Voilà, la troisième visite post-greffe a eu lieu ce matin. Comme on le pressentait hier soir, il a fallu gratter la voiture et bien se couvrir, car dehors nous aurions pu avoir si froid… Cela vous rappelle une chanson célèbre ? C’est normal : il faisait -2° et le givre qui recouvrait les basses prairies était aussi féérique qu’un matin de Noël : une légère brume donnait une touche d’irréalité au paysage, la Loire semblait fumer et le soleil rasant du matin ajoutait à la magie du moment. Nous sommes arrivés tôt : pas d’encombrements, pour une fois, juste trois voitures qui venaient de se rentrer dedans, celle du milieu était tout de même dans un triste état, c’était sur la voie le long de la Maine, avant de bifurquer à droite, et de prendre le pont qui franchit la Maine. On se retrouve ensuite au pied de la « Tour aux Anglais » et on arrive au CHU. Une place nous tendait les bras à deux pas de la porte d’entrée, on aurait été bêtes de ne pas en profiter. On a attendu 8 h 30 pour s’installer en salle d’attente. Michel, en habitué des lieux appuie sur l’interrupteur qui permet d’ouvrir ou fermer le rideau.
Nous étions les premiers, mais rapidement, d’autres « collègues » sont arrivés. Je ne sais pas par où était passé le type qui était assis dans le fauteuil à ma gauche, mais il avait dû traverser un taillis ou une forêt, à moins qu’il n’ait coupé à travers les espaces végétalisés. Toujours est-il qu’une feuille est tombée quand il a enlevé son manteau. Ensuite, il a soigneusement tapé ses chaussures l’une contre l’autre pour faire tomber toutes les saloperies qui s’étaient nichées sous ses semelles, sans doute était-ce compliqué de le faire à l’extérieur. Michel et moi échangions des regards, mi effarés, mi amusés, mais nous avons réussi à garder notre sérieux. Nous avons vu les autres personnes arriver et on m’a appelé pour la prise de sang. Normalement, on déjeune juste après, mais le monsieur plein de feuilles était passé avant moi et il prenait son temps, ce qui a décalé les rendez-vous : quand doc Sylvain m’a appelé, je venais de commencer à prendre mes médicaments avec mon yaourt. Il a donc appelé une autre personne et je suis passé avec lui ensuite, Michel m’accompagnait. Il a commencé à faire le point sur les derniers résultats d’analyse, soulignant que la créatinine était toujours bien trop élevée (160) et que si je ne parvenais pas à boire plus, on m’hospitaliserait pour m’hydrater. On a évoqué des stratégies, pour éviter de ne boire que de l’eau, et Michel vient de partir au supermarché pour m’acheter du thé. Le café n’est pas suffisamment hydratant et de toute façon, je n’en bois que le matin (un bol) et le midi (un expresso).
Il a procédé à l’examen de la peau et m’a « sauvagement » griffé le dos et le torse pour voir comment ma peau réagit. Je n’y ai pas pensé sur le coup, mais je me suis souvenu du sketch avec Sophie Daumier et Guy Bedos, après avoir passé « S T Georges barre oblique Loire » et à cette célèbre réplique : « Aie ! Mais il est givré ce mec ! Il vient d’me labourer la peau du dos avec son ongle. Tu parles d’un plaisir ! Moi qui ai un mal fou à cicatriser, c’est bien ma veine ! Il a fallu que j’tombe sur un sadique. C’est tout moi ça ! Vivement qu’ça finisse ce slow parce que j’suis au bord de l’esclandre ».
Je m’attendais à ce que Doc Sylvain danse un slow avec moi et me mordille l’oreille, mais non : il m’a fait passer directement en position allongée- on a zappé les préliminaires – sur la table d’auscultation, après m’avoir dit que ma peau réagissait et c’est le signe d’une bonne réponse immunitaire, je pense qu’il garde l’oreille pour la prochaine fois ! Il n’a rien changé à l’ordonnance et m’a demandé de ne pas me sauver avant qu’il revienne me voir en salle d’attente pour les résultats de la créatinine. Cela n’a pas pris longtemps : quelques minutes plus tard, il est revenu me voir et m’a indiqué que la créatinine avait baissé : « Elle reste élevée, mais c’est mieux, continuez à bien vous hydrater, M. Macron, vous reviendrez mardi. » Bon, le mardi ce sera soit Doc Carole, soit Doc Sylvie et, pour le moment, elles se contentent d’appuyer sur la peau et de voir comment elle réagit.
Selon les résultats du myélogramme – l’analyse est toujours en cours – j’aurai peut-être droit à un traitement de faveur, avec reprise d’une cure de Vidaza (vous vous souvenez ? Les piqûres « Macarena »), injection d’une autre partie du greffon et autres réjouissances auxquelles je ne veux pas penser pour le moment surtout si on prononce de nouveau le nom « Grafalon ». Doc Sylvain a précisé : « La prise du greffon va prendre du temps, ce qui est normal, mais on veut éviter à tout prix que votre maladie reparte pendant ce temps. » Je le comprends parfaitement, mais sans en avoir spécialement envie !
Nous avons patienté ensuite jusqu’à 11 h et plus en attendant Daphné qui a dû arriver plus tard, je me suis excusé auprès des infirmières, mais j’ai précisé qu’on avait encore 45 minutes de route. Daphné a dû être déçue mais si elle n’est pas disponible avant 11 h 30, cela fait une attente trop longue pour une séance d’escrime, elle comprendra. Je sens que Carmen va me faire un double entraînement mardi, j’ai intérêt à être en forme !
Bon, assez parlé. Je vais vous mettre le sketch que j’ai évoqué, et puis quelques extraits de films de Jacques Demy. Je vous explique : je me suis réveillé plusieurs fois cette nuit, et je sais qu’à un moment j’ai fait un rêve où tout le monde chantait comme dans les films de Demy, mais j’ai effacé le rêve, je n’ai gardé que cette impression.
Désolé pour la dernière, il faut cliquer pour pouvoir la visionner…


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