Vendredi 29 mai
Nous sommes donc à la veille de notre départ en Bretagne. Vous connaissez ma routine matinale, c’est un peu toujours la même chose : dès qu’il fait suffisamment jour, j’arrose le potager, on prend ensuite le petit-déjeuner, et on enchaîne sur les activités domestiques tant qu’il fait frais.
Les sacs de voyage sont prêts, ma belle-sœur Françoise est dans le train, il n’y a plus qu’à attendre son arrivée pour mettre le barbecue en route. Il fait toujours aussi chaud, mais il semblerait qu’on arrive au bout de cette première période caniculaire. Je ne sais pas ce que nous réservera la suite… Juillet et août sont, de toute façon, toujours très chauds, on a déjà eu des pointes à 40° ici. Bref, on s’organisera pour survivre.
Je viens d’avoir les résultats de l’analyse de sang, très partielle. Tout ce qui concerne la coagulation est dans les clous, donc soit il s’agit d’une fragilité capillaire, soit le purpura n’est pas d’origine thrombopénique puisque le taux de plaquettes est correct. D’après l’IA, il s’agit d’un purpura multifactoriel : effets des médicaments, immunité encore fragile (les lymphocytes sont vraiment dans le bas de la fourchette), GVH cutanée (les taches de dépigmentation en sont une preuve fréquente). Tant qu’il n’y a pas de fièvre, ou d’aggravation subite avec apparition de nécroses, cela reste bénin, mais à surveiller de près. L’air frais breton fera du bien à l’organisme, avec des nuits que j’espère plus réparatrices.
Week-end des 30 et 31 mai
Samedi 30 mai
Ce sont les derniers préparatifs, avec copieux arrosage avant le départ, toujours à une heure indue, mais il fait tellement bon lorsque le jour est à peine levé que c’est un plaisir.
Les médicaments sont prêts, Michel a assuré comme un chef en comptant tout ce qu’il fallait pour le séjour. Les bagages sont bouclés et prêts à être embarqués. La belle-sœur se pomponne et ne va pas tarder à faire son apparition. Nous déjeunerons avant de partir, suffisamment tôt. Un arrêt est prévu à Daoulas pour faire les courses du week-end, je contacterai ensuite Gilles, le propriétaire du gîte, et ce sera l’installation, la découverte des lieux, les vacances qui commencent. La cerise sur le gâteau, ce sera la visite de ma cousine Annick mardi (elle habite dans le Finistère), et la visite de Barbara et de ses parents, Serge et Régine, le samedi. Entre deux, promenades et visites en fonction du temps, mais j’aime bien commencer par découvrir les environs immédiats avant de partir à l’aventure.
Ah, voici des nouvelles d’Albert le lézard vert, qui aime bien jouer les invisibles : il a voulu prendre un bain dans le bassin, dans « son » jardin-terrasse, mais ne savait plus comment remonter. Michel l’a repêché avec une épuisette. Albert s’est remis tranquillement de ses émotions, a regardé son bienfaiteur d’un œil bienveillant, mais avait disparu lorsque Michel est venu prendre son téléphone pour prendre une photo. Le bassin est sécurisé avec une planche qui permettra aux bestioles intrépides de remonter. Albert est chargé de la surveillance de la maison : à la moindre tentative d’intrusion, il se transformera en dragon cracheur de feu et réduira en cendres les indélicats. C’est pratique et moins cher qu’une alarme connectée. Je vous mettrai quelques photos du gîte et des environs demain dans la journée.
Dimanche 31 mai
La Bretagne, enfin ! Le Finistère, le « bout du monde », cela se mérite. Nous avons voyagé dans de bonnes conditions, même si le félin a montré quelques velléités de miauler pendant tout le trajet. Il a fini par se calmer et a dormi sagement ensuite. Nous avons pu faire les courses à Daoulas, un peu paumés dans le Super U, avec un rangement plutôt déconcertant de certains produits. Mais, comme nous étions un trio de choc, nous avons pu rejoindre sans encombre le gîte, qui se situe à 5 minutes du supermarché. Gilles, le propriétaire, nous a accueillis avec une bouteille de jus de pomme « maison », et un far breton (délicieux). Il nous a donné toutes les indications nécessaires pour le séjour. L’accueil a été chaleureux, simple, et nous avons pu commencer à nous installer. Gilles est revenu avec deux salades de son jardin. Parfait, l’une d’elle a fait notre bonheur pour notre premier repas. Histoire de se dégourdir les jambes, et de visiter l’environnement immédiat, nous avons fait une belle promenade au bord de la ria en soirée. Mais quelques photos en diront plus long qu’une longue description. Ce matin, le ciel est gris, et la fraîcheur est arrivée ici. Il ne pleut pas et l’absence de soleil ne va pas nous empêcher de mettre le nez dehors : c’est parfait pour moi. Si nous sommes motivés et courageux, nous irons au marché de Daoulas.
Voici les photos prises hier :









Lundi 1er juin
Je pense que vous connaissez tous le proverbe « Charité bien ordonnée commence par soi-même ». Cet article vous confirmera qu’il vaut mieux se préoccuper de soi-même avant de prodiguer des conseils à autrui.
Revenons sur la journée d’hier, qui a commencé avec un peu de « brumisation bretonne », très légère bruine et ciel couvert. Lorsque nous sommes partis au marché de Daoulas, vers 10 h, le soleil a fait son apparition et il est resté présent toute la journée. Le marché en lui-même était très animé, avec beaucoup de producteurs locaux, des produits frais et appétissants, et une ambiance sympathique et détendue. Nous voulions des fraises, mais il faut les acheter par lots de 2 kg si on veut obtenir un prix abordable, cela nous a dissuadés. Nous avons en revanche acheté des haricots verts, des radis, des oignons blancs et du pain artisanal, délicieux. Bref, la journée commençait fort bien. Juste après la sieste de mon cher et tendre, nous avons décidé de faire une belle promenade le long de la ria, en restant sur le GR. Au loin, nous voyions les bateaux amarrés et nous sommes allés les voir de plus près, la promenade était agréable, alternant zones ombragées et vues sur la ria, avec quelques panneaux explicatifs que nous avons pris le temps de lire.
C’est au retour que les choses se sont gâtées : je venais de dire à Françoise, la sœur de Michel, de prendre garde aux racines des chênes qui bordent le sentier. Elles sont perfides et surgissent un peu partout, semblant attendre le bon moment pour surprendre le randonneur inattentif. Et, justement, à peine venais-je de prononcer ces paroles incitant à la prudence, que je me suis retrouvé à terre, projeté assez violemment, face contre les feuilles mortes (j’en avais dans la bouche). La tête a pris cher au passage, et j’ai senti que j’étais blessé, mais le fou rire, impossible à contenir, a contribué à me maintenir au sol. Michel et Françoise ne riaient pas, et Michel a pâli en constatant l’ampleur des dégâts. J’ai fait une première tentative pour me relever, c’était impossible sans aide. Mes jambes n’obéissaient plus et se dérobaient, à la manière de Charlie Chaplin, quand le méchant policier veut l’embarquer dans ses films. Une dame est venue à notre rencontre, j’ai réussi à me mettre debout et elle a proposé d’appeler les secours, en nous précisant qu’elle habitait à proximité et que nous pouvions aller chez elle si nous le désirions, en attendant. Je me sentais mieux, une fois debout (enfin !). Mon bob tout propre était maculé de sang, à cause de la blessure au front, mais j’ai bien senti qu’il y avait d’autres zones touchées du côté droit : le coude, et l’épaule aussi.
Cela ne m’a pas empêché de marcher jusqu’au gîte, avec quelques pauses à la fois pour me reposer et pour évacuer le fou rire qui reprenait régulièrement ; Doc Michel a ensuite procédé à un examen attentif : il a désinfecté la blessure, qui ne saignait plus. On a aussi vu que le coude avait un hématome, et l’épaule a dû subir le contrecoup. Bref, plus de peur que de mal et un sacré souvenir de promenade !
La chute n’a pas été photographiée, ni filmée, mais les paysages oui. Voici quelques photos :






J’ai aussi chantonné cela sur le chemin du retour :


Laisser un commentaire