Week-end des 27 et 28 septembre
Je reviens rapidement sur la journée d’hier, vendredi 26 septembre. Hier matin j’ai accompagné Michel au Super U. Grande fut ma surprise en arrivant : les anciens chariots tout pourris, ont été changés. Pas pour des chariots neufs, il ne faut pas non plus exagérer, mais pour un « recyclage » d’anciens chariots nettement moins pourris. Bref, le monde change et on ne me dit rien… J’ai un peu hésité dans les rayons, mais pas plus que les vieux qui mettent trois plombes à trouver sur la balance automatique la touche « navets » ou « poires williams ». Je suis méchant, mais c’est la réalité… Au supermarché de Murat, les fruits et légumes sont pesés à la caisse, cela évite ce genre de problèmes.
Il a fait un temps désagréable, nuageux et frais, qui n’incitait pas à la promenade, on a même allumé l’insert. Je dis « on », mais c’est Michel qui s’y colle, c’est lui le grand maître du feu. Je deviens frileux en vieillissant, en fait, je crois que c’est surtout la fatigue de fin de journée qui accentue cette impression de froid.
Je parlais l’autre jour du dynamisme des communes rurales dans le Cantal, c’est une réalité : les cœurs de bourgs sont agréables, bien aménagés et ce qui surprend, c’est de voir maisons médicales, pharmacies, écoles accueillantes, quelques commerces essentiels, parfois des marchés de pays. L’offre médicale existe dans ces petits bourgs. Heureusement, car à Saint-Flour, aucun médecin ne prend de patient en dehors de sa patientèle habituelle, la pharmacienne de Murat nous l’a confirmé en soulignant que c’était un problème. Il faut donc se diriger vers les médecins de Valuéjols, par exemple, et, à mon avis, on est largement aussi bien soigné. Chez nous, on a créé ici et là des maisons médicales, mais ce sont des praticiens déjà installés dans le secteur qui viennent y faire des permanences, leur intérêt est donc extrêmement limité. Notre commune a encore sa pharmacie (et Dieu sait que j’en suis content), un cabinet infirmier et un cabinet médical. On trouve aussi un ostéopathe et Michel, qui a eu besoin de ses services, le trouve excellent. L’épicerie du bourg a mis la clé sous la porte, et personne ne semble pressé de trouver une solution, la boulangerie du bourg fermera aussi bientôt après le départ à la retraite des boulangers, et notre « aimable » buraliste voudrait prendre sa retraite. Tout cela ne semble pas émouvoir les élus et, de toute façon, les communes déléguées actuelles disparaîtront en 2026, nous habiterons dans des villages fantômes, sans maire, sans mairie, sans âme. Le paradoxe, c’est que ces « nouvelles communes » devaient permettre, entre autres, de réaliser d’importantes économies. Ah bon ? Les élus débarquent de temps à autres pour des réunions publiques où les quelques participants sont pris de haut, du style « vous ne pouvez pas comprendre ». Mais je crois au contraire que tout le monde a compris.
Parlons de choses à la fois plus importantes et plus réjouissantes. J’ai lu pas mal de livres cet été, essentiellement en version numérique. Les deux ouvrages de Freida Mac Fadden : « La psy » et « La femme de ménage » sont sortis de ma mémoire. C’est vite lu, et cela s’oublie également rapidement. Si vous avez un trajet à faire en train ou en avion, c’est très bien.
J’ai également lu des Michael Connelly : « La défense Lincoln » et « Le verdict du plomb » : c’est plus consistant que les Mac Fadden, mais bon, sans plus.
Le dernier livre de Stephen King : « Plus noir que noir » ne m’a pas non plus laissé un souvenir impérissable, c’est souvent prévisible en termes d’intrigue et j’ai connu le grand maître plus inspiré. (Je sais, je suis vachard, mais mon opinion ne les empêchera pas de gagner des millions de dollars.) Pour conclure sur Stephen King, j’ai lu aussi un de ses anciens livres, « La petite fille qui aimait Tom Gordon », et c’est beaucoup plus puissant, avec un suspense bien mené.
Pour changer de registre, j’ai lu « Paris-Briançon » de Philippe Besson, j’y ai pris du plaisir, le point de vue narratif est original et c’est bien écrit.
J’ai ensuite enchaîné sur « Kolkhoze » d’Emmanuel Carrère. Emmanuel est le frère de Marina Carrère d’Encausse, et donc le fils de la célèbre académicienne Hélène Carrère d’Encausse, décédée en 2023. C’est un livre passionnant, le parcours d’Emmanuel est chaotique, il souffre de troubles bipolaires, mais c’est surtout un récit autour de la figure tutélaire de sa mère. Emmanuel Carrère possède un vrai style, va au fond des choses, il fait remonter des souvenirs, tantôt heureux, tantôt pénibles. Hélène pratiquait au quotidien le « Never complain, never explain ». Le cadre est posé. On voyage en Russie, on sourit aussi souvent devant des situations improbables.
Si vous voulez faire les curieux, voici un lien :
Emmanuel Carrère signe avec « Kolkhoze » un époustouflant roman familial, vibrant hommage à sa mère
J’ai enchaîné avec l’erreur de l’été, franchement. J’ai cru me laisser séduire par le dernier Dan Brown « Le secret des secrets ». C’est cousu de fil blanc, avec des situations invraisemblables et on ne croit pas une seconde à l’intrigue. Si vous avez aimé « Da Vinci Code », fuyez.
Heureusement, dans la bibliothèque du gîte de Dienne, il y avait les ouvrages d’une écrivaine cantalienne, Marie-Hélène Lafon, dont l’œuvre est ancrée dans ces terres volcaniques. Ce sont des histoires de familles de paysans, mais il n’y a pas que ça. Le style est superbe, les phrases sont ciselées, sans que ce soit artificiel. On visualise les personnages, les paysages et on se laisse guider par cette plume précise. J’ai donc lu (en version papier) deux de ses ouvrages, dont l’excellente « Histoire du fils », et j’ai enchaîné sur « L’annonce » qui m’a embarqué également. Comme quoi, les « grands noms » ne garantissent pas les meilleurs livres. Pourtant, Marie-Hélène Lafon a obtenu des prix littéraires, dont le Renaudot pour « Histoire du fils », et son palmarès est élogieux. Moins médiatique qu’Amélie Nothomb, certes, mais avec tellement de puissance dans l’écriture et dans les thématiques que vous auriez franchement tort de l’ignorer maintenant que je vous en ai parlé !
Mardi 30 septembre
Pour commencer, une chanson qui me trotte dans la tête depuis cette nuit. Je ne suis pas spécialement fan, mais je tente un exorcisme en la partageant avec vous, en espérant qu’elle parte de ma pauvre tête… Sinon, je vais finir à l’asile !
Rien de bien neuf à part cette chanson entêtante. C’est la toute fin du mois de septembre. C’est à ce moment de l’année que le jardin, après la canicule et la sécheresse qui reviennent régulièrement, se refait une santé. Quelques floraisons tardives, les cyclamens de Naples qui se sont échappés chez la voisine et qui continuent de s’étendre chez nous. Enfin, bref, voyez par vous-mêmes :








Mercredi 1er octobre
Pour commencer le mois, et inspiré par les fleurs tardives du jardin, j’ai envie de vous raconter une histoire que l’on pourrait intituler « La dame aux gardénias ».
Lors de notre premier voyage en Crète, nous avions fait quelques excursions avec une guide francophone. L’une d’elles nous a menés dans un petit village de montagne où nous devions participer à la confection du repas. L’auberge était construite autour d’un arbre dont la frondaison ombrageait la terrasse. C’était à la fois pittoresque et très agréable. Nous avions un peu de temps avant le repas et la guide a proposé aux volontaires un petit tour du village et la visite de l’église. Pas de chance pour l’église : le pope était parti à la sépulture d’un de ses collègues, et, dans la précipitation, avait embarqué la clé avec lui. Nous avons donc cheminé dans les ruelles du village. Michel s’est arrêté devant une maison fleurie avec des jardinières qui embaumaient. Il s’agissait de gardénias. La porte de la maison était ouverte et une vieille dame, assise dans la pénombre du couloir, était à peine visible de l’extérieur. Elle s’est levée pour aller à la rencontre de Michel, en conversation avec une dame du groupe qui avait aussi été attirée par le parfum et la délicatesse de ces fleurs. La vieille dame a alors cueilli deux de ses plus belles fleurs qu’elle a offertes à Michel et à la dame du groupe, le tout avec un grand sourire. Pas besoin de mots, le geste, le sourire, et toute la gentillesse du peuple crétois.
On comprend mieux pourquoi, selon la légende (mais en Crète, histoire et légendes se confondent) Athéna, qui était venue séjourner sur l’île, avait été charmée par l’accueil et la gentillesse des Crétois qu’elle rencontrait. La déesse, née du crâne de Zeus un jour où celui-ci se plaignait d’une forte migraine, décida de récompenser les Crétois et leur fit don de l’olivier qui prospère un peu partout sur l’île. Les Corses ont eu le châtaignier, les Crétois l’olivier. Cette gentillesse légendaire a traversé les millénaires, et la déesse aux yeux pers fut vénérée comme il se doit.
L’adjectif glaukôpis est l’épithète[N 2] homérique[N 3] presque[N 4] exclusivement réservé à Athéna. C’est le plus commenté, son sens restant discuté. Glaukos signifie la couleur bleu clair (ou pers) ou bien un éclat lumineux, tandis que glaux signifie « chouette » : ensemble, ils peuvent se traduire par « aux yeux pers », « aux yeux brillants », ou « aux yeux de chouette » (dixit Wikipédia)
Ainsi donc, voyager en Crète, c’est aussi côtoyer dieux et déesse (Zeus est né dans une grotte non loin du plateau du Lassithi). N’oublions pas le roi Minos et son palais, le Minotaure, la culture et l’ingéniosité de la civilisation minoenne. La Crête est une île bénie des dieux qu’on se le dise, et la dame aux gardénias peut être assurée qu’Athéna veille sur elle.
Jeudi 2 octobre
Il est temps de clore cet article avec une ou deux chansons de circonstance.


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