Vendredi 5 juin
La journée commence dans la fraîcheur et avec un ciel changeant où alternent nuages et coins de ciel bleu, après un beau soleil au lever du jour.
Hier, nous avons visité Océanopolis, même si deux pavillons sont en travaux actuellement et donc inaccessibles. Le prix a été réduit et nous avons pris notre temps pour visiter le pavillon « Bretagne », consacré aux écosystèmes marins. Nous avons aussi visionné dans l’amphithéâtre deux documentaires très intéressants sur les fonds marins. Pour terminer, les loutres nous ont offert un joli spectacle de nage sur le dos avec toilettage minutieux.
À notre retour, Gilles est passé rapidement nous donner deux salades de son jardin, c’est très sympa de sa part et, comme la première fois, elles seront appréciées.
Le programme du jour sera fait en fonction du temps, nous devrons sortir de notre coin tranquille pour aller faire des courses en début d’après-midi. Un bon coup de vent est annoncé pour cette nuit et demain ; cela fait aussi partie des caractéristiques de ce coin de Bretagne, habitué aux éléments déchaînés. J’adore les tempêtes, surtout quand je me sais bien à l’abri dans un gîte confortable et joliment décoré. Rien ne manque ici, la maison est pratique. Les parquets grincent, les portes aussi, et l’escalier se plaint quand on monte ou quand on descend. Parfois, on entend le vent qui tente de pénétrer, mais les huisseries modernes ne lui laissent aucune chance. C’est une maison vivante, où nous nous sentons bien, avec le même sentiment que lorsque nous séjournons dans le joli gîte aux volets rouges dans le Cantal.
Je me suis couché tôt hier, la fatigue due aux nuits courtes (merci dame Cortisone) se fait plus pesante. J’épuise mes réserves en journée, et je le paie forcément à un moment donné. Ma nuit fut plutôt réparatrice, je ne vais pas m’en plaindre.
Voici quelques photos prises hier en début de soirée, je trouvais que la lumière était magique :




Vendredi après-midi
C’était la surprise du jour : Michel m’a fait croire que l’on partait faire les courses, et on a terminé sur l’aérodrome de Brest, à côté de l’aéroport. Bon, à un moment donné, j’ai bien compris qu’il y avait anguille sous roche ! Ce fut une surprise en deux, voire trois temps : le pilote est venu à notre rencontre dans la salle « Apéro club » où nous étions confortablement installés. Il a procédé à quelques vérifications sur l’avion, puis est revenu nous peser, est reparti vérifier le carburant et nous a annoncé : « On ne pourra pas voler aujourd’hui, j’ai trop de carburant et l’avion sera trop lourd ». Nous avons donc reprogrammé le vol pour mardi. Il y a un baptême de l’air juste avant, et l’appareil devrait être opérationnel. Nous nous sommes dirigés ensuite vers Plougastel, mais avons tourné juste après le pont d’Elorn et avons patienté dans un tout petit port, juste en face d’Océanopolis sur l’autre rive. Bien à l’abri du vent, sur une petite crique, il faisait bon et nous avons pu admirer le paysage. C’est ensuite que la troisième surprise était programmée, et là, pas de souci technique : un délicieux repas nous attendait dans un endroit fort sympathique, situé juste en face de la rade, avec une vue magnifique, « Les viviers de Kéraliou ». Nous avons dégusté des huîtres avec Françoise, mais, étant donné que l’organisme de Michel est toujours intolérant avec ces petites bêtes, il a eu droit à des rillettes de poisson, qui avaient l’air excellentes. Les huîtres étaient délicieuses, le pain et le beurre salé excellents ont été appréciés aussi. Nous avons ensuite opté pour le plat du jour : une copieuse part de lieu jaune, accompagné de riz et de légumes, avec une sauce aux coquillages. La cuisson du poisson était parfaite, ce qui n’est pas toujours le cas. Cela témoigne d’un savoir-faire en cuisine et d’un grand respect des produits. En guise de dessert, nous avons eu droit à une part de far breton avec un peu de caramel au beurre salé, quelques fraises et framboises servies sur de la crème chantilly maison. Quel régal ! Un bon café pour terminer le repas nous a permis de trouver l’énergie nécessaire pour arpenter ensuite le Leclerc de Plougastel-Daoulas. Notre trio a été efficace et nous avons trouvé tout ce que nous cherchions. Après ce périple, temps calme au gîte avant le repas du soir et la soirée télé.
Demain, nous recevrons nos amis de Lesconil, j’ai hâte de retrouver Barbara et ses parents. Le temps ne permettra pas de déjeuner dehors, car le ventilateur breton est en marche, mais peu importe.
Voici quelques photos prises à l’aérodrome et face à la rade :







Week-end des 6 et 7 juin
Samedi 6 Juin
Nous avons passé une très bonne journée avec nos amis de Lesconil. Barbara et ses parents sont arrivés vers 11 h 30 et nous avons eu le temps de discuter, de déjeuner, et de faire une promenade (avec quelques passages délicats, mais sans chute) sur le GR, avec un retour par la grève. Nous avons trouvé de la salicorne, en abondance, et des statices qui font de jolis bouquets secs, mais nous nous sommes contentés de quelques brins de cueillette. La maman de Barbara me disait avant de partir que c’était comme si on s’était vus la veille, et que l’on restait en phase : elle a tout à fait raison, et c’est à cela que l’on reconnaît les amis. Les retrouvailles sont dans le prolongement des rencontres précédentes, naturelles, et tellement agréables. Les liens sont tissés, et j’espère que nous aurons l’occasion d’accueillir nos amis en Anjou, pour un séjour qui permettra de sillonner un peu la région.
Le vent a soufflé toute la journée, mais pratiquement sans averses et l’accalmie est arrivée en soirée. Cela fait aussi partie du charme breton, et il fait beau plusieurs fois par jour. La mer moutonnait dans la ria, je suis toujours épaté par la végétation ; les troncs tortueux des vieux chênes qui bordent le GR côté mer ont des formes qui évoquent des animaux : on imagine des cerfs, des boucs, des animaux menaçants. Ces paréidolies ont certainement été créées par tous les « invisibles » qui peuplent ces lieux, merci aux fées, aux elfes et autres lutins de nous offrir de tels spectacles. Michel a créé un dossier « spécial cousine » pour Annick, qui est passée jeudi, cela pourra l’inspirer pour ses peintures, et nous lui transmettrons les photos par mail. Patience, ma cousine, si tu me lis !
Dimanche 7 juin
Nous avons eu une belle matinée qui nous a permis d’aller au marché de Daoulas. Nous y étions tôt, mais c’était déjà bien animé. C’est un marché varié et plaisant, avec pas mal de producteurs locaux. Au passage, achat de légumes, fraises, fruits et miel. Nous avons goûté au miel de sarrasin et nous avons été séduits par son goût puissant. Hop, un petit pot de miel a rejoint les légumes et les fraises. On se disait que l’accès au marché en période estivale doit être infernal. C’est l’avantage de pouvoir partir en juin.
Après le temps de repos « post-déjeuner », nous allons pouvoir visiter l’abbaye de Daoulas, notamment le cloître et les jardins. La température est idéale, et le vent tempétueux s’est transformé en brise marine, très légère. J’adore la Bretagne !
Nous rentrons de visite. Je vous conseille vraiment de ne pas louper les jardins de l’abbaye de Daoulas si vous passez dans le secteur. Voici un aperçu :













Lundi 8 juin
Le jour est levé depuis un petit moment déjà, mais les nuages défilent, poussés par le vent. Nous établirons le programme du jour en fonction de la météo qui change très rapidement. La maison est encore endormie, mais le chat a déjà fait un tour rapide dehors : il descend dès que j’ouvre les volets, vers 6 h 30. Tout le monde a la référence lorsque l’on parle de la « maison bleue ». Ici, elle n’est pas adossée à la colline, comme dans la chanson, mais érigée au sommet. Peu importe, même si nous n’avons plus les cheveux longs, nous nous y sentons bien, surtout quand nos amis nous rendent visite, c’était le « petit plus » de notre première semaine de vacances ici, et même un « grand plus ».
Voici la chanson que tout le monde a envie de fredonner :
Mardi 9 juin
Je viens d’ouvrir les volets roulants au rez-de-chaussée et le ciel matinal est engageant, avec de jolis nuages décoratifs, des coins de ciel bleu également. C’est le jour de la nouvelle programmation du vol précédemment annulé pour cause de réservoir trop rempli. Nous avons rendez-vous à 15 h 15. Je reviens sur l’après-midi d’hier, avec la visite de Locronan (nous connaissions déjà). Le village est toujours aussi beau, et les visiteurs n’étaient pas trop nombreux, à part des groupes de « vieux » (dont je fais partie, désormais) avec guides. Mais bon, nous avons pu arpenter des rues presque vides lorsque l’on s’éloigne du centre. Lorsque j’ai sorti mon téléphone portable pour prendre quelques photos, j’ai constaté que j’avais reçu un mail du CHU. Je vous avais dit que je serais rattrapé par la patrouille. En fait, il n’y a rien d’urgent : le médecin dermatologue qui va m’examiner le 30 juin a programmé une radio des tissus mous du cou. ChatGPT m’a confirmé, dans la soirée, ce que je pensais : après un carcinome épidermoïde infiltrant, il faut vérifier la chaîne ganglionnaire, au cas où des cellules cancéreuses se seraient échappées. Pour rappel, j’ai de nouveau des ganglions palpables, mais il peut s’agir aussi d’une réaction aux virus EBV et CMV. Je pense que Doc Sylvie et Doc Antoine se sont concertés, ou du moins que Doc Antoine a pris le temps de consulter mon dossier numérisé avant de programmer l’échographie le même jour que la consultation, et c’est rassurant. Doc Antoine sera donc « le petit nouveau ». J’ai fait le curieux après avoir interrogé l’IA et c’est un jeune médecin, chef de clinique, avec une bonne tête sympathique sur les photos que j’ai pu voir. Verdict : celui-là, je le garde ! Bon, il n’est pas responsable du long délai entre l’opération et la consultation de suivi, j’ai été opéré le 27 janvier. Petit rectificatif : le temps vient de changer à l’instant, avec une belle averse. Ah, ce climat breton !
Voici donc quelques photos prises à Locronan ; jen ai pris peu, un peu par flemme !







Mercredi 10 juin
L’aube tiendra-t-elle ses promesses ? En tout cas, de jolis nuages roses décorent le ciel matinal et le ciel bleu est majoritaire. Nous allons partir pour Crozon et Camaret ce matin, avec un repas envisagé dans une crêperie de Camaret qui nous avait laissé un excellent souvenir.
Hier après-midi, c’était donc le grand moment du vol en avion, reprogrammé en raison de la surcharge en carburant. Nous n’avons pas eu de nouveau report, et Guillaume, notre jeune pilote, s’est montré fort sympathique. Comme j’avais droit à la place d’honneur, à côté du pilote, pour cause de cadeau d’anniversaire, il m’a gentiment encouragé à me familiariser aux commandes, alors que nous étions encore au sol : « Si vous voulez, je vous passerai les commandes en vol. »Je n’étais pas certain d’accepter, même si j’avais déjà eu une petite expérience de pilotage avec le mari d’une collègue allemande lors d’un échange au cours de ma longue carrière. Mais c’était loin… Finalement, sur le trajet retour, j’ai pu piloter et mettre l’avion en position d’atterrissage avant que le pilote reprenne la main pour l’atterrissage proprement dit. Il m’a donné les indications, le cap à tenir, et j’ai eu beaucoup de plaisir à être copilote. J’ai même eu droit à des compliments pour la maîtrise de l’approche, sans décrochage ni gestes brusques. Quant au reste du vol, ce fut un moment merveilleux. Michel avait choisi la thématique des abers. Nous avons donc survolé la côte après les quelques minutes de vol au-dessus de la mosaïque verte des terres finistériennes. Les rayons du soleil jouaient à travers les nuages, créant une lumière enchantée, tandis que les teintes de la mer, du bleu turquoise au bleu profond, captivaient le regard. Les nombreux étocs et îlots étaient entourés d’écume blanche, signe d’une houle bien formée. Le Finistère dans toute sa splendeur avec le privilège de le voir d’en haut. Merci, Michel, pour ce cadeau magique !
Vous devez vous en douter, j’ai pris de nombreuses photos pendant le vol, en voici une sélection :










Jeudi 11 juin
Hier fut une belle journée pour partir en balade, en dépit de la pluie matinale qui ne nous a pas arrêtés, et nous avons eu raison.
Nous sommes partis en fin de matinée pour Crozon et Camaret, avec en tête l’idée de déjeuner dans une crêperie que nous avions beaucoup appréciée lors d’un précédent séjour. Crozon fut la première mauvaise idée : c’était jour de marché, et il était impossible de pénétrer dans le centre-ville, bloqué, ou de se garer. Le GPS a tenté plusieurs fois de nous perdre, mais nous avons fini par retrouver la route de Camaret… avec une déviation en raison de travaux. La balade habituelle sur la jetée qui longe le port mène à la chapelle St Rocamadour et à la tour Vauban, destinée à protéger le port lors des attaques anglaises.
Le soleil était de retour, et nous avons pu faire de jolies photos. J’ai lié une amitié éphémère avec un goéland, surtout intéressé par une éventuelle distribution de nourriture, et nous avons pris le chemin de cette célèbre crêperie. Nous n’aurions pas dû : la déception liée à un changement d’équipe nous a fait regretter ce que nous avions connu : galettes insipides, et n’ayant rien de « breton », elles étaient simplement réchauffées, sans beurre, avec une garniture très chiche. Quant aux crêpes servies en dessert, ce fut la même déception. La serveuse a demandé ce que nous avions pensé du repas, nous lui avons donné un avis sincère, en disant courtoisement que ce n’était pas ce à quoi nous nous attendions. Le patron, prévenu lorsque Françoise est allée régler l’addition, s’est montré fort peu commerçant, et a fait preuve d’une mauvaise foi absolue avec un argument imparable « mais vous les avez mangées quand même ! ». Françoise a répondu que nous avions été éduqués. Bref, un piège à touristes désormais, avec un gérant qui devrait faire autre chose, mais dont le commerce est bien situé, face au port.
Nous avons ensuite marché sur la pointe de Pen Hir, un endroit sauvage, encore préservé des masses de touristes qui sont acheminés par les cars. Retour ensuite à Crozon. Le centre-ville ne nous a pas séduits plus que ça : les magasins étaient pour la plupart fermés et, après l’agitation du marché, le bourg semblait endormi. J’ai quand même acheté trois fars aux pruneaux dans une pâtisserie, car les maigres galettes ne nous avaient absolument pas rassasiés. Après avoir tourné un moment pour chercher un endroit sympa, et des toilettes publiques, en vain, nous sommes rentrés. Michel nous a fait un bon café, et les fars ont été appréciés. Heureusement, les paysages nous ont comblés, et l’épisode de la crêperie restera le gag de ce séjour. Michel a réservé par téléphone une table dans une crêperie de Daoulas qui a d’excellents avis. Ce sera une excellente façon de terminer notre séjour qui prend fin. Nous avons prévu d’aller voir le phare du Petit Minou et le secteur de Plouzané dans l’après-midi. Le pont d’Iroise est difficile d’accès en ce moment, une signalétique est installée en vue de travaux de réfection de la chaussée prévue à partir du 15 juin, mais nous prendrons notre temps. Il faudra juste penser à aller acheter les moules et les huîtres dans la matinée, à la pointe du Château, pour éviter de « courir » ce soir.
Voici une sélection des photos prises hier, avant le petit moment musical habituel :





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