La vie après la greffe, 15 septembre 2026

Vendredi 11 septembre

Dès que l’on voit ou que l’on écrit « 11 septembre », on a tous en tête ces terribles images du 11 septembre 2001. 25 ans déjà ! Mais c’est fou, j’ai l’impression que c’était beaucoup plus récent, les souvenirs sont tellement vifs. Le monde s’était arrêté ce jour-là. Il y avait eu la stupeur, puis l’incrédulité, la colère, le chagrin, l’épouvante lorsque l’on a compris que l’on voyait des gens qui sautaient dans le vide. Je crois que j’avais l’impression de voir un très mauvais film catastrophe. Cela fait partie des événements qui ont marqué les esprits. On a eu le Bataclan, et l’attentat contre Charlie Hebdo. La stupeur de savoir que Charb, Wolinski, Cabu, Honoré, Tignous ont péri. Ils ne sont pas les seuls : Elsa Cayat, Bernard Maris et Mustapha Ourrad sont aussi exécutés. Le policier Franck Brisolaro qui assurait la protection de Charb et Michel Renaud, invité à la conférence de rédaction, subissent le même sort, et ce n’était que le début de cette folie meurtrière. 9 mois plus tôt, on avait eu les attentats du Bataclan, on commençait à s’en remettre. Et on avait tous en tête ces images du 11 septembre 2001. Enchaînement effroyable de vies fauchées, d’innocents pris en otage et massacrés. Au nom de quoi ? Au nom de qui ?

Bref, le 11 septembre est définitivement, pour beaucoup, une journée de deuil, ainsi que les autres journées sanglantes qui ont suivi. On avait l’impression, ce 11 septembre 2001 que la terre s’était arrêtée de tourner, que le monde entier retenait son souffle, que rien ne serait jamais plus comme avant. On aurait dû se rappeler les paroles de la chanson des Poppys : « Non, non, rien n’a changé, tout, tout a continué ». Je tire mon chapeau à celles et ceux qui, dans la plus grande discrétion, voire l’invisibilté totale, travaillent sans relâche pour prévenir les attentats, en traquant les individus les plus dangereux. On sait qu’il y a des trous dans la raquette, et qu’il y aura encore des attentats, des massacres, malgré leur travail de fourmi et les repérages sur le terrain ou en fouillant dans le Dark Net.

Voilà, désolé de vous faire commencer la semaine de cette façon, on va revenir à des actualités moins sombres. Figurez-vous que j’arrive presque au bout des mystérieuses disparitions du « x » dans les différentes versions de mon manuscrit avant le BAT (bon à tirer). Bon, dans la V3 (version 3), il ne reste que 6 erreurs, dont 3 « disparitions du x ». J’ai relevé « auquelles », « à proimité », « comme au bon vieu temps ». Je ris en écrivant cela, car le correcteur souligne en rouge les mots concernés par le kidnapping du x.

Le roman en cours de « fabrication » s’intitule Tempête solaire en Anjou ». On est au tout début du processus : après le BAT, il y aura en fin d’année le travail sur la couverture, j’aurai des échanges avec Guillaume, le graphiste. J’ai déjà travaillé avec lui et en général il me fournit trois propositions, je dois choisir celle qui me convient le mieux. C’est parfois compliqué de trancher, Michel m’aide dans les choix, avec des arguments qui sont toujours pertinents. J’ai eu une idée (vous me connaissez, j’en ai un certain nombre par jour !) et je vais rédiger un « teaser » mensuel jusqu’à la parution, sans dévoiler tout le contenu du livre, mais en apportant plusieurs clés qui donneront aux lecteurs l’envie d’ouvrir les portes, et donc de lire le livre. Quand on écrit, c’est pour être lu, quand même ! Voici donc le premier « teaser » (oui, c’est un mot anglais, et alors ?)

☀️ TEMPÊTE SOLAIRE EN ANJOU

Et si, demain, tout s’arrêtait ?

Plus d’électricité. Plus de téléphone. Plus d’internet.

Des véhicules immobilisés, des communications interrompues et une société brutalement privée de technologies devenues si familières qu’on les croyait presque indestructibles.

C’est le point de départ de Tempête solaire en Anjou, mon prochain roman, à paraître en mars aux éditions La Geste.

Une puissante tempête solaire frappe la Terre. En quelques heures, notre monde si bien organisé découvre sa vulnérabilité.

Mais ce roman n’est pas seulement le récit d’une catastrophe.

En Anjou, au bord de la Loire, des femmes et des hommes vont devoir réapprendre à vivre autrement, s’organiser, s’entraider… et parfois se supporter.

Pendant ce temps, ailleurs, ceux qui sont censés gouverner et protéger découvrent eux aussi les limites d’un monde devenu extraordinairement dépendant de la technologie.

Il y aura de l’inquiétude, bien sûr. Des situations dramatiques. Mais aussi de l’humour, de la tendresse, quelques personnages passablement agaçants 😇 et d’autres auxquels je me suis peut-être un peu trop attaché.

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🔎 UNE CLÉ DE LECTURE

Au fond, Tempête solaire en Anjou pose une question assez simple :

Si les réseaux qui nous relient disparaissaient, quels autres liens serions-nous capables de reconstruire ?

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📖 D’ici à la parution, je vous ouvrirai chaque mois une petite fenêtre sur le roman : sa part de réalité scientifique, ses lieux, ses personnages, les thèmes qui le traversent et, bientôt, sa couverture.

Sans trop en dévoiler, naturellement.

☀️ Rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle clé de lecture.

Week-end des 12 et 13 septembre

Samedi 12 septembre

Vous allez vous dire : « Tiens, il ne parle plus de lymphocytes ni de calculs, ni de trucs bizarres ». Bon, c’est vrai qu’il y a comme une pause dans les aléas de santé (à part que je tousse comme un taxi de la Marne). Les articles s’intitulent « La vie après la greffe » et, de temps en temps, on essaie d’oublier le CHU, les scanners, les prises de sang, les échographies et même Doc Sylvie. Elle aussi, quand elle est en vacances, oublie ses patients, et elle a bien raison !

J’espère que cette toux tenace finira par s’en aller comme elle est venue. Je n’ai pas de fièvre, donc je ne préviens pas le CHU, qui me renverrait vers le généraliste (j’en sors ou presque) et il me faudrait encore me justifier auprès de la « dragonne » de l’accueil, même si j’ai vu deux fois de suite la « gentille ». Bon, si ça devait empirer, ce serait à nouveau à considérer avec plus de circonspection.

Pour le moment, je lis, j’apprends le Grec (j’ai enfin appris d’autres couleurs que le « rose » qui commençait à me taper sur le système ! Le poisson était rose, le pain, rose, les chemises, roses, et même les éléphants !), je corrige mes BAT et je traque les « x » perdus comme Indiana Jones quand il recherchait l’Arche d’Alliance ou le Saint Graal. Cela occupe bien mes journées et je ne m’ennuie pas. Demain, j’essaierai de faire quelques photos dans le jardin. Michel a bien réussi les semis d’automne : nous aurons de la mâche, des épinards et de la salade. Notre jardin aime l’automne et le printemps et déteste l’été, surtout quand le mercure indique 40° pendant plusieurs jours. Je suis comme le jardin, et comme les plantes, je m’épanouis en automne et au printemps !

Dimanche 13 septembre

Avant de télécharger quelques photos prises en fin de matinée dans le jardin, il faut que je vous raconte une anecdote amusante, enfin, amusante après coup. Nous avons une voiture japonaise, un modèle hybride dont nous sommes très satisfaits : le véhicule est fiable, consomme peu (c’est un avantage avec le prix de l’essence qui flambe). La conduite est facile, avec tout un tas de gadgets que je ne maîtrise pas entièrement, mais Michel les connaît tous. Il faut dire qu’avec mes différents traitements, et dernièrement avec la morphine, je ne me risque pas encore à faire de grands trajets, mais cela reviendra. Le nec plus ultra, ce sont les informations, GPS compris, auxquelles nous pouvons avoir accès. Mais, voici quelques jours, le « cloud » était en panne. Plus de cloud, plus de GPS : c’est ballot. Le cloud, si je me réfère à la définition que je trouve, est un système multimédia intelligent qui propose des cartes actualisées en temps réel. Quand nous allons au CHU, nous pouvons visualiser sur la carte les éventuels bouchons ou incidents de circulation. Bref, c’est intelligent, certes, sauf quand ça ne fonctionne plus. Il a dû y avoir comme un bug et le symbole du cloud (un nuage) était barré d’une croix rouge. Le genre de truc qui m’agace, puisqu’il est impossible de programmer le GPS ou de visualiser l’itinéraire. On n’en avait pas besoin, mais bon… On aurait pu en avoir besoin ! Hier, Michel prend la voiture pour aller au supermarché et le fameux cloud est toujours en panne. Je traite la voiture (qui parle, forcément, il faut qu’elle la ramène), de pauvre fille, et je rage contre cette célèbre marque japonaise, qui a justement ses portes ouvertes ce week-end. Bon, il n’est pas encore d’actualité de changer de véhicule, sinon ça vaut le coup de se déplacer. Nous faisons les courses, Michel redémarre et le tableau de bord s’actualise. Je m’adresse au cerveau de la voiture que je traite de « japoniaise » (oui, je sais, c’est moyen, mais c’est elle qui a commencé !) et là, ô miracle, le cloud est de nouveau accessible. Danse de la joie ! Enfin, presque, ce n’est pas facile quand la ceinture est bouclée. On a donc pu visualiser l’itinéraire, tout fonctionne à nouveau. Cela m’a rappelé le début de mon roman « Tempête solaire en Anjou ». Notre société est dépendante de tous ces gadgets électroniques, à un point que nous ne soupçonnons même pas !

Il y a une chose qui fonctionne : il faut s’adresser directement à ces intelligences artificielles qui régissent notre vie, les secouer un peu, leur dire que, bon, là, ça commence à bien faire… et tout finit par rentrer dans l’ordre, ou presque, jusqu’à la prochaine panne mondiale. Si vous lisez mon roman, dans quelques mois, vous verrez à quoi notre monde pourra ressembler.

J’ai dû dire adieu à ma montre connectée ce matin, je l’aimais bien pourtant, mais le cadran s’est détaché (ne me demandez pas comment, je n’en sais rien) alors que j’étais encore au lit, on a essayé de le remettre en place : c’est mort de chez mort. De profundis, et RIP. Les montres Mickey duraient plus longtemps.

Je me suis consolé en allant prendre quelques photos avec mon téléphone portable que je supplie de fonctionner encore un certain temps.

Lundi 14 septembre

Je me demande parfois si je lis des articles du célèbre Gorafi, qui parodie joyeusement l’actualité, ou si ce sont de « vraies » infos. En l’occurrence, il s’agit malheureusement d’une interview de Marine Tondelier avec de « vraies » réponses de sa part alors qu’on lui demande son avis sur les différents présidents de la 5e République. C’est un florilège, on croirait qu’il s’agit de perles recueillies pendant la correction des épreuves du Brevet des collèges. Pour Pompidou, outre le fait que la photo est « en noir et blanc », et après un long silence, elle finit par dire qu’elle n’a pas « trop connu les choses » (un peu comme ces personnes qui disent « j’étais pas né » quand on leur demande en quelle année a eu lieu la Révolution Française). Elle n’est pas allée jusqu’à dire que le monsieur avait des sourcils épais. Fin lettré, Georges Pompidou, normalien, professeur agrégé de Lettres, avait écrit une anthologie de la poésie française qui est un ouvrage remarquable. En tant que président, il a créé le premier ministère de l’environnement et instauré le SMIC. On peut aussi retenir qu’il est décédé d’une de ces saloperies de cancers du sang (Waldenström) que l’on ne savait pas soigner à l’époque, on administrait au malade des doses massives de cortisone… sans grand succès.

Pour Giscard, il lui rappelle Emmanuel Macron (sans doute le côté « jeune » un peu trop sûr de lui). Point final. Aucune mention de la légalisation du recours à l’avortement, et du combat de Simone Veil, ministre de la Santé.

Mitterrand : elle retient l’abolition de la peine de mort, mais n’a aucun souvenir précis (la petite est née en 1986). Pas de mention des 35 h, de la retraite à 60 ans ou de la 5e semaine de congés payés.

Et, cerise sur le gâteau, ou pomme sur le pommier, quand on l’interroge sur Chirac, ce qui l’a frappée, c’est « Mangez des pommes, donc on va dire mangez des pommes sans pesticides » (Ha, ha : là, c’est moi qui ajoute les rires enregistrés.) Elle aurait pu citer « La maison brûle et nous regardons ailleurs », ou d’autres citations beaucoup plus problématiques : « le bruit, les odeurs », mais elle a préféré citer cette phrase prononcée par la marionnette Chirac des Guignols de l’Info sur Canal +. À ce stade, je ne sais pas s’il faut rire ou se lamenter. J’avais déjà trouvé incongru que Cécile Duflot, lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima, place le Japon dans l’hémisphère sud, en disant que les éventuelles retombées nucléaires nous épargneraient plus facilement (ouf, on commençait à trembler) !

Voici un lien, parmi d’autres pour retrouver les différentes réponses de la dame à la veste verte :

Sur LCI, Marine Tondelier en grande difficulté pour qualifier les anciens présidents

Et un rappel de la bourde de la dame, qui est aussi titulaire d’un DEA de géographie.

Le Japon dans l’hémisphère sud. La bourde de Duflot fait rire le Net

Ne vous méprenez pas : les hommes politiques sont aussi friands de déclarations saugrenues et machistes à souhait, je saurai y revenir pendant la future campagne présidentielle (pestilentielle, disait Coluche).

Mardi 15 septembre

Eh bien, zut alors ! J’allais vous parler de mes lectures, et on vient d’apprendre le décès de la grande, de l’immense Catherine Ringer. Je suis anéanti : comment peut-on mourir d’un cancer foudroyant à 68 ans ? On ne la savait pas malade, elle dégageait toujours une sacrée énergie quand on la voyait à la télé. Seule ou en duo, depuis la mort de Fred Chichin et la fin des Rita Mitsuko. Bon, cela fera partie de mes grandes détresses quand je vois disparaître un ou une artiste de talent. J’avais eu beaucoup de peine lors du décès de Françoise Hardy, mais on s’y attendait, et « la grande » parlait beaucoup de son départ dans ses dernières chansons, elle avait eu le temps de préparer son entourage, surtout Dutronc (qui n’avait jamais voulu divorcer) et Thomas, qui entretenait avec sa mère une relation fusionnelle. Pour Catherine Ringer, je n’ai rien vu venir. Elle avait certes le visage marqué par les ans et par les aléas de la vie, comme beaucoup d’entre nous, mais ses yeux pétillants d’intelligence et de malice pouvaient laisser croire que tout allait bien. On avait tous chanté et dansé sur cet air si entraînant, alors que les paroles parlaient de cancer, le cancer de son amie Marcia Moreto, danseuse et chorégraphe argentine, emportée par la maladie. Loin d’être funèbre, la chanson célébrait avant tout la vie et était une célébration flamboyante de la mémoire de la danseuse. Catherine Ringer avait aussi dansé à la manière de Marcia, qui est restée éternelle grâce à cette chanson. La chanteuse y a-t-elle pensé avant le grand saut en avant ? J’imagine que le texte a été écrit avec des larmes, et qu’elle a voulu transcender ce moment, en faire quelque chose d’unique, de joyeux, un hymne à la vie. Voilà, c’est comme cela que l’on reconnaît les artistes. Adieu Catherine Ringer, j’espère que tu retrouveras Fred, Marcia, et tous les autres qui t’ont précédé au paradis des artistes.

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