Mimosa, Jour J

C’était un de mes désirs les plus chers avant de regagner ma chambre d’hôpital en « secteur protégé » : voir le mimosa en fleurs. Alors, c’est le tout début de la floraison, mais un début prometteur si le gel ne vient pas tout griller en février. Michel a coupé quelques branches qui exhalent déjà un délicieux parfum. J’ai toujours adoré le mimosa. Cela me rappelle l’île d’Yeu, ces magnifiques floraisons qui contrastent joliment avec les murs blancs sont inoubliables et le parfum envahit les ruelles et venelles lorsque le soleil est de la partie.

Voici donc une de mes fleurs préférées – j’en ai beaucoup, entre les goganes qui fleuriront en mars, les narcisses, les jacinthes et en général toutes les fleurs, surtout si elles sont parfumées.

Il suffit d’un peu de soleil pour que les fleurs semblent éclairées de l’intérieur. J’adorerais en avoir un bouquet dans ma chambre d’hôpital, mais c’est strictement interdit. Alors je regarderai les photos.

« Secteur protégé » : on a l’impression que rien ne pourra nous arriver dans cette aile baptisée Unité Harvey. Le monde entier pourra continuer ses folies, les incendies continueront de ravager la Californie, les tempêtes secoueront le mimosa, mais moi je serai en « secteur protégé ». Je ne sais pas vraiment si cela serait efficace en cas d’attaque nucléaire. Il faudrait que l’on transfère tout le monde dans les sous-sols, j’imagine le bazar.

J’écris ces quelques lignes mardi après-midi, nous sommes encore J -1. Le vent qui s’était calmé souffle à nouveau, les rivières débordent, l’île de Chalonnes doit être inondée aussi, je verrai cela en passant sur les ponts demain, en espérant que la Maine est toujours dans son lit à Angers. La Maine ne prend en fait sa source nulle part, elle résulte de la confluence de trois rivières qui se rejoignent un peu en amont de l’agglomération : La Mayenne, la Sarthe et le Loir. La Maine se jette ensuite dans la Loire à la Pointe, tout près de Bouchemaine, on comprend mieux l’origine du nom, et contrairement à ce que beaucoup croient, la Loire ne coule pas à Angers, mais un peu plus au Sud. Voilà, vous savez presque tout sur notre hydrographie locale. Ajoutons que le fleuve royal reçoit d’autres affluents et on comprend pourquoi elle a tendance à s’étaler pendant les crues, souvent avec un temps de retard sur les pluies. « Que d’eau, que d’eau » comme s’exclamait Mac Mahon en voyant les dégâts provoqués par les crues à Toulouse, ce à quoi le préfet malicieux avait répondu « Et encore, Monsieur le Président, vous n’en voyez que le dessus ! ». Quand on parle tout le temps et que l’on prononce de longs discours, on est amené à prononcer ce genre de banalités. Le « J’y suis, j’y reste ! » de Sébastopol avait une autre allure, convenons-en. Je fais le curieux pendant que j’écris, et je vois que le Général de Gaulle, qui avait pourtant l’habitude de prononcer des formules inoubliables, avait lui aussi manqué d’inspiration. À Fécamp : « Je salue Fécamp, port de mer, et qui entend le rester ! » ou à Orléans, en 1959 : « Je puis vous assurer que la Loire continuera à couler dans son lit ». Alors, si j’avais été là, j’aurais précisé : « Mais mon Général, la Loire a malheureusement plusieurs lits, et quand elle est en crue, elle les utilise tous ! ». Mais je n’étais pas là, et si je l’avais été, je n’aurais certainement pas bronché devant le sauveur de la France.

Ah, au fait, et pour changer complètement de sujet, le feuilleton du colis continue. Ce matin, j’ai reçu un mail me demandant de mettre mes coordonnées à jour, et plus vite que ça ! Renseignement pris, il s’agit d’un mail automatique et « normalement », le colis doit arriver entre 16 h et 19 h. J’ai repris la discussion en tchat en indiquant que le suivi du colis ne se mettait pas à jour : « Ah mais c’est normal, c’est un bug ! » ça fait beaucoup de bugs, non ? Mais, comme par miracle, le bug a été résolu quand la conversation s’est terminée. Si la livraison est effective, ce sera Champomy ce soir et s’il y a encore un aléa, eh bien ils se débrouilleront avec leur colis et je demanderai le remboursement. Non mais, allo quoi !

Pour rester zen, je vous propose deux jolies chansons que j’ai repérées dans la 4e saison de New Amsterdam :

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Réponses

  1. Avatar de Valéry Sauvage
    Valéry Sauvage

    Après l’ami Molette, voici l’ami Mosa (j’ai pas osé l’ami Mimathie)…

    Bises l’ami Joël.

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  2. Avatar de Joël Macron
    Joël Macron

    Tu aurais pu m’appeler l’ami Stinguett quand j’avais mon alien à la jambe gauche, Michel me disait que j’avais une belle gambette (sous-entendu « l’autre est vraiment très moche ! »)

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