Nous sommes le 10 janvier de l’an de grâce 2025. Bientôt, Los Angeles ne sera plus qu’un tas de cendres, et le monde également. « La maison brûle et nous regardons ailleurs » disait Jacques Chirac dans un discours célèbre. Ailleurs, c’est quoi ? L’Afghanistan où les femmes, déjà cloîtrées chez elles et emprisonnées dans leurs vêtements stupides lorsqu’elles sortent, ne peuvent désormais plus regarder par leurs fenêtres. C’est vrai, quelle idée aussi ? Elles n’ont plus le droit de se cultiver, d’apprendre à l’université, de travailler, et en plus elles voudraient regarder ailleurs, par leurs fenêtres… Ailleurs, c’est peut-être l’Ukraine, que Poutine a décidé d’anéantir, ou l’Autriche, bientôt dirigée par l’extrême droite et les néo nazis.
Franchement, je cherche une bonne nouvelle en parcourant les titres ce matin. Trump veut annexer le Groenland, le Canada, le canal de Panama et le monde entier. Ah, et puis il réduira la Chine en cendres et cessera d’aider les Ukrainiens. On va vivre des moments formidables… On préfère retenir que Laetitia Halliday n’a plus de maison à L.A, et que Patrick Bruel est dans la même situation, c’est autrement plus important qu’une femme Afghane prisonnière chez elle, ou que l’état du monde en général.
Parfois, je me demande ce qui va se passer pendant les quelques semaines où je serai prisonnier de ma bulle stérile. Quand je ressortirai, nous serons coincés entre Trump, Poutine et le reste du monde. Mais je serai un prisonnier volontaire, avec des soins, des visites, la télévision, mon ordinateur et ma bassine à vomito, rien à voir avec les sinistres prisons irakiennes, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin, Maurice ! Ce sera une prison de luxe avec salle de bain privative et appareils qui bipent à longueur de journée, et de nuit aussi, peut-être que, comme les victimes du syndrome de Stockholm, je voudrai rester dans ma bulle : « M. Macron, il va falloir libérer la chambre ! » « Non merci, je ne veux plus sortir, gardez-moi ici ! ».
Si je vous parle du monde, c’est qu’il ne se passe pas grand-chose de mon côté. La sortie de l’alien de ma jambe gauche avait provoqué un cratère saignant, il cicatrise enfin. Au bout de 6 semaines, les dégâts provoqués par cette perfide bestiole que l’on nomme érysipèle semblent enfin réparés, j’ai donc arrêté les pansements et laissé la chose à l’air libre. Doc Sylvie sera contente quand elle examinera ma jambe et elle cherchera d’autres portes d’entrée possibles afin d’éviter que les aliens profitent de mon aplasie pour envahir toutes les cellules de mon organisme. Toute l’équipe de greffeurs doit avoir préparé un plan d’attaque, enfin, je l’espère.
Je vais essayer de trouver quelque chose de réconfortant à écouter après toutes ces nouvelles…


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