Week-end des 21 et 22 mars
C’est le printemps depuis hier, officiellement. La saison météo commence le 1er mars et l’équinoxe de printemps a eu lieu hier après-midi. J’y reviendrai plus tard.
L’actualité du moment, outre la folie du monde, ce sont ces deux décès qui ont bouleversé beaucoup de personnes. Bruno Salomone d’abord, acteur populaire, sympathique, emporté par un cancer à 55 ans, et Isabelle Mergault, elle aussi emportée, à 67 ans, par un cancer. Actrice drôle, sociétaire inoubliable des Grosses Têtes et metteur en scène de talent, elle avait conquis depuis longtemps son public. Ce n’est pas juste de mourir « avant l’heure », ce n’est pas juste non plus d’être emporté par ce cancer que l’on soigne de mieux en mieux, mais qui fait encore des ravages parce que nous ne sommes pas égaux devant la maladie, parce que le corps refuse parfois les thérapies proposées, les cellules malignes résistent, mutent, et rien ne peut empêcher alors la propagation de ces fichues maladies. Imaginons le parcours de celles et ceux qui sont insuffisamment couverts par leurs assurances santé aux USA, par exemple. Ces deux décès viennent nous rappeler que la lutte est loin d’être terminée. Imaginons enfin deux minutes le désarroi de parents qui apprennent que leur petit bout de chou souffre d’une leucémie rare, qui ne lui laisse quasiment aucune chance de survie puisqu’on ne trouve pas de donneur de moelle osseuse compatible dans le fichier international (témoignage lu récemment). Un de mes contacts sur le forum racontait une anecdote. Anxieuse de l’issue de sa maladie (avant une greffe de moelle osseuse qui s’est bien déroulée), elle s’en était ouverte à son médecin traitant, une femme, qui lui avait répondu avec une question : « Savez-vous quelle est la maladie mortelle que l’on contracte à notre naissance ? C’est la mort, tout simplement. Nous sommes programmés pour vivre, et pour mourir, tous, sans exception. »
Notre société met la mort à distance : le défunt, après les soins mortuaires, ressemble le plus possible à ce qu’il était de son vivant, la mort est devenue un concept un peu flou, un peu éthéré. On préfère ne pas en parler ou alors de façon détournée. On dit au gamin qui a perdu son hamster que celui-ci est parti au paradis des hamsters, on ne l’autorise plus comme avant à improviser une petite tombe après avoir placé l’animal dans une boîte, confortablement installé. Bref, un jour, le gamin découvrira avec stupeur que ses parents sont mortels.
Pour terminer sur une note plus positive, et puisque c’est la journée mondiale de la poésie, voici un poème qui célèbre le printemps.
Premier sourire de printemps
Théophile Gautier
Tandis qu’à leurs œuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.
Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
II repasse des collerettes
Et cisèle des boutons-d’or.
Dans le verger et dans la vigne,
II s’en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l’amandier.
La nature au lit se repose ;
Lui, descend au jardin désert
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.
Tout en composant des solfèges
Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
II sème aux prés les perce-neige
Et les violettes au bois.
Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l’oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d’argent du muguet.
Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
II met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.
Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d’avril tournant la tête,
II dit : « Printemps, tu peux venir ! »
Théophile Gautier (1811-1872)
Dimanche 22 mars
Ménage et jardinage au programme de ce dimanche moins ensoleillé que les jours précédents. J’ai fait mes carreaux ce matin, l’hiver, les apports de sable du Sahara, les poussières avaient quelque peu sali les vitres. J’aime bien voir clair chez moi. Donc voilà, une bonne chose de faite comme on dit.
En début d’après-midi, on a jardiné pour planter lavandes et hortensias achetés voici quelques jours déjà. Alors, comment dire : c’était plus compliqué pour moi que les carreaux. Heureusement, il n’y avait que trois pieds à planter, mais j’ai bien senti qu’il n’aurait pas fallu un quatrième : le cœur battait la chamade, mais j’ai quand même réussi à planter ces trois fichus pieds. La prudence s’impose si je veux jardiner et je ne m’aventurerai pas si Michel n’est pas à proximité. Il a préparé le terrain pour les hortensias, et il va s’arrêter là également. Après tout, c’est dimanche.
La chanson que voici n’a pas été écrite par Françoise Hardy, mais par Cécile Caulier, qui participait au « Petit Conservatoire », sous la houlette de la terrible Mireille. Françoise Hardy est subjuguée par le texte et par la mélodie, et la chanson connaîtra le succès qu’on lui connaît lorsqu’elle l’interprétera à son tour. C’est une histoire à la Ronsard, une rose qui fane trop vite, une vie éphémère… on est bien peu de choses, n’est-ce pas ?
Lundi 23 mars
La soirée d’hier s’est terminée par l’arrivée d’un ami qui ne m’avait pas rendu visite depuis un bon moment : Vomito est arrivé juste après le repas du soir, je vous passe les détails mais, ce matin, j’ai commencé par prendre un zophren. Mercredi, j’ai rendez-vous chez mon généraliste, surtout pour faire le point avec lui et pour qu’il puisse constater l’efficacité de mon régime. Je ne tousse plus, c’est déjà ça, mais je pense que le foie est de nouveau bien détraqué… Hasta la vista !


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