Vendredi 30 octobre
En attendant la terrible nuit d’Halloween que l’on nous promet, je profite de cette fin de matinée, très calme, pour démarrer ce nouvel article. Pour une fois, ce ne sont pas les résultats d’analyses de sang ou les comptes-rendus d’examens qui m’occupent, mais mon deuxième métier, celui d’auteur. J’ai reçu hier en fin d’après-midi un mail qui m’indiquait que « Tempête Solaire en Anjou » serait finalement édité en septembre 2027. Il avait déjà été décalé en mars 2027, alors qu’il devait sortir en septembre 2026, et, badaboum, il est de nouveau repoussé de plusieurs mois. J’ai donc eu un échange, ferme, mais courtois, avec ma maison d’édition. Les explications restent « fumeuses », mais je pense que toutes les maisons d’édition connaissent des moments difficiles. J’ai quand même tenu à préciser que je ne referai pas le travail déjà effectué de mon côté. Je suis un garçon sérieux, je rends toujours le travail demandé à l’heure et, le plus souvent, en avance. Il ne reste que la partie « première de couverture » à travailler avec le graphiste.
Cependant, j’ai quand même eu une très bonne nouvelle : mon roman « écossais », « Disparitions au phare d’Eilean Mòr » a été accepté par le comité de lecture. Ce sera donc une prochaine aventure éditoriale, mais j’ai tellement eu de plaisir à écrire ce livre que je suis vraiment heureux qu’il ait aussi convaincu les membres du comité de lecture. Je crois que c’est le roman qui m’a donné le plus de recherches à effectuer, mais c’est une étape que j’aime beaucoup. On apprend, on découvre, on imagine les situations tout en restant vraisemblable d’un point de vue historique, sociologique et même politique. Pour faire court, le roman se situe au début du 20e siècle, au moment du décès de la reine Victoria, période charnière pour la Grande-Bretagne, mais aussi pour toute l’Europe. Voilà, pour en savoir plus, il va falloir attendre un peu. Tic-tac, tic-tac. Pour l’ambiance, on est entre Mary Shelley, Dan Brown et Charlotte Brontë. Bon, je peux vous donner le « pitch » :
Auteur : Loïc Penrose
Genre : Roman d’atmosphère, historique & mystérieux
Période : Écosse, hiver 1901 – été 1902
Public visé : Lecteurs amateurs de récits énigmatiques, d’histoire, de science et de tension littéraire
Pitch
Décembre 1900. Trois gardiens du phare d’Eilean Mòr disparaissent sans laisser de traces. L’enquête officielle évoque une vague scélérate. Mais dans les pubs des Hébrides, d’autres versions circulent : conflit, malédiction, ou phénomène encore inexpliqué…
Quelques semaines plus tard, deux scientifiques français, mandatés par leur mentor, Camille Flammarion, débarquent à Oban sous couvert de journalisme. Leur objectif : approcher le seul témoin encore en vie, Joseph Moore, et remonter jusqu’à un certain Edgar Penrose — savant excentrique et ancien disciple de Maxwell, lui-même mystérieusement disparu.
En recueillant des témoignages, en explorant le territoire, puis en découvrant un laboratoire oublié, les deux hommes, rejoints par un jeune héritier anglais, lèvent peu à peu le voile sur un dispositif scientifique d’avant-garde. Ce qu’ils trouvent interroge la perception du réel, les limites de la matière… et la responsabilité de ceux qui savent.
Mêlant archives fictives, récits à tiroirs, journal de bord, ambiance hivernale et science spéculative, Disparition(s) au phare d’Eilean Mòr est un roman d’atmosphère où le fantastique affleure sans jamais rompre la vraisemblance. Entre vérité cachée et mémoire troublée, l’enquête prend des allures de passage de relais — et de seuil franchi.
Un « détail » devrait vous interroger… Voyons si vous serez perspicaces, j’attends vos déductions.
Week-end des 31 octobre et 1er novembre
C’est en lisant le journal d’Anton que j’ai appris l’incendie du Nid d’Aigle. La résidence secondaire d’Adolf Hitler est partie en fumée après un incendie volontaire. Le bâtiment est utilisé comme restaurant, et une exposition retrace l’histoire de la maison. Bien entendu, l’accès n’est pas facile pour des véhicules de secours et il neigeait au sommet, la maison a été construite à 1800 m d’altitude. Question : faut-il reconstruire le Nid d’Aigle ? J’imagine les questions d’ordre éthique qui ne manqueront pas d’être posées et les clivages que cela révélera.
Ici, rien ne brûle pour le moment. Le ciel est bleu angevin, avec ce côté légèrement laiteux quand il fait très beau et une fraîcheur qui s’accentue sans pour autant être excessive. Un beau temps d’automne qui ne fera pas remonter le niveau de la Loire. Notre journée s’écoule paisiblement, avant la traditionnelle visite des petites sorcières et petits vampires qui passeront frapper à la porte pour avoir des bonbons. J’ai eu envie de me déguiser en Freddie Krueger, mais je pense que les gamins, et les parents qui les accompagnent, m’auraient trouvé effrayant. Dommage, j’aurais pu hanter leurs nuits.
Ici, Halloween restera un moment bon enfant, en ville, ce sera visiblement plus compliqué. Je me dis qu’étant gamin, mes parents m’auraient certainement interdit d’aller frapper aux portes pour avoir des bonbons. Cette fête celte, puis américaine, est devenue ensuite une vaste opération commerciale avant de donner systématiquement lieu à des violences urbaines et à des incendies de voitures. J’ai du mal à comprendre tout cela. Si seulement un portail entre deux univers pouvait réellement s’ouvrir et avaler les abrutis qui vont semer le chaos, j’adhèrerais totalement. Chtulhu surgirait du néant et tout serait réglé.

Dimanche 1er novembre
La soirée fut calme, seulement trois passages de gentils gamins déguisés et bien élevés. Nous avons pu regarder la fin de la troisième saison de « Bron » et nous allons entamer la quatrième saison ce soir. La série reste en « replay » jusqu’au 13 novembre, mais avec huit épisodes au lieu de dix, la dernière saison ne prendra que quatre soirées.
Michel a complètement zappé la blanquette de veau qui était au menu de ce midi : il pliait du linge avec conviction. Le veau s’est transformé en tandoori de poulet que j’ai eu le temps de laisser mijoter ; la blanquette, ce sera pour demain, je lui ai suggéré de la faire cet après-midi, nous la réchaufferons après le passage de notre commercial « sexy ». Peut-être que vous saurez prochainement quel est le projet en cours. Mardi, nous devrons nous activer un peu pour mon échographie matinale. Je ne pense pas que l’examen apporte beaucoup de réponses, mais sait-on jamais ? J’ai toujours la crainte de la découverte « fortuite » d’un truc qui cloche pendant ce type d’examen.
J’ai remarqué, depuis quelques jours, quelques anomalies sur la peau de mon visage qui vont devoir être examinées de près par la dermatologue en janvier. Je ne suis pas certain d’accepter de nouveaux charcutages, même si cela pourrait accentuer ma ressemblance avec Freddy Krueger. Je sais qu’il existe des pommades puissantes, on peut aussi avoir recours aux rayons dans certains cas, voire à la chimio, mais nous n’en sommes pas là. On va prendre les examens les uns après les autres : l’échographie de la vessie (et sans doute des reins au passage), l’analyse de sang à effectuer vers le 15 novembre, avant la visite avec Doc Sylvain (alias « le grand ») le 1er décembre, puis l’échographie des tissus du cou à la mi-décembre, avant la visite en dermato fin janvier. Ah, j’ai oublié la visite chez l’urologue en décembre aussi, le 6 cette fois. Je devrais avoir une carte de fidélité « CHU Angers », on me mettrait un coup de tampon et à la dixième case remplie, j’aurais droit à un scanner gratuit ! Bien entendu, c’est le planning des rendez-vous « prévus ». Je ne suis pas à l’abri d’un appel du CHU si l’analyse de sang ne plaît pas à Doc Sylvain, ou si l’échographie de mardi alerte Doc Charles (le petit nouveau, c’est l’urologue)
Sinon, après avoir aidé Michel dans diverses tâches d’automne (hivernage des plantes dans la serre, transfert du salon de jardin au sous-sol, déplacement du barbecue, avec sa housse d’hiver, et mesures « top secret » pour le moment), j’ai travaillé un peu et je viens de regarder ce reportage qui fait du bien.
Lundi 2 novembre
Ah, vous allez enfin connaître notre « projet mystère »… Je doute que cela vous ait beaucoup passionnés, mais une promesse est une promesse. D., notre commercial est venu avec tous les documents nécessaires. Arrivé à 11 h, il est reparti à 12 h 30. Nous lui avons proposé de déjeuner avec nous, puisque la blanquette était prête, mais il n’avait malheureusement pas le temps. Alors, de quoi s’agit-il ? Non, ce n’est pas un projet de mausolée ou de monument funéraire, mais nous avons eu envie d’une véranda. Nous avions vu plusieurs modèles lors de la foire expo. Certains étaient très chers, d’autres paraissaient un peu « légers », et la société G.R nous a paru être celle qui pouvait nous offrir ce que nous recherchons : rien de bien grand ni de sophistiqué, mais avec de bons matériaux, un savoir-faire salué dans les différents avis que nous avons pu lire et une entreprise locale (les pièces sont usinées à la Roche-sur-Yon). Bref, nous avons « craqué », histoire de pouvoir profiter un peu de ce qui sera selon les cas un jardin d’hiver, ou un espace de lecture, de repos, et probablement les deux. La terrasse actuelle est un peu étouffante avec une haie de thuyas, vieille et trop envahissante. Bon, il faudra attendre quelques mois encore, mais en début d’été, on devrait pouvoir en profiter. Il reste quelques détails à « peaufiner » : l’électricité (volets roulants, éclairage), la maçonnerie préalable, l’arrachage de cette haie (hors de question de faire cela nous-mêmes). Denis, le commercial est de bon conseil, très à l’écoute et tout devrait bien se passer. Après, il faudra gérer les aléas climatiques, et quelques autres détails, certainement, mais on n’a rien sans rien. J’espère que je vais vendre des dizaines de milliers de romans (je plaisante !) pour contribuer au financement. Tiens, d’ailleurs, en parlant de roman, voici une deuxième « clé de lecture » pour « Tempête solaire en Anjou » :
TEMPÊTE SOLAIRE EN ANJOU
La douceur angevine résiste-t-elle à une tempête solaire ?
Dans mon roman, l’Anjou n’est pas un simple décor. C’est un territoire aux paysages contrastés, chargé d’histoire, où chaque lieu possède son identité.
À Chalonnes-sur-Loire, le fleuve impose sa présence. Ses rives, ses îles et ses débordements font partie du quotidien des habitants. Ceux qui vivent sur l’île de Chalonnes savent que la Loire peut parfois reprendre ses droits.
Mais Chalonnes possède aussi une histoire moins connue : celle des anciennes mines de charbon, dont le chevalement témoigne encore aujourd’hui.
En direction de Saint-Laurent-de-la-Plaine, le paysage change. Nous entrons dans les Mauges, là où commence — ou se termine, selon le sens du voyage — le Massif armoricain. Les reliefs se font plus marqués, avec leurs vallons encaissés et les chemins creux qui sillonnent le bocage.
Ces territoires portent également les traces d’une histoire mouvementée. La Révolution française a profondément marqué les Mauges, bastion royaliste, tandis que Chalonnes était républicaine.
Et puis il y a la nature, avec ses petits trésors. La gogane, ou fritillaire pintade, cette jolie fleur à damier, pousse dans les prairies humides et inondables des bords de Loire.
Tous ces paysages, ces villages et cette mémoire locale accompagnent les personnages de Tempête solaire en Anjou. Ils ne sont pas là par hasard : ils participent à l’atmosphère du roman et à la manière dont ses habitants vont affronter la catastrophe.
UNE CLÉ DE LECTURE
Une catastrophe peut bouleverser le quotidien, mais elle n’efface ni les paysages, ni les histoires, ni les habitudes profondément ancrées dans un territoire.
Lorsque les repères technologiques disparaissent, ceux que nous offre notre environnement prennent peut-être une importance nouvelle.
Dans Tempête solaire en Anjou, la reconstruction commence aussi par là : connaître son territoire, savoir s’y déplacer et retrouver les ressources qu’il recèle.
Et vous, connaissez-vous ces paysages de l’Anjou et des Mauges ?
Une nouvelle fenêtre sur le roman le mois prochain…

Voilà, un petit aperçu de ces paysages décrits dans le roman. Comme je l’indique, il ne s’agit pas de décrire pour décrire, mais d’ancrer le récit dans une réalité géographique (et historique également).
Mardi 3 novembre
C’est parti ! Il faut avaler 75 cl d’eau avant 8 h 20… et ne plus repasser par la case « pipi » avant l’échographie. Alors, déjà, rien que le stress (minime, mais quand même), cela me donne envie de passer aux toilettes, je vous laisse imaginer la situation avec la quantité d’eau en plus ! Bon, tout va bien se passer, positive attitude, comme le chantait Lorie. Je me suis réveillé très tôt, rien d’étonnant. Je reviendrai plus tard en fin de matinée, zou ! Un autre verre, à votre santé !
Voilà, nous sommes de retour de notre périple matinal. RAS à l’échographie, nous sommes passés par le supermarché avant de rentrer à la maison. Home, sweet home ! Il ne fait pas bien chaud, et le ciel est tout gris pour le moment. Repas tout simple prévu ce midi, et repos ensuite.
Le prix Goncourt a été attribué à Philippe Jaenada pour « L’Inconnue du quai de Javel ». J’ai lu le livre cet été, et je voyais bien Jeanada monter sur la plus haute marche du podium. Je n’avais rien dit de peur de lui porter la poisse ! Si vous aimez les atmosphères à la Simenon, les petits bistros où on peut encore déguster une vraie blanquette, les déambulations dans Paris ou en Bretagne, alors vous allez adorer ce livre dans lequel l’auteur résout un « cold case » comme on dit aujourd’hui.
Le prix Renaudot est attribué à François Désérable (Michel avait lu « Désagréable) pour son roman « Le Palais ». Je ne l’ai pas encore lu, mais cela me tente bien. J’ai vu un extrait d’interview de François Désérable, qui est un type très sympathique, pas désagréable du tout !
Mercredi 4 novembre
La grisaille matinale a été tenace, mais nous avons un peu de ciel bleu et des rayons de soleil désormais. Ce n’est pas désagréable, au contraire. J’ai passé une bonne partie de la matinée à regarder les résultats des élections de mi-mandat aux É.-U. J’avoue que cela me réconforte sans toutefois me rassurer totalement. je ne sais pas si les pauvres pourront de nouveau payer un loyer et faire leurs courses, ni si les arrestations de « clandestins » cesseront, ni si le monde se portera mieux en poussant un « ouf » de soulagement. Je l’espère sans trop y croire car le pouvoir est encore bien concentré et le président peut toujours nuire à son pays, et au monde entier, en disant tout et son contraire à quelques heures d’intervalle, en commentant les fesses de telle ou telle chanteuse, en traitant d’abrutis ses adversaires et en menaçant l’Iran de destruction totale, tout en laissant croire qu’il a déjà anéanti ce pays. Si on devait le croire sur paroles, il n’y aurait, à la place de l’Iran, qu’un immense cratère jonché de ruines et aucun ayatollah en vie.
J’avoue que les images de liesse m’ont fait fait sourire plus d’une fois sans que j’aie la tentation de m’immiscer dans les affaires politiques américaines. Après tout, nous sommes tous des citoyens du monde qui subissons les décisions erratiques de ce président imprévisible. Il serait imprudent de tirer des conclusions hâtives en imaginant ce qui pourrait arriver chez nous, parce que les partis politiques américains sont très différents de nos partis français, et le mode électoral l’est également. J’ai quand même souri (c’était plutôt un rictus) en voyant que le petit Jordan ne voulait pas commenter les élections d’un pays étranger, alors que la présidente du RN a longtemps soutenu Donald et vient de commenter les évènements en Pologne. Comme le disent certains : « On n’a jamais essayé ! » Alors, si, on a déjà testé lorsque les pleins pouvoirs ont été votés à Pétain, notamment. Mon fox-terrier, quand nous habitions à l’île d’Yeu, allait régulièrement lever la patte sur la tombe de Pétain, et il n’avait pourtant aucune conscience politique. Tester un poison, c’est toujours risqué, c’est comme consommer un champignon avant de vérifier qu’il est bien comestible, surtout quand on en ignore tout. Nous n’avons pas mangé de hamburger ce midi, même si nous étions un peu à l’heure américaine, mais nous avons terminé la blanquette, et les champignons de Paris étaient sans danger.
J’ai vu aussi que le prix Médicis vient d’être attribué à Yannick Haenel pour « La solitude des professeurs est infinie ». Je ne sais pas si je me laisserai tenter par le livre, non que je doute de sa qualité littéraire, mais j’aime bien, en tant que lecteur, m’évader de ce qui est ou de ce qui fut mon quotidien. Amis auteurs, vendez-nous du rêve, nous en avons besoin !


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