La vie après la greffe, 19 février 2026

Week-end des 14 et 15 février

Revenons à hier, vendredi 13 février. Pas grand-chose de neuf sous la grisaille et la pluie incessante. Je suis passé à la pharmacie en début d’après-midi pour faire le plein de valaciclovir (le seul médicament que je dois encore prendre) et un vaccin contre le méningocoque. Bexsero, c’est son petit nom, sera injecté mardi, puis, 15 jours plus tard, ce sera le tour de Menveo, et toujours 15 jours plus tard, deuxième injection de Bexsero. Vous suivez ? J’ai eu un peu de mal ! Bref, le Bexsero est dans le frigo et attend son heure.

Hier soir, après avoir regardé deux épisodes d’une mini-série polonaise intéressante, nous avons basculé sur le patinage artistique et nous avons vu les favoris enchaîner les fautes et les chutes : pourquoi programmer une telle compétition un vendredi 13 ?

Aujourd’hui, 14 février, mon Valentin adoré m’a offert une très belle orchidée. Petit repas sympa ensuite, concocté à quatre mains, avec de délicieux beignets à l’ananas en dessert. Ce matin, j’ai aussi rempli et renvoyé en début d’après-midi le questionnaire concernant l’évaluation du dispositif « escrime », j’ai aussi eu quelques échanges sur le forum, mais c’est assez calme en ce moment. J’ai repris la correction de « Tempête solaire en Anjou », avec d’infimes modifications à la marge, surtout de la mise en page. Je ne vais plus y toucher d’ici quelques semaines, je passe à autre chose. Ah, vous voudriez bien savoir quoi ! Eh bien, pour le moment, c’est à l’état embryonnaire. L’idée est là, le début est pratiquement rédigé. Je laisse aussi mûrir pour que les idées viennent. Il est trop tôt pour vous en parler, mais comme vous êtes curieux, et curieuses, je me suis dit qu’un petit teaser ne vous laisserait pas indifférents. Je travaille aussi sur un autre projet top-secret pour le moment. Mais vraiment, que de cachotteries !

Nous sommes le 15 février et, si j’étais Mac Mahon, je m’écrierais : « Que d’eau, que d’eau ! » La pluie incessante gonfle les eaux de la Loire et la levée est attaquée du côté des Ponts-de-Cé. Le fleuve, dont on se demande régulièrement où il est passé en plein mois d’août, exprime sa puissance et reprend ses droits sur les basses vallées. Il s’agit d’un cycle naturel que l’on a tendance à oublier d’une inondation à l’autre.

https://france3-regions.franceinfo.fr/pays-de-la-loire/maine-et-loire/angers/inondations-l-eau-menace-de-couper-les-acces-a-leur-hameau-400-habitants-pries-d-evacuer-dans-le-maine-et-loire-3299526.html

Un étourdi a, semble-t-il, garé sa voiture sur le quai à Chalonnes, il va pouvoir vérifier très vite s’il possède un véhicule amphibie ! Aux dernières nouvelles, le véhicule a pu être mis en sécurité. Le conducteur était à Paris et a dû stresser un peu en attendant le verdict.

Je me pose la même question que Travis en ce dimanche pluvieux :

Mardi 17 février

Pour bien commencer la journée, voici une petite sélection de photos de la crue de la Loire 2026, et ce n’est pas terminé, puisque de nouvelles pluies sont annoncées pour ce soir et demain :

Mercredi 18 février

Vous voulez un scoop ? Il pleut ! Sinon, j’ai fini de corriger les manuscrits en cours, tout est calé de mon côté. Je n’y touche plus pour éviter les catastrophes, je vais simplement stocker les dossiers sur un disque externe, on ne sait jamais… si la Loire avait envie d’escalader les Mauges, par exemple.

En attendant, un peu de musique avec cet extrait magnifique de « Talons aiguilles » d’Almodovar. La présence de Marisa Paredes, actrice sublime, et la voix de Luz Casals, cela donne envie d’être triste. J’imagine les larmes de Marisa Paredes qui ruissellent jusqu’à la Loire. Il y a pire pour commencer la journée.

Je pense que vous connaissez tous Christophe André, le psychanalyste. Il raconte comment la maladie (tumeur du rein puis cancer du poumon, sans être fumeur) a transformé profondément sa vision de la vie et surtout de la mort. Ce sujet tabou que l’on refuse d’aborder parce que l’on a tendance à se croire immortel… Jusqu’au jour où on sent son souffle sur notre visage. Pendant ma période COVID, j’avais imaginé (fantasmé ?) un ange de la mort aux belles ailes noires, assis au pied de mon lit, côté droit, qui était là pour m’aider au cas où… Il n’avait rien d’effrayant, c’était une présence rassurante qui semblait me dire « Si tu as besoin de moi, n’hésite pas… »

Il faut dire que j’avais plus de 40° de fièvre, parfois plus de 41°, mais ce n’était pas un délire. Je savais que cet ange n’était pas « physiquement » présent, mais quand je ressentais sa présence, à la maison ou pendant ma première hospitalisation, j’envisageais sans crainte ce passage vers l’au-delà comme une solution pas effrayante, même si mon désir de vivre a toujours été très fort. Cela m’a aussi permis d’affirmer que, contrairement à ce que je lisais sur moi, je n’étais pas un « guerrier » mais un malade qui faisait au mieux face à ce tsunami qu’était le virus. Je ne devais surtout pas m’agiter, alors que lever le bras me privait d’oxygène. Je regardais les nuages par la grande fenêtre, allongé sur mon lit, j’essayais de respirer régulièrement, je repensais à des paysages, des visages, des situations agréables et, pendant ce temps, l’ange tricotait ou faisait sa grille de mots fléchés. Du moins, je le ressentais ainsi.

Voici un extrait de l’article que je vous conseille vraiment de lire :

Au printemps 2015, on vous a diagnostiqué un cancer du poumon, dont vous êtes aujourd’hui guéri : comment avez-vous vécu cette traversée ?

Christophe André : D’abord avec une certaine difficulté à accepter la réalité : on a découvert ce cancer tout à fait par hasard. Je ne fumais pas, je ne toussais pas, je n’avais pas maigri, j’étais, certes, un peu fatigué, mais pas plus que ça. En tout cas, aucun symptôme qui aurait pu m’alerter, voire me préparer au diagnostic – si tant est que ce soit possible. J’avais, en revanche, une tumeur au rein, et il a fallu vérifier si elle ne s’était pas propagée sur une autre partie du corps : c’est là qu’on a découvert ce cancer du poumon. J’étais sidéré : pour la première fois de ma vie, j’avais une maladie potentiellement mortelle. Je suis alors passé par le tourbillon d’émotions propres à ces moments-là : il y a de la peur, évidemment, de la colère, de l’envie, même, vis-à-vis de ceux qui, eux, ont fumé ou fument, et pourtant n’ont rien. Mais chez moi, la tristesse a vite prédominé : alors ça y est, c’est déjà fini ? Les gens, les endroits, les choses que j’aime, je vais devoir les quitter ? Pendant la batterie d’examens qui a suivi, je guettais, sur le visage des médecins, le moindre signe qui m’indiquerait si, oui ou non, mon heure avait sonné. C’était terrible, parce que dans le même temps, je comprenais combien la vie était formidable, et comme je chérissais la mienne.

Christophe André confie comment l’épreuve a changé sa vie

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Réponses

  1. Avatar de Valéry Sauvage
    Valéry Sauvage

    Je me demande pourquoi on aime les beignets à l’ananas, et pas la pizza au même parfum ?

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  2. Avatar de Valéry Sauvage
    Valéry Sauvage

    Christophe André est psychiatre, pas psychanalyste il me semble. Il avait une émission sur France Culture, trois minutes à méditer, sur la méditation de pleine conscience, qui est une versions psy de la méditation du bouddhisme zen, à la sauce laïque et occidentale, version thérapeuthisée. Une approche intéressante je trouve, bien qu’à mon avis un peu vidée de son sens. Ok c’est pareil avec la version bouddhiste qui a tourné au folklore japonisant, mais la démarche est intéressante.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/trois-minutes-a-mediter

    Aimé par 1 personne

  3. Avatar de Joël Macron
    Joël Macron

    Merci pour cette précision. Pour le côté méditation, je n’ai pas ton expertise, je suis plus un contemplatif naïf qu’un adepte de méditation de pleine conscience pure, mon cerveau vagabonde trop, je pense. Mais les techniques respiratoires, et la concentration associée aident beaucoup dans les moments difficiles. C’est d’ailleurs une technique que connaissent désormais les soignants, médecins et infirmières, surtout quand ils découvrent le malade en état de panique totale et souvent en hyperventilation. La médecine classique a fini par intégrer ces pratiques, tant mieux.

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