La vie après la greffe, 9 juillet 2026

Vendredi 3 juillet

Commençons par accueillir « juillet », bien que je redoute les excès caniculaires de ce mois d’été. Pour info, les moissons sont terminées par chez nous. Je dédie ce poème à mon ami Valéry Sauvage, infatigable observateur de la nature, photographe, poète, musicien, écrivain, cuisinier, et ami très cher.

Far-niente

Théophile Gautier

Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.
Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
Le puceron qui grimpe et se pend au brin d’herbe,
La chenille traînant ses anneaux veloutés,
La limace baveuse aux sillons argentés,
Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
Ensuite je regarde, amusement frivole,
La lumière brisant dans chacun de mes cils,
Palissade opposée à ses rayons subtils,
Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.

Théophile Gautier, Premières Poésies

Revenons à des préoccupations plus triviales. Après avoir fait ma séquence très matinale d’arrosage du potager et de jardinage, j’ai attendu les résultats de la prise de sang. La salade coupée le matin était lavée et essorée pour ce soir, la maison a eu le temps de se rafraîchir, et, vers 10 h, la première partie des résultats est arrivée. Du côté des globules rouges, tout va bien. Mon hémoglobine est à 16, ce qui fera dire à Doc Sylvie : « Ça, c’est du dopage ! » Les plaquettes sont impeccables et stables.

En revanche, c’est un peu le bazar chez les globules blancs. Les lymphocytes restent dans les chaussettes, malgré un très, très léger mieux et les monocytes ont beaucoup baissé.

Mais ce n’est pas tout, le labo a écrit une mise en garde concernant les neutrophiles qui ont une drôle de tronche : Hypergranularité des neutrophiles (infection et/ou augmentation de production ?).

ChatGPT attend de connaître le dosage des dragons-virus avant de se prononcer, mais il est probable qu’une infection soit en cours. Qui gagnera ? Qui sera le maillot jaune ? EBV ou CMV ? (j’ai ma petite idée.) Doc Sylvie va être occupée avant ses vacances.

Le foie, qui s’était calmé sans toutefois revenir dans les « normes », recommence à faire parler de lui. Les phosphatases alcalines ont augmenté, ainsi que les ASAT et ALAT ; de plus, la bilirubine est élevée, mais stable. Sachant que la cortisone contenait la GVH, sans l’éliminer, et que je suis en période de « sevrage », avec des baisses régulières, il se peut que le cirque hépatique reprenne de plus belle d’ici peu. Bon, pour le moment, j’ai encore bon appétit, mais je sais d’expérience que cela peut rapidement changer. Alors on ne va pas chouiner avant d’avoir mal, et on va surveiller les deux garnements de CMV et EBV.

J’ai lu grâce à un de nos infatigables contributeurs, un article intéressant sur la cataracte, qui, chez moi, est probablement provoquée par la cure intensive de cortisone d’après Doc Sylvie :

Cataracte : qu’est-ce que c’est ? | Cataracte | Les maladies de l’oeil | Cabinet d’ophtalmologie des flandres

Nous avons regardé en replay ce matin « Des Racines et des Ailes », consacrée à l’Auvergne, du Puy de Dôme au Cantal. Nous avons eu le plaisir de revoir le Château de la Vigne, où nous avons séjourné, Clotilde est une hôtesse adorable, qui a une solide connaissance du château et des périodes historiques, vous ferez sa connaissance dans la séquence consacrée au château. Il faut un compte pour le replay, sinon essayez sur votre téléviseur ou sur You Tube. C’est une excellente émission, avec de belles thématiques et ces paysages sublimés par des prises de vue aériennes. Vous allez me dire que je ne suis pas objectif, car vous connaissez mon attachement pour les volcans d’Auvergne et pour les gens qui y vivent. J’ai suggéré à Michel d’acheter un buron en ruine pour le restaurer… Je crois qu’il préfère passer deux semaines dans la maison aux volets rouges. À ce propos, Monique, la propriétaire, nous a envoyé une jolie carte postale d’Autriche, avec un des châteaux de Louis II, et un petit mot à côté pour prendre des nouvelles. J’ai répondu par mail, en la remerciant chaleureusement.

Du Puy-de-Dôme au Cantal, la terre des volcans en replay – Des Racines et Des Ailes | France TV

Week-end des 4 et 5 juillet :

Samedi 4 juillet

Hier était la journée des « replay ». Nous sommes rentrés du supermarché de bonne heure, et j’ai regardé en fin d’après-midi une émission réalisée par Matthieu Lartot, qui parle de son parcours, et de sa récente amputation, mais surtout « du cancer » en général, avec des témoignages très intéressants, et un point de vue qui n’est pas focalisé sur son vécu, mais largement ouvert à ce que d’autres, connus ou moins connus vivent ou ont vécu. On a le témoignage de Thomas Dutronc, qui évoque l’humour et la drôlerie de sa mère, jusqu’au bout ; du couple Lacourt, avec Camille, qui a accompagné et soutenu son épouse, Alice Detollenaere ; de Philippe Caverivière, qui parle du cancer de sa mère. On a aussi le témoignage bouleversant des parents de Clémentine, la jeune journaliste malheureusement décédée, qui avait choisi de raconter son parcours avec la maladie dans un podcast que j’avais suivi, et qui m’a profondément marqué. Alors, cette émission n’est pas larmoyante, même si l’émotion mouille souvent le regard de Matthieu Lartot, qui se fait chambrer par ses enfants, comme tous les « darons », lorsqu’il est filmé en famille. On y voit surtout de l’optimisme, une envie de vivre, des projets, des combats et des soignants qui font le maximum pour leurs patients, médecins, infirmières, aides-soignantes ; chacun et chacune joue un rôle essentiel, même si le quotidien n’est pas facile. Des Doc Sylvie, ils en ont croisé, même si je pense que « la mienne » est unique. Tiens, je ne vous ai pas raconté son arrivée lors de notre dernière visite. La porte de la salle d’attente est fermée, car la pièce est tempérée. Elle fait irruption, toute souriante et guillerette, et nous dit bonjour. Elle enchaîne, très en forme « Vous avez froid ? » et nous de répondre en chœur « Non ! », « Vous avez chaud ? » « Non plus ! » (Toujours en chœur) … Ses yeux pétillent de malice : « Êtes-vous heureux ? » Là, pour le coup, pas de réponse, on se regarde… « Ah, vous ne vous attendiez pas à cette question ! » Et elle enchaîne en appelant le premier patient, tout en jubilant intérieurement. Que voulez-vous, c’est mon idole, même lorsqu’elle me charrie pendant l’auscultation, ou quand elle se demande tout haut combien de temps elle va devoir encore me garder avant de me refiler à Doc Sylvain.

Voici le lien vers le « replay » de l’émission :

Ce qui nous tient debout – Documentaire en replay Ce qui nous tient debout | France TV

Le podcast de Clémentine :

Ma vie face au cancer : le journal de Clémentine – franceinfo

Dimanche 5 juillet

Aujourd’hui, je pense à deux personnes qui sont nées un 5 juillet : ma maman, et mon frère aîné, Michel. À tous les deux, l’une là où elle se trouve désormais, étoile parmi les étoiles, et Michel près de Limoges, dans la maison confortable où il vit désormais, tout près de chez sa fille, j’adresse mes pensées affectueuses. Ce devait être un drôle d’anniversaire pour maman qui accueillait son premier enfant au lieu de souffler ses bougies. Quant à moi, « le p’tit ravisé », comme on dit en Mayenne, je suis arrivé neuf ans après mon frère aîné, bousculant la fratrie et l’ordre établi, les trois frangins se suivaient à un an d’intervalle.

Voici une photo que j’aime beaucoup : Maman et Michel

Revenons à des préoccupations plus triviales. J’ai obtenu les résultats des deux dragons virus. CMV m’a surpris : il a été mis k.o par le traitement et il est indétectable. Attention, indétectable ne veut pas dire qu’il a disparu, mais simplement qu’il s’est endormi à nouveau, laissant le champ libre à son pote EBV. En ce qui concerne ce dernier, il n’a pas encore profité de la situation, mais il reste à un niveau élevé, toujours en plateau. Il va donc rester sous surveillance en espérant qu’il ne profite pas de la situation. La prise de sang de jeudi donnera plusieurs indications : le CMV dort-il d’un œil ? EBV augmentera-t-il, même légèrement, sa charge virale ? Le foie continuera-t-il de se dégrader ? Cela confirmerait le retour probable de la GVH, ou, au contraire, constaterons-nous une baisse des PAL (phosphatases alcalines), ce qui serait positif . Si la GVH se confirme, on abordera le problème lors de la consultation du 3 août. La solution serait de commencer un nouveau traitement, le Jakavi, et cela peut se faire pendant la fin du traitement à la cortisone. Bref, je vais faire cogiter Doc Sylvie, qui passera en revue les algorithmes possibles avant d’introduire une modification et sans doute après un passage en RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire).

Allez, en hommage à Victor Willis, qui vient de nous quitter, YMCA… Devenu, à son grand désarroi, l’hymne de Trump (faut avouer que c’est incompréhensible). C’est toute une époque qui disparaît, avec notamment les codes vestimentaires qui permettaient de connaître les préférences de votre futur partenaire (je ne parle pas de la coiffe amérindienne, mais de signes plus discrets, dont le foulard dans la poche arrière).

Et même dans la marine, hein ? Qui l’eût cru ?

En ce temps-là, on dansait beaucoup sur « I will survive » dans les boîtes gay, curieuse et terrible prémonition de ce que réserverait la terrible pandémie de SIDA quelques années plus tard. Rappelez-vous, on l’appelait « cancer gay ».

En ce qui me concerne, dès les premières notes, je ne peux m’empêcher de danser lorsque j’entends Jimmy Sommerville. Barbara, je te laisse imaginer la chorégraphie des genoux !

Une excellente nouvelle en ce dimanche après-midi : mon fils (le dernier) a obtenu son diplôme de moniteur éducateur. Il aime beaucoup travailler dans les structures qui accueillent les personnes en situation de handicap, et nous partageons sa joie, et sa fierté, car c’est un beau parcours et une belle réussite après quelques années délicates pour lui. Nous avons toujours été à ses côtés, et nous le serons toujours. Félicitations !

Je voudrais revenir sur une notion qui a été abordée par Matthieu Lartot dans son documentaire sur le cancer. Il s’agit de ce que l’on appelle, à tort pour les malades, le « courage ». Matthieu Lartot le dit très bien : le courage, c’est quand on effectue un choix, souvent risqué : plonger pour secourir une personne qui se noie, s’engager dans l’armée pour défendre son pays, effectuer un métier pénible, par exemple pompier, en risquant sa vie, etc. Mais le malade n’a pas le choix : la maladie s’impose à lui. Alors, évidemment, on peut imaginer que certains sont plus déterminés que d’autres à combattre la maladie, est-ce pour autant qu’ils « gagnent » ? Non, Clémentine en est malheureusement l’illustration. Dire qu’un malade qui a survécu au cancer a été « courageux » serait terrible pour celles et ceux que la maladie a emportés. Il vaut mieux parler de résilience. Le courage, c’est celui des équipes soignantes et des accompagnants. Quand on dit à un malade « Sois courageux ! », il devrait répondre « Eh bien, prends ma place et tu verras ! » On peut lui dire « Repose-toi, dis-moi comment je peux t’aider, veux-tu que je te fasse des courses ? As-tu besoin que je passe à la pharmacie avec ton ordonnance ? Tiens, je t’ai préparé un petit potage ou un petit plat ». Bon, ce n’est pas courant et c’est pourtant ce genre d’attentions qui permet, surtout pour les personnes seules, isolées, de ne pas sombrer. Je ne veux surtout pas faire de leçon de morale, chacun agit selon ses disponibilités et son rapport à la maladie. Parfois, c’est très compliqué en raison d’un parcours personnel et intime que les accompagnants occasionnels préfèrent occulter.

Pour en revenir à mon expérience, je ne suis pas un « warrior », ni un « ninja » et encore moins un « jedi » : je compose avec mes forces et mes faiblesses, mes qualités et mes défauts. On connaît mon côté optimiste, avec une bonne dose d’autodérision, et j’ai horreur de me lamenter sur mon sort. Mais je suis aussi de nature impatiente, je déteste que l’on ne m’associe pas au parcours de soins (dermatologie) et, dans ces situations-là, je peux être un peu mordant. Sinon, quand on m’explique les choses, quand j’ai Doc Sylvie en face de moi, j’en arrive à me dire que, sans tous ces fichus aléas de santé, je n’aurais jamais fait de telles rencontres, cela vaut aussi pour tous les personnels (ou presque) de santé que j’ai pu croiser depuis 2019. Autre caractéristique : j’exprime facilement ce que j’éprouve, que ce soit positif ou négatif. Je ne cherche pas à masquer un éventuel trouble physique (Michel ne s’y laisserait pas prendre) ou une appréhension. Et, surtout, je comprends que j’ai eu la chance de survivre, de bénéficier de technologies médicales de pointe, même si à certains moments c’était plus que compliqué en raison des traitements lourds ou de mon système immunitaire complètement loufoque. Je sais aussi profiter de la vie, contempler une fleur d’artichaut, espionner un oiseau qui prend son bain, regarder pousser mes salades en traquant le liseron. Voilà, c’était une mise au point qui me paraissait utile, la phrase à retenir c’est : le malade n’a pas le choix, donc il ne peut pas faire preuve de « courage », mais simplement de résilience en fonction de son état, de l’évolution de la maladie. Françoise Hardy (oui, c’est encore une de mes idoles) a fait rire ses proches jusqu’au bout, parce que c’était sa nature. Elle savait que sa vie touchait à sa fin, mais enfin, elle était vivante, et elle a fait en sorte que ce soit cette image qui reste. La vie, jusqu’au bout.

Mardi 7 juillet

Il va encore faire trop chaud, mais, grâce à ma nuit très courte, j’ai pu aérer de bonne heure et faire mon tour de jardin matinal. Ces canicules à répétitions sont épuisantes pour les organismes, et même quand on est en bonne santé. Je plains les personnes hospitalisées dans des chambres surchauffées et les soignants qui travaillent dans des conditions insupportables, avec un afflux de patients à gérer en urgence suite aux déshydratations, coups de chaleur, et autres pathologies. Je vais essayer de rester sage. J’ai lu plusieurs articles et études concernant le dragon virus EBV, qui est, je le rappelle, toujours actif, mais en phase de plateau pour le moment. Il a dépassé les 4 log et il est donc potentiellement dans la zone orange/rouge qui nécessite un traitement. Voici ce que l’on en dit, dans un résumé que j’ai trouvé bien fait, et compréhensible :

La persistance virale est parfois associée à des cancers chez l’individu immunodéprimé mais également chez le sujet sain.

L’EBV est en effet le premier virus responsable de cancer à avoir été découvert en 1964 par Epstein, Achong et Barr.
Cette caractéristique est étroitement liée à sa capacité d’immortaliser des lymphocytes B in vitro comme in vivo, et d’induire une transformation maligne de certaines cellules épithéliales.

Chez une personne immunodéprimée, le défaut de surveillance immunitaire peut aboutir à des syndromes lymphoprolifératifs caractérisés par une prolifération incontrôlée des lymphocytes B infectés par l’EBV.
La mesure de la charge virale dans le sang par qPCR est indispensable pour la prévention ou le diagnostic précoce des syndromes lymphoprolifératifs post-transplantation, traités le plus souvent pas des anticorps anti-CD20.

Chez l’individu immunocompétent, la persistance virale peut également aboutir à des cancers dits « associés à l’EBV » avec des cellules tumorales contenant le génome viral et exprimant des protéines virales favorisant la transformation cellulaire.

Les principaux cancers associés à l’EBV sont le lymphome de Burkitt, certains lymphomes de Hodgkin et le carcinome indifférencié du nasopharynx.
Pour certains de ces cancers, la sérologie EBV et/ou la mesure de la charge virale sont utiles au diagnostic.

Le traitement de ces cancers se base sur les thérapeutiques anti-tumorales classiques et pourrait mettre en jeu dans l’avenir l’injection de cellules T cytotoxiques anti- EBV ou les vaccins activant l’immunité contre les protéines de l’EBV.

J’avais déjà abordé cela auparavant. Le lymphome associé au virus EBV est appelé LPT (ou PTLD), et il nécessite des soins à administrer en urgence dès que l’on soupçonne sa présence : d’abord le rituximab, qui est un anticorps monoclonal avec plusieurs cures, puis, si le bilan n’est pas satisfaisant, une chimio adaptée au type de LPT, car il en existe plusieurs (sinon, ce serait trop simple !)

Le risque de développer une LPT est plus élevé chez les personnes ayant subi une greffe d’intestin ou une greffe de plusieurs organes. Dans le cas d’une transplantation de cellules souches, le risque de LPT est plus élevé lorsque le donneur n’est pas parfaitement compatible. Le risque de LPT est le plus élevé au cours des premiers mois suivant la transplantation, lorsque les patients reçoivent une dose plus élevée de médicaments immunosuppresseurs. Toutefois, chez les receveurs d’une greffe d’organe solide, on observe un « second pic » de LPT plusieurs années après la greffe.

La LPT comprend quatre sous-types principaux. Chez les personnes atteintes d’une LPT précoce, les lymphocytes et autres cellules immunitaires se divisent de manière excessive et s’accumulent dans les ganglions lymphatiques. Bien que ces cellules ne soient pas cancéreuses, elles risquent de subir une transformation cancéreuse si elles ne sont pas traitées. En cas de LPT polymorphe, un mélange de lymphocytes anormaux (dont certains peuvent être cancéreux) s’accumule dans les ganglions lymphatiques et/ou d’autres parties du corps. Le troisième sous-type, le plus courant, est le LPT monomorphe. Dans ce cas, des lymphocytes cancéreux (provenant principalement de lymphocytes B) s’accumulent dans les ganglions lymphatiques et les sites extranodaux. Ces cellules B cancéreuses peuvent ressembler à d’autres types de lymphomes non hodgkiniens, tels que le lymphome de Burkitt ou le lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB). Le lymphome hodgkinien classique – type LPT est le quatrième et le plus rare de tous les sous-types de LPT. Chez ces patients, les cellules cancéreuses ressemblent beaucoup aux cellules de Reed-Sternberg, typiques du lymphome de Hodgkin classique.

Voici les liens qui renvoient aux articles initiaux :

Le virus Epstein-Barr (EBV) – Centre National de Référence des Herpèsvirus

Maladies lymphoprolifératives post-transplantation (LPT) | Hemato Knowledge Hub

Le prochain dosage des dragons virus jeudi, et l’échographie du cou programmée le 30 juillet, permettront de savoir où j’en suis. Le lymphome est une maladie silencieuse dans un premier temps, il y a donc peu de symptômes à part les ganglions, souvent discrets et indolores.

Mercredi 8 juillet

Je me suis réveillé ce matin (très tôt encore) avec une idée de roman. Ce serait un thriller politique, ça fonctionne bien en séries télévisées aussi.

Puisque vous insistez, voici le synopsis :

Le roman se déroule de nos jours dans un pays que je nommerai « Absurdie ». Une candidate, appelons la Carine, décide de se présenter à l’élection présidentielle de 2027 (simple coïncidence avec le calendrier de notre élection, parfois je manque d’imagination). Carine a déjà été candidate par le passé, et elle s’est pris une veste à chaque élection. Bon, elle est du genre opiniâtre et s’accroche comme un morpion à un poil pubien à cette idée : « Un jour, je serai présidente, et vous verrez ce que vous verrez ! ». L’un des problèmes de Carine, c’est qu’elle est condamnée, pour diverses malversations financières, à de la prison, sous bracelet électronique, une amende, et une peine d’inégibilité. Son « fidèle plan B », que nous nommerons Jordy, se voyait déjà calife à la place du calife, multipliant les rencontres avec le patronat, se montrant au bras de sa dulcinée, Marie Machin Chose de mes Deux, et prenant le contrepied de sa tutrice officielle. Carine a toujours dit (et pas qu’une fois) qu’un homme ou une femme politique en délicatesse avec la justice devrait être inéligible à vie (oui, oui, oui : à vie !). Mais, dans la droite ligne de « Faites ce que je dis mais surtout pas ce que je fais », elle a, semble-t-il, été frappée d’amnésie et se pourvoit en cassation, ce qui permet la suspension des peines… Il faut expliquer tout ça à Jordy, qui a failli s’étouffer avec son donut, mais a tenté un sourire crispé. « Fais bisou à maman ! » (va pour le bisou, Marie Machin Chose ne sera pas jalouse). Maintenant, Jordy a un plan diabolique : comment faire pour se débarrasser de Carine ? La faire exécuter par des mafieux d’un pays de l’ex bloc soviétique ? Refiler des dossiers bien pourris au Canard Déchaîné ? La tuer lui-même en lui proposant une séance photo sur la falaise d’Etretat ? « Recule encore un peu… encore un pas… Oups, j’ai mal calculé ! » Lui pourrir la vie une fois qu’elle l’aura nommé Premier Ministre ? Le roman va explorer ces différentes pistes, sans être certain que les projets diaboliques de Jordy empêchent l’élection de Carine. En Absurdie, tout est possible, même les 50° dans les cellules de prisons surchauffées.

Tiens, j’évoquais avec Michel ce que dit Nikos de la langue grecque. C’est très intéressant, mais cela ne m’étonne pas car le présentateur vedette dit souvent des choses très intéressantes, pour peu qu’on lui pose de bonnes questions. Accessoirement, il est aussi photographe, avec un talent certain. Ce rapport entre la langue grecque et la philosophie est très pertinent et permet de comprendre l’influence de cette langue/pensée, encore vive aujourd’hui. De même, avoir une conversation en anglais implique de penser différemment, cela m’a toujours frappé. Les cartésiens que nous sommes ont donc intérêt à s’assouplir l’esprit. On le sait, la langue diplomatique est le français, parce que justement, il permet d’éviter les interprétations, ou certains glissements. Je trouve cela (cela = la pensée exprimée par une langue) fascinant, surtout quand on sait qu’un bébé qui vocalise peut absolument s’exprimer dans toutes les langues, quelle que soit son « origine ». C’est une faculté que l’on perd malheureusement très vite. Les bébés sont des super héros, leurs cerveaux contiennent toutes les langues et prononciations du monde… quand on pense à la difficulté que certains ont avec le « the » anglais !

https://fb.watch/IegIwdnXQq

N’hésitez pas à cliquer sur le lien. Pour info, je révise mes notions de grec moderne, via une application gratuite. Je ne ferai pas de grands discours philosophiques en grec, mais je saurai dire, « bonjour, merci, s’il vous plaît, bonne nuit » et les Crétois sont ravis quand on sait dire quelques mots dans leur langue. Cela permet aussi de décrypter quelques infos, sur les menus, ou sur des panneaux routiers. Et, surtout, cela m’amuse et ça me permet de faire fonctionner mes neurones.

Voilà, c’était ma minute grecque. Vive Jacqueline de Romilly, et vive Marguerite Yourcenar ! ¨Pour le moment, j’en suis là en grec :

Το καρότο είναι ροζ. (To karóto eínai roz.), La carotte est rose. (Parce que, pour le moment je ne connais que le rose…)

Autre situation :

Νερό με το ούζο, παρακαλώ. (Neró me to oúzo, parakaló.), De l’eau avec l’ouzo, s’il vous plaît. Certes, ce n’est pas très philosophique, mais c’est important de savoir mettre de l’eau dans son ouzo, non ? On met bien de l’eau dans son vin…

Jeudi 9 juillet

Bon, j’aurai le temps d’arroser le potager avant le départ au CHU pour la prise de sang. On ne se précipitera pas, étant donné que ce sera rapide : l’infirmière m’a dit que le planning n’était pas chargé, et elle me fera passer rapidement pour que je puisse prendre le petit-déjeuner, et mes médicaments. Ensuite, nous irons à Atoll tant que la chaleur reste supportable. Il fait déjà 21° à 4 h 30. Vous devrez attendre lundi pour savoir si mes résultats sont arrivés, et s’ils sont dans les normes. Il faut bien faire durer le suspens.

Il est temps d’écouter un peu de musique. Je sais que je n’ai aucun talent de « détourneur » de chansons, mais enfin, j’aime bien modifier les paroles, surtout quand une chanson me trotte dans la tête. C’est pourquoi je vous propose « Encore un lapin », de JJ Goldman. Mais pourquoi me direz-vous ? Un lapin, ça ne sert à rien… (je suis bien d’accord !)

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  1. Avatar de Valéry Sauvage
    Valéry Sauvage

    Merci pour la poésie, c’est exactement ça, et tous les jours j’écoute le gémissement de l’eau sur la pierre. J’apprécie particulièrement l’écriture si riche de Gautier, ah ! Son Capitaine Fracasse, par delà l’aventure épique, un monument de la littérature française (et moins soporifique que Proust). 😉

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