Greffe de moelle osseuse

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Greffe de moelle osseuse

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Greffe de moelle osseuse
  • Post-greffe, J 14

    Voilà, deux semaines se sont écoulées depuis que je suis sorti de l’hôpital. Je ne vois pas le temps passer, ou plutôt, j’ai du mal à évaluer ce temps. Parfois, ça e paraît vraiment très peu : deux petites semaines, 14 jours, avec deux visites post-greffe et une troisième vendredi matin (nous sommes jeudi après-midi alors que j’écris). Pas d’incident majeur niveau santé, à part ce souci d’insuffisance rénale qu’il faudra bien régler, même s’il est extrêmement fréquent d’après Doc Sylvie. Je peux boire un pack entier d’eau en bouteille par jour, je pense que ça ne règlera pas le problème, d’où l’arrêt de la ciclosporine (Néoral) pendant 24 h et la reprise du médicament hier soir avec une dose diminuée. Il y aura un nouveau dosage demain, on verra si les choses se sont arrangées ou pas. J’espère que les visites vont pouvoir s’espacer et redevenir hebdomadaires car c’est une contrainte assez pesante : mettre le réveil de bonne heure, rester à jeun, préparer les médicaments pour les prendre pendant le petit-déjeuner après la prise de sang, voir le médecin : il y a trois médecins sur place et le patient est vu à chaque visite par un médecin différent, j’ai déjà vu Doc Carole, Doc Sylvie, et il me reste à voir Doc Sylvain. Cela permet d’avoir à chaque visite un regard différent : le dossier avec l’historique est bien entendu partagé par les trois médecins qui communiquent aussi entre eux chaque semaine. Et quand on a vu le médecin, il faut patienter en attendant les résultats de l’analyse.

    Demain, ce sera donc la surprise, peut-être que je verrai Doc Sylvain. Je le connais de vue, c’est un grand type interminable qui anime beaucoup de séminaires, et que j’ai vu en intervention lors de conférences enregistrées. Les hématologues travaillent en réseau, surtout lorsqu’il s’agit de maladies rares, comme le syndrome d’Evans que j’ai eu avant la myélodysplasie et aussi sur les interventions « pointues » : la greffe de moelle osseuse, par exemple. Ils travaillaient aussi en relation étroite avec leurs confrères étrangers, notamment les hématologues américains, ainsi que les labos. J’imagine qu’ils doivent s’inquiéter de la tourmente qui agite les milieux scientifiques américains. Qu’adviendra-t-il des protocoles déjà en place ? Bien malin qui peut le dire.

    Sinon, que dire de plus ? L’hiver a fait son retour, avec des averses de grésil et un vent de nord désagréable, le ciel s’ennuage en cours de journée, c’est souvent le cas quand on a un beau ciel bleu le matin. Cela pourrait être pire, certes. Finalement, c’est un peu rassurant de voir que mars est capricieux et ne ressemble pas à mai ou juin, il est fidèle à sa réputation : doit-on prendre son parapluie ou son imperméable quand on sort ? Faut-il prévoir des vêtements chauds ? Ce mois est un point d’interrogation, en fait. Voici un poème pour illustrer mes propos.

    Mars (la ronde des mois)

    Mars, le mois des fous,
    Qui s’amuse et bafoue
    Les lois, même de la nature.
    Un jour l’hiver perdure
    Un autre l’été semble être là.
    Mars, long mois plein de falbalas
    Où, la nature, enfin, s’éveille
    Après de longs mois de veille.

    Les animaux sortent de leur torpeur
    Au milieu de ces jours trompeurs,
    Dans un environnement prometteur.
    Mais, rien n’arrête ce vilain rouspéteur,
    Qui n’en fait qu’à sa tête,
    Et, comme une vedette,
    Annonce le retour du Printemps,
    Dans une orgie de coloris, promettant,
    L’éclosion de la vie insolente
    Telle une immense vague déferlante.

    Dominique Sagne

    J’aimerais aller voir nos « goganes » – c’est l’appellation locale des fritillaires pintades – qui fleurissent actuellement dans les basses prairies, mais si c’est pour se prendre un déluge sur la tête, je pense que cela attendra un peu.

    En attendant je vais essayer de vous trouver quelques chansons sans thème particulier. Un peu de jazz, peut-être ?

    14 mars 2025

  • Post-greffe, J 13

    L’hiver est de retour pour quelques jours semble-t-il, sans doute un dernier baroud d’honneur avant l’arrivée « officielle » du printemps. En météo le printemps commence le 1er mars ; il fait actuellement 7 petits degrés et le ciel est tout gris, cela n’incite pas à la promenade et ce serait imprudent. Mon système immunitaire est équivalent à celui d’un grand prématuré, je peux donc choper toutes sortes d’infection, voire la rougeole qui fait son grand retour puisque certains parents refusent la vaccination pour leurs enfants. C’est parfait, si je l’attrape – je l’ai eue à 30 ans et j’en garde un souvenir très désagréable – je mourrai probablement puisque je n’ai plus les anticorps pour la contrer. Il en va de même pour toutes les autres maladies pour lesquelles j’ai obligation de me faire vacciner : la grippe, COVID 19, et toutes les autres maladies « à vaccin » tant que je n’aurai pas mon schéma vaccinal complet. C’est pourquoi on a tant de règles à respecter. Je ne suis pas immunodéprimé, je suis « immuno zéro ». Je connais un certain discours habituel : « C’est à toi de te protéger, nous on fait comme on veut, si tu meurs tant pis, c’est la sélection naturelle ». Je ne rouvrirai donc pas ce débat sur les réseaux sociaux mais j’ai toujours pensé qu’il fallait se protéger soi, et protéger les autres aussi : cela s’appelle vivre en société. Cela ne passe pas uniquement par le vaccin -et certaines personnes ne les supportent pas, mais par toute une série de gestes que les gens oublient : on voit de moins en moins de gens avec le masque dans les salles d’attente des médecins, par exemple, et si vous faites vos courses avec un masque, c’est vous que l’on regarde de travers.

    Pour le moment, à part Michel qui prend plein de précautions quand il revient de l’extérieur, je ne vois personne, sauf pendant les visites au CHU. Il n’y a pas intérêt à se pointer en post-greffe sans masque, sinon on vous rappelle à l’ordre en vous donnant le précieux filtre à microbes. D’ailleurs, les masques du CHU sont très confortables, on n’a pas cette sensation d’étouffement que l’on peut avoir avec les masques du commerce, qui sont relégués la plupart du temps dans des endroits improbables, un peu comme les préservatifs à une époque. Les gens ont la mémoire courte, pour un peu il n’y a jamais eu de pandémie, peut-être que j’ai imaginé aussi mon séjour dans le service infectiologie, suivi d’un passage en réanimation puis en pneumologie. À mon retour dans la chambre, avant de sortir et d’enchaîner sur un pneumothorax, les infirmières m’avaient dit « On ne pensait pas vous revoir, M. Macron, quand on vous a emmené dans cet état en réa ». La bête est plus coriace qu’on ne pense mais elle a conscience de sa finitude : ce qui est né un jour est condamné à mourir, c’est le grand paradoxe de la vie.

    J’écoutais hier l’interview de la directrice de l’Institut Pasteur qui expliquait calmement les conséquences de la purge insufflée par Trump et par son « bouffon sous kétamine ». Il n’y aura plus de programmes de recherche possibles et en cas de pandémie, il sera impossible de réagir puisqu’il n’y aura plus d’interlocuteurs aux USA, de même pour les recherches sur les traitements, les nouveaux médicaments, les essais thérapeutiques : tout ça, ça ne sert à rien a dit le président élu démocratiquement. Les temps obscurs reviennent, l’hiver, le grand hiver…

    https://www.latribune.fr/la-tribune-dimanche/opinions/yasmine-belkaid-dg-de-l-institut-pasteur-proteger-la-recherche-c-est-aussi-defendre-l-europe-1020186.html

    J’ai bien conscience que ce que je raconte n’est pas très drôle mais tout n’est pas forcément comique autour de nous en ce moment.

    Allez, je vais chercher quelques illustrations musicales pour nous changer les idées.

    L’hiver arrive…

    Il fut un temps où l’Amérique faisait rêver :

    Savez-vous la connotation parfois attribuée à la casquette rouge dépassant de la poche arrière du jean de Bruce Springsteen ? Cela ferait référence à un code utilisé par les gays américains dans les bars et autres lieux de rencontre. La couleur du bandana indiquait les préférences sexuelles et permettait d’aborder « la bonne personne », c’était le temps où l’Amérique commençait – ce fut très long, entre 1960 et les années 80 – à se libérer de son puritanisme, je vous laisse faire vos recherches sur les bandanas, mais je doute que ce soit la bonne explication en ce qui concerne Springsteen.

    La chanson suivante est tout de même moins dangereuse que la kétamine du bouffon :

    13 mars 2025

  • Post-greffe, J 12

    Je me suis réveillé juste avant que l’alarme du réveil ne retentisse, vers 6 h 20, et j’ai pris mon courage à deux mains pour aller me préparer, pendant que Michel allait déjeuner. Vous conviendrez avec moi que c’est tout à fait injuste que je reste à jeun, d’autant plus qu’on me fait une prise de sang en arrivant. Ce matin, Doc Sylvie était chargée de me recevoir, toute contente de nous retrouver – Michel m’accompagne pendant les consultations – elle a regardé l’historique et procédé à l’auscultation. Comme elle voulait vérifier ma peau et voir mes jambes, le plus simple était de me mettre en slip avant de monter sur la table. Elle a regardé la jambe avec l’érysipèle – l’alien, si vous préférez, et a déclaré : « Mais elles sont belles, vos jambes ! » Ce à quoi j’ai répondu « Oui, on dit que j’ai de belles gambettes ! » Ce n’était pas original comme réplique, mais enfin, j’avais envie de placer ça. Elle a donc vu que je n’étais pas dépressif, que je me porte plutôt pas mal pour un greffé et je me suis rhabillé pendant qu’elle regardait son écran pour adapter les dosages de ciclosporine. Comme je m’inquiétais de la disparition de mes lymphocytes elle a ri et m’a dit : « Vous en avez pour des mois avant qu’ils ne commencent à réapparaître ! » En revanche, elle a trouvé que c’était bien pour le reste, si on met de côté cette insuffisance rénale sans doute due à la ciclosporine (Néoral). « M. Macron, je vous libère mais ne partez surtout pas avant que je vienne vous voir, on risque selon les résultats de vous convoquer vendredi. »

    Nous sommes retournés en salle d’attente où on a attendu quelques minutes avant que l’on vienne me chercher. Il n’y avait qu’une dizaine de tubes à prélever, donc c’était « petite » prise de sang, et je suis allé déjeuner tout en prenant les médicaments. Encore une fois, c’est plus pratique à la maison car je peux m’organiser pour en prendre avant le petit déjeuner, pendant, et je ne prends la ciclosporine que vers 9 h 15, ce qui permet à l’estomac de digérer la première série. Au CHU, je dois tout prendre pendant le petit déjeuner, et la saturation accompagnée de nausées peut rapidement prendre le dessus.

    Je reviens donc de la petite salle et là, surprise, arrive une dame qui travaille en binôme avec Daphné. La dame – j’ai oublié son prénom – est maître d’armes et intervient en début de semaine, alors que Daphné est présente en fin de semaine. La séance était plutôt rythmée et intensive, avec des exercices variés : on travaille souplesse, équilibre et précision, de différentes manières et avec des spectateurs puisqu’on utilise la salle d’attente après avoir dégagé la table basse ; elle montre d’abord les gestes à accomplir, puis c’est mon tour. On a travaillé avec le sabre (factice) et vu différentes techniques d’attaques et de parades. On a même fait du sabre laser avec deux objets que l’on aurait pu confier à Obi Wan Kenobi ou à Luke Skywalker. J’ai demandé deux pauses car le rythme était assez rapide mais on a pu mener la séance jusqu’au bout. À la fin de la séance, mon maître d’armes a demandé si j’avais pratiqué l’escrime autrefois : « Non, c’est ma troisième séance aujourd’hui ! » « Eh bien, vous vous débrouillez très bien ! ». Un jour, quand je serai encore plus petit et très vieux, je serai maître Yoda.

    Dernière minute : Michel me dit que le maître d’armes s’appelle Carmen, elle a d’ailleurs un délicieux accent.

    Doc Sylvie est revenue me voir avant midi pour me dire que je devais revenir vendredi, elle diminue la ciclosporine après un arrêt de 24 h et elle veut vérifier ensuite la fonction rénale. Je n’étais guère enthousiaste, non que je m’ennuie sur place, mais il faut se speeder le matin pour arriver à l’heure. Le GPS de la voiture a fini par me dérider sur le trajet du retour. Il ne sait pas que St Jean de Linières se prononce Saint Jean de Linières et persiste à prononcer le « S » et le « T » séparément. Le plus drôle, c’est quand on arrive à St Georges / Loire qu’il traduit ainsi : « S T Georges barre oblique Loire ». Vous allez dire que je m’amuse de pas grand-chose, mais je ris à chaque fois !

    En me relisant, je m’aperçois que j’ai oublié de vous dire que j’ai croisé une vieille connaissance alors que nous arrivions sur place : Jules, mon petit Jules que tout le monde cherchait partout, j’étais heureux de le voir, et lui aussi : « Ahhh M. Macron, ça fait plaisir de vous voir ! Le retour à la maison se passe bien ? Et vos reins, comment vont-ils ? »

    Je termine avec quelques chansons qui me trottent dans la tête :

    12 mars 2025

  • Post-greffe, J 11

    Nous sommes lundi au moment où je rédige mon article quotidien. Nous serions dimanche ou mardi que cela ne changerait pas grand-chose : les journées sont calmes, ponctuées par le rythme des prises de médicaments et les autres routines. Étant donné que je suis interdit d’éponges, de chiffon et de produits nettoyants, me rendre utile est compliqué : je fais le lit – ce n’est pas marqué que c’est interdit – et je mets la table, je vide le lave-vaisselle aussi. Ce n’est pas pour autant que je m’ennuie, j’ai téléchargé la version numérique de « L’affaire Alexandra Sanders » de Joël Dicker, ce n’est pas son dernier roman, mais au moins la version numérique n’est pas à un prix prohibitif. C’est plaisant à lire, on explore plein de pistes pour élucider le meurtre d’Alexandra Sanders, les témoins ne disent pas tout, plus de dix ans après le meurtre mais on sent bien que le type en prison n’est pas le coupable. Je ne vais pas vous résumer le livre, c’est bien trop compliqué et tortueux, mais cela passe le temps agréablement.

    Nous rentrons de promenade, toujours notre petit chemin, alors je n’ai pas pris beaucoup de photos, voici celles que j’ai sélectionnées pour aujourd’hui :

    Les lumières étaient jolies, avec un beau ciel chargé en petits nuages peu menaçants, et il fait très doux dehors. Nous avons été accompagnés par une symphonie pastorale : les oiseaux chantaient à tue-tête, et les plus petits ne sont pas les derniers à se faire entendre. C’est un peu comme les gosses de 6e qui ont des petits voix aiguës et parviennent à vous vriller le tympan.

    Ah, je vous raconte le gag du jour : j’ai reçu les résultats d’analyse par courrier, vous imagez sans doute une enveloppe avec tous les résultats, quitte à prendre une enveloppe kraft parce qu’il y avait un bon paquet de feuilles. Eh bien non, j’ai reçu 5 enveloppes différentes, ce qui a amusé Michel quand il a vu ma tête ! Je ne vais pas me prendre la tête à tout décrypter, sachant que demain j’ai ma deuxième visite post-greffe, il faudra donc à nouveau mettre le réveil à 6 h 30.

    Je vous propose de célébrer les oiseaux en chansons :

    10 mars 2025

  • Post-greffe, J 10

    Il pleut, c’était annoncé, mais ce n’est pas la même pluie que celles amenées par les nuées océanes, c’est une pluie fine et le vent est orienté sud-est. C’est donc un dimanche sous le ciel gris, qui mérite bien un poème :

    Il pleure dans mon cœur
    Comme il pleut sur la ville ;
    Quelle est cette langueur
    Qui pénètre mon cœur ?

    Ô bruit doux de la pluie
    Par terre et sur les toits !
    Pour un coeur qui s’ennuie,
    Ô le chant de la pluie !

    Il pleure sans raison
    Dans ce cœur qui s’écœure.
    Quoi ! nulle trahison ?…
    Ce deuil est sans raison.

    C’est bien la pire peine
    De ne savoir pourquoi
    Sans amour et sans haine
    Mon cœur a tant de peine !

    Paul Verlaine
    Romances sans paroles (1874)

    On ne va pas se laisser gagner par le spleen, du moins pas encore : au bout du dixième jour de pluie, on commencera à trouver le temps un peu long. Nous avons mangé un tajine poulet / agneau et une délicieuse tarte aux pommes encore tiède, de quoi stabiliser mon poids qui est surveillé lors des visites, sinon je risque de me retrouver avec les affreux compléments alimentaires que je suis incapable d’avaler, même pour faire plaisir à Corinne, la diététicienne.

    La prochaine visite post-greffe est prévue mardi et je commence à cogiter : les résultats du chimérisme seront-ils connus ? Seront-ils bons ? Et si la greffe ne prenait pas, que me proposerait-on ? Une autre greffe ? Cela me semble compliqué, je ne me sens pas prêt à faire deux fois l’expérience de la chimio et du Grafalon, et je ne me vois pas passer encore 4 semaines dans une chambre.

    Comme disait Doc à la Voix Douce : « On ne va pas envisager le pire tout de suite, M. Macron, on avisera en fonction des résultats ! » C’était à propos de mon insuffisance rénale et avant l’échographie qui n’avait décelé aucune anomalie sur les reins. Attendre, toujours attendre : à quand les résultats instantanés : tu mets le prélèvement de moelle osseuse dans la machine et zou ! Tu as les résultats instantanément, alors que là il faut patienter, plusieurs jours, au moins deux semaines.

    Patience, d’ici la semaine prochaine je devrais avoir… une pluie de résultats.

    Comme d’habitude, on termine en chansons :

    10 mars 2025

  • Post-greffe, J 9

    J’écris ces quelques lignes le samedi 8 mars, c’est la journée internationale des droits des femmes, et non « journée de la femme » comme on le lit encore. Mais pourquoi une seule journée dans l’année ? On devrait s’en préoccuper tous les jours, non ? Faire en sorte que les salaires soient les mêmes, mieux prendre en compte les arrêts de travail, mi-temps, ou congés parentaux lorsque les femmes désirent avoir un enfant et tisser les liens avec leurs bébés en mettant en pause leur carrière.

    Je lisais récemment que la différence, pour des postes similaires hommes / femmes peut atteindre 150 000 € sur une carrière complète, ce n’est pas rien tout de même, surtout quand la femme après sa journée de travail doit se coltiner les courses, les gamins à récupérer, les devoirs, l’entretien de la maison : c’est encore fréquent.

    Mes héroïnes du quotidien pendant un mois s’appelaient Michèle, Charlène, Carole, Chana. Médecins, infirmières et aides-soignantes, les femmes sont nombreuses en hématologie. Elles m’ont expliqué que les hommes préfèrent travailler de nuit, comme Yann, mon infirmier qui a pris soin de moi lorsque le Grafalon a failli m’emmener en réanimation. Elles courent toute la journée, s’efforcent de toujours avoir le sourire, venaient discuter le soir, de tout, de rien, de la couleur de mes tee-shirts qui leur plaisaient tant, de ma prochaine sortie, de leurs organisations quotidiennes pour venir au CHU, parfois en covoiturage, parfois en prenant le train, puis le tram. Elles m’ont expliqué apprécier ce sas de décompression qui leur permet d’évacuer les soucis ou les stress de la journée : ce sont elles, les héroïnes, les guerrières, au quotidien et pas seulement une journée dans l’année. Pour les brancardiers, à l’inverse, ce sont en grande majorité des hommes, le métier est physique mais on voit aussi quelques femmes exercer cette profession.

    Ici, il n’y a pas de femme à exploiter pour le ménage et l’entretien de la maison : le maître des lieux en ce moment, c’est Michel qui gère courses, lessives, pliage du linge, ménage et cuisine. Ce matin, c’était grand ménage et j’ai interdiction formelle de toucher à quoi que ce soit, je suis allé m’installer dans la chambre pendant qu’il faisait le séjour. L’autre jour, j’ai commencé par réflexe à prendre une éponge et je me suis fait enguirlander « Lâche ça tout de suite, tu n’as pas le droit ! ». Je peux reprendre le vers qui a fait couler tellement d’encre : « Vous êtes mon lion superbe et généreux ! Je vous aime » (Victor Hugo – Hernani). Mais un jour je pourrai reprendre mes chiffons et je me vengerai… Patience !

    Je vous ai déjà parlé des menus qui sont un casse-tête lorsque Michel fait les courses : il faut vérifier que le poisson surgelé ne soit pas accompagné d’une sauce aux crevettes, imaginer des menus en éliminant toute une liste d’aliments qui me sont rigoureusement interdits, on oublie les soirées « flemme » où on se contente de deux patates chacun avec des rillettes – pas de charcuterie, seul le jambon est autorisé s’il est cuit au four ou à la poêle. N’empêche que le cuisinier me prépare de bons petits plats : hier soir c’était quiche maison (avec pâte du commerce), il faut juste veiller à ce que les lardons ne soient pas fumés (c’est strictement interdit), c’était croustillant, savoureux, rien à voir avec les quiches toutes molles et triste des plateaux-repas.

    On termine avec quelques chansons dans le thème de ce 8 mars :

    9 mars 2025

  • Post-greffe, J 8

    La courte sortie du jour vient d’avoir lieu, nous sommes allés à la pharmacie à pied, en passant par le parc. Il ne fait pas froid, mais un vent désagréable souffle du sud et cela n’incite pas à prolonger les promenades. Mais qu’importe puisque l’on a quand même marché.

    La pharmacie, c’est quand même un luxe dans le bourg quand on voit que tout ferme : l’épicerie est pour le moment fermée, sans gérant, la boulangerie du bourg va fermer dans le courant de l’année et notre « charmante » buraliste – oui, elle a fait de moi son ennemi personnel alors que Michel a droit à la bise – va prendre sa retraite. Donc il reste la pharmacie, avec une équipe sympathique qui connaît bien sa clientèle et sur laquelle on peut compter. La mairie ne sert plus à grand-chose : on y récupère les sacs jaunes pour le tri sélectif. Certes, il y a le nouveau lotissement, mais si on veut des enfants dans les écoles, il conviendrait aussi de prévoir des logements locatifs. Mais, honnêtement, les élus veulent-ils encore entendre les enfants brailler dans la cour de récré ? Deux écoles qui perdent chacune des élèves, des classes, un bourg où ne résideront bientôt que les vieux comme nous. Et tout ça alors que l’on a besoin de main d’œuvre : un grand panneau à l’entrée du bourg signale que la menuiserie Perrault recrute. Cela ne vous dit peut-être pas grand-chose mais c’est l’entreprise qui a été choisie pour refaire la charpente de Notre Dame, le chantier d’une vie pour tous les artisans qui ont travaillé sur le monument le plus visité de France. Nous avons vu la charpente assemblée sous un immense chapiteau, c’était un spectacle extraordinaire.

    Maison Perrault fondée en 1760

    Vous pourrez faire les curieux et regarder leur site : ils sont partout où on a besoin de personnes qualifiées, spécialisées dans la restauration de patrimoine ancien.

    Ainsi va la vie dans notre petit bourg où l’on pourrait imaginer tant de choses si une équipe solide et impliquée s’intéressait vraiment à la vie des habitants. Nous avons aussi le Musée des Métiers, qui est un lieu remarquable consacré aux métiers d’autrefois :

    https://www.musee-metiers.fr/

    Pour l’anecdote, une jardinière en béton avait été posée par les employés municipaux devant la porte d’entrée, empêchant celle-ci de s’ouvrir en grand et rendant inaccessible le lieu aux personnes en fauteuil roulant. Manque de jugeotte ? De même, les plots délimitant les passages protégés avaient été placés devant certaines portes de garage, empêchant les riverains de sortir ou rentrer leurs voitures. « On nous a dit de poser ça là, nous on pose ! ». Cela rejoint la jardinière installée pour embêter les infirmières. On en rit après-coup, mais c’est plutôt dramatique de voir que personne n’étudie vraiment les impacts d’aménagements faits en dépit du bon sens et le manque de communication. Nous pourrions avoir un village fleuri, ce fut le cas à une époque. Le centre-bourg a été refait sans intégrer cet aspect : c’est minéral, et sans âme.

    Mais sinon, on vit bien chez nous. Tant que la pharmacie résiste, cela me va, je dois être désormais un client VIP avec le traitement post-greffe.

    Sinon, pour en revenir avec la thématique du blog, j’ai reçu ce matin une rafale de notifications par mail : le labo du CHU m’informait que mes résultats étaient consultables en ligne. Certes, mais les plus importants sont « transmis au médecin qui informera le patient ». Ce n’est pas bien grave : quand c’est urgent, le CHU me rappelle et sinon, cela signifie que je peux attendre la prochaine visite. Vous voulez un scoop ? Le poisson surgelé et sa sauce au citron, avec les épinards surgelés, agrémentés de crème fraîche (UHT uniquement), c’est drôlement meilleur que le poisson tout sec de l’hôpital avec ses épinards baignant dans l’eau !

    Voici quelques chansons célébrant la vie à la campagne :

    8 mars 2025

  • Post-greffe, J+7

    Nous nous sommes levés de bonne heure en ce jeudi matin, j’étais convoqué à 9 h pour la première visite post-greffe et la circulation matinale à l’entrée d’Angers – et même avant – impose de prévoir large. On a bien fait, c’était bloqué mais Michel a su éviter le plus gros des embouteillages en bifurquant pour prendre un autre itinéraire. Oui, il est doué (on n’inclut pas les multiprises !).

    Nous sommes arrivés un peu après 8 h 30 et on a pu trouver un stationnement tout près de l’entrée. Le suivi post-greffe est un lieu un peu à part : une salle d’attente avec des fauteuils confortables, les bureaux des soignants, un sas avec porte vitrée que l’on franchit avec le médecin pendant la consultation. Michel a eu droit à une chaise, mais confortable et il a surtout pu m’accompagner en auscultation. Nous étions 5 patients et chacun attend sagement son tour, ce n’est pas par ordre d’arrivée donc j’ai attendu patiemment. On commence par la prise de sang et la mienne était encore conséquente, plus d’une vingtaine de tubes, avant il y avait eu la pesée et la prise des constantes. « Je dois vous poser un patch sur le sternum, M. Macron, vous allez probablement avoir un myélogramme. » Le tout dit avec un grand sourire, mais je commençais à redouter le pire en imaginant Cruchotte en train de me massacrer à coups de trocart.

    Dès que la prise de sang est faite, on vous propose d’aller déjeuner et de prendre vos médicaments, dans une petite salle où une dame charmante vous donne ce que vous désirez. Le café est lyophilisé donc presque imbuvable, mais le jus d’orange est bon. J’ai déjeuné tranquillement en prenant la série de médicaments sans me précipiter et j’ai rejoint Michel. Nouvelle attente, on a vu mes tubes de sang dans un sachet partir au labo par pneumatique et Doc Carole est venue me chercher. Je la connais bien car elle a remplacé Doc à la Voix Douce pendant son absence. On a fait le point sur le retour à la maison, sur mon état physique, je lui ai montré les résultats d’analyse de lundi, qu’elle a trouvés fort bons et je me suis installé en slip sur la table d’examen. Il faut examiner la peau pour voir si une GVH apparaît : RAS pour le moment, elle procède à l’auscultation, et arrive le moment tant redouté du myélogramme. Je lui ai fait part de mes appréhensions et elle a mis une bonne dose d’anesthésie locale. On a toujours une sensation bizarre au moment de l’aspiration, mais elle a fait tout ça posément, sans hésiter et sans se précipiter, et je n’ai pas ressenti de douleur atroce. Donc un bon point pour Doc Carole. Les premiers résultats venaient de tomber et la formule sanguine s’est encore améliorée : « J’attends le chiffre de la créatinine et je reviendrai vous voir en salle d’attente ». Nouvelle pause, le temps de scroller un peu sur le téléphone et je la vois revenir : « La fonction rénale n’est pas top, je vous ai donc diminué deux médicaments, voici l’ordonnance avec la nouvelle posologie et on va vous donner votre convocation pour mardi prochain, en attendant, continuez de boire beaucoup. » Le but du myélogramme et de la méga prise de sang, c’est de calculer le chimérisme, mais il faudra être patient pour avoir les résultats.

    On a repris la route, après avoir salué tout le monde et nous sommes rentrés vers midi, un plat surgelé nous attendait, c’était prévu de façon à ne pas avoir de cuisine à faire (je ne peux pas manger de sandwich ni aller au restaurant pour le moment). Après la sieste, nous avons profité du soleil pour nous promener dans notre petit chemin préféré, les oiseaux chantaient à tue-tête tout en jouant à cache-cache dans les haies, je vous ai pris quelques photos, le vent a sans doute rendu flous certains clichés, je vais donc sélectionner.

    Voici nos narcisses pris d’en bas car ils sont tournés côté cour :

    Les autres photos illustrent la promenade et sont toutes prises dans le petit chemin derrière la chapelle de Charité :

    Il est temps de terminer en musique, sans thème précis, juste quelques chansons au hasard, la pluie et surtout le beau temps :

    6 mars 2025

  • Post-greffe, J 6

    Ce n’est pas de mon fauteuil habituel que je vous écris, mais depuis celui de la chambre. Nous allons imaginer le sujet de la rédaction que la maîtresse de CM2 aurait pu nous donner.

    Sujet : Décrivez une journée particulièrement mouvementée.

    Pour être exact, la matinée fut calme, jusque vers 11 h. Michel a voulu rebrancher une prise multiple et là, patatras, j’entends un juron, je vois que je suis sur batterie avec l’ordinateur. Après vérification, ce sont toutes les prises du séjour / salon qui sont concernées, donc pas de télé, entre autres. Michel descend voir le tableau électrique, cible le fusible défaillant et nous déjeunons. Après la sieste, il décide d’aller voir dans un magasin de bricolage à Chalonnes, comme je ne le vois pas revenir, je me doute qu’il a dû aller jusqu’à Chemillé et je l’appelle : effectivement, à Chemillé il pense avoir trouvé son bonheur.

    J’ai omis de vous dire que l’installation est aussi ancienne que la maison et qu’elle a donc une cinquantaine d’années… Il arrive avec le fusible porte-broche, le dernier du magasin. Las, trois fois hélas, la taille n’est pas la bonne, il est trop large. Nous commençons chacun de notre côté une recherche sur internet : pas de machin à broche à Cholet, à Angers non plus. Je me dis alors que l’on va faire une croix sur la promenade quotidienne car il va falloir trouver une solution, recherches vaines sur internet, même en ligne.

    Il finit par appeler un électricien à Chalonnes, lequel demande une photo du tableau électrique, c’est fait, et nous attendons la suite des évènements. À défaut d’avoir l’électricité dans les prises, nous l’avons dans l’atmosphère, on peut entendre l’air crépiter comme en montagne juste avant l’orage, ce n’est jamais bon signe et cela précède la foudre en général (relisez Frison-Roche qui appelait cela « les abeilles »). Ah, nous sommes en direct et on vient de me dire à l’oreillette que l’électricien va commander le bon fusible. En attendant que la commande arrive, nous sommes toujours en panne, évidemment. Heureusement que les autres prises fonctionnent dans le reste de la maison, et notamment dans la cuisine. Je crois qu’il y a un deuxième appel en cours, le suspense est à son comble, j’entends le rire de Michel, ce qui ne me renseigne pas sur la teneur de la conversation et j’attends la suite avec l’impatience du Bélier qui veut tout le plus vite possible. Bien, j’ai donc la suite : l’électricien ne peut pas commander la pièce d’origine et propose une solution avec un disjoncteur qui permettra d’attendre la mise aux normes du tableau électrique. Cela sera fait demain après-midi ou vendredi au plus tard.

    Je dirai donc en conclusion que ce fut effectivement une journée mouvementée, prise de tête et je vous laisse compléter la liste des synonymes possibles.

    Demain, jeudi, sera à nouveau une journée bien remplie avec ma première visite post-greffe ; il faudra se lever de bonne heure, prévoir les médicaments pour le matin (puisque je dois rester à jeun pour la prise de sang) et attendre les résultats qui me seront commentés par un des médecins post-greffe, j’aurai le droit de prendre mon petit déjeuner après la prise de sang et d’ingurgiter les médicaments les uns après les autres, alors qu’ici je m’organise pour les prendre en deux ou trois fois, mais c’est ainsi. Si je peux avoir deux laitages, cela passera mieux. L’article qui paraîtra vendredi vous donnera les détails de cette visite.

    Je vais essayer de trouver des chansons dans le thème, sinon ce sera en fonction de mon humeur:

    6 mars 2025

  • Post-greffe J 5

    Il y a peu, je vous accueillais avec un poème de Maurice Carême, aujourd’hui, j’aimerais vous accueillir avec une très jolie chanson de Françoise Hardy. Je pense souvent à son combat contre la maladie, à sa dignité, son humour et sa classe. François Hardy avait d’abord souffert d’un lymphome et d’autres pathologies sont venues se greffer sur la première. Je ne suis jamais très objectif quand il s’agit d’évoquer celle qui a marqué mes goûts musicaux depuis que je suis enfant. On l’entendait à la radio, puis on a découvert cette jeune fille à la télévision, souvent timide, un peu gauche, mais dès qu’elle chantait, on sentait que l’artiste ferait une longue carrière. Elle était fidèle en amitié, ainsi qu’en a souvent attesté Sheila : elles n’avaient pas du tout le même registre, mais chacune travaillait énormément, elles sont toujours restées proches, malgré le temps qui passe et les tourbillons de la vie.

    Justement, la chanson s’appelle « L’amitié » :

    Beaucoup de mes amis sont venus des nuages
    Avec soleil et pluie comme simples bagages
    Ils ont fait la saison des amitiés sincères
    La plus belle saison des quatre de la Terre

    Ils ont cette douceur des plus beaux paysages
    Et la fidélité des oiseaux de passage
    Dans leurs cœurs est gravée une infinie tendresse
    Mais parfois dans leurs yeux se glisse la tristesse
    Alors, ils viennent
    Se chauffer chez moi
    Et toi aussi
    Tu viendras

    Tu pourras repartir au fin fond des nuages
    Et de nouveau sourire à bien d’autres visages
    Donner autour de toi un peu de ta tendresse
    Lorsqu’un autre voudra te cacher sa tristesse

    Comme l’on ne sait pas ce que la vie nous donne
    Il se peut qu’à mon tour je ne sois plus personne
    S’il me reste un ami qui vraiment me comprenne
    J’oublierai à la fois mes larmes et mes peines
    Alors, peut-être
    Je viendrai chez toi
    Chauffer mon cœur
    À ton bois

    Paroliers : Gérard Bourgeois / Jean-Max Rivière

    Voilà, bravo aux deux paroliers et à l’artiste qui a su interpréter délicatement cette jolie chanson. J’apprécie particulièrement « la fidélité des oiseaux de passage ». Certaines personnes traversent ainsi votre vie, on croit que l’on sera amis pour toujours, et on se réveille un matin en se demandant si on n’a pas rêvé, les « oiseaux » sont partis ailleurs, souvent sans prévenir, ils sont passés à autre chose, ils vous ont zappé, effacé de leur existence pour d’obscures raisons, et se perdre en conjectures équivaut à perdre son temps.

    Je vous écris le mardi 4 mars et j’ai réalisé en voyant les articles sur internet que c’est Mardi Gras. Pas de déguisement chez nous, je sais pourtant que vous voudriez nous voir cachés derrière nos loups et vêtus de nos costumes à paillettes, mais non, c’est beaucoup plus calme. Un très gentil livreur est passé à la fin du repas nous livrer un meuble de cuisine qu’il faudra monter en espérant que la notice soit complète et compréhensible. En général, étant donné que j’ai horreur de suivre les notices et que je fais tout à l’envers, c’est Michel qui sera à l’œuvre, je me contente d’être l’assistant qui passe la clef alène, qui tient telle partie en place et qui regarde admiratif la patience de celui qui parvient à ne pas déchirer le plan en menus morceaux. Pour le moment, la « bête » dort dans ses cartons et elle attendra bien encore un peu. (eh bien non, le monteur en chef attaque le montage du meuble !)

    Avant de vous quitter pour la promenade quotidienne – on profite du beau temps-, je ne résiste pas au plaisir de vous mettre deux chansons que vous fredonnerez toute la journée malgré vous.

    5 mars 2025

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