Il y a peu, je vous accueillais avec un poème de Maurice Carême, aujourd’hui, j’aimerais vous accueillir avec une très jolie chanson de Françoise Hardy. Je pense souvent à son combat contre la maladie, à sa dignité, son humour et sa classe. François Hardy avait d’abord souffert d’un lymphome et d’autres pathologies sont venues se greffer sur la première. Je ne suis jamais très objectif quand il s’agit d’évoquer celle qui a marqué mes goûts musicaux depuis que je suis enfant. On l’entendait à la radio, puis on a découvert cette jeune fille à la télévision, souvent timide, un peu gauche, mais dès qu’elle chantait, on sentait que l’artiste ferait une longue carrière. Elle était fidèle en amitié, ainsi qu’en a souvent attesté Sheila : elles n’avaient pas du tout le même registre, mais chacune travaillait énormément, elles sont toujours restées proches, malgré le temps qui passe et les tourbillons de la vie.
Justement, la chanson s’appelle « L’amitié » :
Beaucoup de mes amis sont venus des nuages
Avec soleil et pluie comme simples bagages
Ils ont fait la saison des amitiés sincères
La plus belle saison des quatre de la Terre
Ils ont cette douceur des plus beaux paysages
Et la fidélité des oiseaux de passage
Dans leurs cœurs est gravée une infinie tendresse
Mais parfois dans leurs yeux se glisse la tristesse
Alors, ils viennent
Se chauffer chez moi
Et toi aussi
Tu viendras
Tu pourras repartir au fin fond des nuages
Et de nouveau sourire à bien d’autres visages
Donner autour de toi un peu de ta tendresse
Lorsqu’un autre voudra te cacher sa tristesse
Comme l’on ne sait pas ce que la vie nous donne
Il se peut qu’à mon tour je ne sois plus personne
S’il me reste un ami qui vraiment me comprenne
J’oublierai à la fois mes larmes et mes peines
Alors, peut-être
Je viendrai chez toi
Chauffer mon cœur
À ton bois
Paroliers : Gérard Bourgeois / Jean-Max Rivière
Voilà, bravo aux deux paroliers et à l’artiste qui a su interpréter délicatement cette jolie chanson. J’apprécie particulièrement « la fidélité des oiseaux de passage ». Certaines personnes traversent ainsi votre vie, on croit que l’on sera amis pour toujours, et on se réveille un matin en se demandant si on n’a pas rêvé, les « oiseaux » sont partis ailleurs, souvent sans prévenir, ils sont passés à autre chose, ils vous ont zappé, effacé de leur existence pour d’obscures raisons, et se perdre en conjectures équivaut à perdre son temps.
Je vous écris le mardi 4 mars et j’ai réalisé en voyant les articles sur internet que c’est Mardi Gras. Pas de déguisement chez nous, je sais pourtant que vous voudriez nous voir cachés derrière nos loups et vêtus de nos costumes à paillettes, mais non, c’est beaucoup plus calme. Un très gentil livreur est passé à la fin du repas nous livrer un meuble de cuisine qu’il faudra monter en espérant que la notice soit complète et compréhensible. En général, étant donné que j’ai horreur de suivre les notices et que je fais tout à l’envers, c’est Michel qui sera à l’œuvre, je me contente d’être l’assistant qui passe la clef alène, qui tient telle partie en place et qui regarde admiratif la patience de celui qui parvient à ne pas déchirer le plan en menus morceaux. Pour le moment, la « bête » dort dans ses cartons et elle attendra bien encore un peu. (eh bien non, le monteur en chef attaque le montage du meuble !)
Avant de vous quitter pour la promenade quotidienne – on profite du beau temps-, je ne résiste pas au plaisir de vous mettre deux chansons que vous fredonnerez toute la journée malgré vous.


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