La vie après la greffe, 16 juillet 2026

Vendredi 10 juillet

Commençons par la journée d’hier, car j’ai été occupé par mes leçons de Grec, la lecture de mon roman islandais et un peu de cuisine.

Nous sommes donc partis tranquillement, puisque je n’avais pas de rendez-vous prévu avec Doc Sylvie, et je savais par l’infirmière que les patients étaient peu nombreux. Nous partons vers 8 h, sachant qu’il nous faut en général 35 à 40 minutes, ce qui laisse le temps de chercher une place de stationnement. Tout se passe bien jusqu’à l’arrivée sur la rocade. Peu avant le Carrefour Grand Maine, la circulation est bloquée, à l’arrêt. Nous voyons se faufiler des voitures de police, avec les gyrophares, et un véhicule avec un panneau lumineux sur lequel on lit « Animaux en errance ». Les supputations vont bon train, alors que nous énumérons les différentes possibilités : un wallaby ? Michel avait participé à la capture d’un wallaby facétieux et rusé qui avait fait courir les « chasseurs (équipe technique, pompiers et policiers) pendant un bon moment. Mais la bestiole bondissante avait fini par être récupérée saine et sauve. Il y avait eu aussi un nandou, ce cousin sud-américain de l’autruche, excellent coureur. J’imagine une girafe, ou une licorne (sans le savoir, je ne suis pas loin de la vérité avec cet animal légendaire), ou pourquoi pas une tortue ou un hamster… La vie est sacrée, que l’on soit petit ou grand. Cela fait 20 minutes que nous sommes bloqués, et j’appelle le secrétariat post-greffe, en me disant qu’ils ont l’habitude de nous voir plutôt en avance qu’en retard. C’est Marie-Luce qui me répond, et cela la fait rire, sachant qu’on finira bien par arriver un jour. À ce moment, tout se débloque, le bouchon saute comme celui d’une bouteille de champomy bien secouée. Nous arrivons à 9 h et Marie-Luce me demande si je sais de quel animal il s’agissait. Je n’en ai aucune idée, elle me dit emprunter la même route le matin, et comme elle est passée plus tôt, la circulation était fluide.

Le soir, Michel me montre le titre d’un article (payant, donc nous n’avons pas eu tout l’historique) : 13 poneys en divagation sur la rocade ! D’où venaient-ils ? Pourquoi ont-il décidé d’explorer la voie rapide, au péril de leur vie ? Mystère ! Ils auraient pu arborer un serre-tête « licorne », rien que pour voir la tête des policiers qui ont certainement dû courir…

Revenons au CHU : juste avant la prise de sang, Doc Sylvie arrive pour appeler son premier patient. Elle me voit et me demande « Mais, je vous vois aujourd’hui ? » (traduction : Qu’est-ce que vous faites là ? Je ne vous ai pas sur mon planning). Je la rassure en disant que je viens pour la prise de sang de contrôle, son visage s’illumine : « Bon, au-revoir ! » (traduction : Eh bien tant mieux !). Mais enfin, si vous ne voulez plus me voir, dites-le moi ! (je plaisante, évidemment).

Nous avons ensuite pris la direction d’Atoll (un très grand centre commercial posé comme une soucoupe volante au milieu des champs pour reprendre la description qu’en fait Danielle Sallenave, notre académicienne locale). Je demande à Michel de ralentir, j’ai un point de sciatique depuis quelques jours déjà. Les soldes, dans le premier magasin, ne sont pas franchement à notre goût. Couleurs criardes ou matériaux peu agréables au toucher. J’aide Michel dans ses recherches, je n’ai besoin de rien, et finalement, je prends un pyjama léger, mais pas en solde. Nous nous dirigeons ensuite vers un magasin de sport. Michel regarde les boxers : le deuxième lot est à -50 %, ce qui ne constitue pas une réduction terrible. Il est encore cher. Il finit par prendre deux lots, en choisissant des couleurs différentes, on se répartira les calbuts. Bon, pourquoi pas ? Nous déjeunons dans une brasserie sympa sur place, puis nous rentrons tranquillement. Michel enlève un peu plus tard les étiquettes pour effectuer un premier lavage. Et là, j’entends une bordée de jurons qui se termine par « Je me suis fait avoir ! » En fait, les boxers, indiqués L, sont destinés à des gamins de 12 ans et, même si j’ai perdu du poids, je ne vais certainement pas rentrer dedans… Voilà, voilà, on a fait les soldes !

Je me suis amusé avec l’I.A ce matin, en lui proposant des photos de ma maman. Les originaux ont subi les outrages du temps et n’étaient pas d’une qualité terrible. Je précise que ces photos appartiennent, et il y en a d’autres, à une série que j’appelle « période starlette » où ma mère prend la pose, comme on se devait de le faire à l’époque. Et je trouve que ma mère est fort jolie. Et non seulement elle était jolie, mais c’était une personne terriblement attachante, drôle, timide en société, aimante, avec une qualité d’écoute rare pour les personnes de sa génération, et une fantaisie naturelle. Tout cela en dépit d’une enfance marquée par la perte de sa mère, alors qu’elle était très jeune, et de l’arrivée de « Folcoche », la seconde épouse de mon grand-père, instituteur. Lorsque je me réveille la nuit en riant, je sais qu’elle est passée me voir dans un de mes rêves, et que nous avons ri ensemble comme nous l’avons souvent fait. Je pense souvent à elle, elle m’accompagne quasi quotidiennement, c’est une présence douce et réconfortante qui m’a aussi beaucoup aidé pendant mes problèmes de santé.

Mes progrès en Grec :

Je sais désormais survivre en commandant deux grandes bières :

Δύο μεγάλες μπύρες, παρακαλώ.

Ce qui se prononce :

Dýo megáles býres, parakaló. (je crois que Michel fait un peu de « résistance », ou alors il veut passer à l’ouzo…) Les lettres accentuées correspondent aux accents toniques : pour Δύο, on accentue le son « y », pour παρακαλώ, le son « o ». Certaines racines aident : μεγάλες, on entend « megales », on se doute que c’est « grand », comme dans la suite « méga, giga » etc. J’essaie de ne pas embrouiller Michel, sinon il va commander des « giga bières » ! Le son correspondant à « r » est roulé, comme dans la plupart des langues.

Dimanche 12 juillet

Ce fut encore une nuit presque sans sommeil. Je me suis levé vers 2 h 30, il faisait chaud dehors. J’ai fait ce que j’ai pu pour aérer la maison, tout en lisant mon roman islandais et en pratiquant mes cours de Grec. Il paraît que mes progrès sont spectaculaires (dixit l’application qui n’a pas intérêt à ce que je me lasse). Je suis dans les articles… Les noms de personnes ont des articles spécifiques, un peu comme lorsqu’on dit « la Jeanine », « le René ». Si j’oublie, paf, je suis sanctionné ! Alors qu’on apprend de ses erreurs… Il ne manque plus que la décharge électrique pour me faire rentrer ça dans le crâne. Je ne sais toujours pas demander mon chemin, ou demander le prix d’un objet, mais je sais demander de l’eau, et du pain. Et aussi des pintes de bière ou de l’ouzo. Je vois tout en rose puisque c’est la seule couleur apprise pour le moment : le cinéma est rose, le musée est rose, Anna est avec Nikos qui fait de l’ouzo (rose ?)

Je vous dirai quand j’aurai appris les autres couleurs…

Je suis sorti m’occuper du potager et des fleurs dès que le jour a été suffisant. Les piafs attendaient déjà mon passage pour aller se désaltérer et prendre leur bain, il va bientôt falloir un système de tickets comme à la poissonnerie. Nous avons installé un ombrage sur la structure de l’ancienne serre, et ma foi, je pense que c’est une bonne idée. Mon ingénieux mari a déniché des vieux draps, et les plantes fragiles sont désormais abritées des rayons insupportables du soleil, devenu fou. Quand je vois ce que ça fait aux plantes, je comprends ce que cela peut faire à ma peau. Les framboisiers à proximité des plants de concombres abrités par le parasol ont « compris » qu’il y avait là une opportunité, et ils se penchent pour profiter de l’ombre eux aussi. L’intelligence des plantes me fascine…

Il est un peu plus de 16 h et nous rentrons de balade… non, pas d’une promenade en plein soleil, mais nous sommes allés voir l’exposition de peinture du mari d’une ancienne collègue de Michel. L’expo nous a beaucoup plu et nous avons pu discuter longuement avec Yves, l’artiste. Un tableau « coup de cœur » a été adopté au passage, son titre va vous faire comprendre pourquoi : « Chimère », et, il est très réussi. C’est un petit format, mais qui sera facile à mettre en valeur chez nous et je crois qu’il vient de trouver sa place.

Je vous mets le lien qui renvoie au site d’Yves, vous pourrez faire les curieux :

Y. de l’Avouillette – Bienvenue au coeur de mes fantasmagories picturales…

Yves de l’Avouillette est le nom d’artiste du peintre. Prenez le temps de regarder, car il y a une vraie démarche artistique qui s’articule autour de la fragilité du vivant et de l’urgence de le préserver.

De la peinture à la musique, on reste dans le domaine artistique. Bonnie Tyler nous a tiré sa révérence. J’ai appris qu’elle était galloise, et c’est une terre de chanteurs et chanteuses. Cela s’explique culturellement : il fallait empêcher les mineurs de passer leur samedi soir et leur dimanche au pub. On a donc créé ces chorales réputées qui sont capables d’interpréter des chants à plusieurs voix lors des matchs de rugby à Cardiff, et on les a encouragés à jouer au rugby. J’adore le Pays de Galles, sa culture, ses paysages, les Galloises et Gallois, l’ambiance des pubs, et la musique qui est presque aussi présente qu’en Irlande. Lors des séjours que nous organisions pour les élèves, nous séjournions à Abergavenny, la localité d’où est originaire Pénélope Fillon. J’entends vos rires sarcastiques, mais je pense que cette dame n’a pas vraiment saisi tous les enjeux lorsque son mari l’a « embauchée ». Je me souviens que lorsque François Fillon était maire de Sablé, elle laissait son mari serrer des mains, et elle changeait de trottoir pour faire tranquillement son shopping. Je l’avais rencontrée un soir, pendant une représentation de théâtre amateur, très cordiale, très intéressée par la vie culturelle, et plus naturelle que lorsqu’elle accompagnait son mari dans les réunions officielles, on la croisait aussi quand on se promenait à Sablé. Je me souviens qu’un de mes collègues, proviseur d’un grand lycée lavallois, un vrai professionnel, serviable, très compétent, se retrouvait mis au ban par certains (je devrais dire par beaucoup), parce que dans la vie il avait eu le malheur de lier une amitié certainement sincère et réciproque avec François Fillon ; je ne sais pas comment les collègues l’avaient su, car il ne fanfaronnait pas en se haussant le col. Alors, forcément, pour des gens « de gauche », c’était épouvantable. Je ne sais pas quelles étaient les opinions politiques du collègue, il avait le droit d’avoir une sensibilité politique différente de la mienne de toute façon, mais, pour moi, c’était un modèle d’intégrité et d’honnêteté intellectuelle, un type adorable, et respectueux. Je suis presque certain qu’après les scandales, il est resté fidèle en amitié, parce que c’est le genre d’homme qui ne lâchera pas la main de son ami qui se noie, et qui s’enfonce en croyant se défendre. Voilà, c’est dit. J’ai d’ailleurs vécu la même chose avec un collègue d’Angers, à côté duquel je faisais fi du « cordon sanitaire » laissé volontairement par les autres. Je me mettais à côté de lui, et il me disait en riant : « Tu n’as pas peur toi ! ». Peur ? Moi ? Jamais, surtout quand il s’agit de comportements puérils. Il était mon camarade de promo, on avait partagé pas mal de bons moments pendant notre formation, et je connaissais aussi son sens moral.

Allez, on écoute Bonnie :

Lundi 13 juillet

Même si l’air est un peu moins torride, on ne peut pas parler de fraîcheur. Il faisait 24° à 5 h 30. Inutile de vous dire qu’il est difficile de faire baisser la température de la maison. J’ai proposé à Michel de partir vivre dans les Féroé, mais il est réticent…

Nous avons refixé les ombrages qui s’étaient envolés avec le vent hier, ce terrible vent chaud qui rappelle les épisodes de vent marocain à Lanzarote, porteurs de sable et tueurs de végétation. Cela nous a permis de prendre quelques photos de nos « protégées ». En premier lieu, l’ipomée du Caire, que je rebaptise « la paumée du Caire » (pauvre fille !). Nous l’avons admirée à Lanzarote, et elle se plaît beaucoup chez nous également. Elle n’en est pas encore au point où elle colonisera le moindre recoin, mais elle est d’un naturel explorateur. Le soleil est son ami, elle est servie.

Comme vous le voyez, les orchidées se plaisent bien à l’ombre du parasol de la terrasse. Le soleil les grillerait quasi instantanément, mais ombre et chaleur leur conviennent… Il faut cependant penser à les hydrater. Juste au-dessus, vous avez un pétunia « spontané ». Ils sont plusieurs à apparaître un peu partout, j’en ai vu un dans le jardin-terrasse d’Albert, et d’autres encore entre des hortensias « rescapés ». Celui que vous voyez a élu domicile dans le carré qui accueille les patates douces et les deux beaux pieds de poivrons.

Sam Neill nous a lui aussi tiré sa révérence… quelle sombre série ! J’aimais beaucoup cet acteur, rendu célèbre par « Jurassic Park », mais il a joué aussi dans d’autres films qu’il serait injuste d’oublier.

https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/mort-de-sam-neill-quatre-films-et-une-serie-inoubliables-de-l-acteur-star-de-jurassic-park_8105891.html#xtor=CS2-765-[copy]-

Mardi 14 juillet

Nous avons passé la soirée devant le concert du 14 juillet, avancé cette année au 13. Les commémorations du 10e anniversaire de l’attentat de Nice vont se dérouler ce soir, et il n’est pas question de festivités, mais de recueillement. Le journal de France2 a d’ailleurs diffusé un excellent et bouleversant témoignage sur le suivi des « rescapés » qui revivent chaque année les scènes terribles de cet attentat, avec des conséquences psychologiques nécessitant un suivi rapproché, jusqu’à ce que la résilience, dans le meilleur des cas, permette aux victimes d’avancer seules dans la vie.

J’ai lu un article très intéressant sur le décès de Sam Neill. Il avait été soigné pour un lymphome T angio-immunoblastique, qui est une forme rare et agressive de lymphome. Nous avons un ami sur le forum, suivi par le CHU d’Angers, que nous avons rencontré en salle d’attente. Il a pu bénéficier d’une allogreffe de moelle osseuse, et il peut témoigner que c’est un parcours compliqué, couronné de succès après les aléas propres à chaque patient, car les parcours sont différents, parfois très semblables, parfois non, selon les pathologies liées au traitement, au système immunitaire et au « hasard ».

Pour Sam Neill, nous ne savons pas ce qu’il s’est passé : la famille donnera les explications plus tard, mais souhaite un peu de sérénité pendant la période de deuil, et je les comprends. On sait que l’acteur n’est pas décédé de sa maladie, du moins directement. Il a pu contracter une infection, en raison de son système immunitaire très affaibli, et ça, c’est malheureusement assez fréquent, surtout quand on a en plus un traitement aux corticoïdes. Vous connaissez mon parcours, je ne reviens pas sur les « aventures » que j’ai pu traverser depuis la greffe, sans trop de conséquences grâce à la réactivité de Doc Sylvie qui veille au grain et au fait que je n’hésite pas à signaler les poussées de fièvre, ou les symptômes inhabituels. La communication est un outil essentiel dans ce suivi.

Bref, je mets le lien qui renvoie à l’article :

Sam Neill est mort à 78 ans, le Dr Kierzek explique pourquoi une rémission ne fait pas disparaître tous les risques – Doctissimo

Le feu d’artifice, que nous regardons également, a été l’occasion de retrouver, pendant quelques instants, la voix et la poésie d’Anne Sylvestre. C’était une interprète et une compositrice remarquable, avec un amour de la langue française, de ses nuances, de sa poésie qui en faisait un être à part. J’avais « oublié » cette très belle chanson, mais j’ai envie de la réécouter et de vous la faire connaître, sans que je sache pourquoi, elle me touche au cœur et me donne des frissons, tout en humectant mes yeux :

T’en souviens-tu la Seine
T’en souviens-tu comme ça me revient
Me revient la rengaine
De quand on n’avait rien
De quand on n’avait pour tout bagage
Tes deux quais pour m’y promener
Tes deux quais pour y mieux rêver
Tu étais tu étais mes voyages
Et la mer tu étais mes voiliers
Tu étais pour moi les paysages
Ignorés

Je te disais la Seine
Qu’on avait les yeux d’la même couleur
Quand j’avais de la peine
Quand j’égarais mon coeur
Quand je trouvais la ville trop noire
Tu dorais des plages pour moi
Tu mettais ton manteau de soie
Et pour moi qui ne voulais plus croire
Et pour moi pour pas que je me noie
Tu faisais d’un chagrin une histoire
Une joie

Ils te diront la Seine
Que je n’ai plus le cœur à promener
Ou que si je promène
C’est loin de ton quartier
Ils te diront que je te délaisse
Et pourtant je n’ai pas changé
Non je ne t’ai pas oubliée
Mon amie de toutes les tendresses
J’ai gardé dans mes yeux tes reflets
J’ai gardé tes couleurs tes caresses
Pour rêver

T’en souviens-tu la Seine
T’en souviens-tu comme ça me revient
Me revient la rengaine
De quand on était bien
Et si j’ai vu d’autres paysages
Tes deux quais m’ont tant fait rêver
Attends-moi j’y retournerai
Tu seras mon premier grand voyage
Et le port où je viens relâcher
Fatiguée de tant d’autres rivages
Oubliés

T’en souviens-tu la Seine
T’en souviens-tu

Mercredi 15 juillet

Bon, l’équipe de France est éliminée du mondial. En soi, ça ne me touche pas vraiment, étant donné que je n’ai jamais trop compris en quoi consistait un match de foot. La seule fois où j’ai voulu faire un petit foot avec un de mes fils, ça s’est terminé par un énorme hématome sur la cuisse droite, alors que je tentais d’arrêter le tir de ce champion qui devait avoir quatre ans. Je précise que je l’avais fait sur injonction maternelle « Il a besoin d’un père qui joue au ballon avec lui ! ». Le pauvre gamin déclina ensuite poliment mes propositions, devint un virtuose du ski à trois ans, puis un champion de diabolo…. mais sans mon aide. Il eut aussi beaucoup de succès avec un boomerang qui atterrit un jour sur le toit de la maison… Et qui y est peut-être encore. Alors, pour revenir à cette défaite, ce qui me gêne c’est le traitement médiatique : « Les joueurs ont pleuré dans les vestiaires, « Kiki a voulu se faire hara-kiri » (là, j’invente) et, pour les journaux d’extrême droite : « C’est la faute à Macron » (non, pas moi, l’autre). Bref, dans tout jeu on trouve un gagnant et un perdant… Cela évitera peut-être que des cinglés mettent le feu aux voitures le jour de la finale.

Je savais que cette idiote raciste allait forcément la ramener :

« Liberté, égalité, fraternité… éliminé » : Celeste Amarilla, sénatrice paraguayenne qui a insulté Kylian Mbappé jubile après la défaite – Public

Sinon, j’ai bien commencé ma journée, avec une conversation « MGEN » sur Facebook. Mon affaire n’est toujours pas réglée. La gentille conseillère a cru utile de me dire que les dossiers avaient un retard plus que conséquent, et que ma cotisation de juillet serait prélevée en août. Mauvaise pioche, ai-je répondu (enfin, presque), la cotisation de juillet a déjà été prélevée. Pour le coup, Y. a dû succomber à un AVC, car je n’ai plus de nouvelles. Elle a dû réaliser qu’on lui donnait de mauvaises informations, alors elle boude, ou elle est morte… je ne sais pas.

Ah, finalement Y a survécu, j’ai eu un message quelques heures plus tard : « Je note sur votre dossier que la somme de XXX€ a déjà été prélevée. »

Nous sommes revenus du supermarché et Michel a eu aussi son premier coup de sang : une seule caisse d’ouverte alors que les premiers clients commençaient à faire la queue. S’ils veulent que les vieux viennent le samedi pour ennuyer les actifs, qu’ils continuent ainsi. Michel est allé râler à la caisse centrale et on lui a bredouillé que, justement, une deuxième caisse allait ouvrir. Sinon, évidemment, les rayons « frais », yaourt et desserts, n’étaient pas réapprovisionnés. « Ce produit manque actuellement… bla bla bla ». La gestion de ce magasin vaut bien celle de ma mutuelle, ils ont dû se passer le mot. Oui, je râle, mais ça fait du bien.

En parlant de magasin, et si vous êtes curieux, je vous encourage à aller voir l’unique avis laissé sur google et qui concerne le « tabac-journaux, babioles, et fariboles » de notre village (je vérifiais les horaires pour Michel qui devait récupérer une lettre). Je l’ai lu en manquant m’étouffer de rire, car la « victime » a laissé un avis sincère et outré. Si vous cherchez bien, vous trouverez. Je ne vais pas non plus tirer sur l’ambulance en vous mettant le lien.

Jeudi 16 juillet

Hier fut une journée importante, qui devrait rester dans les mémoires et figurer en bonne place dans les futurs livres d’histoire : la loi encadrant la fin de vie a été enfin votée par les députés, en dépit de toutes les pressions, du positionnement prévisible de l’Église catholique, des clauses de conscience des uns et des autres. La Belgique avait tranché 24 ans avant nous… Une autre loi, votée plus tôt, a permis aussi d’améliorer la prise en charge des soins palliatifs. Et c’est là aussi une loi très utile, pour peu que les moyens suivent. Le malade en fin de vie a le droit de partir paisiblement, si possible entouré des siens, en tout cas avec une souffrance reconnue, soulagée et, uniquement s’il le désire en l’exprimant explicitement, une aide à mourir. Bien entendu, la loi exclut de fait les malades qui souffrent de pathologies telles que alzheimer ou qui sont dans le coma, même si les patients ont auparavant exprimé leur volonté d’en terminer avec la vie… Il y aura donc des trous dans la raquette.

Si vous cliquez sur le lien, vous aurez tous les détails concernant la loi, qui s’appliquera lorsque les décrets seront signés…

https://www.franceinfo.fr/societe/euthanasie/criteres-d-acces-delai-de-reflexion-clause-de-conscience-que-prevoit-la-loi-sur-l-aide-a-mourir-que-le-parlement-vient-d-adopter-definitivement_8095940.html#xtor=CS2-765-[copy]-

Rappelons qu’il s’agit d’un droit, et pas d’une obligation.

Pendant que les députés votaient, j’ai fini par remplir un dossier en ligne qui permet de saisir le médiateur de la Médiation Consommation Développement, là aussi, je donne le lien :

MEDIATION CONSOMMATION DEVELOPPEMENT – Règlement des litiges de la consommation

Je ne suis pas d’un naturel procédurier, mais étant donné que l’on me mène en bateau, avec qui plus est des informations erronnées, j’estime être dans mon bon droit en alertant le médiateur. Je doute que cela fasse avancer mon dossier, mais, au moins, il y aura eu une alerte.

En plus léger, voici les autres informations de la soirée d’hier : il est arrivé hier soir, après avoir grondé au loin, puis de façon rapprochée ; oui, vous avez deviné, l’orage nous a rendu visite. Il a été accompagné d’un bon arrosage, sans grêle, et d’une baisse de la température qui a permis d’aérer la maison après la pluie et de profiter de ce parfum que l’on appelle pétrichor. La nature le remercie, et nous aussi.

Nous avons terminé la soirée en regardant l’excellent film « Mort sur le Nil », signé Kennet Branagh, qui a désarçonné les inconditionnels de la série avec David Suchet, ou des lecteurs assidus d’Agatha Christie. Le film prend beaucoup de libertés avec le récit, cela peut dérouter celui qui connaît par cœur l’oeuvre originale. On reproche aussi à Kennet Branagh son « wokisme ». Faites-vous une opinion !

Les amateurs de jazz seront comblés, mais remarqueront l’anachronisme concernant la guitare utilisée par la chanteuse… Cela m’a fait rire.

Voici pour terminer quelques chansons célébrant l’orage :

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Réponses

  1. Avatar de balloonreallyf4b227f46f
    balloonreallyf4b227f46f

    Bonjour cher Joel

    c’est toujours un plaisir de vous lire et de suivre vos aventures ! Votre maman est très jolie c’est vrai et quel sourire

    Aimé par 1 personne

  2. Avatar de Joël Macron
    Joël Macron

    Merci pour ce gentil commentaire. J’essaie de distraire mes lecteurs et lectrices, de les émouvoir, de les amuser aussi, ou de les faire réfléchir. Mais, le plus important à mes yeux, c’est de procurer des émotions, en partageant les miennes, sans apporter de stress inutile quand on aborde la greffe et ses suites, parfois rock and roll.

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