Vendredi 14 août
Cela devrait être l’été en pente douce, comme on l’a connu jadis : les plages commençaient à se vider, les journées devenaient moins chaudes et on accueillait avec soulagement les traditionnels orages du 15 août. La rentrée était dans toutes les têtes et, en ce qui me concerne, ce fut toujours un moment de grande attente, la fin des vacances me semblait interminable. Gamin, j’étais impatient de retrouver l’école, mes copains et mes copines, la maîtresse (je n’ai jamais eu d’instituteur), l’odeur de la classe, les marronniers et les tilleuls dans la cour, et mille détails dont je me souviens encore. Plus tard, j’adorais préparer la rentrée pour mes élèves. Je me demandais à quoi ressemblerait « ma » classe de sixième et j’espérais que les deux mois de vacances auraient enfin fait grandir cette classe de 4e dont j’allais être désormais le prof principal, alias le P.P, en 3e, car, pour les différents principaux que j’ai connus dans ce petit collège du sud Mayenne, il fallait que ce soit moi en 3e B et ma collègue de lettres classiques en troisième A, même lorsque l’on suggérait de prendre un autre niveau. Refuser la charge aurait été vécu comme un affront personnel… alors on essayait de faire du mieux possible. Au gré des mutations des collègues, il y eut d’autres « tandems » de P.P, dont certains inoubliables : nous adorions « mettre le bazar », organiser des ateliers pour l’orientation, en « kidnappant » régulièrement la documentaliste et les différents conseillers d’orientation.
Enfin, il y eut la période « principal de collège », avec le même enthousiasme lorsque je retrouvais les agents, puis les profs, les nouveaux, l’équipe « vie scolaire », les anciens, les élèves enfin. Cela me manque-t-il ? Non, je suis passé à autre chose, mais je regarde toujours, quand je passe devant un collège, si c’est l’heure de la récré, ou si le prof qui vient de se garer est heureux d’aller bosser ou pas. Cela se voit tout de suite et, s’il a la tête baissée, le dos arrondi, et les épaules qui semblent céder sous le poids de l’ennui, je le plains, et je plains les élèves.
Je me souviens d’une prof qui arrivait le matin en soupirant, c’était terrible. Elle soupirait comme si elle allait expirer, là, sur place, avant de murmurer un lugubre « bonjour » que n’aurait pas renié Mercredi Addams. J’avais l’impression de croiser la mouette de Gaton Lagaffe. En revanche, celui ou celle qui avance d’un pas décidé, sourire aux lèvres, tête haute, fera passer une bonne journée à ses collègues et à ses élèves qui savent qu’il ou elle sera intraitable, mais juste, en vérifiant si le travail demandé a été fait, et qui apprécient son humour et l’attention qu’il (ou elle) porte à chacun. Voyez-vous, malgré tout ce qu’on leur fait subir, il reste d’excellents profs.
Mais nous ne sommes qu’à la mi-août et un bel orage, avec un petit peu de grêle, de la pluie et du tonnerre est arrivé sans prévenir, surgi du diable Vauvert comme le disait Léon Zitrone, belle surprise matinale rafraîchissante et bienvenue. Ah, que j’aime cette délicieuse odeur de pétrichor qui s’est répandue alors que nous avions portes et fenêtres grandes ouvertes. Il a fallu fermer très vite les ouvertures exposées à la pluie battante. La jeune grive nous a ensuite occupés en venant farfouiller dans le paillasson (je parle de la « pelouse »). Peu farouche, même si elle se savait observée par la fenêtre de la cuisine, elle a soulevé des tas de débris végétaux, car l’olivier s’est délesté d’une partie de ses feuilles, tout en sautillant joyeusement. Vive la mi-août, qui nous ferait presque croire que tout va redevenir « comme avant » !
Samedi 15 août
C’est un grand jour pour les croyants et la mi-août pour les autres. Cela n’empêche pas (je parle des autres) de s’intéresser à l’Assomption et à la Dormition de Marie. C’est d’ailleurs un point de divergence entre les chrétiens orthodoxes et les catholiques, les premiers réfutent le dogme selon lequel elle serait « l’Immaculée Conception », lavée de tout péché originel. Pour l’église d’Orient, ainsi que pour les protestants et les anglicans, Marie est morte, c’est le concept de « dormition ». Pour la petite histoire (enfin, si on peut dire) Jésus avait demandé, sur la croix, à Jean de veiller sur sa mère. Jean était d’ailleurs le seul apôtre présent. Il y avait Marie, Madeleine et Jean. L’iconographie représente souvent Jean en pleurs, tout près de Marie au moment où cette dernière va rendre l’âme, il a tenu promesse et a toujours été à côté de la mère de Jésus. Il accueille aussi les autres apôtres, dispersés à travers le monde (il faut bien bosser un peu et évangéliser les différentes contrées) et « téléportés » sur des nuées pour rejoindre Marie au moment où celle-ci quitte le monde terrestre. Dans la religion musulmane, Maryam (Marie) occupe une place d’honneur unique et extrêmement respectée.
Ici, ce sont les nuées orageuses qui grondent et les éclairs qui zèbrent le ciel, l’orage se rapproche avec des coups de tonnerre plus fréquents et des éclairs bien visibles… Sale temps pour une téléportation !
L’orage s’est finalement positionné juste au-dessus de chez nous, avec un activité électrique intense et bruyante (la foudre n’est pas tombée loin, plusieurs fois de suite), beaucoup de bruit, d’éclairs, et, surtout, beaucoup de pluie sans grêle et une longue coupure électrique. Un bonheur pour le jardin, et les plants de courgettes en sont très heureux. Au bout d’un moment, l’électricité est revenue et l’orage est parti vers Angers et la partie est du département.
Sans transition, comme on dit au journal télévisé, j’ai interrogé l’I.A ce matin après le tintamarre matinal. J’ai encore une douleur sourde au niveau du rein droit, sans fièvre ni problèmes urinaires, mais il peut y avoir un « truc » qui traîne, soit au niveau du rein, soit au niveau de l’uretère. Je vais bien voir comment cela évolue et, si cela persiste, j’en parlerai à Doc Sylvie. J’ai aussi posé la question de la récidive au cas où. En ce qui concerne la LLC (Leucémie Lymphoïde Chronique), et contrairement à ce que je pensais, la greffe de moelle osseuse avec mon profil « compliqué » (mutation TP 53 et autres anomalies), le taux de récidive post-greffe est de 35 à 40% et n’est pas vraiment différent des taux de récidives sans greffe. Cependant, et compte tenu des nouveaux traitements, la récidive serait certes ennuyeuse mais relativement gérable, avec plusieurs possibilités de traitements.
La récidive de la myélodysplasie, elle, est beaucoup plus insidieuse. Elle se traduit par une série de signaux peu visibles : baisse des plaquettes sur plusieurs NFS, baisse des neutrophiles ou des globules rouges, et apparition de signes plus inquiétants tels la myélémie (cellules sanguines immatures) ou de blastes (cellules cancéreuses). Pour les plaquettes, neutrophiles et globules rouges, tout se passe bien pour le moment, avec des fluctuations « normales ». J’ai eu une myélémie qui est certainement due à la pyélonéphrite : la moelle osseuse a « surchauffé » pour produire suffisamment de leucocytes, mais cette myélémie était transitoire. Elle serait plus inquiétante si on la retrouvait deux fois de suite, par exemple.
Une récidive de la myélodysplasie serait ainsi beaucoup plus fâcheuse qu’une récidive de la LLC. Les chimios classiques seraient en quelque sorte neutralisées, avec une résistance prévisible aux traitements, et il y aurait peu d’options, en dehors d’essais thérapeutiques pour lesquels il faut déjà être éligible. Le taux de récidive approche les 50% et Doc Sylvain m’a déjà dit qu’avec mon caryotype « tordu » au départ, il fallait surveiller les moindres indices laissant supposer que la maladie revient, en dépit de la greffe. Une deuxième greffe ne serait de toute façon pas l’option choisie. On peut aussi réinjecter des lymphocytes du greffon (il est conservé dans l’azote liquide au cas où), mais ce n’est pas du 100% en termes de réussite. Donc, en raison de mon profil « tordu », je vais continuer à bien fréquenter le service hématologie avec Doc Sylvain quand je serai « remis sur pied », sans cortisone, avec une GVH hépatique neutralisée et des dragons virus endormis ou neutralisés. Ce n’est pas que Doc Sylvain ne veuille pas de moi, c’est une question de suivi plus efficace en post-greffe : il est mensuel (ou presque), le temps de consultation n’est pas limité, contrairement au suivi « classique » où la surveillance devient trimestrielle, avec des consultations limitées à 15 minutes. De toute façon, Doc Sylvain est informé de mes « fantaisies » lors des réunions hebdomadaires (RCP du mercredi matin), et il peut en discuter avec Doc Sylvie.
Toujours d’après l’I.A, le service hématologie d’Angers est très réputé, Doc Sylvie est une professionnelle « remarquable et très appréciée » et Doc Sylvain est l’un des « grands spécialistes de la myélodysplasie ». Je suis donc, mais je le savais déjà, entre de très bonnes mains et je ne suis pas inquiet. Je distingue « vigilance » et « inquiétude ou anxiété ». La vigilance consiste à bien comprendre ses résultats d’analyse, et à contacter le service si quelque chose ne va pas, l’inquiétude (ou l’anxiété) serait de l’ordre de l’irrationnel, avec la peur continue de « replonger » dans la maladie. La lucidité me fait dire qu’une récidive est de l’ordre du possible, voire du probable, et que l’équipe hématologie m’associera pour les décisions à prendre, avec la plus grande sérénité possible et en toute transparence. On se connaît tous bien désormais, et mes hématologues anges gardiens ont bien compris que je voulais être informé, et associé, en tant que patient actif, ainsi que Michel qui est associé au processus en tant qu’accompagnant actif et informé. C’est un travail d’équipe où chacun, à la place qui est la sienne, travaille en synergie avec les autres membres. J’ai déjà évoqué le cas de ces patients qui sont dans le déni et vont régulièrement en « pôle oncologie » tout en niant que leur pathologie puisse être cancéreuse, c’est bien plus compliqué pour les équipes médicales qui les suivent. Je laisse de côté les cancers cutanés secondaires, qui sont aussi sous surveillance désormais.
J’enchaîne avec une petite page musicale pour illustrer le film « Monsieur Aznavour » que nous avons regardé hier soir. Il a été réalisé par Grand Corps Malade et Tahar Rahim qui interprète le célèbre chanteur. Les Aznavourian ont fui l’Arménie et Charles, ainsi que sa sœur arrivent en France. Leur intégration n’est pas facile, mais le père de famille leur dit « Tant qu’on est ensemble, en famille, on ne risque rien ». Ils mangent peu, mais sont joyeux, dansent et chantent avec leurs amis arméniens. Le « petit Charles » (qui restera « petit » de taille) subit la discrimination et le racisme lors de ses premières prestations sur scène, on le traite de nabot, de métèque, d’escroc arménien. Lui n’a qu’une idée en tête : réussir, à tout prix. Piaf l’étouffe, il s’en va, non sans avoir compris qu’elle lui a prodigué de précieux conseils : « Mon petit génie, une carrière de chanteur commence en France ». Son premier mariage ne lui convient plus, il divorce. Il écrit pour Sylvie, qui sera la plus belle pour aller danser, et pour Johnny, qui retient la nuit. Le film s’articule autour des succès d’Aznavour : la Bohème, Je m’voyais déjà, Désormais etc. On retrouve aussi, au début du film, ses toutes premières chansons, et les articles au vitriol de journalistes qui le descendent en flèche. La famille l’entoure et le soutient : son père, homme simple et bon, sa mère, maternelle et aimante, sa sœur, Aïda, qui n’hésite pas à lui dire sans ambages ce qu’elle juge bon pour lui. Aznavour, lui n’entoure pas grand monde : il veut être le premier. Il affirme à Franck Sinatra qu’un jour il sera payé autant que lui… Il y parvient : c’est un bosseur, un forçat du travail, un perfectionniste qui fatigue son entourage, ses musiciens et ses amis, ce n’est pas vraiment un personnage sympathique dans la vie de tous les jours et il oublie les valeurs de la famille Aznavourian en se souciant avant tout de sa carrière, et de sa fortune. Mais l’œuvre est là et les chansons sont devenues des classiques intemporels. C’est un peu comme Picasso : l’homme n’est pas des plus sympathiques, les tableaux sont d’une grande valeur artistique. L’interprétation de Tahar Rahim est juste, parfois un peu forcée pour certaines mimiques aznavouriennes (c’est mon avis), et j’ai trouvé que l’interprétation de Piaf manquait de nuances (Marie-Julie Baup), mais c’est un film réussi et j’ai beaucoup aimé Hovnatan Avédikian dans le rôle de Mischa Aznavourian, le père, rayonnant et solaire. On croise aussi les célébrités de l’époque : Francis Blanche, Trénet, auquel Mischa sert de grandes rasades de vin en lui disant combien il l’admire, Bécaud, qui a le même souci des textes ciselés et des mots choisis en tant que parolier, Johnny, dans sa période « Yé-yé timide », « Franckie » Sinatra et bien d’autres.
Dimanche 16 août
On peut les appeler « les rescapées de la canicule » : quelques fleurs ont malgré tout résisté, et les pétunias inattendus se sont retrouvés ici ou là. Les cyclamens de Naples pointent leurs premières fleurs, et, en général, cela signifie la fin de l’été (ouf !)





On trouve sur le site Accueil | Ellye des informations très utiles sur les « cancers du sang ». Je visionne un webinaire qui est consacré aux vacances quand on est immunodéprimé. Je ne suis pas concerné par les précautions à prendre en tant que salarié en arrêt de maladie, mais cela peut concerner certains d’entre vous. Il y a aussi d’autres conseils, très utiles, sur le fait de se protéger contre le soleil, les médicaments, les précautions alimentaires, les vaccins etc.
En ce qui concerne la Crète, il est fermement déconseillé de boire l’eau du robinet. Elle est traitée, bien évidemment, mais contient certains micro-organismes auxquels nos systèmes immunitaires, même performants, ne sont pas habitués. Je vous laisse imaginer la tourista pour un immunodéprimé, qui peut se terminer par une hospitalisation, avec un rapatriement ! De même, il faut être prudent avec les fruits (privilégier ceux que l’on peut éplucher, ou renoncer) et avec les charcuteries ou fromages d’origine artisanale (mince alors pour la féta à déguster dans une exploitation de montagne). Il vaut mieux également éviter les viandes peu cuites ou les poissons et crustacés si on a des doutes (de toute façon, si j’avais un « doute », même en France je ne les consommerais pas). Ceci dit, je n’irai pas consommer des huîtres en Crète (je ne sais même pas s’ils en ont) ou un tartare de poisson, ou de bœuf.
Le 3 septembre, lorsque j’aurai la nouvelle ordonnance, je demanderai à ChatGPT de la traduire en Anglais et en Grec, avec les noms équivalents des médicaments, j’espère qu’il me fera ça sans entourloupe, mais je ferai quelques vérifications tout de même. Je pourrais demander à Doc Sylvie de le faire, mais j’imagine déjà la réponse et je ne veux pas la mettre de mauvaise humeur !
Je doute que vous ayez la patience de tout regarder, mais, si un jour vous avec besoin de retrouver le lien pour quelqu’un de votre entourage qui serait concerné, eh bien c’est ici. On trouve aussi sur le site Ellye des informations très bien faites et fiables.
Replay webinaire « Comment se préparer pour les vacances lorqu’on est immunodéprimé » | Ellye
Lundi 17 août
Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous les « bonnes » nouvelles de la rentrée. D’abord, on a l’assurance maladie : les caisses sont vides, il faut donc demander un effort… Et à qui ? Aux malades, évidemment !
Vous devrez donc vous attendre à un doublement des franchises médicales : elles étaient limitées à 50€ par an, ce sera désormais 100€, pour la participation forfaitaire (médicaments, actes médicaux, y compris radiologiques et biologiques) ce sera la même chose : de 50€ à 100€. Pour information, les patients en ALD (cancers, maladies chroniques etc) sont soumis à ces prélèvements. On arrivera donc très rapidement à 200€. Il paraît que certains ne paient jamais ces participations et franchises, et que cela met l’équilibre de la Sécu en péril. Donc, en toute logique, on demande aux autres de payer pour eux. Cherchez l’erreur. Alors, sur un salaire (ou une retraite) confortable, cela paraîtra moins douloureux que sur un petit salaire… eh oui, ces sommes ne tiennent pas compte des revenus. Comme cela sera insuffisant, on songe à moins rembourser certains médicaments (ceux qui concerne les maladies chroniques, par exemple), est-on vraiment certain de la pertinence de moins bien rembourser l’insuline, ou le Levothyrox, ou les chimios, ou les antiépileptiques ? (C’est tellement couteux, ces chimios, et ces traitements ils n’ont qu’à faire attention, tous ces cancéreux et ces malades chroniques, enfin quoi ?)
On parle du « renoncement aux soins » (j’avais travaillé, dans mes dernières années à la Direction académique, sur le renoncement aux aides sociales avec mes copines de la préfecture) : ces renoncements concernent de plus en plus de personnes, jeunes, moins jeunes, actifs ou retraités qui consulteront moins souvent, et prendront plus de risques, ou qui n’iront pas chez le dentiste ou l’ophtalmo. Et pendant ce temps, celles et ceux qui ne paient pas les franchises et les participations continueront à ne pas les payer. Il suffirait de les prélever à la source, mettons une fois par trimestre… Visiblement, personne n’y a sérieusement songé, et on préfère refiler le bébé aux mutuelles qui augmenteront leurs cotisations. Ah tiens, si j’étais président !
Une autre bonne nouvelle va faire quelques remous à l’Assemblée nationale : la désindexation des retraites sur l’inflation est au programme. Alors, ce serait « progressif » : un taux pour les retraites moyennes, un autre pour les retraites « aisées », et on ne changerait rien pour les « petites retraites ». Le Conseil constitutionnel risque de retoquer la mesure, qui serait considérée comme anticonstitutionnelle. Bon, alors que faire ? J’ai bien une solution (ah, si j’étais président !) : il n’y a qu’à arrêter de rembourser les médicaments de tous ces vieux boomers qui encombrent la société et les EHPAD, ainsi, ils dégageront plus vite. D’ailleurs, on serait bien avisé de leur verser à la retraite une somme forfaitaire avec un certain nombre de mois pris en compte, par exemple 120 mois : « Ah, mon pauvre vieux (ou ma pauvre vieille), vous avez dépensé tout votre forfait… c’est ballot, l’état ne peut plus rien pour vous ! Les aides sont réservées aux actifs, enfin à certains, enfin à ceux qui ont le culot de les demander… et qui devront les rembourser à la retraite. Vous avez essayé de jouer au Loto ? »
Vous voyez que j’ai des idées : votez pour moi !
Mardi 18 août
Je ne suis pas en pleine forme : la douleur au niveau du rein droit est devenue insupportable hier dans la soirée. Je n’ai pas réussi à m’endormir, malgré la température agréable de la chambre au sous-sol, et je me suis relevé un peu après minuit pour prendre un doliprane. Je n’ai pas de fièvre, mais j’ai cherché à soulager la douleur. Je me suis recouché après avoir attendu que le « dragibus » fasse son effet, et j’ai réussi à redormir jusqu’à 5 h 30. Là, j’ai été réveillé par une crise assez violente. J’ai expliqué à Michel que c’est comme une rage de dents, mais au niveau du rein. Je pense que vous avez deviné la suite : j’ai contacté le service post-greffe ce matin. L’infirmière m’a expliqué que c’était la bousculade en raison d’un nombre important de consultations, mais on va me rappeler dans la journée. En attendant, je gère comme je peux et je me tortille dans mon fauteuil en essayant de trouver la position la moins pénible. Voilà, voilà… J’entends d’ici certains commentaires : « Mais pourquoi cherche-t-il toujours à se faire remarquer ? »
Parmi les hypothèses on a pêle-mêle : une récidive de la pyélonéphrite (même avec l’absence de fièvre), un calcul en partie « haute », une inflammation locale du rein et d’autres possibilités sans doute. J’attends la décision de Doc Sylvie lorsqu’elle aura le temps de s’occuper de mon cas.
Petite réactualisation : j’ai eu l’infirmière « post-greffe » au téléphone, qui m’a envoyé par mail une ordonnance pour prise de sang et ECBU et m’a dit que Doc Sylvie attendait les résultats avant de décider de me revoir ou de programmer d’autres examens. L’ECBU prend 4 jours s’il y a une mise en culture, j’ai le temps de danser la gigue irlandaise avec un tempo d’enfer. Bon, je vous rassure, la douleur est moins aigüe que ce matin, à condition que je ne bouge pas. La dame de l’accueil au labo m’a dit « Oh là là, je vois bien que vous souffrez… » Même remarque de la part de l’infirmière qui a fait le prélèvement « On sait que ça fait très mal ». Allez, ce n’est pas pire qu’un accouchement, quand-même. Et là, je vous entends dire, mesdames, « Comment tu le sais ? Tu n’as jamais accouché ! » Bon, mes références ce sont : en premier, la pose du drain lorsque j’avais fait mon pneumothorax, car je ne suis pas en train de hurler, en deuxième, mais presque exæquo, la douleur du pneumothorax quand il s’était produit, en troisième, la rage de dents de 2003 où un staphylocoque chopé à la piscine était passé par le sinus pour infecter une racine de prémolaire, et donc, au pied du podium, cette fichue douleur rénale qui est lancinante et parfois aigüe, mais qui s’estompe un peu par moments (le rein est moins « sous pression » indique l’IA), c’est une douleur plus fourbe. Si j’étais vraiment au plus mal, je n’écrirais pas ici. CQFD.
Mercredi 19 août
La journée est presque automnale, avec une grisaille matinale et fraîche, un peu de soleil, et de nouveau un ciel couvert et du vent. Rien de neuf du côté du labo, mais comme je suis allé me faire prélever mon précieux sang hier après-midi, je m’en doutais un peu. On verra demain s’il y a du nouveau.
Du côté du rein droit, ce sont parfois des douleurs lancinantes, parfois cela se calme. J’évite de boire beaucoup à la fois pour éviter la surpression douloureuse. J’ai pris un doliprane ce matin, cela m’a permis de récupérer un peu après un épisode nocturne un peu douloureux (un peu beaucoup). J’ai laissé Michel dormir tranquille au sous-sol et je suis remonté pour lire un peu sur l’ordinateur, j’ai ensuite pu dormir jusqu’à 6 h 30. Je n’ai pas d’autre symptômes : ni fièvre, ni douleurs urinaires ou au niveau de la vessie, juste cette douleur qui irradie du rein droit au flanc, et qui est plus gênante lorsque je suis allongé ou assis que debout. Bref, des trucs de vieux. Ah, j’avais oublié dans les douleurs dont je me serais bien passé, l’épisode « ponction médullaire ratée » avec, dans le premier rôle, Cruchotte (vous vous souvenez de cet épisode, juste avant la greffe ?) et l’épisode ponction hépatique qui n’a vraiment pas été une partie de plaisir !
Tiens, je vous remets l’épisode « Cruchotte » pour le plaisir :
I’m back again… – Greffe de moelle osseuse
Jeudi 20 août
Les résultats du labo sont arrivés ce matin, et je ne suis pas vraiment avancé : l’ECBU est négatif, il n’y a donc pas d’infection urinaire. Je m’en doutais, car je n’ai pas de fièvre. Le reste de l’analyse (succincte) montre une moelle osseuse en forme, qui fabrique des globules rouges à gogo et des globules blancs également, avec un petit surplus de neutrophiles qui peut être lié à la douleur que je ressens.
Alors, parlons-en un peu, sans dramatiser. Oui, c’est douloureux, un peu comme une rage de dents, et c’est plus vif quand je suis assis ou allongé que quand je suis debout. Le rein ne supporte pas les pressions, cela peut vouloir dire que le problème vient de l’enveloppe rénale (la capsule) ou en tout cas que c’est à ce niveau « haut » que le problème se situe. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un calcul, ça se verrait avec une diminution du volume urinaire, et il est « normal ». D’après l’I.A, il peut y avoir un problème fongique, avec un champignon opportuniste qui se serait installé, voire d’un des deux dragons-virus qui profiterait de l’occasion (organe fragilisé) pour mettre la pagaille ou, plus simplement, une obstruction partielle. J’ai eu l’infirmière du service post-greffe, je lui ai envoyé à sa demande l’analyse et j’ai fait un récapitulatif des symptômes pour qu’elle transmette le tout à Doc Sylvie. Je sais qu’elle prendra le temps de réfléchir à tout ça après les consultations et qu’elle me communiquera la suite envisagée. Le fait que les douleurs nocturnes soient capables de me réveiller traduit une douleur inhabituelle avec, le plus souvent, un caractère d’urgence. Suite au prochain épisode, comme on dit dans ces cas-là.


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