Week-end des 8 et 9 août
Nous sommes rentrés, en fin de matinée, après un trajet sans problème. Nous nous sommes arrêtés au supermarché de Chemillé pour faire les courses et nous avons pu reprendre notre vie tranquille.
Mais revenons sur la journée de vendredi (donc hier, puisque je commence l’article le samedi 8 août).
Le matin, nous avons pris notre temps avant d’aller chercher des sandwichs dans une boulangerie en prévision du pique-nique du midi (certes moins riche que celui servi par Sébastien du Petit Thouars) et nous sommes allés à l’office du tourisme où nous avions rendez-vous avec Marie Pierre Terrien, guide et spécialiste de l’histoire locale, que ce soit la ville, le cardinal ou Saint Vincent de Paul dont je reparlerai. Marie Pierre Terrien a écrit plusieurs ouvrages (on a acheté deux de ses livres l’après-midi) et c’est une passionnée, qui a su nous captiver en racontant à la fois l’histoire de la ville, son évolution à travers les siècles et l’importance de ces deux illustres personnages, Armand André du Plessis, cardinal de Richelieu, et Vincent de Paul, que l’on connaît désormais sous le nom de Saint Vincent de Paul. Le cardinal, fin stratège, comme on le sait déjà, pensait qu’il valait mieux agir avec douceur et persuasion pour convertir les « huguenots » (protestants, calvinistes, etc.) et il a fait appel à une personne, absolument remarquable, Vincent de Paul. Alors, j’avais des souvenirs lointains de catéchisme, et je savais que ce saint homme était réputé pour avoir appliqué avec ferveur les préceptes chrétiens, en aidant les pauvres. Mes connaissances s’arrêtaient là, loin de couvrir tous les actes accomplis par Vincent de Paul. Frappé par la misère sociale et culturelle qui régnait dans les campagnes, là où les prêtres avaient déserté, parce qu’on les payait peu ou pas du tout, il partageait la même conviction que le cardinal : les prêtres devaient revenir, et, surtout, être des modèles de vertu et de simplicité, pour reconquérir des terres où l’hérésie protestante prospérait, et, pour attirer les prêtres, il fallait répartir équitablement les biens dans les différentes paroisses. La ville de Richelieu était en Poitou, et la ville de Loudun, par exemple, était un bastion protestant. Vincent de Paul, tout comme le cardinal, était persuadé qu’il fallait éduquer les enfants pauvres, garçons et filles, pour les hisser vers la spiritualité en leur donnant les clés du savoir, et qu’il ne fallait pas s’opposer aux protestants, mais parler avec eux, avec douceur et persuasion, pour les ramener au bercail catholique. Avouez qu’on est loin de la caricature en ce qui concerne Richelieu et qu’il savait choisir ses hommes. Le même Richelieu, soucieux du confort des habitants de sa future cité idéale, avait fait installer un très ingénieux réseau d’eau potable, qui alimentait le château, mais aussi les cinq fontaines de la ville. Et, pour l’époque, c’était un luxe fort apprécié dont les Parisiens ne disposaient même pas. Tout en cheminant, et en nous racontant l’histoire de l’évolution de la ville, après avoir évoqué Vincent de Paul à l’église, Marie-Pierre Terrien nous a fait découvrir des lieux que nous n’aurions pu voir seuls : l’envers du décor, l’arrière des hôtels particuliers, avec ces charmants espaces que cachent les portes cochères fermées.
Voici quelques photos prises pendant notre déambulation guidée (les dernières photos montrent la cour de l’espace Richelieu, et, pour l’anecdote, l’acteur Gérard Klein avait été propriétaire de l’hôtel particulier).




Après notre pique-nique dans le parc, nous avons eu besoin d’une bonne sieste réparatrice et nous sommes ressortis pour acheter deux ouvrages de Marie-Pierre Terrien à l’office du tourisme, non sans avoir échangé sur notre programme de visites avec une des hôtesses. Le personnel est vraiment compétent, sympathique et nous étions déjà considérés comme étant deux habitués. Nous avons ensuite fait quelques repérages sur la place où de grandes tablées étaient installées, avec différents traiteurs qui allaient proposer des plats traditionnels (fouaces, fromages, vins de la région, etc.) et des propositions plus exotiques. Nous sommes redescendus de notre chambre à 19 h 20, la place était déjà bien animée. Nous avons opté pour deux andouillettes grillées avec frites et une demi-tomate à la provençale, le tout accompagné d’un verre de chinon rosé. En dessert, nous avons eu envie d’une glace à l’italienne. Nous étions à côté de deux dames, très sympathiques et communicantes, et ce fut un moment très agréable. Le tout se poursuivait par une animation dansante, mais nous avons préféré déguster une bière à la terrasse de notre hôtel, avant de remonter dans notre chambre. C’était une excellente façon de clore notre séjour.




Voici le lien qui vous permet de connaître l’activité de Marie-Pierre Terrien :
Marie-Pierre TERRIEN — Historienne, Docteur en Histoire
Vous pouvez aussi approfondir votre connaissance de deux personnages importants : le cardinal de Richelieu et Vincent de Paul.
Le cardinal de Richelieu (1585-1642) — Marie-Pierre TERRIEN
Vincent de Paul à Richelieu — Marie-Pierre TERRIEN
Dimanche 9 août
Revenons un peu au médical et à ces dragons virus qui se réactivent régulièrement, ce qui implique une surveillance rapprochée. J’ai soumis à l’I.A un article lu en ligne et je lui ai demandé de faire le lien entre mon épisode COVID sévère, en 2022, et la réactivation des virus après la greffe.
Et si le COVID avait réveillé d’autres virus ?
Lorsque j’ai lu récemment qu’une étude publiée dans Nature mettait en évidence la réactivation de plusieurs virus « dormants » chez des patients atteints de COVID-19, j’ai forcément été interpellé.
Je fais partie de ces personnes pour lesquelles le COVID n’a pas été une simple mauvaise grippe. L’infection avait été particulièrement sévère au premier trimestre 2022 : passage en réanimation, longue hospitalisation, puis pneumothorax. À l’époque, évidemment, l’objectif était surtout de sortir de cette période critique. On ne se demandait pas encore ce que cette infection pouvait avoir provoqué dans le fonctionnement du système immunitaire à plus long terme.
Or une nouvelle étude apporte aujourd’hui un élément de réflexion intéressant.
Les chercheurs ont suivi 1 154 personnes hospitalisées pour COVID-19 et ont recherché, pendant la phase aiguë puis durant l’année suivante, la présence de différents virus. Ils ont notamment observé des signes de réactivation de virus appartenant à la famille des Herpesviridae, dont font partie l’EBV (virus d’Epstein-Barr) et le CMV (cytomégalovirus).
Ces virus sont particuliers : une fois que nous les avons rencontrés, ils peuvent rester dans notre organisme pendant des années, voire toute notre vie, sous une forme latente. Le système immunitaire les maintient normalement sous contrôle. Mais lorsque celui-ci est fortement perturbé — par une infection sévère, une inflammation importante, certains traitements ou une immunodépression — ils peuvent reprendre une activité.
C’est précisément ce que semble montrer cette étude avec le COVID.
Les réactivations virales étaient associées à une plus grande sévérité de la maladie et à certaines modifications importantes de la réponse immunitaire. Le phénomène ne concernait d’ailleurs pas uniquement des personnes déjà immunodéprimées.
Autrement dit, un COVID sévère pourrait provoquer un véritable « tremblement de terre » immunologique, suffisamment important pour permettre à certains virus jusque-là silencieux de refaire surface.
EBV et CMV : simples témoins ou véritables acteurs ?
C’est ici que les choses deviennent particulièrement intéressantes.
Il serait tentant de conclure que le COVID réactive l’EBV ou le CMV et que ces virus sont ensuite responsables des complications. Mais la science n’en est pas encore là.
Les études montrent essentiellement une association.
On peut donc imaginer plusieurs scénarios. Le COVID sévère pourrait perturber suffisamment le système immunitaire pour permettre la réactivation de virus latents. Ces réactivations pourraient ensuite être simplement le reflet de la gravité de l’agression initiale.
Mais une autre possibilité est qu’une fois réactivés, certains de ces virus participent à leur tour à l’inflammation et au dérèglement immunitaire, créant une sorte de cercle vicieux.
C’est cette deuxième hypothèse qui mérite désormais d’être étudiée.
Une grande revue de la littérature publiée en 2023 avait déjà retrouvé, dans les études disponibles, des taux de réactivation particulièrement importants pour l’EBV et le CMV chez les patients atteints de COVID, surtout dans les formes sévères. Les estimations regroupées étaient d’environ 45 % pour l’EBV et 19 % pour le CMV, avec cependant une très forte hétérogénéité entre les études.
D’autres travaux menés chez des patients en réanimation ont également retrouvé des réactivations du CMV et les ont associées à une durée plus longue de ventilation ou d’hospitalisation. Là encore, cela ne permet pas de savoir si le CMV aggrave directement la situation ou s’il profite simplement d’un organisme déjà très affaibli.
Et après le COVID ?
La nouvelle étude publiée dans Nature va un peu plus loin puisqu’elle a suivi les patients pendant douze mois. Les chercheurs ont retrouvé des signes de réactivation virale non seulement pendant la phase aiguë du COVID, mais également chez certains patients présentant des symptômes persistants.
Cela rejoint une hypothèse déjà explorée depuis plusieurs années : la réactivation de l’EBV pourrait participer, chez certaines personnes, aux mécanismes du COVID long. Des travaux antérieurs avaient notamment retrouvé une association entre certains marqueurs de l’EBV et le risque de développer des symptômes persistants.
Mais là encore, prudence : association ne signifie pas causalité.
Il serait beaucoup trop simple de dire « le COVID long est provoqué par l’EBV ». La réalité semble probablement beaucoup plus complexe, avec plusieurs mécanismes possibles qui peuvent se combiner : persistance de fragments ou de réservoirs viraux, inflammation, dérèglement immunitaire, auto-immunité et réactivation de virus latents.
Pourquoi cela me fait réfléchir
Dans mon cas, cette question prend forcément une résonance particulière.
J’ai connu un COVID suffisamment violent pour nécessiter la réanimation, une longue hospitalisation et, ensuite, un pneumothorax. Puis, beaucoup plus tard, j’ai été confronté à des problèmes immunitaires et à la surveillance de virus comme l’EBV et le CMV.
Je ne peux évidemment pas en déduire que le COVID est à l’origine de ce qui m’arrive aujourd’hui. Des années ont passé, et ma situation médicale comporte bien d’autres facteurs susceptibles d’expliquer les réactivations virales.
Mais ces nouvelles recherches rendent une chose de plus en plus claire : une infection virale sévère ne se résume pas toujours à la présence du virus qui l’a provoquée. Elle peut profondément modifier l’équilibre du système immunitaire et, dans certaines circonstances, permettre à d’autres virus présents depuis longtemps dans l’organisme de reprendre une activité.
C’est peut-être l’une des clés pour comprendre certaines formes particulièrement complexes de l’après-COVID.
La question reste ouverte : ces virus réactivés sont-ils uniquement les témoins d’un système immunitaire bouleversé, ou deviennent-ils eux-mêmes des acteurs de la maladie ?
Pour l’instant, les chercheurs ne peuvent pas encore trancher. Mais le fait que cette question soit désormais étudiée sur des cohortes importantes, avec un suivi dans le temps et des analyses immunologiques de plus en plus précises, est plutôt encourageant.
Et pour ceux qui, comme moi, ont connu un COVID particulièrement sévère, cela donne une raison supplémentaire de s’intéresser à ce qui se passe dans l’organisme bien après que le test PCR est redevenu négatif.
Une histoire immunitaire en plusieurs étapes
Avant le COVID : la LLC et la chimiothérapie
Au moment où j’ai contracté le COVID, mon système immunitaire n’était déjà pas celui d’une personne en bonne santé. J’étais atteint d’une LLC et je suivais un traitement par FCR : fludarabine, Endoxan (cyclophosphamide) et rituximab.
Ces traitements peuvent provoquer une immunodépression importante, notamment en diminuant certaines populations de lymphocytes T et B. Or ce sont précisément ces cellules qui participent au contrôle de plusieurs virus capables de rester silencieux dans l’organisme.
Puis survient le COVID sévère
Dans ce contexte déjà fragilisé, j’ai contracté un COVID particulièrement sévère, avec passage en réanimation, une longue hospitalisation et, par la suite, un pneumothorax.
On sait désormais que les formes sévères de COVID peuvent elles-mêmes provoquer un profond bouleversement de la réponse immunitaire et s’accompagner de réactivations de virus latents, notamment des herpèsvirus comme l’EBV et le CMV.
Dans mon cas, il est donc plausible que le COVID ait constitué un stress immunitaire supplémentaire venant s’ajouter à celui de la LLC et de la chimiothérapie.
2023 : un zona particulièrement important
L’apparition, en 2023, d’un zona très étendu et particulièrement douloureux constitue un autre élément de cette histoire.
Le virus responsable du zona, le VZV (virus varicelle-zona), reste lui aussi latent dans l’organisme après la première infection. Sa réactivation est favorisée par une diminution de l’immunité cellulaire.
Le zona ne permet évidemment pas, à lui seul, de déterminer ce qui s’est passé immunologiquement pendant mon COVID. Mais, replacé dans le contexte de la LLC et du traitement FCR, il témoigne d’une période où le contrôle des virus latents pouvait être particulièrement difficile.
Plus tard : EBV et CMV
Les années suivantes, ce sont l’EBV et le CMV qui sont devenus des virus particulièrement surveillés, quelques mois après la greffe de cellules souches effectuée le 6 février 2025.
Là encore, il serait abusif de dire que le COVID de l’époque a directement provoqué les réactivations observées beaucoup plus tard. De nombreux facteurs sont intervenus entre-temps, et mon histoire médicale a considérablement évolué.
Mais l’ensemble dessine une hypothèse biologiquement cohérente :
LLC
↓
immunité déjà altérée
↓
traitement FCR : forte perturbation de l’immunité T et B
↓
COVID sévère : nouvelle agression immunitaire majeure
↓
difficulté accrue à maintenir certains virus latents sous contrôle
↓
réactivation possible du VZV, puis surveillance/réactivation de l’EBV et du CMV
Il ne s’agit pas de démontrer que chaque étape est la cause de la suivante. C’est plutôt une manière de comprendre comment plusieurs facteurs immunologiques successifs ont pu se superposer.
Et c’est précisément ce qui rend les recherches actuelles sur les réactivations virales après COVID particulièrement intéressantes dans mon cas : elles apportent un cadre biologique à une question que je n’aurais probablement pas pensé à me poser au moment où je sortais de réanimation.
Une hypothèse, donc, plutôt qu’une conclusion. Mais une hypothèse qui mérite d’être étudiée.
Virus reactivation in acute and long COVID-19 | Nature
Voilà… en conclusion, on peut dire que l’on sait qu’il existe une corrélation entre COVID 19 et réactivation EBV et CMV (entre autres), mais on ne connaît pas encore suffisamment le mécanisme qui favorise l’agitation immunitaire. On y parviendra un jour, certainement, et cela permettra peut-être d’agir dès les premiers symptômes. En attendant, je dois rester sous surveillance rapprochée, encore heureux que je sois en suivi post-greffe avec une surveillance systématique de ces deux virus. En ce qui concerne le zona, virus VZV (varicelle), il est hors de question de vaccin pour le moment, ce serait beaucoup trop risqué et ce n’est donc pas d’actualité avait précisé Doc Sylvie.
Tiens, je viens de trouver cela : la reconversion professionnelle de Sébastien Aubert du Petit Thouars, qui nous a si gentiment accueillis pour la visite du domaine viticole et pour le pique-nique, j’ai d’ailleurs eu un échange de mails avec Sébastien du Petit Thouars que j’avais remercié pour son accueil et qui m’a très gentiment répondu :
Lundi 10 août
La semaine s’annonce encore caniculaire, très chaude, trop chaude. Ce n’est plus une planète, c’est un chaudron et, pendant ce temps, les champs et les forêts brûlent.
Mais, depuis hier, j’ai cette chanson en tête. Je me dis que si je partage le mistigri, l’un ou l’une d’entre vous va bien finir par prendre le relais :
La belle voix de Raye, pour un réveil en douceur :
Mardi 11 août
Il fait chaud, et cela va durer encore quelques jours. Inutile de vous dire que je vais éviter de sortir pendant la journée. Mon tour de jardin est fait, avec une nouveauté désagréable : les moustiques qui s’invitent en masse. Cet été ne nous épargnera rien. Pendant ce temps, la forêt brûle du côté de Baugé, et les moyens mobilisés sont importants, tout comme l’est l’incendie.
À propos de soleil, je me suis dit qu’un rappel des précautions à prendre ne serait pas inutile. On lit des commentaires affligeants sur les réseaux sociaux, du style « le bronzage protège la peau ». Le bronzage n’est qu’une manifestation visible d’une peau qui réagit au soleil, et il ne protège rien.
Soleil : se protéger aujourd’hui, c’est aussi penser à demain
Pendant longtemps, comme beaucoup de personnes de ma génération, je n’ai pas vraiment considéré le soleil comme un risque. Quand nous étions enfants et adolescents, la prévention solaire n’avait pas la place qu’elle occupe aujourd’hui. Les vacances, la plage, les après-midi dehors… on profitait du soleil, parfois jusqu’au coup de soleil, sans nécessairement se poser beaucoup de questions.
Avec le recul, on sait pourtant que la peau « garde en mémoire » une partie des agressions qu’elle a subies au cours de la vie. Les rayonnements ultraviolets (UV) endommagent l’ADN des cellules cutanées. Les UVB sont notamment responsables des coups de soleil, tandis que les UVA pénètrent plus profondément dans la peau et participent entre autres au photovieillissement. Les deux types de rayonnement peuvent contribuer aux cancers cutanés.
Mon expérience personnelle m’a fait changer de regard
Ce sujet n’est pas tout à fait théorique pour moi.
J’ai été opéré de deux carcinomes infiltrants et je bénéficie désormais d’un suivi régulier en dermatologie. Il serait évidemment impossible d’attribuer ces cancers à une cause unique. Dans mon cas, plusieurs facteurs ont probablement pu se conjuguer : une exposition solaire importante au cours des premières années de ma vie, à une époque où la prévention était beaucoup moins présente, mais aussi une immunodépression survenue bien plus tard, liée à ma maladie et aux traitements que j’ai reçus.
Il ne s’agit donc pas de dire : « le soleil est responsable de mes carcinomes ». Ce serait impossible à démontrer individuellement. Mais il est établi que les UV constituent le principal facteur environnemental des cancers de la peau, et que certaines situations d’immunosuppression augmentent également le risque.
Cette combinaison est d’ailleurs une raison supplémentaire, pour moi, de prendre aujourd’hui la prévention au sérieux.
Le soleil n’est pas notre ennemi… mais les UV ne sont pas anodins
Il ne s’agit évidemment pas de vivre enfermé dès qu’il fait beau. Les activités extérieures sont bénéfiques et le soleil participe notamment à la synthèse de la vitamine D.
Le problème est la surexposition.
Les UV peuvent provoquer des dommages immédiats, comme les coups de soleil, mais aussi des dommages qui s’accumulent au fil des années. L’exposition chronique est notamment associée aux carcinomes cutanés, tandis que les expositions intenses et intermittentes et les coups de soleil, particulièrement pendant l’enfance et l’adolescence, jouent un rôle important dans le risque de mélanome.
Et contrairement à une idée encore répandue, bronzer n’est pas une preuve que la peau « supporte bien » le soleil. Le bronzage est une réaction de défense de la peau face aux UV, et il ne protège que très modestement contre leurs effets à long terme.
Quelques réflexes simples
La prévention ne consiste pas seulement à mettre de la crème solaire.
Lorsque les UV sont importants, les recommandations reposent d’abord sur des mesures simples :
- rechercher l’ombre, particulièrement autour du milieu de la journée ;
- porter des vêtements couvrants lorsque c’est possible ;
- utiliser un chapeau, notamment pour protéger le visage, les oreilles et le cou ;
- porter des lunettes filtrant efficacement les UVA et les UVB ;
- utiliser une crème solaire à large spectre sur les zones qui restent exposées.
La crème solaire ne doit surtout pas être considérée comme un moyen de prolonger indéfiniment l’exposition. L’OMS recommande une protection dès que l’indice UV atteint 3 ou davantage. Et les nuages ne suffisent pas nécessairement à nous protéger : les UV peuvent rester importants par temps couvert.
Une vigilance particulière s’impose également chez les enfants. Les coups de soleil durant l’enfance et l’adolescence sont associés à un risque accru de cancer cutané à l’âge adulte. C’est probablement l’un des messages de prévention que j’aurais aimé entendre davantage lorsque j’étais jeune.
Les vêtements anti-UV : une protection à redécouvrir
Parmi les moyens de protection, les vêtements anti-UV constituent aujourd’hui une solution particulièrement intéressante. Certains textiles sont conçus pour filtrer fortement les rayonnements ultraviolets et bénéficient d’un indice de protection spécifique, le UPF (Ultraviolet Protection Factor).
C’est une solution que j’ai personnellement adoptée. J’ai investi dans plusieurs vêtements anti-UV et je trouve intéressant de constater les progrès réalisés par ces textiles : ils permettent de protéger efficacement une grande partie du corps sans avoir à appliquer de crème solaire partout et sans empêcher de profiter des activités extérieures.
Pour une exposition prolongée, un vêtement couvrant, un chapeau et des lunettes de soleil constituent donc une protection particulièrement simple. La crème solaire reste utile pour les zones découvertes, mais elle ne devrait pas être notre unique moyen de défense contre les UV.
Il faut néanmoins regarder l’étiquette : tous les vêtements ne protègent pas de la même manière et un vêtement ordinaire peut laisser passer une quantité non négligeable d’UV, notamment lorsqu’il est léger ou mouillé. Pour les vêtements spécifiquement conçus pour la protection solaire, on peut rechercher la mention UPF 30, 40 ou 50+, selon le niveau de protection annoncé.
Et après un cancer cutané ?
Mon propre parcours m’a aussi appris quelque chose de très simple : la prévention ne s’arrête pas après une opération.
Le suivi dermatologique permet de surveiller la peau et de repérer d’éventuelles nouvelles lésions. Il ne remplace évidemment pas les précautions quotidiennes, pas plus que celles-ci ne remplacent une consultation lorsque quelque chose paraît inhabituel.
Alors, sans culpabiliser pour les habitudes que nous pouvions avoir il y a plusieurs décennies — nous ne disposions tout simplement pas des mêmes informations — il me semble utile de transmettre aujourd’hui ce que nous savons.
Nous ne pouvons pas modifier notre « capital soleil » passé.
En revanche, nous pouvons éviter de continuer à l’augmenter inutilement.
Et cela vaut particulièrement la peine d’y penser pour les enfants et les adolescents d’aujourd’hui.
Pour aller plus loin
Quelques sources fiables et accessibles au grand public :
Organisation mondiale de la Santé – Rayonnement ultraviolet
OMS – Les effets connus des UV sur la santé
OMS – Se protéger du cancer cutané
Société Française de Dermatologie – Dermato-Info
Mercredi 12 août
L’humanité court à sa perte, mais parfois je me dis en regardant les actualités que c’est certainement mieux ainsi. Hier soir, j’ai regardé le reportage tourné en Italie, qui relate l’esclavage subi par les travailleurs immigrés et qui est dirigé par la mafia des tomates. Comment peut-on tomber aussi bas pour exploiter comme au bon vieux temps des négriers des hommes vulnérables qui n’ont aucun moyen de se défendre ? Après, il est facile de critiquer l’Espagne et sa gestion de l’enclave de Ceuta. Comment dit-on déjà ? Ah oui : « balayer devant sa porte ».
Un peu plus tôt, j’avais vu le président U.S partir dans un délire dont il est coutumier, en comparant les doses de vaccins reçues par les enfants à des cannettes de soda. Le ridicule, dans son cas, ne tue pas, sinon il serait mort plusieurs fois. L’épidémie de rougeole s’étend de façon inquiétante dans son pays, et ce type explique, alors que tout le monde médical s’accorde à dire le contraire, que les vaccins sont à l’origine des syndromes autistiques. Je ne savais pas que le fait d’être président conférait à son titulaire l’équivalent d’une thèse de médecine.
Lequel président a préféré se planquer dans un container alimentaire pour changer d’avion lors d’un sommet de l’OTAN, un épisode digne d’OSS 117 :
Heureusement, nous avons ensuite regardé la fin de la 3e saison de « Happy Valley » et j’ai tremblé pour Catherine Cawood, merveilleusement interprétée par Sarah Lancashire. Tous les acteurs sont d’ailleurs excellents, y compris le psychopathe de service, l’effrayant Tommy Lee Royce, avec l’interprétation magistrale de Tom Norton. Regarder cette série ne réconcilie pas forcément avec la nature humaine, mais permet de constater que les séries britanniques sont excellentes. Je ne vous mets pas le lien, mais la série est visible en « replay » sur Arte. Alors, rien que pour ça, l’humanité mérite un petit sursis.
Jeudi 13 août
Nous avons regardé l’éclipse à la télé, et contemplé la lumière crépusculaire par la fenêtre. Il faisait 35° et, franchement, nous n’avions aucune envie de sortir. J’avais un meilleur souvenir de celle de 1999, partielle aussi puisque j’étais dans les Alpes de Haute Provence. Là, je garderai le souvenir d’une chaleur insupportable, d’un été éprouvant, d’un jardin en souffrance, et cela occultera certainement ce moment où la lumière baisse, sans jamais atteindre la nuit complète, ce que nos amis Espagnols ont eu la chance de vivre du coté de Burgos.
Ah, j’ai oublié de vous dire que nous avons un nouvel invité dans le jardin, sur la partie gardée par Albert, le lézard vert (qui se planque quelque part), nous avons aussi Gaston, le hérisson. Il a régulièrement de l’eau le soir, et quelques croquettes pour chat que Michel humidifie. Pas trop à la fois car Gaston serait du genre gourmand, de plus, les chats du quartier flaireraient rapidement la bonne aubaine. Enfin, c’est un hôte bien sympathique et j’espère qu’il n’aura pas l’idée saugrenue de traverser la rue Cathelineau lorsque les véhicules, censés rouler à 30 km/h, déboulent à une vitesse bien supérieure, y compris le type qui conduit à vive allure un tracteur avec une remorque et fait un boucan d’enfer en passant sur le dos d’âne un peu plus haut. Cela ne le dérange pas, de toute façon il n’y a jamais aucun contrôle : la vie est belle. D’autres passent vers 6 h du matin, musique à fond. On a aussi ceux qui ponctuent leur passage en klaxonnant, parce qu’ils ont aperçu une connaissance sur le bord de la route, suivis de peu dans ce palmarès par les conducteurs de motos ou de scooters trafiqués aux moteurs stridents. Dans ces conditions, un chat imprudent ou un Gaston un peu lent ont toutes les chances de terminer écrabouillés sous les roues, mais peu importe : les kékés du volant vous diront qu’ils font ce qu’ils veulent, et ça, on l’avait déjà compris. Je ne parle pas des refus de priorités, car cela nous emmènerait dans un autre débat. Je sais, je suis un boomer un peu grognon, mais je déteste cette forme de délinquance routière et le manque de savoir-vivre qui se moque pas mal du ressenti d’autrui. Soit j’y suis plus sensible en vieillissant, soit cela devient de plus en plus fréquent.
On va terminer en musique… Il paraît que cela adoucit les mœurs.


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