Bonjour, nous sommes le 6 janvier 2025 et pour la première fois depuis un bon moment, on a un rayon de soleil. Cela ne veut pas dire que l’on va se balader en slip sur la terrasse. Le vent souffle, mais on est loin de la tempête annoncée. Bref, nous sommes en janvier.
De toute façon, je ne sors pas. Parfois je fais trois pas dans le jardin, ou je vais chercher le courrier, il ne manquerait plus que je chope un de ces fichus virus avant la greffe. Doc Jérôme m’a prévenu « Vous savez que le vaccin vous protègera des formes les plus graves mais vous devez vous protéger ». Alors je reste dans ma bulle. Par moments, j’ai des envies d’évasion, je me vois sur une plage, aussi fou-fou qu’un golden retriever. Bon, pas au point de me rouler dans le sable mais pas loin.
Je ne suis pas près de sortir de cette bulle protectrice. Il y aura la chambre stérile, puis ces 100 jours où la maison devra ressembler le plus possible à un bloc opératoire aseptisé. Ne pas oublier les poignées de portes, le frigo, le plan de travail, les draps à changer, les serviettes de bain… Bref, éradiquer le moindre microbe étant donné que mes PNN (polynucléaires neutrophiles) ne seront pas « éduqués ». Ces petites choses ont besoin de temps pour s’habituer aux microbes. Doc Sylvie a prévenu : « Vous aurez le système immunitaire d’un grand prématuré en sortant de l’hôpital ». Donc pas de bisous, pas de calinous etc. Une vie de moine, en somme.
En attendant les inévitables restrictions alimentaires, je me fais des petits plaisirs en mangeant les aliments qui me seront interdits : les fromages persillés, les Saint-Nectaire fermiers, et mille autres délices de la nature que mon organisme ne supportera plus. C’est fou quand on y pense. En revanche, tout ce qui est nourriture industrielle ou surgelée est fortement recommandée.
Je serai interdit de supermarché (oh, quelle tristesse !) et ne pourrai faire aucun ménage. Je me demande comment l’aspirateur va prendre cette nouvelle. Peut-être rendra-t-il l’âme par désespoir en se suicidant à la poussière. Les éponges auront beau m’appeler, je devrai résister : « Non M. Macron, on ne touche pas les éponges ! (et si je mets des gants de ménage ?)
On a aussi quelques interdictions cocasses : je n’aurai pas le droit de manipuler les fruits duveteux du type pêche ou kiwis. Je pourrai en manger si Michel me les épluche, mais surtout pas en ma présence. Le pamplemousse sera interdit, mais c’est un classique : il empêche l’assimilation des médicaments ou renforce parfois les effets de certains. On se passera de pamplemousse. Pas de fraises : c’est interdit. Comment ça, « pas de fraises » ? mais comment voulez-vous que je résiste à la vue d’une fraise ? « Bah c’est simple : tu n’en verras pas ! ». Tant pis, je me vengerai sur le sorbet industriel à la fraise.
Je compte sur vous pour m’épauler, me soutenir. Cent jours à tenir… Après, croyez-moi, il y aura du rattrapage ! De la viande saignante au barbecue, du bleu d’Auvergne et du roquefort, des coupes de fraises avec la chantilly et mille autres aliments tabous. Même l’œuf à la coque pourra faire son retour, ainsi que les salades du jardin, la ciboulette, le persil et les herbes aromatiques.
I will survive !
Et si je m’inspirais de cette chanson ?


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