La vie après la greffe, 29 octobre 2026

Vendredi 23 octobre

La tempête Austen est bien présente, même si le vent se calme actuellement. Je me suis levé dans la nuit et cela commençait à bien souffler. J’ai erré sur internet avant de me recoucher, puis je me suis rendormi avec un rêve dont je me souviens : je demandais à Michel s’il avait fermé le grand parasol de la terrasse, et il me répondait : « Tu n’as qu’à le fermer toi-même ! » C’est bien la preuve que, même dans mes rêves, je devrais m’abstenir de poser des questions idiotes. J’ai raconté mon rêve au petit déjeuner : « Ah, tu sais, tu as parlé anglais aussi ! » Je n’ai aucun souvenir de ce rêve, ce qui est dommage : j’aurais aimé savoir avec qui je parlais, et quel était le sujet de cette conversation. J’ai longtemps rêvé d’entretiens avec Elizabeth II. Elle me recevait dans une grande salle de réception, me servait (si, si !) une tasse de thé, et nous avions d’aimables conversations. Ce rêve récurrent a commencé à la fin de mon adolescence et s’est poursuivi pendant de nombreuses années, jusqu’à récemment. Les entretiens avaient lieu à Buckingham et, voici peu de temps, j’ai vu un reportage sur le palais et sur la vie quotidienne de la famille royale. J’ai reconnu immédiatement la grande salle, mais, surtout, le motif chargé de l’épaisse moquette qui me surprenait à chaque rêve. Le dernier rêve avec Elizabeth II fut un peu morbide. C’était quelques mois avant le décès de la reine. Nous n’étions pas dans la grande salle habituelle, mais nous étions accueillis par un sinistre majordome qui prenait nos vêtements à l’entrée. Sa majesté lui tendait son manteau, en ajoutant « Je le reprendrai en partant ». Le majordome lui répondait, avec un sourire énigmatique : « Là où vous irez, Majesté, vous n’en aurez plus besoin ». Nous nous retrouvions ensuite avec plusieurs convives, dans un silence pesant, autour d’une grande table rectangulaire, faiblement éclairée par des candélabres, seule la table était visible, le reste de la pièce était d’un noir profond. La reine me disait : « Je crois que nous n’aurons plus nos entretiens habituels. Je vais partir, mais pas vous ». Ce rêve m’avait bien entendu tracassé. J’avais compris que sa Majesté avait pris congé. La question que tout le monde me pose, et à laquelle je n’ai aucune réponse rationnelle, est : « Mais pourquoi rêvais-tu de la reine ? » Il doit y avoir une explication psychanalytique, une clé à ces rêves. Je me suis souvent plu à imaginer que la reine se réveillait en se disant « I have had a strange dream… Always the same one ! »

Bon, je vous rassure, je ne rêve pas de Camilla, ni de Charles et encore moins de Megan. Il faudra que je vous raconte un jour comment, mais uniquement en rêve, j’ai aidé Marine Le Pen, qui avait organisé un pot-au-feu pour 500 convives… et qui se retrouvait avec une salle vide. Sinon, je vous rassure, tout va bien dans ma tête, en dehors des rêves !

Week-end des 24 et 25 octobre.

Hier après-midi, nous avons rendu visite à notre commercial, D., dont la société était en « portes ouvertes ». Nous avons attendu un petit moment, car il était occupé avec des clients et nous avons regardé en l’attendant ce qui était exposé. Je suis toujours énigmatique et je fais durer le suspense jusqu’à la signature finale du projet. D. est sympathique, dynamique, très à l’écoute. En plus, il est sexy. Il est passé une première fois à la maison, il a pris le temps de nous écouter pour savoir ce que nous voulions exactement et nous a ébauché un projet sur son ordinateur, en tenant compte de nos désirs. On a même eu une première estimation, ce qui nous a permis d’envisager le financement. D. reviendra le lundi 2 novembre et nous finaliserons tout cela. Dès que nous aurons signé, je lèverai le voile sur ce mystère qui vous tient en haleine (je plaisante, évidemment).

Nous avons aussi reçu X., d’une société concurrente. Comment dire… je pense qu’un commercial des pompes funèbres aurait plus d’allant et de charisme et aurait au moins montré sa gamme de produits « Vous voyez, ce cercueil est très confortable, vous pouvez passer au magasin pour l’essayer ». X nous regardait de haut (forcément, il doit mesurer 1,90 m) et chipotait dès que Michel avançait une idée : « Ah oui, mais là, il va falloir faire ceci au préalable, et puis… » Bref, il m’a très vite gavé et j’ai battu en retraite. J’ai laissé Michel en première ligne et je suis allé m’asseoir dans mon fauteuil. X. n’avait pas envie de nous vendre son « produit ». Michel lui a même dit : « Faites comme vous voulez, on verra bien quand on aura votre devis ». En plus, X. n’était pas sexy ! (Michel est d’accord avec moi !). Le devis ne montre même pas le modèle en 3D du « cercueil ».

J’en reviens à l’actualité, tout en croisant les doigts pour qu’on ne revive pas un 17 octobre bis. J’ai lu çà et là des articles dans lesquels on évoque les « pillards », « hordes venues des banlieues, issues de l’immigration ». Sauf que la réalité est plus nuancée. Parmi ces voleurs et recéleurs (j’ai suivi quelques résumés des comparutions immédiates), il se trouve des Julien, des Sophie, des enfants de familles qui ne vivent pas en banlieue. Et on trouve aussi des Habib, des Oussama. On dit que la justice a été très sévère. Je pensais que la justice devait être « juste ». Non pas que je trouve des excuses à ces exactions, loin de là. Mais doit-on pour autant condamner avec la même sévérité celui ou celle qui a ramassé un pull par terre, et ceux qui ont pillé et saccagé des magasins, en terrorisant les vendeurs et les gérants ? Pour info, ceux qui ont mis le feu à l’hôtel de ville de Limoges habitent sur le plateau de Millevaches, en Creuse.

On a d’un côté ceux que la République a laissés de côté, renonçant à peu près à tout dans ces quartiers réputés difficiles : des logements dégradés, des trafics de drogue que l’on a laissés s’installer, des écoles, des collèges et lycées qui transpirent l’abandon et la misère. Et on voudrait que ces jeunes respectent la République. Pour élever un enfant, il faut un village, et on laisse tout sur les épaules de mamans, souvent seules, qui ont fait ce qu’elles pouvaient dans un environnement déstructuré. Qui a supprimé ces policiers de proximité qui prenaient le temps de discuter avec les jeunes, de leur montrer le « bon » chemin ? Qui a démantelé toutes ces structures associatives qui accompagnaient les jeunes ?Alors non, pour une fois, ce n’est pas Macron. Rappelez-vous Nicolas Sarkozy qui raillait ces policiers payés selon lui à jouer au foot avec les « racailles », terme qu’il affectionne.

La haine peut rendre aveugle, mais il faut remonter souvent bien plus loin pour comprendre l’état de la France aujourd’hui. Hier, un cinglé a tiré dans la foule, par haine suprémaciste, par désir d’éliminer tout ce qui n’est pas « de souche française ». Mais s’il a tenu l’arme dans son délire meurtrier, on peut aussi s’intéresser à celles et ceux qui alimentent ce discours, y compris à l’étranger avec les élucubrations de Trump dont j’espère qu’il terminera un jour en prison. Il est bien plus dangereux que Julien, Sophie, Habib ou Oussama, et il fait naître les vocations de futurs tueurs en série.

Je vous conseille d’écouter l’excellente analyse d’Amélie Nothomb. L’interview date de début septembre, donc plus d’un mois avant les sinistres événements du 17 octobre.

Vidéo | Facebook

La tempête Austen a bien soufflé en Bretagne, et chez nous aussi, dans une mesure moindre, évidemment. Le magnifique saule pleureur des remparts de Vannes a été déraciné. C’était un arbre remarquable, de 16 m de haut qui est tombé dans la Marle. Le saule avait résisté à la tempête de 1999. Nous l’admirions à chacun de nos passages à Vannes, c’était comme un vieux copain.

VIDÉO. Tempête Austen : un Arbre remarquable de France tombe dans les jardins des Remparts de Vannes

Dimanche 25 octobre

Pour le moment, la journée illustre bien ce que l’on entend à cette période de l’année : « Un temps de Toussaint ». Il ne fait pas froid, mais la pluie est constante et on ne va pas s’en plaindre. Elle a tellement été attendue, réclamée, que c’est une bénédiction de voir qu’il peut encore pleuvoir. La Loire ne ressemble à rien, encombrée de bancs de sable, entravée dans sa course vers l’océan et je me demande dans combien de temps nous pourrons enfin retrouver le fleuve sauvage qui déborde et inonde la vallée. C’est surtout ce qui tombe en amont qui peut faire bouger le fleuve.

Pour fêter le retour du temps de saison, nous allons déguster le premier pot-au-feu de la saison. Ici, on ne met pas la hotte aspirante quand le pot-au-feu mijote. Il faut laisser les parfums emplir la maison, tant pis pour la buée sur les vitres de la cuisine. C’est le parfum de l’enfance, des faitouts sur la cuisinière à charbon dont on venait soulever le couvercle et j’ai l’impression que ma mère va sortir de la cuisine pour me demander de l’aider à éplucher des légumes. J’adorais être dans la cuisine avec elle. Nous écoutions la radio et nous discutions. Elle me donnait des conseils : « Surtout, tu ne mets pas les pommes de terre au début, il faut que la viande cuise tranquillement, sinon elle va durcir. » Suivant ce que l’on récoltait dans le jardin, on pouvait varier un peu les légumes, mais on retrouvait toujours les poireaux, les carottes, quelques navets et les pommes de terre. Souvent, je descendais au jardin pour composer un bouquet garni avec du thym et du laurier. Le rouge-gorge me saluait et me suivait. Les grilles du jardin grinçaient à chaque ouverture ou fermeture, je les entends encore.

Aujourd’hui, il y aura aussi du panais et un rutabaga (les navets n’étaient pas terribles). S’il reste de la viande, je ferai un hachis parmentier et nous nous régalerons une deuxième fois. Le bonheur, parfois, c’est tout simple.

Finalement, le soleil est de retour, peut-être pas pour très longtemps, mais c’est agréable. J’ai fait le coiffeur ce matin, et j’ai eu la flemme de faire le ménage ensuite. Une fois n’est pas coutume, je m’y attellerai demain. La semaine qui s’annonce sera calme : pas de rendez-vous au CHU, pas de prise de sang, pas d’examen programmé : une vraie semaine de vacances. Les affaires reprendront le 3 novembre, avec une échographie vessie pleine, mais pas au CHU. Ensuite, il faudra que je pense à la prise de sang qui doit être effectuée quinze jours avant la visite programmée début décembre avec Doc Sylvain. Il est l’un des signataires de la nouvelle brochure nationale sur les myélodysplasies.

Voici le lien qui permet d’accéder à la brochure. Cela intéressera surtout celles et ceux qui sont concernés directement ou indirectement par cette maladie. Pour rappel, mon profil était particulièrement « inquiétant » avec plusieurs anomalies génétiques, dont le célèbre TP53.

Brochure-Syndromes-Myelodysplasiques_202_6ad78602cf6f3.pdf

Pour en revenir aux examens programmés, j’aurai une nouvelle échographie des tissus du cou le 16 décembre, cela concerne le suivi en dermatologie. L’examen permet de vérifier les ganglions et de repérer un éventuel ganglion sentinelle qui signalerait que le carcinome infiltrant de l’oreille, pour lequel on m’a opéré, partirait en promenade ailleurs. La première échographie s’était révélée rassurante, mais la dermatologue qui assure mon suivi désormais, préfère s’assurer que rien n’a bougé de ce côté-là. Il suffit parfois d’une toute petite cellule téméraire pour que d’autres organes soient atteints, et mes défenses immunitaires sont encore trop faiblardes pour que l’on puisse baisser la garde. L’échographie évite un recours systématique au scanner. Je pense que j’ai eu largement ma dose et on essaie d’espacer ces examens pour éviter d’irradier mon petit corps fragile.

Je viens de faire un petit tour de jardin. Le houx commence à se garnir de boules rouges. Le tilleul a perdu quelques petites branches, mais rien de bien méchant. Les feuilles rescapées de la canicule refusent de prendre leur teinte d’automne. Le vent est toujours bien présent et n’est pas bien chaud.

Lundi 26 octobre

C’est un lundi calme, un jour d’automne sans vent, sans pluie, mais gris. Ce matin, je suis allé à la pharmacie pour faire le « plein » de médicaments. La liste s’est réduite : Valaciclovir et Atovaquone, le premier pour éviter d’attraper une nouvelle fois le zona, et le deuxième est un antibactérien. Le vaccin contre le zona sera possible dans quelques semaines, il faut attendre trois mois après l’arrêt de la cortisone. J’ai donné à Benoît les médicaments périmés et les bouteilles vides d’Atovaquone qu’il ne faut pas recycler. Parfois je me dis qu’une cuiller à café de ce truc infâme pourrait colorer la Loire en jaune jusqu’à son estuaire si je la renversais dans l’évier. Je n’ose imaginer ce qu’il se passe dans mon système digestif. Bon, je n’ai pas d’alternative, puisque les autres médicaments habituels me provoquent trop d’effets secondaires. Je bois stoïquement ce breuvage en me disant qu’il me protège entre autres de la plupart des pneumonies (enfin, il devrait).

Chemin faisant, j’ai regardé les feuilles au sol et les arbres qui commencent à prendre leurs teintes d’automne. J’ai toujours aimé cette saison, même si les journées raccourcissent, même si le brouillard s’en mêle, même si les premières gelées blanchissent les toits. Au début, il faut être matinal pour s’en apercevoir, mais comme je me lève tôt, j’ai cette chance, et voir le soleil se lever dans la brume est un privilège. C’est le temps des potages du soir, des premières flambées dans l’insert, colchiques dans les prés, fleurissent, fleurissent… Pas de colchiques ici, mais les feuilles d’automne s’en vont tourbillonnant. C’est aussi la fin de la belle floraison des cyclamens de Naples.

Chanson d’automne

Paul Verlaine

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

Mardi 27 octobre

Ciel gris, douceur matinale et on peut espérer que le soleil percera en cours de matinée. Nous n’en sommes pas encore à ces journées de fin novembre, désespérément grises, mais avec un coucher de soleil superbe : quatre ou cinq minutes avant de disparaître, l’astre du jour nous fait la nique, c’est un grand classique.

Hier soir, nous avons regardé les deux derniers épisodes de la saison 4 de « La Diplomate » sur Netflix. C’est une excellente série et les acteurs sont tous très bons. La fin permet d’envisager une cinquième saison riche en rebondissements. Le risque, à terme, c’est que les situations se répètent, mais, pour le moment, ce n’est pas le cas et on ne s’est pas ennuyé une seule fois.

Je lisais plusieurs réactions à l’affaire Thélyson Orélien, et son utilisation de l’IA pour rédiger son livre. La première réaction, lue sur un groupe littéraire de Facebook, concerne l’hypocrisie de certains éditeurs qui fustigent le recours à l’IA dans le processus de création littéraire, mais qui l’utilisent sans scrupules pour la traduction de leurs ouvrages, mettant ainsi au chômage les traducteurs professionnels. J’avoue que c’est un argument qui fait mouche.

J’ai déjà expliqué ici que j’utilise un logiciel de correction, Antidote, qui propose aussi, dans certains cas, une « reformulation », générée par l’IA. Souvent, je ne valide pas, surtout quand il s’agit de rendre « jolie » une phrase du langage oral, avec négation incomplète du style « Je sais pas ». Il arrive néanmoins que le logiciel repère un oubli, parce que j’ai tapé une phrase trop rapidement, ou que j’ai eu un remords qui m’a fait « manger » un bout de phrase. On le voit à la relecture, mais il arrive que l’on se relise en corrigeant intérieurement l’oubli… et on passe à côté. Doit-on se priver de cette aide ? Je trouve que ce serait absurde. Un éditeur pourra toujours me dire « On a retrouvé des traces d’I.A dans ton texte ». Ce n’est pas l’I.A qui a « rédigé » dans ce cas. Mon rôle d’auteur consiste à dire : je valide la reformulation, je la refuse ou je l’utilise partiellement. De même, j’utilise l’IA dans certaines recherches complexes. Dans mon dernier manuscrit, j’avais besoin de connaître les chemins de fer existant en Écosse en 1900. L’IA a permis de synthétiser les informations trouvées sur le web en me donnant les principales gares, les arrêts, les correspondances ainsi que les différentes compagnies. J’ai aussi pu imaginer l’intérieur des trains, le confort des compartiments et les principes architecturaux des gares qui ressemblaient à la gare du Nord, pour donner une idée. Cela m’a permis de faire voyager mes personnages dans un contexte réaliste, sans anachronisme, cela m’a permis aussi de rendre certaines scènes plus vivantes. Aurais-je dû m’en tenir à mon imagination ? Elle a été utilisée autrement, en m’appuyant sur une documentation détaillée (l’IA précise ses sources, et je les consulte aussi), j’adore cette partie « recherche », passionnante.

Si Thélyson Orélien avait pris la peine d’expliquer comment il a intégré l’IA dans l’écriture de son livre, il n’aurait pas été soupçonné de fraude, mais aurait permis un débat autour de ce qui peut être un outil. D’ailleurs, même le logiciel Word permet d’utiliser l’IA. J’avais un tableau à intégrer à mon roman, j’aurais passé des heures à le mettre en forme, d’autant que je voulais une police de caractère proche de l’écriture manuscrite. J’aurais pu y consacrer énormément de temps en bougonnant et en pestant. L’IA intégrée m’a réalisé ce tableau, que j’ai validé après plusieurs essais infructueux et en détaillant les étapes. Si on formule une demande complexe, on aboutit à un résultat décevant. Parfois, l’IA est particulièrement « rebelle », s’arrête en cours de réflexion, oublie la consigne initiale et met ma patience limitée de Bélier à rude épreuve. Cela fait rire Michel qui m’entend pester : « Mais je ne t’ai pas demandé ça ! »

Je vous mets en lien un article très intéressant des Inrockuptibles sur le sujet :

[Billet] Tout est moche dans ce qui arrive à l’écrivain Thélyson Orélien | Les Inrocks

Mercredi 28 octobre

Beau temps après une bonne fraîcheur matinale et quelques légères traces de gelée blanche sur les toits. La semaine prochaine devrait être nettement plus fraîche, voire froide. Michel a remis le panneau de la serre que le vent avait fait tomber. Il vient de me dire : « Je ne comprends pas pourquoi je passe autant de temps à remettre un panneau que le vent a fait tomber si facilement ! » Sinon, rien de bien neuf, j’ai regardé ce matin les premiers résultats du vote en Israël. Je crois qu’ils sont aussi doués que nous pour rendre un pays ingouvernable. J’ai vu aussi ces images effroyables de l’accident de train en Espagne, moins d’un an après l’accident qui avait déjà endeuillé ce pays (le précédent accident avait eu lieu en janvier). Le bilan au moment où j’écris est de 64 morts et 80 blessés. Les survivants ont tenté, souvent en vain, de porter secours aux victimes inaccessibles et coincées, incarcérées. Cela doit être épouvantable sur place.

Nous vivons un mois d’octobre très particulier, avec des images fortes, dérangeantes, violentes aussi. On a vu ces images d’émeutes à Bilbao, il faudrait vivre à l’écart du monde, sans réseau, sans télé, sans notifications qui s’affichent sur les écrans des téléphones, et encore, je ne suis même pas certain que l’on serait à l’abri. Alors, je me rassure en regardant les mésanges nonettes qui squattent le jardin, ou le soleil qui joue à travers les branches du tilleul. On se raccroche à ce que l’on peut. J’ai vu aussi que le sud de la Crète avait été touché par un séisme. J’ai dit à Michel que nous aurions encore sursauté en ressentant la secousse. Nous avions traversé un village, en pleine montagne, qui avait été touché par un séisme, et plusieurs maisons avaient été lézardées. Le restaurant où nous avions prévu de manger avait mis la clé sous la porte. Je ne sais plus où nous avions déjeuné, d’ailleurs, peut-être à Héraklion. Ce monde finira bien par craquer, mais les séismes n’y joueront pas le premier rôle. Allons, ne cédons pas au spleen : il fait beau, le panneau de la serre est remis en place jusqu’à la prochaine tempête, les mésanges nonnettes trouvent que le jardin est sympa. Je ne sais pas si Albert, notre lézard vert, a trouvé son coin pour passer l’hiver, il y a pas mal de tas de branches qui n’ont pas été évacuées, cela devrait lui convenir. Monsieur Albert ne paye aucun loyer et trouve que les proprios sont bien aimables de ne pas tout nettoyer. Quand j’ai pris les photos du houx, j’ai vu un gros bourdon qui a obstinément refusé de se laisser prendre en photo. Un bourdon bougon. Ah tiens, j’ai eu aussi ma séquence bougon hier : j’avais préparé des endives au jambon et je pensais avoir éteint le four pendant que nous mangions le potage… En fait, je suis allé un cran trop loin et j’avais mis le four en pyrolyse. Dans ce cas, il faut attendre que la température redescende avant de pouvoir ouvrir la porte, ce qui me met dans un état second, je suis à peu près dans la même transe qu’un chat qui trouve une porte fermée. J’avais déjà cramé une pizza de cette façon, et je me suis traité de tous les noms face à cette récidive. Fort heureusement, la température n’avait pas eu le temps de monter trop haut et le plat n’a pas été brûlé. N’empêche, j’étais aussi bougon que le bourdon.

Jeudi 29 octobre

Pour commencer la journée, voici deux chansons. La première me permet d’avoir une pensée pour ces malheureuses victimes de l’accident ferroviaire près de Tolède ; la deuxième me fait du bien.

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  1. Avatar de Zielinski Marie (Nanou )
    Zielinski Marie (Nanou )

    Cela faisait quand même un peu longtemps que je n’étais pas venue vous faire un petit coucou, Joël. Mais je ne vous oublie pas, vous êtes toujours dans mes prières.
    J’ai souri en vous lisant car j’aime également l’odeur du pot-au-feu,qui se répand dans la maison quand on n’actionne pas la hotte ,même si la buée se forme sur les carreaux 😁
    Belle soirée à vous deux ,
    Nanou ,alias Marie Zielinski

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  2. Avatar de Zielinski Marie (Nanou )
    Zielinski Marie (Nanou )

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