Voici le premier scoop de la journée : il fait beau et il fait doux, nous y reviendrons un peu plus tard. Il a quand même fallu mettre la voiture à chauffer ce matin car le gel s’est invité au lever du jour, soit à peu près en même temps que nous nous apprêtions à partir, juste de quoi blanchir un peu les toits, une petite gelée de rayonnement nocturne.
Nous sommes arrivés les premiers, vous connaissez notre routine : Michel ouvre le rideau, on s’installe et on attend qu’on nous appelle. Je suis passé en premier pour la prise de sang, après trois tentatives dans la veine du bras droit qui ne voulait rien savoir, le bras gauche s’est montré plus coopératif, je ne compte plus les tubes de sang car je suis inclus dans un protocole et on me prend le double de ce que l’on me prendrait « normalement ». Un petit kg en moins sur la balance, ça reste pour le moment raisonnable – non, je ne prendrai pas les trucs protéinés, c’est de famille (ne cherchez pas à comprendre). Ensuite je récupère les médicaments, je vais dans la petite salle prendre le petit déjeuner et Doc Carole est venue me chercher alors que je revenais m’installer en salle d’attente : l’enchaînement parfait.
Je lui ai fait part de mes doutes concernant la peau : GVH ou pas GVH ? Comme j’ai une peau qui marque facilement, elle est dans la team « pas GVH » mais elle a pris quelques photos avec son portable, par prudence.
La bonne nouvelle, c’est que le chimérisme est apparent dans le myélogramme : Kate s’installe, ou plutôt ses cellules souches. On refera un point plus précis au troisième mois de greffe. La moins bonne nouvelle, c’est que les reins sont toujours en souffrance, la créatinine est stable mais trop élevée, donc il est quasi certain que la ciclosporine m’empoisonne à petit feu. Mon cas sera rediscuté demain et ils verront s’ils remplacent le traitement par de la cortisone. Personnellement, j’aimerais autant, mais je ne peux que donner mon impression ou ma préférence. Je connais les autres effets de la cortisone : je vais être un vrai Zébulon, sans aucune douleur, avec un appétit féroce qu’il faudra contrôler pour éviter la prise excessive de poids. Bon, si je perds encore un kg ou deux, cela limitera les conséquences.
Pour terminer en beauté, j’ai eu ma séance d’escrime avec Carmen, qui m’a fait travailler la mémorisation des enchaînements, la précision, la souplesse etc. Rien ne lui échappe, même quand je triche involontairement : « Non M. Macron, vous avez sauté une étape, on recommence ». Cela distrait Michel qui est prêt à cafter au moindre faux pas. Ensuite nous avons travaillé le sabre : attaque, parade, chacun son tour. Comme j’ai loupé une parade, Carmen m’a touché le bras, j’ai donc déclaré avec emphase : « Ahhhhhhhhhhh je saigne, je vais mourir ! » « Mais non M. Macron, tout va bien ». Heureusement que ce sont des armes factices, sinon Michel rentrait avec un manchot.
En début d’après-midi, constatant que le beau temps était toujours d’actualité, j’ai suggéré d’aller faire un tour dans les basses prairies, du côté de Rochefort sur Loire, pour photographier « nos » goganes (fritillaires pintades). Elles étaient là, en voici un aperçu. D’abord la jolie route bordée de frênes et de chênes, et ensuite la prairie où nous allons quasiment tous les ans :









Ce fut donc une journée sportive pour moi, Carmen m’octroie des pauses, heureusement car les exercices sont toniques.
Avant d’aller prendre le thé « à l’anglaise », j’essaie de vous trouver quelques chansons. Aujourd’hui, place aux dames !


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