Voilà, deux semaines se sont écoulées depuis que je suis sorti de l’hôpital. Je ne vois pas le temps passer, ou plutôt, j’ai du mal à évaluer ce temps. Parfois, ça e paraît vraiment très peu : deux petites semaines, 14 jours, avec deux visites post-greffe et une troisième vendredi matin (nous sommes jeudi après-midi alors que j’écris). Pas d’incident majeur niveau santé, à part ce souci d’insuffisance rénale qu’il faudra bien régler, même s’il est extrêmement fréquent d’après Doc Sylvie. Je peux boire un pack entier d’eau en bouteille par jour, je pense que ça ne règlera pas le problème, d’où l’arrêt de la ciclosporine (Néoral) pendant 24 h et la reprise du médicament hier soir avec une dose diminuée. Il y aura un nouveau dosage demain, on verra si les choses se sont arrangées ou pas. J’espère que les visites vont pouvoir s’espacer et redevenir hebdomadaires car c’est une contrainte assez pesante : mettre le réveil de bonne heure, rester à jeun, préparer les médicaments pour les prendre pendant le petit-déjeuner après la prise de sang, voir le médecin : il y a trois médecins sur place et le patient est vu à chaque visite par un médecin différent, j’ai déjà vu Doc Carole, Doc Sylvie, et il me reste à voir Doc Sylvain. Cela permet d’avoir à chaque visite un regard différent : le dossier avec l’historique est bien entendu partagé par les trois médecins qui communiquent aussi entre eux chaque semaine. Et quand on a vu le médecin, il faut patienter en attendant les résultats de l’analyse.
Demain, ce sera donc la surprise, peut-être que je verrai Doc Sylvain. Je le connais de vue, c’est un grand type interminable qui anime beaucoup de séminaires, et que j’ai vu en intervention lors de conférences enregistrées. Les hématologues travaillent en réseau, surtout lorsqu’il s’agit de maladies rares, comme le syndrome d’Evans que j’ai eu avant la myélodysplasie et aussi sur les interventions « pointues » : la greffe de moelle osseuse, par exemple. Ils travaillaient aussi en relation étroite avec leurs confrères étrangers, notamment les hématologues américains, ainsi que les labos. J’imagine qu’ils doivent s’inquiéter de la tourmente qui agite les milieux scientifiques américains. Qu’adviendra-t-il des protocoles déjà en place ? Bien malin qui peut le dire.
Sinon, que dire de plus ? L’hiver a fait son retour, avec des averses de grésil et un vent de nord désagréable, le ciel s’ennuage en cours de journée, c’est souvent le cas quand on a un beau ciel bleu le matin. Cela pourrait être pire, certes. Finalement, c’est un peu rassurant de voir que mars est capricieux et ne ressemble pas à mai ou juin, il est fidèle à sa réputation : doit-on prendre son parapluie ou son imperméable quand on sort ? Faut-il prévoir des vêtements chauds ? Ce mois est un point d’interrogation, en fait. Voici un poème pour illustrer mes propos.
Mars (la ronde des mois)
Mars, le mois des fous,
Qui s’amuse et bafoue
Les lois, même de la nature.
Un jour l’hiver perdure
Un autre l’été semble être là.
Mars, long mois plein de falbalas
Où, la nature, enfin, s’éveille
Après de longs mois de veille.
Les animaux sortent de leur torpeur
Au milieu de ces jours trompeurs,
Dans un environnement prometteur.
Mais, rien n’arrête ce vilain rouspéteur,
Qui n’en fait qu’à sa tête,
Et, comme une vedette,
Annonce le retour du Printemps,
Dans une orgie de coloris, promettant,
L’éclosion de la vie insolente
Telle une immense vague déferlante.
Dominique Sagne
J’aimerais aller voir nos « goganes » – c’est l’appellation locale des fritillaires pintades – qui fleurissent actuellement dans les basses prairies, mais si c’est pour se prendre un déluge sur la tête, je pense que cela attendra un peu.
En attendant je vais essayer de vous trouver quelques chansons sans thème particulier. Un peu de jazz, peut-être ?


Laisser un commentaire