J’écris ces quelques lignes le samedi 8 mars, c’est la journée internationale des droits des femmes, et non « journée de la femme » comme on le lit encore. Mais pourquoi une seule journée dans l’année ? On devrait s’en préoccuper tous les jours, non ? Faire en sorte que les salaires soient les mêmes, mieux prendre en compte les arrêts de travail, mi-temps, ou congés parentaux lorsque les femmes désirent avoir un enfant et tisser les liens avec leurs bébés en mettant en pause leur carrière.
Je lisais récemment que la différence, pour des postes similaires hommes / femmes peut atteindre 150 000 € sur une carrière complète, ce n’est pas rien tout de même, surtout quand la femme après sa journée de travail doit se coltiner les courses, les gamins à récupérer, les devoirs, l’entretien de la maison : c’est encore fréquent.
Mes héroïnes du quotidien pendant un mois s’appelaient Michèle, Charlène, Carole, Chana. Médecins, infirmières et aides-soignantes, les femmes sont nombreuses en hématologie. Elles m’ont expliqué que les hommes préfèrent travailler de nuit, comme Yann, mon infirmier qui a pris soin de moi lorsque le Grafalon a failli m’emmener en réanimation. Elles courent toute la journée, s’efforcent de toujours avoir le sourire, venaient discuter le soir, de tout, de rien, de la couleur de mes tee-shirts qui leur plaisaient tant, de ma prochaine sortie, de leurs organisations quotidiennes pour venir au CHU, parfois en covoiturage, parfois en prenant le train, puis le tram. Elles m’ont expliqué apprécier ce sas de décompression qui leur permet d’évacuer les soucis ou les stress de la journée : ce sont elles, les héroïnes, les guerrières, au quotidien et pas seulement une journée dans l’année. Pour les brancardiers, à l’inverse, ce sont en grande majorité des hommes, le métier est physique mais on voit aussi quelques femmes exercer cette profession.
Ici, il n’y a pas de femme à exploiter pour le ménage et l’entretien de la maison : le maître des lieux en ce moment, c’est Michel qui gère courses, lessives, pliage du linge, ménage et cuisine. Ce matin, c’était grand ménage et j’ai interdiction formelle de toucher à quoi que ce soit, je suis allé m’installer dans la chambre pendant qu’il faisait le séjour. L’autre jour, j’ai commencé par réflexe à prendre une éponge et je me suis fait enguirlander « Lâche ça tout de suite, tu n’as pas le droit ! ». Je peux reprendre le vers qui a fait couler tellement d’encre : « Vous êtes mon lion superbe et généreux ! Je vous aime » (Victor Hugo – Hernani). Mais un jour je pourrai reprendre mes chiffons et je me vengerai… Patience !
Je vous ai déjà parlé des menus qui sont un casse-tête lorsque Michel fait les courses : il faut vérifier que le poisson surgelé ne soit pas accompagné d’une sauce aux crevettes, imaginer des menus en éliminant toute une liste d’aliments qui me sont rigoureusement interdits, on oublie les soirées « flemme » où on se contente de deux patates chacun avec des rillettes – pas de charcuterie, seul le jambon est autorisé s’il est cuit au four ou à la poêle. N’empêche que le cuisinier me prépare de bons petits plats : hier soir c’était quiche maison (avec pâte du commerce), il faut juste veiller à ce que les lardons ne soient pas fumés (c’est strictement interdit), c’était croustillant, savoureux, rien à voir avec les quiches toutes molles et triste des plateaux-repas.
On termine avec quelques chansons dans le thème de ce 8 mars :


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