêter de jouer les Don Quichotte !

    Je vous donnerai lundi les résultats qui n’arriveront pas avant demain matin, samedi peut-être pour les dragon-virus, et plus probablement lundi .

    28 juin 2026

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