L’hiver est de retour pour quelques jours semble-t-il, sans doute un dernier baroud d’honneur avant l’arrivée « officielle » du printemps. En météo le printemps commence le 1er mars ; il fait actuellement 7 petits degrés et le ciel est tout gris, cela n’incite pas à la promenade et ce serait imprudent. Mon système immunitaire est équivalent à celui d’un grand prématuré, je peux donc choper toutes sortes d’infection, voire la rougeole qui fait son grand retour puisque certains parents refusent la vaccination pour leurs enfants. C’est parfait, si je l’attrape – je l’ai eue à 30 ans et j’en garde un souvenir très désagréable – je mourrai probablement puisque je n’ai plus les anticorps pour la contrer. Il en va de même pour toutes les autres maladies pour lesquelles j’ai obligation de me faire vacciner : la grippe, COVID 19, et toutes les autres maladies « à vaccin » tant que je n’aurai pas mon schéma vaccinal complet. C’est pourquoi on a tant de règles à respecter. Je ne suis pas immunodéprimé, je suis « immuno zéro ». Je connais un certain discours habituel : « C’est à toi de te protéger, nous on fait comme on veut, si tu meurs tant pis, c’est la sélection naturelle ». Je ne rouvrirai donc pas ce débat sur les réseaux sociaux mais j’ai toujours pensé qu’il fallait se protéger soi, et protéger les autres aussi : cela s’appelle vivre en société. Cela ne passe pas uniquement par le vaccin -et certaines personnes ne les supportent pas, mais par toute une série de gestes que les gens oublient : on voit de moins en moins de gens avec le masque dans les salles d’attente des médecins, par exemple, et si vous faites vos courses avec un masque, c’est vous que l’on regarde de travers.
Pour le moment, à part Michel qui prend plein de précautions quand il revient de l’extérieur, je ne vois personne, sauf pendant les visites au CHU. Il n’y a pas intérêt à se pointer en post-greffe sans masque, sinon on vous rappelle à l’ordre en vous donnant le précieux filtre à microbes. D’ailleurs, les masques du CHU sont très confortables, on n’a pas cette sensation d’étouffement que l’on peut avoir avec les masques du commerce, qui sont relégués la plupart du temps dans des endroits improbables, un peu comme les préservatifs à une époque. Les gens ont la mémoire courte, pour un peu il n’y a jamais eu de pandémie, peut-être que j’ai imaginé aussi mon séjour dans le service infectiologie, suivi d’un passage en réanimation puis en pneumologie. À mon retour dans la chambre, avant de sortir et d’enchaîner sur un pneumothorax, les infirmières m’avaient dit « On ne pensait pas vous revoir, M. Macron, quand on vous a emmené dans cet état en réa ». La bête est plus coriace qu’on ne pense mais elle a conscience de sa finitude : ce qui est né un jour est condamné à mourir, c’est le grand paradoxe de la vie.
J’écoutais hier l’interview de la directrice de l’Institut Pasteur qui expliquait calmement les conséquences de la purge insufflée par Trump et par son « bouffon sous kétamine ». Il n’y aura plus de programmes de recherche possibles et en cas de pandémie, il sera impossible de réagir puisqu’il n’y aura plus d’interlocuteurs aux USA, de même pour les recherches sur les traitements, les nouveaux médicaments, les essais thérapeutiques : tout ça, ça ne sert à rien a dit le président élu démocratiquement. Les temps obscurs reviennent, l’hiver, le grand hiver…
J’ai bien conscience que ce que je raconte n’est pas très drôle mais tout n’est pas forcément comique autour de nous en ce moment.
Allez, je vais chercher quelques illustrations musicales pour nous changer les idées.
L’hiver arrive…
Il fut un temps où l’Amérique faisait rêver :
Savez-vous la connotation parfois attribuée à la casquette rouge dépassant de la poche arrière du jean de Bruce Springsteen ? Cela ferait référence à un code utilisé par les gays américains dans les bars et autres lieux de rencontre. La couleur du bandana indiquait les préférences sexuelles et permettait d’aborder « la bonne personne », c’était le temps où l’Amérique commençait – ce fut très long, entre 1960 et les années 80 – à se libérer de son puritanisme, je vous laisse faire vos recherches sur les bandanas, mais je doute que ce soit la bonne explication en ce qui concerne Springsteen.
La chanson suivante est tout de même moins dangereuse que la kétamine du bouffon :


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