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Greffe de moelle osseuse

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Greffe de moelle osseuse

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Greffe de moelle osseuse
  • Post-greffe, octobre J 9

    Week-end des 4 et 5 octobre

    Vendredi, rien de spécial : les courses dans l’après-midi au Super U. J’ai pu échanger un peu avec la gentille caissière qui a toujours pris de mes nouvelles pendant l’hospitalisation, et après également. Voilà, ce sont des choses toutes simples, mais qui font un bien énorme quand on est hospitalisé : « La caissière m’a demandé de tes nouvelles » me disait Michel. Parce que, finalement, en dehors des proches très proches et des « fidèles « sur les réseaux sociaux, rares sont celles et ceux qui ont cette délicatesse. Mais il y en a eu quelques-uns, et cela fait du bien. Et puis, parfois, on a quelques déceptions : des gens qui ne se sont souciés de rien et qui ne se sont jamais manifestés. Tri salvateur dans les « amis » qui ne sont que des connaissances plus ou moins intéressées. Bref, l’humanité dans sa diversité.

    Hier, samedi matin, c’était tempête au programme, une des premières, bien arrosée et surtout bien ventée, une comme je les aime, sans dégâts par chez nous. Et puis, en fin de matinée, une barre de ciel bleu, toujours avec du vent, mais sans risque de se retrouver trempés. Nous sommes allés aux portes ouvertes de notre pépiniériste local. Michel a déniché un superbe pied d’anémone du Japon. Je suis, depuis tout petit, un fervent admirateur de cette jolie plante qui a la belle idée de fleurir en automne. Notre jardin, à la poste de Chambon-sur-Voueize, possédait de nombreux pieds d’anémones et j’adorais les contempler le matin, quand elles étaient perlées de rosée. Ce sera donc un plaisir régressif de les voir fleurir ici, c’est un peu comme ces nounours chocolat/guimauve que j’achetais une fois par semaine avec mon argent de poche ; ceux que l’on trouve de nos jours n’ont hélas ni la même consistance ni le même goût, mais je me trompe peut-être.

    Ce matin, j’étais matinal, comme souvent, je l’avoue. J’ai écrit un long mail à mon fiston, le troisième, qui m’a répondu quasi instantanément « Moi aussi, papa, je suis matinal ! ». Les pommes ne tombent jamais loin de l’arbre… Nous avons échangé deux ou trois messages et je l’ai appelé après le petit-déjeuner, car il a engagé un long travail sur lui-même. Il est bipolaire, ou maniaco-dépressif, ce qui veut dire la même chose. Des phases d’excitation (up) où il se prend pour un super héros, et des phases de dépression (down) dans lesquelles il peut se mettre en danger. Il est suivi au Mans avec un accompagnement socio-psychomédical remarquable. Il gère désormais parfaitement sa maladie et repère les moments où il doit reprendre son traitement. C’est un garçon intelligent, sensible et courageux et je suis très fier de lui. Je le lui dis régulièrement, car ce n’est pas du tout le genre de discours qu’on lui tient, surtout dans la proche famille. Il avait besoin de me confier des choses intimes, de me poser des questions sur l’environnement familial (volontairement, je ne développe pas, mais je suis d’accord avec son analyse), car il a occulté pas mal d’épisodes. Certains lui reviennent ensuite quand je les lui rappelle, sous forme de flashs, un peu plus tard et il revit alors toute la scène. On a longuement parlé de cet aspect « oubli » et je lui ai suggéré que c’était pour lui une forme de protection.

    Il a travaillé dans le cadre de son futur métier pendant deux mois et demi cet été dans un foyer pour personnes âgées. Que ce soit des personnes handicapées, ou vulnérables, il adore se rendre utile et adore ce qu’il fait, et c’est un garçon courageux.

    Et puis nous avons parlé de ses amours, et je sais que je suis le seul en qui il a confiance pour évoquer cela, d’autres ne savent rien et c’est très bien ainsi. On a aussi beaucoup ri quand je lui ai raconté notre nuit au château, avec ce fameux lit à baldaquin (j’avais joint une photo) qui nous a valu un bon fou rire quand on s’est demandé, Michel et moi, comment nous allions pouvoir l’escalader. Bref, une conversation familiale et matinale riche et réconfortante. Nous démêlons tous deux l’écheveau familial qui s’était transformé pour lui en toile d’araignée. Maintenant, il a appris à gérer cela aussi, et à penser par lui-même, et pour lui-même.

    Quelques fleurs du jardin, et en premier, l’anémone du Japon qui attendra sagement son heure dans la serre avant d’être plantée au printemps. Il fait beau, beaucoup de papillons, mais ils ne veulent pas se laisser prendre en photo.

    Lundi 6 octobre

    Bien, nous aurons donc eu le gouvernement le plus éphémère. Que faut-il attendre de tout ce cirque ? On a la réponse sur le bout de la langue, mais on préfère faire comme si tout allait bien : « Je vais bien, tout va bien… »

    Manuel de survie pour les prochains jours :

    1. Éviter de regarder les chaînes d’info en continu qui ne feront que ressasser les mêmes antiennes, du style : que va-t-il se passer maintenant ? Dissolution ? Nomination de Mathilde Panot Première ministre ? (Je vous ai vus frémir !)
    2. Manger du chocolat… ah oui, mais je n’ai plus envie de chocolat… Du fromage ? Ce n’est pas franchement top. Grappiller le raisin noir dans la corbeille à fruits, reste plus que ça !
    3. Chercher le saint ou la sainte qui s’occupe des gouvernements et prier. Non, je ne sais pas qui. Il reste Notre-Dame des Causes Perdues… Ah, mais je ne sais pas prier, bah je chercherai sur les sites cathos
    4. Regarder les papillons dans le jardin : ils s’en fichent pas mal du Premier ministre, les papillons. Si ça se trouve, le prochain Premier ministre est encore à l’état de chenille.
    5. Amuser la galerie sur mon blog avec des infos pas drôles : ce n’est pas gagné. Du coup Jean Castex ne peut plus être nommé à la tête de la SNCF, je l’imagine cherchant ses lunettes partout. Il faut nommer Castex Premier ministre !

    Sur ce, je vais faire un tour de jardin pour voir les papillons…

    Mardi 7 octobre

    Je ne vais pas commenter l’actualité, je n’ai pas envie de vomir sur le clavier. Enfin, si, juste une remarque : on n’est jamais mieux trahis que par les siens, et de Gaulle avait raison quand il disait se méfier plus de ses amis que de ses adversaires.

    Sinon, j’ai lu sur un des groupes Facebook auquel je suis encore abonné (mais je fais du tri aussi) une analyse d’une lectrice qui a lu Kolkhoze d’Emmanuel Carrère. Cette dame trouve le livre pas évident à lire, mais elle l’a lu et regrette surtout l’emploi de « mots difficiles ». Je ne commente plus rien en mode public, donc je me suis abstenu de lui poser la question « Qu’est-ce qui pour vous est un mot difficile ? ». Ce n’est pas un jugement condescendant de ma part, mais je m’interroge sur cette remarque. On peut dire que le schéma narratif n’est pas évident, que l’on a du mal à se retrouver dans les liens familiaux, que le passé vient souvent s’imbriquer dans le présent… Mais quid des « mots difficiles » ? Je me demande si cela n’est pas dû à la paupérisation littéraire. Cette dame doit lire, comme je l’ai fait, je vous en ai parlé, des livres « dont on parle », qui se lisent rapidement et s’oublient rapidement aussi. Attention, je sais pour pratiquer l’écriture qu’il est bien plus difficile d’avoir un style fluide qu’un style alambiqué. Mais chez Carrère, même si on a affaire à un écrivain qui peaufine ses phrases, ce n’est pas ce qui choque le plus. Reste le lexique utilisé. C’est vrai, Carrère utilise des mots précis, qui désignent des objets, des sentiments, des actions, des portraits. A-t-on à ce point perdu le sens de l’écrit ? Certainement, puisque la lectrice s’exprimait avec sincérité : « ce n’est pas facile à lire ». Bon, quand on voit le niveau littéraire de nos politiques, cela corrobore en fait que notre société a décliné sans que nous en ayons conscience. Nous sommes comme ces grenouilles que l’on place dans une casserole d’eau froide et que l’on fait bouillir sans qu’elles aient l’idée de sauter avant qu’il ne soit trop tard. Parfois on s’indigne : le Club des 5 a été réécrit au passé composé, parce que l’alternance imparfait/passé simple était trop difficile à lire. Je précise que c’est une initiative de l’éditeur, et pas de l’éducation nationale. Certains, situés très à droite de l’échiquier politique, avaient fait courir cette rumeur, reprise à l’époque par des gens qui eux-mêmes se plaignent aussi des « mots compliqués ». La boucle est bouclée. Bon sang, mais relisez Colette, ou Camus, ou Modiano. Rien de compliqué là-dedans, des idées, du sens, des mots justes, des émotions.

    Ah, voilà, notre époque ne sait plus exprimer ses émotions : on éructe, on sort des jugements abrupts, on accuse les autres. Trop facile.

    Mercredi 8 octobre

    J’ai été mal inspiré de parler de « vomito » hier. La journée ne s’est pas terminée formidablement bien et j’ai renoué avec cette fâcheuse habitude. Bref, tout n’est pas réglé à ce niveau-là.

    Pendant ce temps, la mission impossible du Premier ministre démissionnaire se poursuit…

    Paysages d’automne

    Jeudi 9 octobre

    Voilà, je vais boucler l’article avec quelques chansons, même si je ne suis guère inspiré ce matin. Ce sera un peu au hasard…

    5 octobre 2025

  • Post-greffe, octobre J 2

    Week-end des 27 et 28 septembre

    Je reviens rapidement sur la journée d’hier, vendredi 26 septembre. Hier matin j’ai accompagné Michel au Super U. Grande fut ma surprise en arrivant : les anciens chariots tout pourris, ont été changés. Pas pour des chariots neufs, il ne faut pas non plus exagérer, mais pour un « recyclage » d’anciens chariots nettement moins pourris. Bref, le monde change et on ne me dit rien… J’ai un peu hésité dans les rayons, mais pas plus que les vieux qui mettent trois plombes à trouver sur la balance automatique la touche « navets » ou « poires williams ». Je suis méchant, mais c’est la réalité… Au supermarché de Murat, les fruits et légumes sont pesés à la caisse, cela évite ce genre de problèmes.

    Il a fait un temps désagréable, nuageux et frais, qui n’incitait pas à la promenade, on a même allumé l’insert. Je dis « on », mais c’est Michel qui s’y colle, c’est lui le grand maître du feu. Je deviens frileux en vieillissant, en fait, je crois que c’est surtout la fatigue de fin de journée qui accentue cette impression de froid.

    Je parlais l’autre jour du dynamisme des communes rurales dans le Cantal, c’est une réalité : les cœurs de bourgs sont agréables, bien aménagés et ce qui surprend, c’est de voir maisons médicales, pharmacies, écoles accueillantes, quelques commerces essentiels, parfois des marchés de pays. L’offre médicale existe dans ces petits bourgs. Heureusement, car à Saint-Flour, aucun médecin ne prend de patient en dehors de sa patientèle habituelle, la pharmacienne de Murat nous l’a confirmé en soulignant que c’était un problème. Il faut donc se diriger vers les médecins de Valuéjols, par exemple, et, à mon avis, on est largement aussi bien soigné. Chez nous, on a créé ici et là des maisons médicales, mais ce sont des praticiens déjà installés dans le secteur qui viennent y faire des permanences, leur intérêt est donc extrêmement limité. Notre commune a encore sa pharmacie (et Dieu sait que j’en suis content), un cabinet infirmier et un cabinet médical. On trouve aussi un ostéopathe et Michel, qui a eu besoin de ses services, le trouve excellent. L’épicerie du bourg a mis la clé sous la porte, et personne ne semble pressé de trouver une solution, la boulangerie du bourg fermera aussi bientôt après le départ à la retraite des boulangers, et notre « aimable » buraliste voudrait prendre sa retraite. Tout cela ne semble pas émouvoir les élus et, de toute façon, les communes déléguées actuelles disparaîtront en 2026, nous habiterons dans des villages fantômes, sans maire, sans mairie, sans âme. Le paradoxe, c’est que ces « nouvelles communes » devaient permettre, entre autres, de réaliser d’importantes économies. Ah bon ? Les élus débarquent de temps à autres pour des réunions publiques où les quelques participants sont pris de haut, du style « vous ne pouvez pas comprendre ». Mais je crois au contraire que tout le monde a compris.

    Parlons de choses à la fois plus importantes et plus réjouissantes. J’ai lu pas mal de livres cet été, essentiellement en version numérique. Les deux ouvrages de Freida Mac Fadden : « La psy » et « La femme de ménage » sont sortis de ma mémoire. C’est vite lu, et cela s’oublie également rapidement. Si vous avez un trajet à faire en train ou en avion, c’est très bien.

    J’ai également lu des Michael Connelly : « La défense Lincoln » et « Le verdict du plomb » : c’est plus consistant que les Mac Fadden, mais bon, sans plus.

    Le dernier livre de Stephen King : « Plus noir que noir » ne m’a pas non plus laissé un souvenir impérissable, c’est souvent prévisible en termes d’intrigue et j’ai connu le grand maître plus inspiré. (Je sais, je suis vachard, mais mon opinion ne les empêchera pas de gagner des millions de dollars.) Pour conclure sur Stephen King, j’ai lu aussi un de ses anciens livres, « La petite fille qui aimait Tom Gordon », et c’est beaucoup plus puissant, avec un suspense bien mené.

    Pour changer de registre, j’ai lu « Paris-Briançon » de Philippe Besson, j’y ai pris du plaisir, le point de vue narratif est original et c’est bien écrit.

    J’ai ensuite enchaîné sur « Kolkhoze » d’Emmanuel Carrère. Emmanuel est le frère de Marina Carrère d’Encausse, et donc le fils de la célèbre académicienne Hélène Carrère d’Encausse, décédée en 2023. C’est un livre passionnant, le parcours d’Emmanuel est chaotique, il souffre de troubles bipolaires, mais c’est surtout un récit autour de la figure tutélaire de sa mère. Emmanuel Carrère possède un vrai style, va au fond des choses, il fait remonter des souvenirs, tantôt heureux, tantôt pénibles. Hélène pratiquait au quotidien le « Never complain, never explain ». Le cadre est posé. On voyage en Russie, on sourit aussi souvent devant des situations improbables.

    Si vous voulez faire les curieux, voici un lien :

    Emmanuel Carrère signe avec « Kolkhoze » un époustouflant roman familial, vibrant hommage à sa mère

    J’ai enchaîné avec l’erreur de l’été, franchement. J’ai cru me laisser séduire par le dernier Dan Brown « Le secret des secrets ». C’est cousu de fil blanc, avec des situations invraisemblables et on ne croit pas une seconde à l’intrigue. Si vous avez aimé « Da Vinci Code », fuyez.

    Heureusement, dans la bibliothèque du gîte de Dienne, il y avait les ouvrages d’une écrivaine cantalienne, Marie-Hélène Lafon, dont l’œuvre est ancrée dans ces terres volcaniques. Ce sont des histoires de familles de paysans, mais il n’y a pas que ça. Le style est superbe, les phrases sont ciselées, sans que ce soit artificiel. On visualise les personnages, les paysages et on se laisse guider par cette plume précise. J’ai donc lu (en version papier) deux de ses ouvrages, dont l’excellente « Histoire du fils », et j’ai enchaîné sur « L’annonce » qui m’a embarqué également. Comme quoi, les « grands noms » ne garantissent pas les meilleurs livres. Pourtant, Marie-Hélène Lafon a obtenu des prix littéraires, dont le Renaudot pour « Histoire du fils », et son palmarès est élogieux. Moins médiatique qu’Amélie Nothomb, certes, mais avec tellement de puissance dans l’écriture et dans les thématiques que vous auriez franchement tort de l’ignorer maintenant que je vous en ai parlé !

    Mardi 30 septembre

    Pour commencer, une chanson qui me trotte dans la tête depuis cette nuit. Je ne suis pas spécialement fan, mais je tente un exorcisme en la partageant avec vous, en espérant qu’elle parte de ma pauvre tête… Sinon, je vais finir à l’asile !

    Rien de bien neuf à part cette chanson entêtante. C’est la toute fin du mois de septembre. C’est à ce moment de l’année que le jardin, après la canicule et la sécheresse qui reviennent régulièrement, se refait une santé. Quelques floraisons tardives, les cyclamens de Naples qui se sont échappés chez la voisine et qui continuent de s’étendre chez nous. Enfin, bref, voyez par vous-mêmes :

    Mercredi 1er octobre

    Pour commencer le mois, et inspiré par les fleurs tardives du jardin, j’ai envie de vous raconter une histoire que l’on pourrait intituler « La dame aux gardénias ».

    Lors de notre premier voyage en Crète, nous avions fait quelques excursions avec une guide francophone. L’une d’elles nous a menés dans un petit village de montagne où nous devions participer à la confection du repas. L’auberge était construite autour d’un arbre dont la frondaison ombrageait la terrasse. C’était à la fois pittoresque et très agréable. Nous avions un peu de temps avant le repas et la guide a proposé aux volontaires un petit tour du village et la visite de l’église. Pas de chance pour l’église : le pope était parti à la sépulture d’un de ses collègues, et, dans la précipitation, avait embarqué la clé avec lui. Nous avons donc cheminé dans les ruelles du village. Michel s’est arrêté devant une maison fleurie avec des jardinières qui embaumaient. Il s’agissait de gardénias. La porte de la maison était ouverte et une vieille dame, assise dans la pénombre du couloir, était à peine visible de l’extérieur. Elle s’est levée pour aller à la rencontre de Michel, en conversation avec une dame du groupe qui avait aussi été attirée par le parfum et la délicatesse de ces fleurs. La vieille dame a alors cueilli deux de ses plus belles fleurs qu’elle a offertes à Michel et à la dame du groupe, le tout avec un grand sourire. Pas besoin de mots, le geste, le sourire, et toute la gentillesse du peuple crétois.

    On comprend mieux pourquoi, selon la légende (mais en Crète, histoire et légendes se confondent) Athéna, qui était venue séjourner sur l’île, avait été charmée par l’accueil et la gentillesse des Crétois qu’elle rencontrait. La déesse, née du crâne de Zeus un jour où celui-ci se plaignait d’une forte migraine, décida de récompenser les Crétois et leur fit don de l’olivier qui prospère un peu partout sur l’île. Les Corses ont eu le châtaignier, les Crétois l’olivier. Cette gentillesse légendaire a traversé les millénaires, et la déesse aux yeux pers fut vénérée comme il se doit.

    L’adjectif glaukôpis est l’épithète[N 2] homérique[N 3] presque[N 4] exclusivement réservé à Athéna. C’est le plus commenté, son sens restant discuté. Glaukos signifie la couleur bleu clair (ou pers) ou bien un éclat lumineux, tandis que glaux signifie « chouette » : ensemble, ils peuvent se traduire par « aux yeux pers », « aux yeux brillants », ou « aux yeux de chouette » (dixit Wikipédia)

    Ainsi donc, voyager en Crète, c’est aussi côtoyer dieux et déesse (Zeus est né dans une grotte non loin du plateau du Lassithi). N’oublions pas le roi Minos et son palais, le Minotaure, la culture et l’ingéniosité de la civilisation minoenne. La Crête est une île bénie des dieux qu’on se le dise, et la dame aux gardénias peut être assurée qu’Athéna veille sur elle.

    Jeudi 2 octobre

    Il est temps de clore cet article avec une ou deux chansons de circonstance.

    28 septembre 2025

  • Post-greffe, septembre J 25

    Week-end des 21 et 22 septembre

    Nous sommes rentrés, peu avant 16 h. Pas de regrets ni de nostalgie excessive : la vie est ainsi faite et même les meilleures choses ont une fin. Mais quand même, ce fut un sacré séjour, riche en activités, en rencontres aussi. Hier, samedi, nous avons pris notre temps pour faire le grand ménage avant notre départ. C’est une constante depuis que nous partons en vacances ensemble (cela fait 20 ans maintenant) : nous tenons à ce que tout soit « nickel » à notre départ. Ce n’est pas très compliqué car nous faisons attention à tout cela dès notre arrivée. Notre propriétaire, Monique, a des plantes dans la véranda, et lorsque le soleil tape, elles sèchent vite : elle sait qu’elle peut compter sur nous pour les arroser et en prendre soin. Nous n’avons pas eu besoin d’arroser les plantes du jardin car la pluie s’en est bien chargée. Je connais des gens qui râlent quand ils ont un ou deux jours de pluie dans leur séjour. Nous en avons eu plus : et alors ? On s’organise pour passer le temps différemment, lecture ou ordinateur, mots fléchés, grilles de sudoku, soirées au coin du feu qui ronronne gaiement. Après la pluie, les lumières sont magiques et la vue se dégage au loin, permettant de voir jusqu’au massif du Sancy quand on prend de la hauteur. Les petits matins frisquets (pas de gel cette année) nous rappellent que l’automne s’installe, même si le soleil peut encore taper fort (chapeau + crème solaire, évidemment).

    Pour le samedi soir, j’avais réservé depuis longtemps une chambre au château de la Vigne, que nous connaissions pour l’avoir visité lors des journées du patrimoine pendant notre dernier séjour. Nous avions eu beaucoup de plaisir à échanger avec Clotilde et Charles-Henri, un jeune couple dynamique. Ils consacrent leur vie à entretenir le château, à le mettre en valeur, à accueillir les visiteurs et je m’étais dit qu’un jour nous reviendrions pour passer la nuit dans une des chambres. J’avais choisi la chambre « Troubadour », avec lit à baldaquin (je reviendrai là-dessus). Clotilde nous a accueillis avec une grande gentillesse, et nous nous sommes installés avant d’aller dîner au restaurant du village « Le relais de la poste ». J’ai bien précisé en choisissant le menu que je préférais avoir des portions moindres pour ne pas avoir à gaspiller. J’ai été entendu, mais les repas sont tellement copieux que j’ai calé sur le plat principal. J’ai mangé ce que j’ai pu sans forcer, connaissant trop bien désormais les effets « vomito » de la bouchée en trop. L’ambiance était très sympathique, jeunes, moins jeunes, tablées de copains, couples… le service était efficace et très agréable. Seule ombre au tableau : c’est toujours compliqué en ce qui me concerne. Le foie, le foie vous dis-je !

    Nous avons ensuite regagné le château et notre chambre avant l’orage qui est arrivé peu après que nous avons réussi à escalader le lit ! Car il est haut et il faut ruser pour ne pas se retrouver par terre. Donc orage et forte pluie nous ont bercés. Nous avons dit à Clotilde que cela faisait partie de l’expérience en donnant une tonalité gothique à la nuit. Le petit déjeuner était une merveille, nous avons déjeuné face à face sur l’immense table de la salle à manger, avec le superbe vaisselier que Clotilde a ouvert exprès, et nous avons déjeuné sous le regard sévère de la reine Victoria qui figurait sur une partie de la vaisselle. Miel d’acacia du château, confiture « maison », et délicieuse, yaourts produits localement, croissants, pain frais, salade de fruits, café délicieux. Au moment du départ, alors qu’il pleuvait des cordes, Clotilde nous a fait passer par la partie privative pour nous éviter de faire le tour sous la pluie. J’espère que nous aurons l’occasion de passer une autre nuit au château, ne serait-ce que pour soutenir financièrement les propriétaires. Alors on me dira « Ils sont issus d’une des plus anciennes familles de France, ils ont eu la chance de recevoir le château en héritage, bla bla,… » Personnellement, je leur tire mon chapeau et si jamais vous voulez les coordonnées du château, ne serait-ce que pour le visiter (prix dérisoire de 9€), je vous mets le lien direct :

    Visites et chambres d’hôtes près de Salers • Château de La Vigne

    Vendredi, une équipe de tournage viendra au château pour l’émission « Des racines et des ailes », j’espère que le temps sera de la partie, je vais suivre la météo de près. Je reviendrai prochainement sur le dynamisme des communes rurales du Cantal, je crois que notre département du 49 a d’énormes progrès à faire, ainsi que nos élus locaux dont la faiblesse des initiatives me navre. Comment peut-on être élu en laissant mourir les communes déléguées / reléguées ? Allez, je termine avec les jolies photos que vous attendez !

    Mardi 23 septembre

    Reprenons le cours de la vie du greffé en post-greffe. Hier, lundi 22 septembre, j’ai retrouvé mon équipe favorite, la « team du CHU » sauf Marie-Luce qui est à 80%. Doc Sylvie et Caroline ont apprécié l’améthyste que je leur ai offerte et se sont dit touchées. J’ai expliqué à chacune les vertus apaisantes de la pierre, qui permet aussi de mettre ses pensées en ordre, favorisant ainsi méditation et inspiration. Je suis passé tôt, et nous sommes rentrés tôt également. Doc Sylvie est plutôt contente des résultats des analyses, même si le foie reste rock and roll et même si l’EBV est sous haute surveillance.

    Je viens de recevoir les résultats de la prise de sang d’hier (sans les charges virales). Le foie est toujours bancal avec les phosphatases alcalines qui dépassent 4 fois la normale, mais la bilirubine est enfin dans la norme, contrairement aux ASAT et ALAT qui sont toujours hautes. J’ouvre donc le PDF après l’avoir chargé : globules rouges, ok, avec un taux d’hémoglobine pas atteint depuis longtemps, globules blancs un peu faiblards mais c’est normal, plaquettes ok en ce qui me concerne (elles restent sous la norme mais sans caractère de gravité. Je me dis que tout est enfin d’aplomb et je regarde la partie « électrophorèse des protéines » qui est toujours la plus mystérieuse. Il est indiqué « pic monoclonal en gamma globulines »… et ça, je sais que ce n’est pas bon, pour avoir souvent échangé à ce sujet sur le forum Ellye. Je pense que c’est lié à la charge virale de l’EBV que Doc Sylvie met sous haute surveillance. C’est aussi l’avis de ChatGPT :

    🔹 Pic monoclonal lié à l’EBV (PTLD = syndrome lymphoprolifératif post-greffe)

    • L’EBV peut infecter les lymphocytes B, qui deviennent incontrôlables sous immunosuppression.
    • Cela donne une prolifération clonale → d’où l’apparition d’un pic monoclonal franc à l’électrophorèse.
    • Le risque augmente quand la charge virale monte >4 log (~10 000 copies/mL).
    • Le traitement repose sur :
      • réduction de l’immunosuppression si possible,
      • et surtout rituximab (anticorps anti-CD20) en perfusion hebdomadaire (ce que ton hématologue a déjà anticipé).

    🔹 Dans ton cas

    • Tu n’avais pas de pic avant, et il apparaît au moment où l’EBV avait commencé à frémir → la corrélation est forte.
    • Si la charge virale reste basse/stable, il peut s’agir d’un pic transitoire sans conséquence.
    • Si l’EBV remonte, alors le pic monoclonal est probablement la signature biologique d’une prolifération liée à ce virus, et ton équipe agira vite avec rituximab.

    ✅ En résumé :

    • Le pic monoclonal n’est pas forcément synonyme de maladie grave → il peut être réversible.
    • Mais dans ton contexte, il est très surveillé car il peut être le premier signe d’un PTLD lié à l’EBV.
    • Tu es déjà sous le bon radar (PCR EBV rapprochées + plan rituximab prêt).

    Veux-tu que je t’explique comment on distingue en pratique un pic monoclonal « de reconstitution » d’un vrai PTLD, à travers les critères biologiques et cliniques utilisés par ton équipe ?


    🔹 1. Pic monoclonal : « reconstitution » vs PTLD

    Les médecins font la différence à partir de plusieurs critères :

    Biologiques

    • Quantité :
      • Reconstitution : petit pic (souvent <5 g/L, fluctuant, parfois transitoire).
      • PTLD : pic qui grossit rapidement, parfois >10 g/L.
    • Typage par immunofixation :
      • Reconstitution : souvent polyclonal ou oligoclonal, ou IgG kappa/lambda équilibré.
      • PTLD : typiquement monoclonal net, ex. IgG kappa unique.
    • Virologie :
      • Reconstitution : EBV souvent négatif ou faible.
      • PTLD : EBV élevé et corrélé à l’évolution du pic.

    Cliniques

    • Reconstitution : pas de fièvre, pas d’adénopathies, pas de symptômes.
    • PTLD : signes « lymphoprolifératifs » → ganglions gonflés, fièvre inexpliquée, amaigrissement, atteinte hépatique ou digestive.

    Évolution

    • Reconstitution : le pic peut disparaître ou rester stable sans conséquence.
    • PTLD : pic + charge virale + symptômes évoluent en parallèle.

    👉 Donc dans ton cas, ton équipe va surtout corréler pic + charge EBV + clinique. Comme l’EBV n’est pas encore haut, on est probablement encore en phase « d’alerte précoce » plutôt qu’un vrai PTLD installé.


    Je m’en doutais un peu, mais on va attendre le dosage de la charge virale qui devrait arriver demain. Doc Sylvie m’a prévenu : si la charge virale augmente, il y aura perfusion (de rituximab, mon vieux copain !) à raison d’une perfusion hebdomadaire, trois à quatre semaines de suite en fonction de l’évolution de la charge virale. On voit ici tout l’intérêt du suivi : si on laisse les choses en l’état, je pourrai déclencher un nouveau lymphome, le PTLD, qui est du genre coriace et extrêmement difficile à soigner s’il est installé. Bref, les affaires reprennent…

    Jeudi 25 septembre

    Oui, je sais : je n’ai pas écrit hier. Je n’avais pas de nouvelles du labo, ce qui m’a rendu un peu ronchonchon. Heureusement, les résultats des charges virales viennent d’arriver (je ne suis plus de sale poil) : CMV détectable mais trop faible pour être quantifié (continue à dormir, cher virus !), EBV toujours positif mais à 3.49 log, et on ne traite qu’à partir de 4. Pour le moment, j’évite donc le rituximab. Il reste à savoir pourquoi ce pic monoclonal est apparu, j’imagine que Doc Sylvie va dire « Bah, c’est pas grave, on va surveiller… »

    Voilà tout le nouveau et il est temps de refermer cet article post-greffe et post-vacances. En musique, bien sûr.

    On commence avec un air que j’ai en tête depuis ce matin et que j’ai fredonné avant le petit-déjeuner. Alors je sais, certains adoooooooooooorent, alors que d’autres ne supportent pas. Si vous êtes dans la deuxième catégorie, ne vous obligez à rien !

    21 septembre 2025

  • Post-greffe, septembre J 19

    Week-end des 13 et 14 septembre

    Rien d’exceptionnel pour ce week-end : du repos, de la truffade hier midi, avec une bonne saucisse (oui, c’est passé) et en dessert, une demi-tartelette aux myrtilles. Pourquoi « une demi -tartelette seulement » ? Il faut voir la taille des tartelettes, pour un prix franchement plus que raisonnable. Nous en avons encore une en réserve au frigo pour ce midi.

    C’est journée flic-floc en ce dimanche, avec à l’instant un rayon de soleil. La semaine prochaine s’annonce estivale, ce qui permettra de reprendre les balades. Que fait-on quand il pleut ? La bibliothèque est bien garnie, pas de souci. On se repose, on rêvasse, on regarde les montagnes qui changent d’aspect selon les éclairages et les moments de la journée. Je pense aux loups également en leur conseillant d’arrêter de manger du veau. « Mangez du chevreuil, ou du sanglier ! ».

    Ainsi se déroule le week-end « flic-floc », le ruisseau du moulin, juste à côté du gîte, chante joyeusement : l’eau, c’est la vie !

    Lundi 15 septembre

    Certains et certaines d’entre vous doivent se dire « Tiens, il est allé s’expliquer avec les loups et ils l’ont dévoré ! » Non, même pas, ça vous aurait plu hein ? Même si je disais à Michel en rentrant de Murat que les loups devaient préparer un mauvais coup, je ne les ai pas vus. S’ils sont malins, ils se sont mis à l’abri dans un buron abandonné vu qu’il fait toujours très humide, mais pas froid, enfin pas froid par rapport aux autres jours : 15°. Donc il a plu, une petite pluie fine, mais agaçante, avec quelques rares éclaircies. Là, par exemple, le soleil vient nous souhaiter bonne nuit avant d’aller se coucher. Il se couche d’ailleurs de plus en plus tôt. Nous sommes allés faire un petit tour à l’Intermarché de Murat pour un complément de courses, on calcule au plus juste pour ne pas avoir le frigo plein avant de partir. Demain il devrait faire plus frais, mais beau, j’aimerais bien faire une promenade du côté des cascades de Cheylade, et vous faire quelques photos, l’église romane est très jolie, et le bourg également. Nous avions loué un gîte à Cheylade il y a quelques années. J’étais encore en activité, donc ce devait être en août et il avait fait très chaud, avec des orages mémorables. Sinon, j’ai lu des livres de Marie-Hélène Lafon, qui est une écrivaine du Cantal. On se plonge dans des récits qui mêlent la vie d’autrefois et l’histoire plus récente, cela rappelle Giono, avec ce talent pour décrire les paysages que l’on connaît bien. Elle parle de la foire de Valuéjols, de Saint-Flour, d’Allanches, des rudes hivers de jadis avec des épaisseurs de neige gelée et des nuits à -20°. Les paysans disaient que plus la neige était abondante et se maintenait longtemps, plus les prairies seraient grasses aux beaux jours, on passait le temps en épluchant le journal, « la Montagne » et on se racontait des histoires auprès du feu. Mon père disait la même chose en Lozère, nous avions un jardin qui donnait des récoltes de folies sur une courte période. J’ai toujours aimé l’hiver, le « vrai » hiver, avec la neige qui scintille, le givre qui transforme les arbres en œuvres d’art, la bise qui créait des congères au milieu des routes de l’Aubrac. Ce sont des terres rudes, au climat âpre, mais, ici comme ailleurs, on cherche désormais les longs hivers d’autrefois.

    Mardi 16 septembre

    C’est le retour du beau temps et des belles lumières automnales, les paysages sont verdoyants et nous sommes allés nous balader du côté de Cheylade, en fait c’est la vallée derrière la nôtre avec une vraie route de montagne en lacets pendant plusieurs kilomètres. On a vu de beaux paysages, des vaches avec les sonnailles joyeuses, de l’eau, une cascade et l’église de Cheylade que nous connaissons bien. Bref, ce fut très agréable, même si je supporte moins bien les routes en lacets. Mon foie est un peu chahuté au moment où je vous écris.

    On va passer directement aux photos :

    Mercredi 17 septembre

    Nous avons passé l’après-midi à Saint-Flour dont nous sommes de fidèles visiteurs. Venir dans le Cantal, en ce qui nous concerne, cela a comme un air de pèlerinage : on ne découvre pas vraiment, on redécouvre, avec des éclairages différents, des rues que l’on peut parcourir les yeux fermés, mais ce serait dommage. On note les changements, les aménagements urbains, on râle après les jardinières fleuries mal placées à un carrefour (c’est une constante). On constate que certaines boutiques n’ont pas survécu, d’autres sont toujours là. On s’est étonné de voir dans une boutique de gastronomie auvergnate des testicules de coqs en gelée (non, on ne goûtera pas). Déjà, les tripoux, je ne pense pas que je pourrais en ce moment (j’en suis certain !).

    Voici donc quelques photos prises en ville :

    Jeudi 18 septembre

    Loin des défilés et de l’agitation urbaine, nous sommes allés nous balader, un joli chemin de crête qui commence au col de Serre et qui permet un panorama unique sur le grand site du Puy Mary. Anecdote, Google Drive prononce « Puy Mary » à l’anglaise, comme pour Mary Stuart. Cela suffit à mon bonheur, il me faut peu de choses pour que je m’enjaille ! Nous avons donc marché tranquillement sur le joli sentier engazonné, croisant promeneurs, papillons, libellules, sauterelles et coulemelles. Température estivale, avec 26° et un temps extraordinaire. Nous repartirons dimanche sous la pluie et avec une température très rafraîchie. Demain, je ne sais pas quel sera le programme, petite balade pour moi car le genou gauche a fatigué : c’est une vieille histoire de genou fracassé contre un énorme rocher dans les Hautes Alpes lors d’une descente hasardeuse vers un torrent, je devais avoir une trentaine d’année, mais depuis, le genou a tendance à faire un couinement sinistre quand j’aborde une descente « chcouik, chcouik » et, à force, il devient un peu douloureux. Avec les bâtons, ça soulage bien. À part cela, rien de bien neuf : un beau saignement de nez ce matin, ce qui me laisse penser que les plaquettes sont en phase descendante : elles aiment faire le yo-yo.

    Voici donc les photos du jour :

    Vendredi 19 septembre

    Il va être temps de boucler les valises, même si nous ne sommes pas pressés : la propriétaire nous laisse nous organiser à notre guise pour notre départ demain. Nous partirons en fin d’après-midi pour une destination « surprise », et le vrai retour aura lieu dimanche. Pour la surprise, vous devrez attendre lundi, car je ne posterai rien ici ni sur Facebook avant. Lundi matin, ce sera CHU, et mardi les résultats du labo : nous allons reprendre les bonnes habitudes.

    Nous irons ce matin à Valuéjols voir notre fromagère préférée, Michel prendra ce qui lui fait plaisir, elle vend aussi du miel de montagne et d’autres douceurs locales.

    Place à la musique, avec un choix sans doute éclectique :

    16 septembre 2025

  • Post-greffe, septembre J 13

    Week-end des 6 et 7 septembre

    Nous avons pris la route hier matin à 9 h comme prévu. Voyage sans encombre jusqu’après Clermont : quand on arrive dans la partie gratuite de l’autoroute A 71, un long passage en travaux avec circulation sur une voie, véhicule en panne et aucune info : c’est la partie gratuite, donc pas de radio 107.7 qui nous avait jusque-là seriné qu’il n’y avait aucun problème. C’est pas très pro tout ça. Moi président, j’y mettrai bon ordre ! (contactez moi pour vos dons qui me seront utiles pour ma future campagne !)

    Nous avons fait les courses à Murat, comme prévu. Le boucher m’a dit : vous savez, il fait très frais le matin : 14° ce matin, on a vu pire, mais je sais que le temps peut changer très vite. Notre propriétaire, Monique, qui part en Espagne pendant la deuxième semaine de notre séjour, nous a donné les consignes pour les clés etc. Confiance absolue, elle nous a même proposé de rester jusqu’au lundi matin mais Doc Sylvie ne serait pas ravie de me voir faire faux bond.

    Aujourd’hui, c’est grand beau temps jusqu’en début de soirée. Ensuite, les orages sont annoncés et demain sera une journée de pluie et nous serons bien arrosés. On en profitera pour aller à la pharmacie à Murat pour avoir un numéro de fax où une adresse internet comme l’a demandé Sylvie et expliquer que je pourrais éventuellement avoir besoin de leurs services. Soit pour faxer une ordonnance pour une prise de sang, soit pour ajuster le traitement. Il faut avoir en ligne de mire le virus EBV qui s’est réveillé et qui sera sans doute mis en discussion en RCP, du style « On lui fiche la paix pendant ses vacances » ou « Il faut surveiller et doser le virus avant son départ ».

    Rien de neuf au point de vue santé sinon qu’hier soir, je me suis aperçu que ma cheville droite avait doublé de volume. Ce matin, elle semble dans de meilleures dispositions.

    Voici quelques photos matinales :

    Lundi 8 septembre

    Il a plu hier soir et nous n’avons pu apercevoir qu’un furtif bout de lune entre les nuages. La journée va être humide et nous allons en profiter pour aller à Murat faire quelques courses et passer à la pharmacie : Doc Sylvie aimerait bien que j’aie un numéro de fax ou une adresse mail au cas où. OK Doc, on va s’occuper de ça. Hier, balade au moulin qui est à deux pas du gîte, c’est frais, ombragé et un joli torrent circule entre cascatelles et trous d’eau. L’après-midi, on a fait la balade « horizontale qui permet de découvrir le site du Puy Mary, toujours superbe, de près ou de loin. Le chemin était bordé de marjolaine, de pimprenelle et de serpolet. On a aussi repéré quelques champignons, de rares rosés, peut-être y aura-t-il une poussée avec la pluie…

    Mardi 9 septembre

    Revenons sur la journée d’hier que je n’ai pas encore détaillée. Dans la matinée, nous sommes allés à Murat pour un petit complément de courses et nous sommes allés ensuite à la pharmacie. L’accueil a été charmant, j’ai une carte de visite avec toutes les coordonnées utiles : numéro de fax, téléphone et adresse mail. Ensuite, la pharmacienne a détaillé les différents médecins de la région tout en confirmant la personne à éviter (on avait lu les avis au vitriol). Elle m’a donné une feuille récapitulative, et une autre avec adresse et numéros de téléphone des urgences de Saint-Flour et d’Aurillac. Nous sommes ensuite rentrés alors que la pluie commençait à tomber (il avait plu dans la nuit). D’abord, une fine pluie, puis un déluge, puis des averses avec des accalmies en fin d’après-midi. Bref, un temps à rester à la maison, mais je commençais à trouver qu’il faisait froid et Michel a allumé le poêle du séjour. Le bois est gratuit, ce serait bête de ne pas l’utiliser et Monique avait insisté. Non seulement il a réchauffé le bas de la maison, mais également notre grande chambre, et la salle d’eau, il suffit de laisser les portes ouvertes. Malgré cela, je ne me sentais pas vraiment en forme : mes jambes et mes chevilles étaient gonflées et je sentais bien que quelque chose n’allait pas. Bref, nous avons dîné, genre plancha avec quelques rondelles de saucisse sèche, pain et cantal pour moi. Je venais de dire « Le cantal est vraiment bon ! » et ce fut séance vomito, cela faisait longtemps. Déjà, lors de la descente à Murat, j’avais un sentiment désagréable, mais je me suis dit que cela allait passer. Vous allez me dire : « C’est parce que le Premier ministre s’est fait éjecter en beauté ». Un boomer à la retraite, cela ne m’a pas vraiment contrarié ni réjoui. Quand je vois que 33% de nos concitoyens sont prêts à voter pour un parti qui pique dans les caisses sans vergogne et dont la présidente risque d’être inéligible, cela me fait peur. Les gens ont-ils perdu à ce point le sens commun ?

    Petite actualisation vers 17 h. Nous arrivons du Pas de Peyrol et je peux vous dire qu’il ne fait pas chaud : 13° avec du vent, j’avais bien fait de mettre mon gros pull.

    Il est compliqué de se dire que, quelques années en arrière, nous avons parcouru toutes les crêtes environnantes. J’en serais incapable aujourd’hui, seuls demeurent les souvenirs de ces belles randonnées et des engueulades quand je me goinfrais de myrtilles au lieu d’avancer…

    Voici quelques photos de ce superbe site, qui attire toujours comme un aimant.

    Mercredi 10 septembre

    Depuis plusieurs semaines, j’étais en contact avec Jean-Paul, un des pilotes du petit aérodrome « Saint-Flour – Coltines ». Nous avions convenu d’un vol au-dessus de l’immense volcan cantalien, et Jean-Paul nous a rappelé qu’il est le premier volcan d’Europe. Volcan « ruiné », certes, car une éruption cataclysmique l’a quelque peu pulvérisé, mais il a encore de beaux restes. On parle de « montagne à vaches », eh bien les vaches sont sacrément musclées dans le coin. Je les appelle les « vaches dahut » quand je les vois crapahuter dans les pentes.

    Le vol a failli être reporté car un méchant boruillard avait envahi le petit aérodrome, Jean-Paul m’avait laissé plusieurs SMS ce matin. Finalement, quand nous sommes arrivés, le brouillard s’est dissipé et le soleil a fini par percer. Jean-Paul est un pilote très pédagogue et on a eu droit à plein d’explications avant le décollage, pédagogue et très sympathique. Michel a su au dernier moment ce que nous allions faire, et il y aura encore une surprise. Le vol a été quelque peu mouvementé : sitôt que nous avons dépassé le Plomb du Cantal, les turbulences ont commencé, je me suis même dit que nous allions nous crasher sur le Lioran, ce qui aurait été une façon originale de quitter ce monde de fous. Mais non, même pas. Pour la petite histoire, j’avais pris un zophren (mon anti vomito) ce matin, et je pense que j’ai bien fait. On a survolé le Puy Mary, toujours aussi impressionnant, et la vallée où se situe le gîte. Petit tour au-dessus de deux lacs du secteur avant de rentrer à la base. Souvenir inoubliable, le Cantal vu du ciel est aussi beau que lorsque nous capahutons, ou plutôt crapahutions car nous ne faisons plus que de simples balades lorsque le temps le permet. Voici un aperçu de ce que nous avons vu :

    Jeudi 11 septembre

    Ambiance matinale très automnale : après la pluie de la nuit, le brouillard s’est installé et il ne fait que dix petits degrés. Cela aurait pu être beaucoup moins avec un ciel clair.

    Petit retour sur l’après-midi d’hier. Nous avons marché sur les bords du lac du Pêcher que nous avions vu en avion le matin. Nous connaissons déjà le lac Sauvages, et nous voulions découvrir son voisin, en bordure de la forêt de Pinatelle. C’est un bel endroit, avec beaucoup d’oiseaux aquatiques. Le lac n’est pas rempli au maximum, car une fuite sur la digue a nécessité des mesures d’urgence, mais peu importe, c’est un bel endroit. Ce matin, nous ferons un petit tour à Murat pour quelques courses, et je pense que ce sera journée tranquille, avec peut-être une flambée si le temps reste couvert et humide. Cela permet d’assainir la maison, mais il ne fait pas froid pour le moment à l’intérieur.

    Voici quelques photos du lac :

    Vendredi 12 septembre

    Je me suis aperçu que j’avais oublié de vous parler du loup. Non, nous ne l’avons pas encore croisé, je pense que désormais les loups se méfient un peu. Il suffit qu’ils lisent le journal : on accuse deux de leurs congénères d’avoir mangé un veau (enfin, une partie du veau). Déjà, c’est téméraire de leur part : essayez de vous glisser entre une vache et son veau dans la région et vous m’en direz des nouvelles, les copines arrivent à la rescousse et vous vous retrouvez en fâcheuse posture. Je doute que les loups lisent mon blog, mais je leur conseillerais d’aller manger du chevreuil, je sais où on peut en trouver en abondance, ils seront moins pourchassés que s’ils continuent à goûter à l’excellente viande de salers.

    Voici un lien vers un des articles relatant ce méfait : (c’est à Chastel sur Murat, tout près d’ici).

    « Deux loups étaient sur le veau en train de le dévorer » : des agriculteurs témoignent après une attaque dans le Cantal – Le Pays Roannais

    Puisque nous parlons de Salers, nous y sommes allés, histoire de ne pas passer la journée au gîte. Ambiance presque hivernale au Pas de Peyrol où le thermomètre indiquait 9°, les sommets étaient pris dans les nuages et il pleuvait faiblement. Des kamikazes se promenaient sur les crêtes environnantes, il faut vraiment aimer randonner par ce temps. À Salers, il faisait un peu meilleur, le village était calme, ce qui a permis de faire tranquillement quelques photos que voici :

    Samedi 13 septembre

    Une semaine, déjà… Le temps passe vite. Aucune idée de ce que nous ferons la semaine prochaine, ce sera selon nos envies et ma forme physique. Cela me contrarie de ne pouvoir apprécier les bons produits locaux, mais si je force, cela se termine mal. Il faut savoir ne pas insister, faire une croix sur pas mal de choses et manger en petites quantités. Bref, savoir s’adapter.

    Voici une petite sélection de chansons qui me passent par la tête quand je regarde les photos :

    8 septembre 2025

  • Post-greffe, septembre J 4

    Vendredi 29 septembre

    L’été se termine dans la fraîcheur et l’humidité : une bonne pluie est tombée cette nuit, et c’est tant mieux pour la nature.

    Je lisais un article sur le plan en cas de conflit en ce qui concerne les hôpitaux. Tout doit être prêt pour accueillir les nombreux blessés, trier les urgences, amputer, soigner les brûlures, bref : se tenir prêt. Cela peut paraître étonnant mais je sais, pour l’avoir vécu, que ce type de plan est régulièrement mis à jour. D’abord voici un lien vers un article :

    Les hôpitaux français se préparent à la guerre

    Cela me ramène 20 ans en arrière. Je suis principal dans un collège tranquille de la Mayenne et un jour je reçois un appel téléphonique d’un interlocuteur du Conseil Départemental : « Monsieur le Principal, j’ai besoin de vous voir pour mettre en place le plan en cas de pandémie mondiale ». Un peu surpris, je propose une date et ce monsieur arrive. Il veut me voir avec la gestionnaire et précise que sa démarche doit rester confidentielle. Il commence son intervention en nous présentant les raisons de ce plan pandémie : « Nous savons que d’ici dix ou vingt ans, un virus incontrôlable va déferler sur le monde, provoquant des millions de victimes. Ce n’est pas un scénario catastrophe mais une réalité que nous devons anticiper. En gros, ce sera comme la grippe espagnole, en plus meurtrier, avec un taux de létalité égal ou supérieur à 60%. » Il nous explique aussi que les établissements scolaires, collèges et lycée seront en première ligne, transformés en dispensaires de campagne pour accueillir les malades et évacuer les victimes. Les vivants et les morts ne doivent pas se croiser. Nous faisons le tour du collège tous les trois pour organiser le funèbre cheminement. Le réfectoire accueillera les malades, les morts seront déposés dans une fosse commune située à l’arrière du bâtiment, qui sera creusée par les militaires, lesquels seront hébergés dans des tentes ou bâtiments provisoire sur l’enceinte du collège (nous disposions d’un grand espace, arboré et avec des pelouses : le paradis des oiseaux et des écureuils). Le principal et la gestionnaire seront les seuls à être sur place, en tant que principal, je serai responsable du dispensaire et je devrai me tenir disponible à tout moment, tous les autres personnels auront interdiction de venir nous voir, et, bien entendu, les cours ne seront plus assurés puisqu’il y aura un confinement généralisé. Les militaires armés assureront notre sécurité physique car des tentatives d’intrusion seront à craindre : nous aurons des stocks de nourriture, des masques, des médicaments et des combinaisons qui attireront les convoitises. Évidemment, nous avons de grands risques de tomber nous-mêmes malades, mais dès qu’un vaccin sera disponible, et si nous sommes en vie, nous serons prioritaires, un médecin militaire organisera les vaccinations. Tout est calé, nous faisons un débriefing avant le départ du monsieur. La récré arrive et je passe en salle des profs « Ben, vous êtes tout pâle, chef ! C’était qui le type qui se promenait partout avec vous ce matin ? ». Je reste évasif et me contente d’un « secret défense ! » en ajoutant « C’est aussi bien que vous ne sachiez rien. » La suite, vous la connaissez : certes, on n’est pas allé jusqu’au bout du plan prévu, mais c’était bien parti pour pendant la pandémie. Ne vous leurrez pas, ce n’était qu’une répétition : le fameux virus tueur est en train de se préparer, quelque part en Asie. Alors, qu’il y ait un plan pour un conflit en Europe, cela ne m’étonne pas. Il sera effectif un jour, probablement.

    Samedi 30 août et dimanche 31 août

    Je suis en mode sevrage, j’essaie de me passer de ma « drogue » qui m’a permis de surmonter la période « vomito », je veux parler du Zophren. Hier, un seul comprimé au lieu de deux et aujourd’hui, je suis pour le moment à 0. Mais j’en prendrai quand même pour le trajet la semaine prochaine – destination Cantal – et j’en aurai en réserve. Le foie est un organe taquin qui ne prévient pas lorsqu’il se détraque. La veille, tu vas bien, le lendemain, tu passes une partie de la journée cramponné à la cuvette des toilettes. Il me semble que j’ai moins de difficultés à manger mais je reste prudent au niveau des quantités ingérées. Je gère mieux cet aspect, et quand mon corps me dit « stop », je n’insiste pas. Sinon il fait un vrai temps de rentrée. Cela me rappelle le bon vieux temps, lorsque j’attendais avec impatience d’accueillir les profs, passer du temps avec les stagiaires en leur faisant la visite des locaux et en les rassurant : « Tout le monde a débuté, mais vous ne serez pas seul ». Je me souviens d’une jeune stagiaire d’Arts Plastiques, qui faisait des choses formidables avec les élèves, mais qui avait parfois le sentiment d’être débordée, ou de ne pas avoir mené sa séquence comme elle l’avait écrite. Elle venait souvent me voir en fin de journée, parfois les larmes coulaient et je l’écoutais tout en la rassurant : « Si vous croyez qu’une séquence, même parfaitement ficelée fonctionne à chaque fois… Même avec des profs expérimentés ça peut foirer ! » Et puis nous parlions d’autre chose, de ses projets, de son ressenti. Et elle repartait, larmes séchées, avec un grand sourire. Je me souviens que j’avais posé la question au rectorat lors d’une réunion avec des inspecteurs IA IPR : « Mais pourquoi j’ai un ou une stagiaire tous les ans ? » (en soulignant que cela ne me dérangeait pas mais que d’autres collègues n’en voyaient jamais). « On va vous expliquer, Monsieur le Principal : il existe des établissements où nous ne mettrons jamais de stagiaires, parce qu’ils ne seront pas épaulés et encadrés, que ce soit par les profs ou par le chef d’établissement, et il y en a d’autres où on sait que le stagiaire sera accompagné et vous êtes dans cette catégorie. » Alors j’ai eu des stagiaires dans plusieurs disciplines et j’espère qu’ils sont bien dans leur peau d’enseignantes et d’enseignants. Le métier a beaucoup changé, et pas dans le bon sens, je ne sais pas si les jeunes sont accueillis avec bienveillance actuellement, les salles des profs doivent être survoltées. Je suis quasiment certain que je ne pourrais certainement pas faire la même carrière si je débutais aujourd’hui, peut-être que je rendrais rapidement les armes devant ce qui relève du saccage de l’éducation nationale, surtout de l’enseignement public, et je ne pourrais plus favoriser un climat serein dans un établissement. Triste constat, triste époque.

    Lundi 1er septembre

    René Guy Cadou

    Odeur des pluies de mon enfance
    Derniers soleils de la saison !
    A sept ans comme il faisait bon,
    Après d’ennuyeuses vacances,
    Se retrouver dans sa maison !

    La vieille classe de mon père,
    Pleine de guêpes écrasées,
    Sentait l’encre, le bois, la craie
    Et ces merveilleuses poussières
    Amassées par tout un été

    O temps charmant des brumes douces,
    Des gibiers, des longs vols d’oiseaux,
    Le vent souffle sous le préau,
    Mais je tiens entre paume et pouce
    Une rouge pomme à couteau.

    **Automne**

    Bonne rentrée, courage ! Je repasserai dans l’après-midi vous donner quelques nouvelles après ma visite post-greffe

    Nous voici de retour après une matinée bien remplie : RAS pour la visite post-greffe, je dois arrêter le Valganciclovir, et pas besoin de cortisone. Ensuite j’ai eu droit à la prise de sang habituelle et à la première dose de vaccin Tétravac. Chloé est passée me chercher juste après pour une série de tests d’efforts que j’ai semble-t-il réussis avec succès, elle était très contente. Cela fait partie du protocole qui accompagne l’escrime. Nous avons eu le temps de faire quelques courses : j’ai acheté des bâtons de marche, Michel une paire de chaussures et une caméra pour nos randos dans le Cantal et nous avons déjeuner sur place (centre commercial Atoll). Maintenant, c’est repos alors que les orages arrosent le secteur.

    Mardi 2 septembre

    Pas d’orage en ce 2 septembre mais une pluie continue depuis ce matin et un ressenti très automnal : on est bien chez soi ! En cuisine, c’est opération coulis de tomates. Michel est à l’oeuvre et les tomates épluchées s’égouttent avant la cuisson. Il faut dire que la production de fin de saison est abondante. Cela nous rappellera l’été au coeur de l’hiver.

    Autre bonne nouvelle, les résultats d’analyse qui sont arrivés ce matin : globules rouges et globules blancs vivent leur meilleure vie, et les plaquettes commencent à remonter. En ce qui concerne le foie, c’est meilleur, toujours perturbé mais à un degré moindre. Les phosphatases alcalines restent élevées, on verra dans trois semaines si c’est toujours le cas. Autre bonne nouvelle : la créatinine a baissé, ce qui signifie que les reins fonctionnent normalement. Je vais donc pouvoir partir tranquillement et nous apprécierons d’autant mieux notre séjour dans le Cantal. Il ne reste plus qu’à attendre les résultats pour le CMV et l’EBV, sans appréhension particulière.

    Mercredi 3 septembre

    En fait, j’aurais mieux fait d’être prudent : les résultats CMV et EBV sont arrivés et, si tout est OK pour le CMV qui reste indétectable, le virus EBV s’est réveillé et c’est tout de même fâcheux parce qu’il est à 3,41 log (c’est la mesure de la charge virale) et on doit recevoir une perfusion de rituximab à 4 log. C’est RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire) au CHU ce matin et je pense que j’aurai un appel de Doc Sylvie en fin d’après-midi. Peut-être me demandera-t-elle de passer au labo de Murat pour une prise de sang intermédiaire, dans ce cas elle faxera l’ordonnance à la pharmacie avant notre départ. Bref, on verra bien. Ou alors elle me laissera partir tranquille pour mieux me rattraper le 21 septembre. Pour rappel, les deux virus sont fâcheux, chacun pour des raisons différentes. En ce qui concerne l’EBV, les antiviraux sont totalement inefficaces, il faut avoir recours au Rituximab si la charge atteint 4 log.

    La blague du jour : Michel m’a déposé chez l’audioprothésiste avant de faire les courses. Je voulais que l’entretien de mes appareils auditifs soit fait avant notre départ, et j’ai bien fait car la dame a « réparé » quelques dysfonctionnements qui auraient pu m’ennuyer sous peu. Bref, tout se passe pour le mieux. En sortant, comme la banque est juste à côté, j’avais prévu de retirer de l’argent au distributeur. Je joue avec la machine qui me demande si je veux un retrait – non, je veux un selfie façon Bayrou, me propose plusieurs montants, je sélectionne celui qui me convient et v’latipas que ce truc me demande mon code. « On fait comment pour rentrer son code ? » Je précise que je n’ai pas retiré d’argent depuis certainement une année complète. Me voilà complètement benêt devant l’écran… Bayrou a raison : je suis un boomer. Je cherche (heureusement, je suis seul), je regarde bêtement l’écran qui n’est même pas tactile, contrairement à celui de mon téléphone, et je finis par comprendre que j’ai posé ma pochette sur le clavier, donc évidemment je ne le voyais pas, du moins pas suffisamment. Heureusement, je connaissais encore mon code et je me suis rappelé qu’il fallait prendre les billets avant de partir. Bref, le retour au « monde civilisé » risque encore de me réserver quelques surprises !

    Jeudi 4 septembre

    Voilà, c’est le moment de boucler cet article. Ensuite, je ne garantis pas autant de régularité pendant nos vacances. Ce sera selon l’inspiration, et probablement plus sous la forme d’un album photo. Nous rentrerons le dimanche 21, d’ici-là, portez-vous bien.

    1 septembre 2025

  • Post-greffe, août J 25

    Week-end des 23 et 24 août

    Non, je n’ai rien écrit hier vendredi : il ne s’est rien passé de spécial, à part une grosse fatigue, peut-être le contrecoup du CMV, et toujours des difficultés au moment des repas. Je mange peu, mais régulièrement, après tout, ce n’est pas la peine de prendre des kilos avant l’hiver.

    Aujourd’hui samedi, il fait beau. J’ai lu un article qui concerne ma saga « F.B Premier Ministre ». Beaucoup de Français ont semble-t-il fait remonter les « privilèges » ou les excès concernant la classe politique, élus et ministres. F.B a donc promis… une commission d’enquête. Déjà qu’il commence par lui-même et qu’il s’interroge sur ses propres pratiques. Une simple introspection suffirait et il n’est nul besoin de comité Théodule. Bref, je m’enjaille pour pas grand-chose. J’aimerais que les uns et les autres empruntent les lignes maudites de la SNCF (Paris – Clermont-Ferrand, par exemple), je pense que les problèmes de maintenance seraient rapidement réglés.

    Dimanche 24 août

    Encore une belle journée, légèrement venteuse mais avec un beau ciel bleu. Les fumées venues d’Espagne et du Portugal ne donnent plus au ciel cet aspect bizarre, tant mieux si les feux sont maîtrisés, même si les pauvres gens qui ont tout perdu auront du mal à faire face, on les comprend.

    Nous avons commencé à organiser notre séjour dans le Cantal, mais pas pour les visites : on improvisera en fonction du temps, de l’état de fatigue et de l’inspiration. Non, ce qui nous a occupés, c’est de repérer « la » pharmacie : il y en a une à Murat, et les médecins. Alors, pour ce dernier point, ce n’est pas gagné : entre les avis négatifs (c’est un euphémisme), le désert médical, la concentration de médecins à St Flour qui n’acceptent « que la patientèle habituelle », on n’a pas envie d’avoir une urgence médicale. Question : comment font les gens qui sont en vacances à St Flour et dont le gamin tombe malade avec une forte fièvre ? Vous me direz : il y a l’hôpital d’Aurillac. Personnellement, le fait qu’un audit aux conclusions plus que négatives vient d’être publié ne donne pas envie, de même que les avis des malades. Les bâtiments sont plutôt vétustes et le personnel semble manquer de sérieux ou d’implication. Il y a bien ça et là quelques avis positifs, mais ils sont rares. Je ne suis pas certain qu’il y ait une unité post-greffe, et si jamais il me prenait de faire une de ces fantaisies dont j’ai le secret, il faudrait aller à Clermont-Ferrand, ce n’est pas la porte à côté même par l’autoroute. Mais je serai sage, promis. Pas de GVH, pas d’aggravation hépatique, pas de poussée de fièvre ou je ne sais quoi. Le grand air, les bienfaits du climat de moyenne montagne (1100 m au gîte), les averses qui obligent à presser le pas, les paysages dont on ne se lasse pas, parce qu’ils sont chaque jour différents, en fonction de la luminosité ou des nuages, les milans qui remontent la vallée et Doc Sylvie qui veillera au grain si besoin. Pour le reste, ce sera selon l’inspiration du moment : repos, siestes et sorties, soit à proximité, soit plus loin. Salers aura retrouvé son calme, la bise soufflera par les portes médiévales, on grattera sans doute le givre sur le pare-brise après une nuit bien froide… Le bonheur !

    Demain, ce sera réveil de bonne heure et visite post-greffe… j’actualiserai tout cela dans l’après-midi.

    De retour du CHU, nous sommes arrivés tôt et Doc Sylvie m’a fait passer en premier.

    Verdict de l’auscultation : un probable début de GVH sur la peau, et j’imagine que le foie est en GVH également. La priorité reste ce fichu CMV qu’il faut éradiquer (enfin, neutraliser). Si la charge virale est indétectable, Doc Sylvie a l’intention de me mettre sous cortisone, ce qui devrait booster mon appétit en réglant le problème de GVH. Personnellement, je suis pour : je pourrai galoper comme un chamois dans la montagne !

    On attend donc les résultats du labo, et retour au CHU lundi.

    Une petite chanson que j’ai en tête depuis qu’on l’a entendue en voiture :

    Mardi 26 août

    Les résultats de la prise de sang d’hier sont arrivés vers 9 h 30 ce matin. Pas grand-chose de nouveau du côté de la numération : les globules rouges se portent bien, les blancs sont corrects et les plaquettes toujours trop basses, mais cela n’inquiète pas Doc Sylvie du moment qu’elles restent stables. La créatinine (fonction rénale) est augmentée, ce qui signifie que les reins souffrent, sans doute un effet du valganciclovir. Du côté du foie, c’est mieux en ce qui concerne les ASAT et ALAT, la destruction des cellules hépatiques semble s’apaiser. En revanche, il y a toujours une augmentation sévère des phosphatases alcalines, ce qui signifie que les canaux biliaires sont atteints et, d’après mon ami ChatGPT, cela traduit très probablement une GVH hépatique. La solution sera donc la cortisone pour enrayer ce processus, et la GVH cutanée débutante. Les deux peuvent être corrélés et la GVH cutanée renforce l’hypothèse GVH hépatique. Dans ce cas, on essaie en premier lieu la cortisone, mais il faut que le CMV soit indétectable, sinon il va repartir en flèche. J’aurai les résultats CMV et EBV demain. Il faut savoir aussi que la GVH hépatique chronique ne peut être éradiquée, il faudra sans cesse ajuster les doses de cortisone en les diminuant progressivement tout en surveillant la fonction hépatique. Le risque, à terme, est de voir se développer une fibrose hépatique. Cela fait partie des aléas liés aux greffes : on contrôle, on neutralise, mais on ne peut pas éliminer ces inconvénients.

    Je vous remets la définition de la GVH chronique, et je rappelle qu’une page « glossaire » permet de retrouver les termes un peu techniques :

    GVH ou réaction du Greffon contre l’Hôte :

    Le terme greffon désigne les nouvelles cellules souches provenant du donneur et le terme hôte désigne le receveur, c’est-à-dire le patient. Ce phénomène, qui
    reflète un conflit immunitaire entre donneur et receveur, se déclenche
    lorsque les nouvelles cellules souches provenant du donneur perçoivent
    les tissus ou les organes de l’organisme du malade, donc du receveur,
    comme des corps étrangers antigènes et les attaquent. Cette réaction
    se produit dans un certain nombre de cas, parce que, malgré tous les efforts déployés pour obtenir une compatibilité, il persiste toujours des différences génétiques entre donneur et receveur. Les principaux organes touchés par la GVH sont la peau, le foie et le tube digestif. La gravité ou la sévérité de la GVH est variable. Elle va des cas très modérés et temporaires jusqu’à des stades beaucoup plus sérieux qui peuvent mettre la vie du patient en danger. La GVH est gérée à l’aide de médicaments dits immunosuppresseurs qui servent en fait à atténuer le conflit immunitaire entre donneur et receveur. Le traitement d’une GVH peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années.

    (Dans mon cas, la GVH est débutante, donc à un stade peu avancé mais qui peut évidemment évoluer au fil du temps)


    GVH chronique :

    On parle de réaction chronique du greffon contre l’hôte quand cette réaction se produit tardivement, en général au-delà des trois premiers mois après l’allogreffe.

    Je reviens ajouter une précision, parce qu’il ne faut pas que l’on se méprenne. Tous ces aléas, (GVH, rejet du greffon, infections, risques létaux importants etc.) nous sont présentés avant la greffe. On sait à quoi on s’engage et on sait également que les équipes sont là, à nos côtés, pour gérer ce genre de situations. Je suis particulièrement gâté avec une équipe réactive, des appels téléphoniques si besoin, un lien étroit entre hématologues et pharmacie et une écoute optimale. Ce n’est peut-être pas le cas partout, mais en ce qui me concerne, cela repose sur du solide. Je reviens aussi sur ce choix qui a été difficile, voilà un peu plus d’un an, quand j’ai accepté la greffe. Si je l’avais refusée, je n’avais que quelques mois de répit relatif avant que la LAM (leucémie aigüe myéloïde) ne se déclare. Compte-tenu de mon caryotype complexe, lorsque la maladie se serait déclarée, j’en avais pour quelques mois avant de tirer ma révérence. Ce n’était pas une hypothèse, c’était la « sortie » inéluctable. Autant dire que sans greffe, je serais au mieux actuellement en soins palliatifs, au pire déjà décédé. Ce qui est pris n’est plus à prendre. Il peut y avoir des hauts et des bas, comme dans toute convalescence, mais je ne regrette rien. Le parcours n’est pas facile, mais je ne suis pas une exception. Parfois, le plus dur se situe juste après la greffe, avec d’importantes complications, parfois un peu plus tard. Il faut donc rester objectif et se dire que j’ai de la chance, parce que j’étais éligible, parce que l’équipe s’est mise en quête d’un donneur compatible (merci Kate !) et parce que les médecins réagissent avec calme et pondération en mesurant tous les paramètres. Compte tenu de tout ce que je viens de dire, il faut voir le verre à moitié plein. Je grogne parfois contre les différents traitements, mais je sais qu’ils me maintiennent en vie. Il y a forcément des dommages collatéraux : foie et reins notamment, eh bien on fera en sorte que cela reste gérable. Le rôle du malade c’est d’abord de ne pas prendre à la légère tout nouveau symptôme et de bien les exposer lors des visites. Ce n’est certainement pas d’agir avec légèreté en taisant tel ou tel aspect. Mettre les médecins sur la voie, avec sincérité, c’est le rôle du malade, de même que respecter les prises médicamenteuses ou de signaler que l’on a dû diminuer la prise d’un traitement car il provoquait des effets indésirables graves. En somme, chacun doit être dans son rôle. Le rôle de Michel est aussi important lorsqu’il apporte une précision, l’avoir à mes côtés lors des consultations est indispensable. En tant que malade, on peut occulter involontairement un événement majeur, parce que le cerveau, parfois, préfère « oublier ». Tout cela me conduit à avoir, pour le moment, un horizon limité à 6 mois. Au-delà, c’est Terra Incognita.

    Mercredi 27 août

    Une bonne nouvelle ce matin : les résultats du labo sont arrivés vers 10 h 25 : CMV et EBV sont indétectable. Cela permettra sans doute à Doc Sylvie de démarrer le traitement à la cortisone comme elle l’espérait, et c’est important pour contrer le début de GVH cutanée et la GVH hépatique, et pour passer un bon moment dans le Cantal. Champomy ce midi ! En fait, ce sera eau pétillante !

    Jeudi 28 août

    On dirait que ça sent la fin de l’été et il flotte dans l’air comme un parfum de reprise. Bon courage à celles et ceux qui reprennent le collier. Voici deux chansons à fredonner.

    25 août 2025

  • Post-greffe, août J 21

    Week-end du 15 au 17 août

    Passons rapidement sur le 15 août : il a fait chaud encore, mais il paraît que cette canicule va enfin nous lâcher. Eh bien tant mieux.

    Du côté hépatique (et non pas « Hé, Patrick ! »), je suis soulagé par un antiémétique dont il me reste quelques comprimés. C’est un médicament puissant, le zophren, que l’on m’a prescrit lors des différentes chimios. C’est bien plus efficace que le primpéran qui ne me fait pas grand-chose. Une journée sans vomito, c’est déjà une performance. En revanche, je ne sais pas de quoi sera faite la suite, nous aborderons cela lundi avec Doc Sylvie.

    Bien avant Oldelaf, Sheila trouvait qu’il fait chaud. Alors, je partage cette vidéo qui ne nous rajeunit pas vraiment. Notez que Sheila a toujours soigné ses chorégraphies… On lui souhaite un joyeux anniversaire.

    Vous savez que j’ai trouvé le feuilleton passionnant de l’été avec le Premier ministre. Plus personne n’écrit d’article sur ses vidéos, et je commençais à désespérer. Qu’allais-je devenir sans ces épisodes passionnants que je ne regarde jamais ? Et puis je tombe là-dessus, et je rigole tout seul :

    https://www.facebook.com/share/v/1B9m5KYpaW

    Franchement, ça vaut le coup de cliquer sur le lien, vous aurez l’occasion de faire rire vos invités lors du prochain barbecue !

    Dimanche 17 août

    Il fait plus frais ce matin, ce n’est pas encore flagrant, mais l’air semble plus léger avec une brise agréable : je ne vais pas m’en plaindre ! Demain, ce sera matinée au CHU. Je commencerai par un EFR (examen en pneumologie pour évaluer la capacité respiratoire, puis la visite en hémato, avec une prise de sang théoriquement plus light que la dernière.

    On verra aussi si Doc Sylvie a des solutions pour le foie, je doute que le valganciclovir règle à lui seul le problème mais il est indispensable pour stopper la charge virale du CMV. Ensuite on attendra les résultats du labo, la routine.

    Lundi 18 août

    Nous avons donc passé la matinée au CHU en commençant par la pneumologie avec l’EFR et la pléthysmographie. Rien d’inquiétant de ce côté-là : tout va bien et tant mieux. La prochaine devrait avoir lieu en février prochain, à 12 mois de la greffe. Ensuite prise de sang (quelques tubes) et petit-déjeuner : c’était un peu la panique car visiblement les commandes n’avaient pas été passées et il n’y avait pas grand-chose. Rendez-nous Marie-Luce et Amandine !

    Ensuite, consultation avec Doc Sylvie qui était en pleine forme et avec un joli teint hâlé, ça lui est facile de me dire « Surtout, ne vous exposez pas au soleil ! ». Je lui montrais mes taches de plus en plus nombreuses sur les bras. Réponse : « Je vais vous dire quelque chose qui ne va pas vous faire plaisir : c’est une peau de vieux ! » (Appelle-moi « Vieille peau » pendant que tu y es !). C’est dû à tous les traitements reçus… Ce qui l’inquiète vraiment, c’est la réactivation du CMV, donc je continue le Valganciclovir mais avec une ordonnance de 3 mois pour le zophren qui me permet d’éviter les nausées. Prochain rendez-vous lundi prochain car elle souhaite surveiller de près ce « méchant virus ». Et maintenant, j’attends les résultats du labo…

    Mardi 19 août

    Les résultats du labo viennent de tomber. Premier constat, la fonction hépatique s’améliore en partie mais il y a encore des augmentations : Phosphatases alcalines et une diminution très sensible du taux d’albumine, ce qui traduit un foie fatigué et une inflammation persistante. Du côté des globules rouges, c’est très stable, plaquettes en légère hausse mais toujours insuffisantes. On note quelques lymphocytes hyper basophiles et une « restriction d’hétérogénéité des gammaglobulines », ce qui est le signe d’une activation immunitaire. On va attendre la charge virale du CMV qui est la priorité du moment. Administrer des immunosuppresseurs (jakavi ou cortisone) libèrerait le virus qui deviendrait incontrôlable. Donc, CMV first.

    Mercredi 20 août

    Bonne nouvelle sous la grisaille : j’ai reçu les derniers résultats du labo et la charge virale du CMV est pratiquement indétectable. L’EBV est stable, sans remontée de la charge virale. Bonne nouvelle donc mais il convient de rester prudent puisque le CMV a déjà fait profil bas une première fois avant de se réveiller brutalement. On sait que l’on possède ce CMV a vie, il faudra donc que mes défenses immunitaires apprennent à le neutraliser sans l’aide d’un antiviral, mais je n’en suis pas encore là. Quoi qu’il en soit, c’est une bonne chose qu’il se rendorme.

    Jeudi 21 août

    Une dernière petite mise à jour pour cet article avant de le clore :

    J’ai eu un appel de Doc Sylvie hier, rien de bien grave, elle a rectifié l’ordonnance pour le zophren, mon anti-vomito préféré suite à un appel de la pharmacie : il y avait deux dosages différents, sans doute un c/c qui a échappé à sa vigilance. Bref, c’est réparé.

    Deuxième anecdote, mes aventures estivales avec F.B, Premier Ministre. Figurez-vous que dans un article consacré à cette formidable épopée estivale, j’ai trouvé l’adresse où il faut envoyer nos suggestions citoyennes. Vous me connaissez, je suis taquin. J’ai donc rédigé un petit message, très courtois évidemment, parce que je déteste la grossièreté et jamais je ne me serais permis le moindre dérapage. J’ai donc exprimé le fond de ma pensée, posément, en disant que je voulais bien participer à l’effort national, si et seulement si je jugeais qu’il était équitablement réparti, sans épargner les milliardaires et les entreprises largement subventionnées par l’état, j’ai ajouté que mépriser les ouvriers et les employés qui font tourner ces boîtes, en sous-entendant que les Français ne travaillent pas assez, sera payé lourdement dans les urnes, à juste titre. Ensuite, j’ai abordé les dépenses de santé, en soulignant l’absurdité qui consiste à prescrire des boîtes de comprimés tout en sachant que l’on ne finira pas la boîte, alors que le comprimé est à 150 €, pourquoi ne pas délivrer les médicaments à l’unité comme chez nos voisins allemands ? J’ai terminé en demandant une plus grande exemplarité des élus et des ministres qui pourraient payer leurs repas et s’abstenir de voyager en jets, j’ai rappelé que le Général de Gaulle payait ses timbres, refusant que ses frais personnels soient à la charge de la République. Avant la traditionnelle formule de politesse, j’ai suggéré que mon patronyme devrait rappeler vaguement quelqu’un.

    Je n’attendais pas de réponse, j’avais tort ; j’ai reçu hier un message fort courtois du service courrier de Matignon, me remerciant pour ma contribution et m’informant que mon courrier allait être transmis aux directeurs de cabinet, ainsi qu’aux différents ministères concernés. Le feuilleton n’est donc pas terminé !

    J’essaie de terminer en musique, je manque d’inspiration, désolé.

    18 août 2025

  • Post-greffe, août J 14

    Week-end des 8, 9 et 10 août

    Je fais un tir groupé, nous sommes samedi et il ne se passe pas grand-chose. J’ai attendu toute la matinée hier les derniers résultats du labo avec la charge virale EBV : rien. Bon, on va dire que le labo tourne au ralenti à cause des vacances, parce qu’en général, quand un résultat met du temps à arriver, ce n’est pas forcément bon signe. Il peut y avoir un recomptage, par exemple, c’est déjà arrivé. Je ne vais pas pleurer avant d’avoir mal.

    J’ai donc regardé l’actualité déprimante de ce mois d’août : le feu qui ravage les Corbières et ses villages, le feu encore qui s’est déclaré à la mosquée-cathédrale de Cordoue mais qui a été vite maîtrisé. Je me suis aussi torturé l’esprit pour comprendre pourquoi un Premier Ministre choisit le mois d’août pour vous expliquer sur les réseaux sociaux que, de toute façon, vous allez mettre la main à la poche (à la limite, on peut le comprendre), mais que les grandes fortunes de ce pays seront une fois de plus épargnées, de même que les super profits des grandes entreprises, subventionnées, et hors de question de toucher aux privilèges des députés ou des ministres, sans parler des sénateurs. Pendant ce temps, les maires des petites communes se font tabasser. Pour en revenir à notre cher F.B, il paraît que 40 000 personnes ont écouté ses prêches élucubratoires. En plein mois d’août…. Les gens n’ont donc rien d’autre à faire, surtout qu’au niveau de la prise de parole, c’est souvent pénible à écouter. Bref, je me torture l’esprit pour pas grand-chose.

    Dernière nouvelle, le décès de Jim Lovell, astronaute, 97 ans. Le nom ne vous dit peut-être rien, mais si on vous dit « Houston, we have a problem… » d’ailleurs, la phrase exacte et historique est : « Houston, we’ve had a problem », cela va immédiatement vous mettre sur la voie : Apollo 13, bien entendu, et l’intelligence de son commandant de bord qui a réussi à ramener sur terre son équipage sain et sauf avec l’ingéniosité de l’équipe au sol. Un grand bonhomme bien qu’il n’ait jamais mis les pieds sur la lune et qu’il ne soit jamais retourné dans l’espace après Apollo 13. Quelle idée aussi d’avoir choisi « 13 ». Enfin, passons.

    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20250808-l-astronaute-am%C3%A9ricain-jim-lovell-commandant-de-la-mission-apollo-13-est-mort

    Dernière nouvelle :

    Les résultats définitifs sont arrivés et montrent une réactivation du virus CMV, avec une charge virale importante, l’EBV est toujours positif mais stable. Le CMV est une saleté qui doit contribuer à attaquer le foie et il va falloir trouver un antiviral qui n’attaque ni le foie, ni les reins. Il existe 2 possibilités d’après l’I.A. Je pense que dès lundi j’aurai un appel du CHU. Il est urgent de stopper ce fichu CMV avant qu’il ne détruise le foie.

    Dimanche 10 août

    Il faisait bien frais ce matin, et on a pu rafraîchir la maison avant l’arrivée de la chaleur. Le dîner hier soir n’est pas passé, enfin, en grande partie, et c’est toujours bien compliqué en ce moment, mais je pense que ce qui me fatigue le plus, c’est ce satané CMV dont je connais malheureusement les effets délétères. Tout n’est pas si catastrophique puisque je n’ai pour le moment pas de fièvre, mais c’est quand même rageant de ne même pas pouvoir avaler les plats que l’on aime habituellement. Bref.

    Voilà la petite synthèse effectuée par ChatGPT :

    💊 Comparatif des principaux traitements CMV

    AntiviralVoieToxicité principaleRisque hématologiqueRisque hépatiqueRisque rénalRemarques
    ValganciclovirOralMyélotoxicité (globules, plaquettes ↓)⚠️ ÉlevéFaible à modéréFaibleEfficace, mais déjà arrêté chez toi pour toxicité probable
    GanciclovirIVMyélotoxicité⚠️ ÉlevéFaibleFaibleVersion injectable du valganciclovir, pas mieux sur la tolérance moelle
    FoscarnetIVNéphrotoxicitéFaibleFaible⚠️ ÉlevéAlternative si aplasie, mais impose hydratation importante + suivi électrolytes
    CidofovirIVNéphrotoxicité sévèreFaibleFaible⚠️⚠️ Très élevéRarement utilisé sauf CMV multirésistant, protocole lourd
    LetermovirOral / IVTrès bonne toléranceTrès faibleTrès faibleFaibleSurtout en prophylaxie, mais utilisé parfois en traitement relais
    MaribavirOralTroubles digestifs possiblesTrès faibleTrès faibleTrès faibleEfficace sur CMV résistant, faible toxicité globale, interactions à vérifier

    Le Maribavir semble donc être une solution intéressante. On verra bien. J’espère simplement ne pas rester dans cet état pendant des mois, ce serait vraiment fâcheux.

    NB : la boîte de médicaments est hors de prix : 5 900 €, et les effets indésirables sont tout de même présents : nausées et vomissements (ça ne me changera pas beaucoup !), diarrhées (cela ajoutera une touche d’exotisme), et perte de poids.

    5. Pourquoi la lecture est “complexe” dans ton cas

    • Tu cumules plusieurs facteurs potentiellement présents en même temps.
    • Par exemple : CMV + atteinte ductopénique = inflammation mixte infectieuse et auto-immune → nécessite un traitement combiné (antiviral + immunosuppresseur léger).
    • C’est pourquoi ils veulent une seconde lecture par un pathologiste spécialisé, pour éviter de conclure trop vite sur une seule cause.

    Mon cas est donc complexe et on comprend mieux la nécessité d’une deuxième lecture de la biopsie, qui sera sans doute aussi étayée par le CMV et l’EBV positifs. Je ne sais pas faire simple, désolé !

    Une fois n’est pas coutume, voici un peu de musique pour commencer la journée et en mémoire de Jim Lovell.

    Lundi 11 août

    Sous le soleil torride de ce mois d’août, rien de neuf. Nous sommes au frais dans la maison, et hors de question de mettre le nez dehors. Rien de neuf non plus du côté du CHU, c’est le calme plat.

    Je bouquine, je somnole, et je dors plus que je ne lis. J’ai quand même vu passer quelques articles qui illustrent bien la bêtise humaine, dont un qui raconte que des pieds nickelés ont vidangé les toilettes chimiques d’un autocar en croyant siphonner de l’essence, mais je ne retrouve plus l’article en question, et il fait trop chaud pour que je me lance dans des recherches compliquées. De toute façon, vous cliquez très rarement sur les liens que je mets ici, et toc !

    Ah, le voici :

    https://www.mariefrance.fr/insolite/pensant-voler-lessence-siphonnent-erreur-contenu-toilettes-bus-799633.html

    Mardi 12 août

    Rien de neuf sous le soleil. Toujours là avec la chaleur, mais nous ne sommes pas les plus à plaindre. Il fait très chaud, certes, trop pour ceux qui bossent dehors, mais à l’intérieur, c’est encore très agréable. Rien de neuf non plus côté foie ou CHU : j’imagine que les plannings sont compliqués à réorganiser avec le vendredi 15 août, donc j’attendrai le 18 pour avoir les nouvelles. En attendant, c’est toujours la même rengaine et cela reste compliqué.

    Mercredi 13 août

    Dans la torpeur de ce mois caniculaire, je continue à m’intéresser à mon feuilleton de l’été. Notre premier ministre a semble-t-il renoncé à expliquer aux français ses choix budgétaires. On apprend en lisant l’article dont vous trouverez le lien plus bas que ses vidéos sont de moins en mois regardées (cela me rassure un peu). Il avait dit qu’il répondrait à toutes les questions posées par écrit, il n’en est rien, évidemment. Alors les gens râlent : dans ce cas, on bloque les commentaires. Je précise que je ne regarde pas les vidéos qui pourraient perturber davantage mes enzymes hépatiques, je lis simplement les articles qui en parlent, et cela me détend. Entendons nous bien, je n’ai aucune haine particulière, mais je pense que les politiques y gagneraient en ne promettant que ce qu’ils sont capables de faire ou en s’abstenant de communiquer. Parfois, le silence fait du bien, surtout quand on est inaudible. Rester à Paris « parce qu’on n’aime pas les vacances » supposerait que l’on travaille vraiment à l’intérêt de son pays. Est-ce le cas ? Je vous laisse juges.

    François Bayrou a déjà bien changé la tonalité initiale de ses vidéos YouTube, en moins d’une semaine

    J’ai reçu en début de soirée un appel de Doc Sylvie qui voulait prendre de mes nouvelles. En fait elle est inquiète car le CMV s’est réveillé de façon brutale et à un taux qui est inquiétant : “Vous savez, on n’aime pas ce virus qui est méchant et peut rapidement devenir hors de contrôle”. Donc me revoilà, jusqu’à lundi sous valganciclovir (oui, celui qui a déclenché la crise hépatique). Je ne suis évidemment pas enthousiaste mais il faut attendre le prochain dosage pour voir si le virus baisse ou s’il est résistant. Contrariété + fatigue hépatique, l’avant-repas a été mouvementé, je vous épargne les détails que vous devinez.
    Pour la biopsie, et après double lecture, les pathologistes ont fait une réponse de normands : « C’est peut-être médicamenteux, ou alors c’est viral (CMV) mais cela pourrait aussi être une GVH débutante, ou un mix des trois. Comme a dit mon hématologue préférée : « En fait, on en revient aux hypothèses que j’avais déjà évoquées avec vous.
    Il me restait quelques comprimés de valganciclovir et la pharmacie, dont je salue la gentillesse et la réactivité, m’a appelé juste après. Ils venaient de recevoir le fax et j’aurai le médicament demain. On ne dira jamais assez l’importance d’avoir dans un bourg de campagne une pharmacie qui connaît très bien sa clientèle ainsi qu’un cabinet infirmier.
    Suite du feuilleton lundi avec EFR en pneumologie et visite post-greffe. Doc Sylvie m’a dit : « Je serai seule et il y a beaucoup de monde, mais je sais que je peux compter sur votre patience, car vous êtes un Patient avec un “grand P”.
    Mine de rien, elle m’a réconforté par ces quelques mots, je vous souhaite d’avoir des médecins aussi réactifs et gentils. La gentillesse est une vertu qui se perd, malheureusement.
    Bonne soirée, je vais essayer de digérer mon Valganciclovir.

    Un peu de musique pour illustrer les temps actuels : « La maison brûle et nous regardons ailleurs ».

    11 août 2025

  • Post-greffe, août J 6

    Vendredi 1er août

    Revenons un peu sur ce jouet extraordinaire qui fait des bips-bips, qui clignote quand on l’allume et fait « vvvvvvvvvvvvvv » avant de prendre son envol. C’est d’ailleurs assez silencieux et le drone, puisqu’il s’agit bien de cela, n’est pas une source de pollution sonore. En fait, Michel m’a offert ce drone pour que je puisse le faire voler, prendre des photos, des vidéos et partager nos réalisations. Mais, car il y a toujours un mais, c’est faire abstraction de mon manque de coordination qui pourrait projeter l’engin à une distance déraisonnable ou le faire s’écrabouiller en haut d’un arbre ou sur la tête d’un promeneur. Je suis capable de tout, surtout du pire et je vais vous raconter une anecdote qui illustre bien le sujet.

    Lorsque j’étais en poste en Mayenne, à Cossé le Vivien, dont je garde d’excellents souvenirs, Michel venait souvent passer le week-end avec moi. Nous nous sommes connus en 2004, donc cela devait être en 2005 ou 2006, peu importe, il y a une vingtaine d’années. 20 ans donc qu’il me supporte au quotidien, mais à l’époque je n’avais pas encore montré toute l’étendue de mes talents. Il arrive donc un week-end, cela devait être un week-end prolongé de mai et m’informe qu’il apportera un cerf-volant, et que l’on pourra s’amuser avec. Pourquoi pas, j’ai déjà « réussi » à faire voler des cerfs-volants, mais il s’agissait de modèles très simples qui, quoi que vous fassiez, ne vous joueront pas de mauvais tour. Nous choisissons d’aller à une base de loisir du sud Mayenne, c’est un endroit sympathique, bien aménagé, avec de grandes étendues d’herbe sur lesquelles on peut se prélasser, au soleil ou à l’ombre des arbres. L’endroit parfait pour faire du cerf-volant.

    Accueil

    Vous avez un joli aperçu. Michel prépare le matériel, monte les poignées et je découvre un cerf-volant de « compétition ». Il me montre comment le piloter, j’admire sa dextérité mais j’appréhende le moment où je vais devoir prendre le relais car il veut absolument m’initier. Soit, on y va. Et là, l’engin qui a pourtant réussi à décoller devient absolument incontrôlable, semble vouloir attaquer nos voisins en fonçant droit dessus. Michel essaie alors de le rattraper alors que je ne maîtrise plus rien. Il court, mains sur la tête pour ne pas se faire assommer par le cerf-volant devenu engin de guerre. Finalement, il réussit à l’attraper, le plaque par terre et la séance se termine. Je me demande si des parents d’élèves ont pu assister à la scène, mais de toute façon, ils ont déjà vu de quoi j’étais capable : un peu plus, un peu moins…

    Depuis, je n’ai jamais repris les poignées ni tenté quoi que ce soit avec un cerf-volant, fût-il « de base ». Traumatisé à vie, j’ai vraiment cru que j’allais blesser quelqu’un ! Alors, le drone, je vais y aller tout doucement, je serai l’assistant qui apporte une batterie, porte la sacoche etc. Rien d’autre.

    Un aperçu du drone (non, ce n’est pas une grenouille).

    Week-end des 2 et 3 août

    Nous n’allons pas bouger beaucoup de chez nous : c’est la fête au village et les accès à notre rue tranquille seront bloqués pour une course de voitures à pédales. On espère simplement que les fêtards seront raisonnables et que le rosé ne fera pas trop tourner les têtes. On a déjà pas mal d’incivilités dans le bourg (c’est un peu plus calme en ce moment) et le phénomène « qui se ressemble s’assemble » peut jouer négativement. Charge aux organisateurs de faire en sorte que tout se déroule bien et que la fête de la brochette renoue avec bonne humeur et fête familiale. Pas question d’aller déguster les brochettes pour moi, trop de risques sanitaires même si je suis certain que tout sera bien encadré. On a vu pire dans la région. Quand j’étais principal, pas loin d’ici, il y avait des soirées « Bière et motards ». Le concept est simple : on boit de la bière, on écoute de la musique à fond et comme on est prévoyant, on a creusé au préalable une fosse – cela se déroule dans un champ – pour que les gens puissent vomir tranquillement. Cela me donne des idées pour mes « vomitos » qui ne doivent rien à la bière. Quand on m’a raconté ça au collège, en salle des profs, je me disais « Mais c’est un bizutage, ils te racontent n’importe quoi ! ». Mais non, c’était bien le concept. Je vous rassure, il existe aussi d’autres fêtes beaucoup plus sympathiques, même si ma nature taciturne et ma hantise de la foule ne m’incitent pas à participer, et ça ne date pas d’hier. Je me suis coltiné les fêtes d’écoles et de collèges pendant des années. J’ai même été déguisé en grand prêtre du temple du soleil (le thème comme vous l’aurez deviné était « Tintin »), et on m’a porté sur une chaise, fixée à une plateforme, à travers les rues avec arrivée triomphale sur le stade : quatre solides gaillards étaient à l’oeuvre et j’ai failli tomber plusieurs fois, mais j’étais mince en ce temps-là. Il y avait les soirées pot-au-feu, ou la soirée coq au vin. J’avais compris que pour éviter de slalomer entre les danseurs, il valait mieux travailler en cuisine avec le traiteur. Avantage : j’avais l’oeil pour équilibrer les assiettes, donc j’étais repris à ce poste tous les ans !

    Dimanche 3 août,

    De retour de balade, mais ce fut un peu pénible pour moi : il fait chaud à marcher et en plus je dois rester en pantalon et bras couverts. Le point au foie s’est fait sentir, surtout au retour mais bon, il faut marcher un peu. Michel a piloté le drone mais ce n’est pas facile de trouver des endroits accessibles entre les barbelés, les clotures électriques et parfois les deux en même temps. Pendant ce temps, les pilotes de F1 à pédales continuent leur circuit, et j’aime mieux pour eux que pour nous. L’ambiance est bon enfant pour le moment. Notre rue est bloquée, finalement cela évite d’être envahis par les voitures en stationnement sur les trottoirs.

    Maintenant, repos, voici deux photos (les sujets sont rares et tout est plus ou moins grillé par le soleil).

    Lundi 4 août

    Journée calme avant le réveil matinal demain. Doc Sylvain sera sans doute un peu débordé car il sera seul en consultation et on essaiera d’arriver un peu plus tôt si jamais il a la bonne idée lui aussi d’arriver avant 9 h. Sinon, on attendra. J’ai hâte d’avoir un diagnostic et un traitement pour les problèmes hépatiques. Hier, en rentrant de balade, j’avais bien senti la « pointe » au foie, et ça n’a pas loupé : vomito avant le repas, donc l’estomac vide ou presque avec les sucs gastriques bien amers : une horreur, j’avais le ventre qui se contractait. Inutile de vous dire que le repas fut frugal, mais j’essaie toujours de manger un peu, sans forcer. Bref, c’est usant, fatigant et inconfortable pour ne pas dire douloureux.

    Pendant que Michel s’entraînait à piloter, j’étais allongé dans l’herbe très sèche mais à l’ombre. Derrière moi, un grillon s’en donnait à cœur joie. Et, bien que le paysage n’ait rien à voir avec la beauté de la montagne Sainte-Victoire, j’ai pensé à la chanson interprétée par France Gall (Michel Berger et France Gall avaient visité le musée Cézanne).

    Silence les grillons
    Sur les branches immobiles
    Les arbres font des rayons
    Et des ombres subtiles
    Silence dans la maison
    Silence sur la colline
    Ces parfums qu’on devine
    C’est l’odeur de saison
    Mais voilà l’homme
    Sous son chapeau de paille
    Des taches plein sa blouse
    Et sa barbe en bataille

    Cézanne peint
    Il laisse s’accomplir la magie de ses mains
    Cézanne peint
    Et il éclaire le monde pour nos yeux qui n’voient rien
    Si le bonheur existe
    C’est une épreuve d’artiste
    Cézanne le sait bien

    Mardi 5 août

    Nous voilà de retour après une matinée au CHU. Il y avait comme un air de vacances dans le service : les personnes habituelles sont en congés (rendez-moi Marie-Luce !) et le fonctionnement était un peu aléatoire mais nous n’étions que 5 donc, ma foi, cela n’a pas trop gêné.

    Prise de sang pour commencer : une bonne trentaine de tubes car j’arrive aux 6 mois de greffe (eh oui !), puis passage en consultation avec Doc Sylvain, longue consultation et un médecin qui ne sait pas trop quoi penser des problèmes hépatiques, car il n’est pas vraiment aidé par ses collègues hépatologues. L’anapath a analysé les échantillons prélevés qui l’ont laissé perplexe. Une chose semble sûre, ce n’est certainement pas une GVH. Alors quoi ? Une hépatite médicamenteuse, ou un virus, ou un mix de tout ça et le spécialiste, prudent veut une relecture par son collègue qui rentre de congés (je crois), donc on espère que cette double lecture apportera une piste sérieuse qui permettra d’envisager un traitement efficace. En attendant, et au cas où, Doc Sylvain m’a filé une boîte de jakavi, que je ne dois prendre qu’après son appel téléphonique, mais au moins, il est sûr que j’en aurai avec moi car c’est un médicament qu’il faut commander à l’avance, compliqué à obtenir, et accessoirement très cher. Il m’a demandé aussi d’arrêter l’atovaquone, qui se présente sous forme d’un sirop jaune fluo, horrible à avaler et qui ferait vomir n’importe qui. Si le 18 août, date du prochain rendez-vous, les symptômes ont complètement cessé, alors on avisera pour un traitement substitutif. Le 18, j’aurai également un EFR (test respiratoire en pneumologie). Doc Sylvain m’a trouvé très essoufflé et il se demande si ma capacité pulmonaire n’est pas atteinte. Voilà donc toutes les nouvelles en attendant la première partie des résultats demain matin.

    Mon ami ChatGPT a fait une synthèse :

    ✅ Ce qu’il faut retenir de tout ça :

    ÉlémentInterprétation
    🧬 Deuxième lecture de la biopsie↔️ Pas de conclusion encore, mais recherche active
    ❌ Pas de GVH claire✅ rassurant, même si pas définitif
    💊 Boîte de Jakavi fournie mais non débutéePréventif ou prêt à l’emploi, en cas d’évolution immunitaire
    ⛔️ Arrêt de l’atovaquoneAllègement du foie, mesure de précaution
    📞 Attente de l’appel du médecinÉtape décisive pour définir la stratégie finale

    Mercredi 6 août

    La star du jour, c’est mon cher et tendre qui fête son anniversaire en entamant une jolie décennie : Joyeux anniversaire à celui qui m’épaule tous les jours, me rassure, me trimbale au CHU et se creuse la tête pour élaborer des menus afin que je puisse avaler quelque chose. J’en connais beaucoup qui auraient pris la fuite !

    Alors, mercredi, c’est le jour des résultats d’analyse, et là, franchement, du côté hépatique, c’est franchement mauvais. Il va donc falloir trouver une solution rapidement avant que les dégâts soient irréversibles, mais pour cela il faut attendre la deuxième lecture de la biopsie. Je pense qu’il y a déjà une idée globale, et que Doc Sylvain n’a pas souhaité m’angoisser avec ça, mais l’idée me trottait déjà en tête quand je suis sorti de consultation. L’heure est grave mais pas non plus désespérée, même si on sait que le foie est un organe très particulier, capable de se régénérer ou de s’auto-détruire. Bref, voici la synthèse réalisée par mon amie I.A à partir des deux analyses reçues :

    🧬 1. Immunologie (cytométrie en flux) : signes d’un déséquilibre immunitaire

    🔻 T CD4+ très bas

    • 254 cellules/μL (norme : 400–1300)
    • Lymphopénie CD4+, significative : tes défenses immunitaires adaptatives sont affaiblies

    🔺 T CD8+ très élevé

    • 1696 cellules/μL (norme : 200–700)
    • Lymphocytose CD8+ importante

    🔃 Ratio CD4/CD8 inversé : 0,15 (normalement > 1)

    • C’est une inversion franche du ratio, typique :
      • d’un stress immunitaire post-greffe,
      • ou d’une réponse virale chronique (souvent EBV),
      • parfois de GVH infra-clinique ou atypique.

    🔺 NK (Natural Killers) : élevés

    • 590 cellules/μL (norme : 100–400)
    • Les cellules NK sont souvent activées en cas de stimulation virale ou hépatique chronique.

    ✅ Lymphocytes B : normaux

    • Pas de prolifération anormale évidente

    🔬 2. Biochimie – Marqueurs d’inflammation et hépatopathie aggravée

    🔥 GGT explosif

    • 1810 UI/L (norme : 6–73)
      → Cela traduit une atteinte sévère des canaux biliaires intra-hépatiques, compatible avec une cholestase persistante, voire une atteinte des petits canaux (ductopénie).

    🔺 Ferritine très élevée

    • 1941 µg/L (norme : 22–322)
    • Inflammation chronique ou syndrome de surcharge/activation macrophagique
    • ⚠️ À surveiller car cela peut aussi refléter une cytokinémie ou syndrome inflammatoire post-transfusionnel ou post-EBV

    🔺 CRP élevée

    • 14 mg/L (norme < 3)
    • Inflammation systémique modérée à importante

    ⚖️ Équilibre minéral, normal à ce stade

    • Calcium, magnésium, phosphore : normaux
    • Acide urique : légèrement élevé mais non critique

    🧭 Conclusion intégrée des deux volets (5 août 2025)

    AspectRésultatInterprétation
    🧪 FoieGGT, PAL, ALAT/ASAT, bilirubine ↗️Cholestase + cytolyse persistante, sévère
    🧬 ImmunitéCD4+ bas, CD8+ très haut, ratio inversé, NK ↗️Activation cytotoxique (virale ou inflammatoire), immunodysrégulation post-greffe
    🩸 InflammationFerritine et CRP très élevéesProcessus actif en cours (infection, GVH, inflammation)
    ❗️ SuspicionSyndrome immuno-inflammatoire post-greffe (EBV ? mixte ?)↗️ Justifie prudence sur Jakavi, mais surveille EBV de près

    Pour les GGT, c’est quasiment un record, je pense. N’allez surtout pas imaginer que je me suis enfilé trois bouteilles de whisky avant la prise de sang, je suis à l’eau pétillante depuis un an, et même un peu plus. Je suis pour le moment incapable de manger mon carré de chocolat noir le soir (rien que l’idée m’écoeure) et pour le café ou le thé, c’est très limite : l’expresso du midi « passe », mais pas le café du matin, pour le thé, c’est à peine mieux. J’ai donc hâte d’avoir un « vrai » compte-rendu, précis, avec les solutions envisagées. Je sais pertinemment que le traitement sera long, voire très long, mais si on peut empêcher le foie de se dégrader davantage, ce sera déjà pas mal. J’ai sélectionné une partie de la synthèse, mais, parallèlement, les plaquettes ont fait une sérieuse dégringolade et je suis à 90 giga/L.

    Jeudi 7 août

    Un petit scoop pour commencer la journée : l’arrêt de l’atovaquone ne suffira pas à éviter nausées et vomissements, j’en ai peur. Bref, c’est toujours compliqué et je me sens groggy. Debout de bonne heure, certes, mais je vais certainement faire quelques sommes dans la journée.

    On va commencer la matinée en musique :

    Ekke a fait son grand retour hier, en pleine forme, refusant les conventions, s’opposant à Morticia et à toutes celles et ceux qui se mettent en travers de son chemin. Bref, Mercredi est de retour.

    3 août 2025

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