Rêveries (J -5)

J’ai l’humeur rêveuse, en fait je m’échappe d’un livre de Maxime Chattam, « La Constance du Prédateur », c’est glauque, sanglant et à mon avis légèrement alambiqué dans le dernier tiers du livre. Ou alors c’est moi qui fatigue, mais c’est très prenant et je n’abandonne pas ma lecture. Disons que c’est mon état d’esprit qui n’est pas « raccord » avec ce type de roman, il me faut plus de légèreté. Bref, j’ai besoin d’air frais, de sensations poétiques et de mignonneries, genre petit chat qui fait le fou, guépard affectueux qui embête le photographe animalier ou panda qui se roule dans la neige. Bon, c’est vu et revu et on s’en lasse aussi : Michel est contre l’arrivée de mouffettes facétieuses ou de suricates collants dans la maison, de toute façon, et je ne parle même pas de la girafe dans le jardin ni du petit rhinocéros joyeux qui lève ses petites pattes arrières en esquissant un pas de danse. Je n’aurai de toute façon pas le droit de câliner des bêtes à fourrure en rentrant de l’hôpital, ni un rhinocéros sans fourrure. Comment font les gens qui ont un chat ? Bah ils le confient à des amis pendant trois mois. Le chat finit par rentrer et, comme tout félin qui se respecte, il fait la tronche. Donc pas de chat, pas de suricate, ni de lapin. Rien. Même pas un rhinocéros sympa qui ne boude jamais.

Voilà, je commence à sortir de l’atmosphère Chattam. Je me disais, en rêvassant : « Oh, ce serait sympa que dans un an et quelques mois, aux beaux jours, on organise un petit séjour pour que celles et ceux qui me suivent ici se rencontrent ». Je réserverais un grand gîte, j’aurais le droit de caresser des chats, de prendre les gens dans mes bras, de fabriquer de beaux souvenirs et même les gamins seraient autorisés à me faire la bise. On boirait autre chose que de l’eau (mais de l’eau aussi) et on cuisinerait ensemble. On écouterait de la musique, on chanterait faux, on danserait et on irait se promener dans la campagne.

On essaierait de danser le sirtaki, comme en Crète, et on mettrait de la féta dans la salade. Et je mangerais tout ce qu’on m’aura interdit pendant plusieurs mois, surtout des fraises, et encore des fraises.

Ce serait bien, non ? On ferait des jeux d’extérieur, et si la pluie venait à menacer, on jouerait à « Qui est-ce ? » ou au Cluedo.

Voilà, c’était ma rêverie du soir (oui, j’écris l’article jeudi soir, et je le publierai demain, vendredi.)

Vous me direz ce que vous pensez de mes rêves.

Je vous offre un poème de Gérard de Nerval, celui que mes 3e aimaient bien quand j’étais prof de français :

Fantaisie

Gérard de Nerval

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or, chaque fois que je viens à l’entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit :
C’est sous Louis treize ; et je crois voir s’étendre
Un coteau vert, que le couchant jaunit,

Puis un château de brique à coins de pierre,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue… – et dont je me souviens !

Gérard de Nerval

J’essaie de vous trouver des chansons sur le thème du rêve :

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  1. Avatar de Valéry Sauvage
    Valéry Sauvage

    Le texte de Nerval me fait penser à la description du château du pauvre baron de Sigognac, qui deviendra le Capitaine Fracasse. (très beau roman de Théophile Gautier, que j’adore relire, plutôt que des horreurs gores ! et quelle écriture !)

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