Week-end du 17 et 18 janvier
Commençons par un bref résumé de la journée du vendredi 16 janvier. J’ai reçu les résultats du labo en toute fin de matinée : le CMV est en mode PLS, en coma profond, et il reste indétectable. Si on le surveille, c’est parce que l’on connaît le machin. Il peut dormir, faire tout pour qu’on l’oublie, et se réveiller brutalement, mais il ne disparaît jamais de l’organisme une fois qu’on l’a contracté, disons que c’est un opportuniste qui attend son moment. Pour EBV, c’est un peu différent : il garde les yeux ouverts, manifeste sa présence tout en restant sous les 4 log (c’est l’unité de mesure de la charge virale). Son existence est plus linéaire, car on a détecté son activité depuis juillet, mais, et c’est heureux, il n’a pas encore franchi la ligne rouge. Pour rappel, s’il le fait, c’est un cas d’urgence et il faut démarrer un traitement en urgence, car il peut déclencher un lymphome de haut grade particulièrement dangereux.
J’ai fait quelques recherches concernant la GVH hépatique avec laquelle je vais devoir cohabiter un bon moment. Là aussi, tout est une question de mesure et de tact. Si on la traite avec des corticoïdes, on va affaiblir le système immunitaire, ce qui neutralisera l’effet « greffon » et pourrait conduire à une récidive de la maladie initiale, ce que redoute Doc Sylvain. Tant que je peux vivre avec cette GVH, il vaut mieux la laisser sans traitement. Les paramètres du foie sont certes encore très perturbés, mais la bilirubine (c’est cela qui vous donne un joli teint jaune en cas d’hépatite) reste dans les limites acceptables. Il y a donc une inflammation constante, mais maîtrisée, d’où le caractère chronique. On le voit aussi à travers d’autres éléments de la formule sanguine : le double pic monoclonal, qui traduit une effervescence du système immunitaire, l’élévation des éosinophiles, pour la même raison, la LDH élevée et le taux de fibrinogène élevé. Est-ce que cela aura à terme une incidence sur le foie lui-même ? Probablement, mais lentement. Ce qui pourrait accélérer le processus, c’est encore une fois la présence de bilirubine. La bilirubine est un très mauvais signal qu’il faut donc suivre avec attention. Sans vouloir jouer à se faire peur, sa présence accentue fortement les risques de mortalité post-greffe. Lors de la première attaque hépatique, cet été, elle avait fortement augmenté. Alors, on ne doit jamais crier victoire trop vite, sachant aussi que la GVH est le signe indéniable que la greffe fonctionne, et c’est le point positif.
Dimanche 18 janvier
Nous sommes sous la grisaille, mais enfin, le temps est un peu moins humide qu’hier pour le moment. Voilà qui permet de cuisiner des bons plats d’hiver : Michel s’est occupé du dessert, avec un joli gâteau au chocolat, et la cocotte-minute chantonne gaiement, mais doucement, avec un rôti de veau accompagné de carottes, de rondelles de patate douce (j’en garde un peu que je ferai en purée), et de champignons poêlés et persillés que j’ajouterai au dernier moment.
Je ne sais pas si cela aidera mon poids à remonter un peu, ou du moins à se stabiliser car je suis toujours sur la pende descendante. Loin du seuil critique, je vous rassure, mais j’ai bien minci. L’an dernier, après la greffe, j’avais subi une hyperhydratation (je vous en ai déjà parlé) qui m’avait valu une prise de poids, due au mauvais fonctionnement des reins à cette époque-là. Depuis, ils vont beaucoup mieux, mais enfin, ils seront certainement plus fragiles si un nouveau traitement devait être mis en place.
Voici ce que pense mon assistant I.A de la perte de poids :
Perte de poids après greffe : un phénomène multifactoriel lié à l’inflammation chronique
La perte de poids observée au cours de l’année suivant la greffe s’inscrit dans un ensemble de mécanismes physiologiques étroitement liés à l’inflammation chronique post-greffe et à la GVH hépatique.
La GVH hépatique, même modérée, entraîne une activation inflammatoire persistante. Cette inflammation se manifeste biologiquement par l’élévation de certains marqueurs comme les phosphatases alcalines, le fibrinogène ou l’éosinophilie, et par une baisse de l’albumine. Ce profil traduit un organisme en état de stress immunologique prolongé.
Dans ce contexte, le métabolisme est modifié :
l’organisme consomme davantage d’énergie et de protéines qu’il n’en reconstruit. Le foie, bien que fonctionnel, privilégie la synthèse de protéines liées à la réponse inflammatoire (comme le fibrinogène) au détriment de protéines de réserve telles que l’albumine. Cette situation favorise un hypercatabolisme, responsable d’une perte progressive de masse musculaire.
Par ailleurs, la GVH hépatique peut s’accompagner d’une satiété plus rapide, liée à des troubles digestifs discrets et à la cholestase, réduisant involontairement les apports alimentaires. Même en l’absence de nausées ou de vomissements, cette diminution des quantités ingérées contribue à un déséquilibre entre apports et dépenses.
Enfin, la fatigue chronique fréquemment observée dans cette phase post-greffe limite la récupération musculaire et accentue la fonte corporelle, en particulier lorsque l’activité physique n’est pas suffisamment soutenue par des apports nutritionnels adaptés.
Ainsi, la perte de poids constatée après la greffe n’est pas le signe d’une dénutrition aiguë ou d’une complication grave, mais le reflet d’un état inflammatoire chronique contrôlé, associé à une reconstruction métabolique lente. Elle justifie une surveillance attentive et une adaptation progressive de l’alimentation et de l’activité physique afin de favoriser la stabilisation pondérale et la récupération musculaire.
Et ma propre conclusion : il va falloir faire un peu de gonflette pour retrouver un peu de masse musculaire.

Sinon, la danse est un sport complet :
Lundi 19 janvier
Je faisais le tour des infos et je me disais que le monde ne va décidément pas bien :
Le Donald US a déclaré que, puisque les méchants Norvégiens lui avaient refusé le prix Nobel de la Paix, il ne voyait pas pourquoi il ne s’arrogerait pas le droit d’annexer le Groenland. De plus en plus, il réagit comme un sale gosse capricieux qui n’en fait qu’à sa tête et se fiche pas mal des lois internationales. Attention au retour de bâton qui pourrait être très douloureux.
Comme cela ne suffit pas, il menace les pays européens qui sont intervenus (symboliquement, convenons-en) au Groenland de surtaxes commerciales, se mettant ainsi l’Europe à dos. Il s’en fiche éperdument d’ailleurs et menace aussi de couper les aides à l’Ukraine. Et toc ! Car, oui, ce type est cinglé et vous allez me dire que ce n’est pas nouveau, mais la sénescence s’accélère.
Autre chose, qui paraît beaucoup plus anodin mais qui m’énerve prodigieusement, ce sont les injonctions perpétuelles dans les articles en ligne :
« Oubliez les plaques à induction, elles sont passées de mode ! Si je dois faire la liste de tout ce qui est passé de mode chez moi, je peux écrire un bon nombre d’articles dont tout le monde se fichera, à juste titre. Autre variante : « L’ilôt central est complètement dépassé » : cela tombe bien, il n’y en a pas chez nous.
Vous avez aussi les articles pseudo médicaux : « il faut bannir tel ou tel aliment sous peine de vieillissement cérébral prématuré ». Pour Trump, c’est trop tard ! On trouve également les articles sur le jardinage : « Bannissez tel ou tel arbuste ! » « Occupez-vous de vos rosiers maintenant, sinon ce sera la catastrophe ! » J’ai envie de dire « lâchez-nous la grappe ! »
Petite remarque perfide : Trump a fait l’unanimité contre lui avec ses déclarations, tous les partis condamnent. Ah, c’est plus facile que d’essayer de voter un budget après l’avoir discuté et avoir fait des propositions réalistes qui ne relèvent pas de la provocation systématique ! On vit une époque formidable, non ?
Mardi 20 janvier
C’est une drôle de journée qui commence. Premier point : les sacs « jaunes » n’ont pas été ramassés hier, le service dysfonctionne totalement, les bacs poubelle ont été traités… J’attends avec une certaine joie méchante les explications de « Mauges Communauté », qui avait péniblement expliqué par l’alerte « neige » le non-passage des camions poubelles, plusieurs jours après l’épisode, et, de ce fait, les sacs avaient été laissés dans la rue alors que la tempête soufflait. En revanche, il n’y a aucun retard pour l’envoi des factures qui augmentent d’année en année alors que le service se dégrade. Je ne vais pas disserter plus sur la « qualité » des élus censés nous représenter.
Le canard orange n’est pas content : le président Macron a décliné son invitation à un milliard d’euros, ce qui paraît plutôt raisonnable quand on sait les difficultés financières que le pays connaît. Réaction immédiate de Trump : « Puisqu’il ne veut pas venir, je taxerai les vins et champagnes français à 200% ». Cela me donne des idées pour mes futures « invitations »… Je n’ai pas encore fixé les tarifs. Dire que ce type est fou à lier est un euphémisme, c’est un danger international.
Pendant ce temps, le roi du Maroc a répondu présent à l’invitation de Trump et j’imagine que le milliard de dollars sera prélevé sur sa fortune personnelle.
Dernière nouvelle, plus poétique : des aurores boréales d’une intensité exceptionnelle ont été photographiées, y compris dans notre beau département. Heureusement que j’ai pu contempler les photos, partagées en masse, car j’ai bien dormi et je n’ai strictement rien vu en me levant ce matin à part les sacs poubelles jaunes laissés sur place ! Je pense qu’Odin a voulu envoyer un message de soutien au Groenland, la Terre Verte si convoitée par le grand malade… Dommage qu’Erik le Rouge ne soit plus de ce monde…
Des aurores boréales visibles en Loire-Atlantique
(Vous devriez cliquer, c’est vraiment superbe!)


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