C’est ma petite voix intérieure qui vient de me réveiller : « Réveille-toi, tu as de la fièvre… et accessoirement, tu as envie de faire pipi ! »
Je proteste intérieurement, j’argumente et je chipote en disant que je ne vais pas me lever une deuxième fois à 4 h du matin. La voix intérieure insiste : « Déjà, il est 4 h 30, tu exagères un peu… Si tu ne te lèves pas, si tu ne prends pas un comprimé de paracétamol, la fièvre va monter. Tu le sais très bien : tu frottes tes pieds l’un contre l’autre. En plus, maintenant il faut vraiment que tu soulages ta vessie. »
Je sais, c’est absurde, je ne vous en aurais jamais parlé mais quand la fièvre commence à monter, je frotte mes pieds l’un contre l’autre. Il n’y a aucune explication rationnelle et, après tout, cela évite de sortir le thermomètre. J’imagine le dialogue avec Doc Sylvie mardi : « Alors, vous avez eu des accès de fièvre dans la nuit de vendredi à samedi, vous êtes monté à combien ? » « Plus de 38° docteur, je frottais mes pieds ! » Elle va trouver la méthode plutôt curieuse et je vais avoir droit à un trait d’humour : « Et quand vous avez plus de 39°, vous le savez comment ? Vous vous frottez les mains ? ». « Non Docteur, mais quand j’ai 39°, je claque des dents et je suis incapable d’écrire ou de lire quoi que ce soit sur l’ordinateur ! » (Et toc !).
Je viens de prendre le paracétamol et tout va rapidement être sous contrôle. Double vaccination hier, c’était blindé dans la petite salle d’attente du cabinet des infirmières. 6 personnes devant moi, au moins 6 personnes dehors. Que des vieux de plus de 65 ans (oui, comme moi : je sais !). Pauline m’a trouvé mauvaise mine ; les traits tirés, le teint pâlichon. On a fait rapidement un point sur mon parcours médical, pour me consoler elle m’a piqué deux fois et on s’est promis de se revoir bientôt. Voilà les nouveautés.
L’infirmière de l’hôpital de jour (qui n’est pas l’infirmière coordinatrice) m’a demandé au téléphone si la deuxième cure de Vidaza aurait lieu en HAD comme prévu : « Bah, vous savez, je crois que l’idée de la deuxième cure n’est plus d’actualité, d’ailleurs, je n’y tiens pas vraiment ! ». Elle a répondu qu’elle allait se renseigner. Tout va tellement vite que je ne peux pas lui en vouloir, j’ai parfois du mal à tout intégrer aussi.
Si la fièvre baisse, je devrai commencer à classer mes papiers, si elle ne baisse pas… Bah on verra plus tard.
Sur ce, chers lecteurs et lectrices, je vais essayer de me recoucher, et surtout, de terminer ma nuit. Je sais qu’au CHU cela sera compliqué de faire une nuit complète.


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