Cruchotte, épisode 3 : la vengeance
Nous sommes dimanche au moment où j’écris (je précise pour les copines qui se prennent les pieds dans les dates : j’écris mes articles la veille de leur parution). Je me suis dit que vous aviez envie de commencer votre semaine avec quelque chose de léger, alors j’ai imaginé une nouvelle fiction avec mon héroïne du moment.
Il faut imaginer la situation comme une histoire qui bégaie, un peu comme dans « Un jour sans fin ». Nous sommes le mardi 13 mai, mais cette fois, c’est Doc Sylvie qui va procéder au myélogramme, je vous passe l’interrogatoire serré auquel je suis soumis, vous avez tous en mémoire les questions de Doc Sylvain : ce sont les mêmes. L’auscultation est un peu moins « virile » qu’avec son confrère, Doc Sylvie fait en sorte de ne pas trop insister du côté de la rate, alors que j’ai l’impression que Doc Sylvain va plonger sa main dans mon flanc pour extirper et examiner l’organe qu’il remettra ensuite en place. Oui, l’image est un peu gore mais vous vouliez du sang, vous allez être servis !
C’est la première fois que Doc Sylvie va me planter un trocart dans le sternum, mais je me dis que tout devrait bien se passer. Michel est présent et Doc Sylvie demande s’il veut sortir ou s’il souhaite rester. Réponse de l’intéressé : « Oh, je suis habitué maintenant, je peux rester sans problème. » La crainte des médecins est que l’accompagnant tourne de l’œil et qu’ils soient obligés d’appeler du renfort pour gérer les deux situations.
Elle badigeonne soigneusement la zone du sternum et m’indique qu’elle va procéder à l’anesthésie locale : « Voilà, vous allez prendre une grande bouffée d’air et souffler quand je vous le dirai… Allez-y, M. Macron, soufflez ! »
Je fais tout l’inverse et je bloque ma respiration, et rapidement je me sens « partir ». J’entends la voix de Doc Sylvie qui dit « Ah, il nous fait un malaise vagal, venez m’aider, nous allons soulever ses jambes ! » Et ensuite, j’ai l’impression de tomber dans un puits sans fin. Lorsque je me réveille, ce n’est plus Doc Sylvie qui est aux commandes, mais notre chère Cruchotte Ratched : « Alors, on a fait sa chochotte ? »
J’essaie de me redresser, mais je suis sanglé sur la table d’auscultation, j’appelle Michel mais aucun son ne parvient à sortir de ma gorge. Je comprends que la vengeance de Cruchotte va être terrible. « Vous vous demandez ce que vous allez devoir subir ? Alors, ne vous inquiétez pas : vous êtes conscient mais vous ne pouvez ni bouger, ni parler et de toute façon vous êtes sanglé. Vous pouvez communiquer en ouvrant et fermant vos paupières : une fois pour oui, deux fois pour non : avez-vous peur de la suite, M. Macron ?
Je cligne une fois des paupières, la cinglée reprend : « C’est parfait, je vais préparer le matériel. » Elle sort d’une boîte à outil une perceuse qu’elle branche, prépare une mèche en hésitant : « Non, ça c’est trop fin, ça c’est trop gros… Ah, celle-là, ce sera parfait ». Elle actionne l’engin en tenant la mèche en l’air : « Vous êtes à ma merci, maintenant. Puisque j’ai du mal avec le trocart, j’ai opté pour cette méthode, ce sera douloureux, mais c’est efficace. » Je devine qu’elle sourit derrière son masque mais je ne peux toujours pas bouger. Elle met la perceuse en position et commence son horrible intervention. Le trocart, à côté, c’est une plaisanterie, je vois du sang jaillir, je ne peux même pas crier, je pense que ma dernière heure est arrivée. Mais où sont Michel et Doc Sylvie ? C’est à ce moment que j’entends une petite voix familière, je sens qu’on me tapote les joues : « M. Macron ? Vous êtes avec nous ? » Elle s’adresse à Michel « C’est bon, votre mari reprend des couleurs… M. Macron, c’est Doc Sylvie ! » Je me redresse d’un bond : « Elle est où, la psychopathe ? ». Doc Sylvie se met à rire : « Si c’est de moi que vous parlez, je ne vous permets pas ! ». J’explique sans donner les détails que j’ai fait un horrible cauchemar qui m’a semblé durer une éternité. Doc Sylvie me rassure : « C’est la distorsion du temps que l’on constate pendant les rêves, rassurez-vous, votre malaise a à peine duré une minute, nous avons soulevé vos jambes et cela a pris très peu de temps. Êtes-vous prêt pour le myélogramme, M. Macron, ou souhaitez-vous que nous le reportions ? » Je n’hésite pas une seconde : « Je suis prêt, vous pouvez commencer ! »
Je vais essayer de vous trouver quelques chansons bien flippantes pour terminer l’article, et quelques extraits de films, âmes sensibles, s’abstenir :


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