MARS
Il tombe encore des grêlons,
Mais on sait bien que c’est pour rire.
Quand les nuages se déchirent,
Le ciel écume de rayons.
Le vent caresse les bourgeons
Si longuement qu’il les fait luire.
Il tombe encore des grêlons,
Mais on sait bien que c’est pour rire.
Les fauvettes et les pinsons
Ont tant de choses à se dire
Que dans les jardins en délire
On oublie les premiers bourdons.
Il tombe encore des grêlons…
Maurice Carême
J’avais envie de vous accueillir avec ce poème de Maurice Carême, que l’on a dû tous apprendre à l’école primaire, tellement il reste familier quand on le redécouvre. Souvenez-vous, la maîtresse, ou le maître nous en faisait une lecture, puis il / elle l’écrivait au tableau, de sa plus belle écriture. Ma maîtresse en CM1 et CM2 formait de jolies lettres régulières, mais comment faisait-elle pour écrire aussi horizontalement ? Inévitablement, dès que nous devions écrire quelque chose au tableau, cela partait dans tous les sens et on entendait les camarades pouffer dans notre dos. Ensuite, elle demandait à plusieurs élèves de lire le poème, à voix haute et suffisamment fort pour que tout le monde puisse entendre en ayant pris soin d’expliquer les mots difficiles, nous recherchions un synonyme de luire, les plus calés décrivaient la fauvette et le pinson. Nous prenions ensuite nos porte-plumes que nous trempions dans l’encrier en éliminant soigneusement le trop plein sur la plume Sergent Major que nous passions délicatement sur le rebord du petit pot en porcelaine blanche inclus dans nos tables : « Attention aux pâtés ! » disait la maîtresse en me regardant souvent, je faisais de mon mieux, gaucher que l’on avait obligé lors de l’apprentissage de l’écriture à écrire de la main droite. J’essayais de m’appliquer en formant bien mes lettres, le buvard toujours sous la main gauche posée sur le cahier. Finalement, je m’en sortais plutôt pas mal lorsqu’il s’agissait de recopier les poèmes que nous illustrerions chez nous avec nos crayons de couleur ; on apprendrait progressivement le poème et on viendrait près du bureau de notre institutrice réciter la « poésie ». J’y mettais tout mon cœur et je préférais nettement cette activité aux problèmes de mathématiques.
Tout cela pour vous dire que mars est plutôt frisquet aujourd’hui, il ne fait que 8 petits degrés malgré le soleil, et le vent est toujours aussi mordant. Nous avons choisi de rester au chaud car il ne s’agit pas non plus que j’aille en plein vent attraper une bronchite. Le repas dominical était un régal, un sauté de porc au cidre qui avait pris le temps de mijoter dans la cocotte en fonte, et mon chéri est un grand cuisinier.
Je retrouve donc l’appétit, sans nausées, et je pense que je peux arrêter le Primpéran, je ne l’ai d’ailleurs pas pris ce midi, et hier soir, je l’avais oublié sur ma tablette à côté de l’ordinateur : j’ai bu un grand verre d’eau en omettant de prendre le médicament.
Ah, ce n’est pas facile de boire ces deux litres d’eau par jour, je dois arriver tout de même à 1,5 l ou 1,75 l, mes reins devront faire avec.
C’est dimanche et nous avons décidé que le dimanche, nous nous reposions, j’espère qu’il en est de même pour vous. Il n’y a même plus de petits nuages dans le ciel d’un bleu angevin, ce bleu légèrement laiteux qui est gage de beau temps chez nous.


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