Post-greffe, J 26

Eh bien voilà, ça, c’est fait ! Je veux parler de la suppression de la ciclosporine, remplacée par la cortisone. Mais reprenons depuis le début.

Nous arrivons comme d’habitude de bonne heure au CHU, pour trouver une place plus facilement. Vous connaissez la suite : on s’installe comme des habitués en salle d’attente, Michel a ouvert le rideau et le personnel passe nous faire coucou avant de démarrer les festivités.

Ce matin, Doc Sylvie était là aussi de bonne heure et de bonne humeur : je ne l’ai jamais vue grogner, à part après ses écrans d’ordi. Elle commence son questionnaire habituel lorsque quelqu’un frappe à la porte « Ah mais rentre, je t’avais oublié ! » Et nous voyons arriver Jules qui va assister à ses consultations. Il me demande des nouvelles de mes reins, et tout en faisant le point, je lui demande comment il va. Surprise, Doc Sylvie s’exclame : « Ah mais vous vous connaissez ? » Je précise que Jules est souvent passé me rendre visite pendant mon hospitalisation – je passe sous silence le fait qu’on le cherchait régulièrement – et je m’installe sur la table d’examen : « Ah, la peau marque facilement ! » C’est vrai mais c’est assez habituel, j’ai une peau réactive. Doc Sylvie ne me lacère pas le dos comme Doc Sylvain et se contente d’écouter le cœur et les poumons. RAS de ce côté-là, donc je peux me rhabiller. Elle me précise que selon les résultats de la créatinine, qui seront communiqués plus tard dans la matinée, elle risque de modifier l’ordonnance.

Nous retournons en salle d’attente, il y a toujours la petite dame très fatiguée, même si elle semble plus en forme, sinon ce sont quasiment les mêmes personnes d’une fois sur l’autre. On vient me chercher pour la prise de sang, le bras droit consent à se laisser faire et je peux enfin prendre mon petit déjeuner et mes médicaments. J’ai à peine le temps de m’asseoir que Carmen arrive d’un pas décidé avec son sac à roulettes. Elle installe le matériel et nous commençons l’entraînement : nous sommes trois (en théorie) apprentis mais une dame avec de grosses lunettes noires est fatiguée et ne peut poursuivre l’entraînement longtemps, l’autre dame est avec Doc Sylvie. On s’échauffe assis, puis on enchaîne les pas tout en travaillant la coordination. Je m’éclate – pour une fois que je fais les enchaînements correctement – lorsque Doc Sylvie revient et demande que je la suive.

J’abandonne Carmen et mes copines d’escrime et je la suis docilement : « Voilà, M. Macron, on a reçu vos résultats, la créatinine a encore augmenté. Je vais donc rédiger une nouvelle ordonnance en supprimant la ciclosporine et en la remplaçant par la cortisone. » J’ai droit à la dose de cheval : 80 mg, soit 4 comprimés de 20 mg à prendre pendant le petit déjeuner, plus trois comprimés d’un nouveau médicament antifongique qui remplace le précédent : je sens que mes petits déjeuners vont être compliqués. Un peu taquin, je demande à Doc Sylvie si elle est certaine que la créatinine va baisser « Oui, M. Macron mais je ne vais pas pour autant vous signer un chèque en blanc ! ». Elle a beaucoup d’humour, lors de la consultation elle a précisé que l’on détectait les cellules du donneur dans mon sang à 98 %. « C’est bien, mais il faut que l’on arrive à 100%. Vous qui étiez dans l’éducation nationale, vous connaissez l’appréciation « Doit poursuivre ses efforts », donc il faut arriver à 100%… Poursuivez vos efforts ! »

Je retourne en salle d’attente ou Carmen poursuit l’entraînement avec une des deux copines, mais je dois la laisser en plan car il faut récupérer le médicament antifongique à la pharmacie de l’hôpital. Je me fais expliquer où elle se trouve et nous partons après avoir salué ces messieurs dames. Comme je reviens mardi prochain 1er avril, Doc Sylvie m’a prévenu qu’il y aurait probablement des farces ce jour-là, bah je ferai croire à Carmen que je me suis tordu la cheville et que je ne peux pas enchaîner mes mouvements. J’ai décrit la pharmacie de l’hôpital dans mon dernier manuscrit, en fait, c’est encore plus glauque que ce que j’imaginais – grande salle d’attente et boxes d’accueil avec une lumière verte ou rouge au-dessus de la porte selon la disponibilité des pharmaciens, mais l’accueil est sympathique, cela a pris un peu de temps car il fallait m’ouvrir un dossier. J’ai ma dose d’antifongique pour 28 jours, il faudra donc que nous retournions pour avoir la suite (c’est le même principe qu’en pharmacie de ville), en même temps, je n’ai pas franchement envie d’abuser de l’antifongique, mais bon : c’est la règle.

Nous sommes allés à pied à la pharmacie du village en début d’après-midi et nous avons fait le plein ou presque : certains médicaments arriveront demain, un autre met tellement de temps à arriver que Michel a préféré prendre les devants pour être sûr de l’avoir quand nous en aurons besoin. De toute façon, j’aurai la notification par SMS dès que la pharmacie sera livrée.

Vous dire que je suis soulagé de ne plus prendre la ciclosporine est un euphémisme, j’espère que mes reins vont se remettre à fonctionner normalement le plus rapidement possible.

On termine en musique et je vais aller prendre mon thé… Ah eh bien, puisque nous sommes à l’heure du thé, ce sera musique anglaise, pop, rock ou variété.

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Réponses

  1. Avatar de Valéry Sauvage
    Valéry Sauvage

    Donc, si j’ai bien compris, plus de ciclosporine, ça veut dire pas de vélo d’intérieur, mais tu as toujours droit au cyclo sport out ?

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    1. Avatar de Valéry Sauvage
      Valéry Sauvage

      Et donc voici qu’on apprend que Cruchotte se prénomme Anne, délaissant le vélo d’appartement, tu courtise Anne ? Pas sûr que Michel apprécie…

      Aimé par 1 personne

  2. Avatar de Joël Macron
    Joël Macron

    Je crois que comme moi, tu as l’imagination fertile. Pas de vélo pour le moment, de la marche à pied, malgré les courbatures (merci Carmen !).

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