La vie après la greffe, 27 juillet 2026

Vendredi 24 juillet

La bactérie responsable de la pyélonéphrite, et donc de l’infection urinaire associée, est connue : The winner is « Escherichia coli », que l’on retrouve très majoritairement dans ces infections. Vous qui suivez attentivement tous les épisodes (vous avez battu les records sur mon dernier article), vous allez me demander « Mais alors, que vient faire le staphylocoque warneri dans cette histoire ? ». Bonne question, soit il s’agit d’une contamination accidentelle du prélèvement, soit il a profité de l’épisode « poignée de porte » pour explorer un organisme déjà affaibli par sa copine. Le débat sera-t-il tranché ? On s’en fiche un peu, puisque le Tavanic lutte efficacement contre les deux, il figure dans l’antibiogramme établi après l’identification de la vilaine Escherichia coli. Ce qui est certain, c’est que, si j’avais attendu, on allait tout droit vers la septicémie.

Ce matin, pendant mes cours de grec (je ne lâche rien, même si je ne suis pas certain d’avoir mémorisé tous les « possessifs » étudiés) je me suis dit : « Tiens, c’est bizarre, j’entends beaucoup mieux de l’oreille gauche ». Forcément, pauvre cloche que je suis, la prothèse droite ne répondait plus, j’ai vérifié avant le repas. Ce qui m’a inspiré la phrase suivante : Houston, we’ve had a problem !

Vous allez me dire que Tom Hanks ne dit pas exactement la même chose dans le film (excellent) Apollo 13, puisqu’il prononce la phrase au présent, alors que je vous ai donné la phrase au present perfect, qui indique une action passée, mais dont on constate les conséquences, donc peu éloignée dans le temps. Si dans le film on a privilégié le présent, c’est pour renforcer l’intensité dramatique du moment. Pour le plaisir, voici l’échange historique :

« 055:55:19 Swigert: Okay, Houston …

055:55:19 Lovell: … Houston…

055:55:20 Swigert: … we’ve had a problem here. [Pause.]

055:55:28 Lousma: This is Houston. Say again, please.

055:55:35 Lovell: [Garble.] Ah, Houston, we’ve had a problem. We’ve had a Main B Bus Undervolt. »

Traduction :

« 055:55:19 Swigert : Okay, Houston …

055:55:19 Lovell : … Houston…

055:55:20 Swigert : … on a eu un problème ici. [Pause.]

055:55:28 Lousma : Ici Houston. Répétez, s’il vous plaît.

055:55:35 Lovell : [Brouillage.] Ah, Houston, on a eu un problème. Nous avons eu une sous-tension du bus principal B. »

Source :

Houston, we have a problem — Wikipédia

Extrait :

Ma prothèse est réparée après un rapide passage chez l’audioprothésiste, je peux donc dire : I’ve had a problem, but everything’s fine now !

Week-end des 25 et 26 juillet

Dimanche 25 juillet

Oui, je sais, je n’ai rien écrit hier. Pour résumer, ce fut une journée « récupération ». Je me suis occupé du potager hier matin, rien d’extraordinaire en soi, et j’ai sombré ensuite : somnolences dans le fauteuil, mais j’ai émergé pour préparer le repas. Même chose l’après-midi, avec un mieux en fin de journée. Quand le corps a besoin de récupérer, il sait vous le dire. Il ne sert à rien de lutter, j’évite juste de passer la journée au lit et j’essaie de m’occuper en cuisine. Hier soir, c’était salade de pommes de terre tièdes, ciboulette, hareng, oignons, avec une petite vinaigrette au citron. Les choses simples sont souvent les meilleures et nous nous sommes régalés.

Lorsque nous nous sommes couchés, la lune avait cette couleur orangée typique des ciels enfumés, aucune étoile n’était visible, juste ce disque sinistre semblant annoncer une apocalypse proche. Ce qui se passe dans les régions touchées par les incendies est terrible, épouvantable, mais malheureusement, c’était prévisible.

Consolation, j’ai entendu pendant le « Papotin », une de nos émissions favorites, une chanson de Mika. C’est un artiste que j’aime bien, parce qu’il a une personnalité attachante, une sensibilité et une intelligence tout à fait remarquables.

Y’a des baisers qui s’perdent
Des baisers qui traînent
comme des chats gris
sur les toits de Paris
Qui vivent leur vie
Y’a des baisers qui s’perdent
En chemin, qui s’retrouvent
Comme des cons
Des baisers vagabonds
Qui dorment sous les ponts
Où coule la Seine
Un peu de leur peine
On ne sauve plus des baisers perdus
Y’a des baisers qui s’perdent
Des baisers qui rêvent d’être volés
Qui n’ont jamais osé aller se poser
Y’a des baisers qui s’prennent
En photo, des baisers de Doisneau
Moi j’reste le bec dans l’eau
Dans le caniveau
Où finit l’amour
Un peu chaque jour
On ne sauve plus des baisers perdus
Où s’en vont-ils
Ces baisers qui se perdent
Quand tu es devant moi
Où s’en vont-ils
Seuls au monde à n’attendre que toi
Dis-le moi
Y’a des baisers qui s’perdent
Des baisers qui traînent
Comme des chats gris
Sur les toits de Paris
Qui vivent leur vie
Y’a des baisers qui s’perdent
En chemin, qui s’retrouvent
comme des cons
Des baisers vagabonds
Qui dorment sous les ponts
Où coule la Seine
Un peu de leur peine
On ne sauve plus des baisers perdus

En beaucoup moins poétique, mais ce blog se veut aussi une source d’informations médicales, je pense que si j’avais visionné cette petite vidéo, j’aurais identifié mon problème beaucoup plus tôt, alors, si ça peut servir…

Dans la série « été meurtrier », Marie-Paule Belle est la dernière victime. C’était une artiste singulière, qui fut la compagne de Françoise Mallet-Joris, et dont les chansons ne s’inscrivaient décidément pas dans la ligne des mièvreries ou des bluettes de nombreuses chanteuses contemporaines. Elle avait du caractère, des choix précis, une carrière souvent en dehors des strass et des néons, un côté « Barbara » aussi, avec cette envie de faire un parcours qui lui convenait, qui s’inscrivait dans une démarche artistique et personnelle. Voici quelques semaines, à 80 ans, elle avait indiqué que le spectacle, c’était fini. Et pour cause, l’artiste luttait contre un cancer et avait sans doute compris qu’elle allait bientôt tirer sa révérence.

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