CHU, Unité protégée, J 16

Champomy ! J’ai réussi mon examen ! Ah mais c’est vrai, vous n’étiez pas au courant : Daphné souhaite m’inclure dans un protocole « escrime » qui peut durer – j’arrête quand je veux – tout le suivi post greffe. C’est un suivi qui se déroule sur plusieurs années avec des visites qui s’espacent mais ne cessent pas : je suis greffé pour la vie et on a vu parfois (non, pas rejaillir le feu de l’ancien volcan qu’on croyait trop vieux) des rechutes inattendues et tardives, ou des rejets du greffon que l’organisme avait commencé à bien tolérer. Il reste parfois une méchante cellule souche qui attend patiemment quelque part dans la moelle osseuse. Bref, j’ai réussi mon examen sportif : épreuve d’équilibre, épreuve de force dans les jambes, épreuve de force dans les bras et test de marche dans le couloir avec Daphné au pilotage de la colonne. Eh bien malgré mes 8,1 d’hémoglobine, j’ai tout réussi : « Excellente gestion de l’effort » m’a dit mon coach. Tout va bien à part une faiblesse dans le poignet gauche, celui qui avait souffert au ski lors d’une journée mémorable avec retour à la station de nuit, en dameuse, gendarmes à l’arrivée pour s’assurer que j’allais bien passer les examens etc. J’en connais qui vont rigoler en se remémorant ces joyeux moments. Depuis, on va au soleil, mais comme je n’aurai plus le droit de m’exposer aux UV, il va falloir réfléchir. Et on ne repartira en voyage que lorsque j’aurai refait tous mes vaccins et obtenu l’accord de Doc Sylvie.

En tout cas, Rodolphe prendra sa volée lundi à 14 h.

Sinon, une infirmière stagiaire, supervisée par la professionnelle, a changé mon Piccline ce matin. Ce ne fut pas sans mal et je suis resté stoïque en dépit d’une furieuse envie de faire pipi à la fin, ce que j’ai signalé. La catastrophe fut évitée de justesse et le pansement est propre, mais la petiote a encore du mal avec certaines procédures.

Jules est passé en fin de matinée, je lui ai filé le nom d’un film « L’affaire Vinca Curie », c’est le récit des premières greffes de moelle osseuse réalisées sur des ouvriers yougoslaves par le Pr Mathé, de l’hôpital Saint Louis. Les prélèvements de moelle étaient faits sans anesthésie locale – ça n’existait pas – et les malades étaient sanglés sur leur lits. C’était l’opération la plus douloureuse à l’époque, ce n’est toujours pas une partie de plaisir. On fête cette année les 50 ans des greffes de moelle et les médias s’en tapent.

J’ai eu une transfusion de plaquettes en fin de matinée, et demain probablement une poche de sang si l’hémoglobine repasse à 8 ou en-dessous. Je tolère tout très bien.

Je sens que vous avez envie de bouger, la chanson devrait vous aider, choisissez celle qui vous donnera des ailes et vous fera twerker :

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