Je me suis réveillé juste avant que l’alarme du réveil ne retentisse, vers 6 h 20, et j’ai pris mon courage à deux mains pour aller me préparer, pendant que Michel allait déjeuner. Vous conviendrez avec moi que c’est tout à fait injuste que je reste à jeun, d’autant plus qu’on me fait une prise de sang en arrivant. Ce matin, Doc Sylvie était chargée de me recevoir, toute contente de nous retrouver – Michel m’accompagne pendant les consultations – elle a regardé l’historique et procédé à l’auscultation. Comme elle voulait vérifier ma peau et voir mes jambes, le plus simple était de me mettre en slip avant de monter sur la table. Elle a regardé la jambe avec l’érysipèle – l’alien, si vous préférez, et a déclaré : « Mais elles sont belles, vos jambes ! » Ce à quoi j’ai répondu « Oui, on dit que j’ai de belles gambettes ! » Ce n’était pas original comme réplique, mais enfin, j’avais envie de placer ça. Elle a donc vu que je n’étais pas dépressif, que je me porte plutôt pas mal pour un greffé et je me suis rhabillé pendant qu’elle regardait son écran pour adapter les dosages de ciclosporine. Comme je m’inquiétais de la disparition de mes lymphocytes elle a ri et m’a dit : « Vous en avez pour des mois avant qu’ils ne commencent à réapparaître ! » En revanche, elle a trouvé que c’était bien pour le reste, si on met de côté cette insuffisance rénale sans doute due à la ciclosporine (Néoral). « M. Macron, je vous libère mais ne partez surtout pas avant que je vienne vous voir, on risque selon les résultats de vous convoquer vendredi. »
Nous sommes retournés en salle d’attente où on a attendu quelques minutes avant que l’on vienne me chercher. Il n’y avait qu’une dizaine de tubes à prélever, donc c’était « petite » prise de sang, et je suis allé déjeuner tout en prenant les médicaments. Encore une fois, c’est plus pratique à la maison car je peux m’organiser pour en prendre avant le petit déjeuner, pendant, et je ne prends la ciclosporine que vers 9 h 15, ce qui permet à l’estomac de digérer la première série. Au CHU, je dois tout prendre pendant le petit déjeuner, et la saturation accompagnée de nausées peut rapidement prendre le dessus.
Je reviens donc de la petite salle et là, surprise, arrive une dame qui travaille en binôme avec Daphné. La dame – j’ai oublié son prénom – est maître d’armes et intervient en début de semaine, alors que Daphné est présente en fin de semaine. La séance était plutôt rythmée et intensive, avec des exercices variés : on travaille souplesse, équilibre et précision, de différentes manières et avec des spectateurs puisqu’on utilise la salle d’attente après avoir dégagé la table basse ; elle montre d’abord les gestes à accomplir, puis c’est mon tour. On a travaillé avec le sabre (factice) et vu différentes techniques d’attaques et de parades. On a même fait du sabre laser avec deux objets que l’on aurait pu confier à Obi Wan Kenobi ou à Luke Skywalker. J’ai demandé deux pauses car le rythme était assez rapide mais on a pu mener la séance jusqu’au bout. À la fin de la séance, mon maître d’armes a demandé si j’avais pratiqué l’escrime autrefois : « Non, c’est ma troisième séance aujourd’hui ! » « Eh bien, vous vous débrouillez très bien ! ». Un jour, quand je serai encore plus petit et très vieux, je serai maître Yoda.
Dernière minute : Michel me dit que le maître d’armes s’appelle Carmen, elle a d’ailleurs un délicieux accent.
Doc Sylvie est revenue me voir avant midi pour me dire que je devais revenir vendredi, elle diminue la ciclosporine après un arrêt de 24 h et elle veut vérifier ensuite la fonction rénale. Je n’étais guère enthousiaste, non que je m’ennuie sur place, mais il faut se speeder le matin pour arriver à l’heure. Le GPS de la voiture a fini par me dérider sur le trajet du retour. Il ne sait pas que St Jean de Linières se prononce Saint Jean de Linières et persiste à prononcer le « S » et le « T » séparément. Le plus drôle, c’est quand on arrive à St Georges / Loire qu’il traduit ainsi : « S T Georges barre oblique Loire ». Vous allez dire que je m’amuse de pas grand-chose, mais je ris à chaque fois !
En me relisant, je m’aperçois que j’ai oublié de vous dire que j’ai croisé une vieille connaissance alors que nous arrivions sur place : Jules, mon petit Jules que tout le monde cherchait partout, j’étais heureux de le voir, et lui aussi : « Ahhh M. Macron, ça fait plaisir de vous voir ! Le retour à la maison se passe bien ? Et vos reins, comment vont-ils ? »
Je termine avec quelques chansons qui me trottent dans la tête :


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