La vie après la greffe, 19 octobre 2026

Week-end des 17 et 18 octobre

Je reviens brièvement sur la journée du vendredi 16. Je suis allé chercher Nicole à la gare et nous l’avons « kidnappée » à la maison. Notre prisonnière n’a pas subi de violences et nous l’avons bien traitée, en la faisant déjeuner et en papotant avec elle jusqu’à l’heure du départ. Ah, mais oui, je ne vous ai pas encore dit… Il va falloir patienter jusqu’au chapitre suivant.

Samedi 17 octobre :

Nous sommes depuis hier dans un joli gîte, non loin d’Angers, que j’ai loué voici quelques mois déjà. Le but ? Se retrouver dans un endroit agréable entre patients ayant eu des parcours hématologiques compliqués. Nous nous connaissons grâce au forum Ellye et je pensais que nous serions plus nombreux à nous retrouver ici, dans cette grande maison entourée de verdure. Il y a donc Michel et moi, Nicole et Martine. Marie a été obligée d’annuler son séjour en raison d’une forte fièvre qui s’est déclarée la veille de son départ.

L’arrivée de Martine, qui avait pris un train au départ de Saint-Lazare, a été plutôt mouvementée, avec une panne au milieu de nulle part en pleine nuit. Le chauffeur a pu repartir, et le train est arrivé en gare avec une heure de retard. Jean Castex, si vous me lisez, il va falloir vraiment faire quelque chose !

Voici le programme du samedi :

Ce matin, c’était « opération commando » à l’hypermarché du coin : ces dames avaient omis d’apporter des serviettes de bain, et elles ont dû investir. Pendant que Nicole et Martine faisaient leurs emplettes, nous avons fait les courses pour les quatre repas, et nous avons regagné le gîte. Le retour fut plus simple que l’aller, car le GPS nous a offert une fantaisie dont il a le secret en nous choisissant un parcours labyrinthique passant par tous les lotissements possibles (pas sympa, le GPS). Dans l’après-midi, nous avons fait découvrir à nos invitées l’île de Béhuard, qui les a conquises. Le fond de l’air était frais, mais le soleil nous réchauffait. Nous sommes ensuite rentrés, certains ont pris un thé, tout le monde a discuté. L’ambiance est chaleureuse et les conversations s’enchaînent. Je les entends discuter dans la cuisine pendant que j’écris ces quelques lignes.

Dimanche 18 octobre

Nous avons passé une très bonne journée, malheureusement, Nicole, notre Mamynou, est repartie en début d’après-midi. Nous l’avons conduite à la gare, et l’émotion était présente lors de notre « au-revoir ». J’ai reçu un SMS en fin d’après-midi et Nicole est arrivée à bon port, avec une étape en Vendée avant de repartir dans le Tarn.

Nous avons ensuite fait un détour par le jardin de l’arboretum Gaston Allard, où Martine s’est régalée. Michel a joué le guide, retrouvant son enthousiasme de jeune homme.

Bref, notre week-end à l’écart des émeutes urbaines nous a fait le plus grand bien, mais nous pensons à celles et ceux qui, de près ou de loin, ont eu à subir ces scènes de guérilla. J’y reviendrai sans doute dans les prochains jours, mais je vais avant partager quelques photos apaisantes. Juste une précision pour mes nouveaux abonnés : les articles du blog paraissent le lundi et sont complétés jusqu’au jeudi suivant.

Lundi 18 octobre

Nous sommes rentrés à la maison ce matin, après cette parenthèse enchantée. Il faisait froid en tout début de matinée, et nous avons vu des toits couverts de gelée blanche, la première de la saison. La maison s’était bien refroidie aussi et nous avons rallumé le chauffage. C’est plutôt tardif cette année, la pompe à chaleur n’a pas fonctionné depuis un bon moment (en ce qui concerne la fonction « chauffage »). Nous sommes allés faire quelques courses et nous avons récupéré les vaccins antigrippe à la pharmacie. Benoît s’est fait un plaisir de nous servir (ouf, il n’avait finalement pas disparu !). Michel a retrouvé ses habitudes après le déjeuner et il a pu faire une petite sieste bien méritée. J’ai également somnolé pendant une courte période, et j’ai appelé le CHU pour avoir des éclaircissements sur ma consultation en urologie, initialement prévue le 20 novembre, mais j’ai vu sur l’application du CHU qu’elle était désormais fixée au 4 décembre. La secrétaire m’a confirmé que le 4 décembre était bien la bonne date, l’urologue sera au bloc le 20 novembre et je vais recevoir prochainement, par courrier, le rectificatif. Il n’est pas nécessaire de refaire les analyses (ouf !).

Tout est calme ici, rien à voir avec les images hallucinantes de pillages et saccages en tout genre. J’ai pensé à l’incendie de Notre-Dame quand j’ai vu le campanile de la mairie de Limoges s’effondrer. Les journalistes ont commenté en parlant du « beffroi » qui est un terme impropre. Cela m’a bêtement agacé, j’aime que les mots soient employés à bon escient. Je me demande si, à force de glissements sémantiques de ce style, on n’ajoute pas du chaos au chaos. Le président, lui, n’a rien ajouté du tout pendant son allocution : pourquoi parler quand on n’a rien à annoncer ?

Je pense au refrain de « Désanchantée » de Mylène Farmer :

Tout est chaos
A côté
Tous mes idéaux : des mots
Abimés…

Je cherche une âme, qui
Pourra m’aider
Je suis
D’une géneration désenchantée
Désenchantée

Ah, j’allais oublier : je voulais dire à Anton que je lis avec assiduité son blog. Et que je lis également son livre « La Grande Idée », Anton Beraber, avec beaucoup de plaisir. Ce n’est pas un « page-turner », c’est un livre qui demande l’implication du lecteur, et cela me convient. En suivant son blog, je marche à ses côtés dans les rues de Bucarest, je rencontre ses amis, je partage ses interrogations. Bref, j’apprends à connaître l’homme pendant que je découvre l’œuvre de l’auteur.

Avant de me replonger dans la lecture du roman, je pense à ce récit de Mamynou qui nous a raconté son épopée en Allemagne lorsqu’elle était jeune. Je me dis qu’il y a le souffle d’un roman dans cette évocation, c’était si joliment raconté. Mamynou, il va falloir remplir des carnets maintenant !

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Réponse

  1. Avatar de Anton B.
    Anton B.

    Merci, cher Joël. J’ai beaucoup de plaisir, moi-même, à lire votre Journal, il trouve exactement la distance pour parler du monde. AB

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