La machine à remonter le temps

(Épisode 1)

Je vous invite à embarquer avec moi dans la machine à remonter le temps que j’ai trouvée, à côté de la tronçonneuse planquée au sous-sol. Bon, je vous rassure, c’est une machine virtuelle qui va nous permettre de comprendre comment la médecine a osé procéder aux greffes de moelle osseuse. Vous allez voir, c’est une épopée fantastique.

Tout commence après-guerre, nous sommes dans les années 50 et de pauvres animaux permettent de comprendre les mécanismes de rejet et de compatibilité immunitaire. On ne connaît pas encore le système HLA, mais on sait que le rejet n’est pas lié au groupe sanguin. Donc il y a un loup quelque part et, sans l’aide de l’informatique, des chercheurs noircissent des pages et des pages qu’ils punaisent sur les murs de leurs bureaux en notant leurs réussites et leurs échecs, et surtout en essayant de percer le mystère de ces réussites et de ces échecs.

Nous sommes en 1958, le professeur Mathé, un Français – cocorico – est sollicité pour soigner 5 physiciens yougoslaves, gravement irradiés à la suite d’un accident nucléaire. Tout se déroule en secret, tout doit rester confidentiel. Nous sommes en pleine guerre froide, cela ne simplifie pas le projet. Mathé accepte malgré les difficultés liées à cette intervention qui sera placée sous le sceau du secret, et malgré ses profondes réticences. Il traite avec succès les 5 physiciens, l’un périra des suites d’une GVH, les quatre autres survivront. La France devient pionnière en matière de greffe de moelle osseuse.

L’épopée ne fait que commencer, en 1963, le professeur Mathé réussit une greffe sur un patient qu’il a préalablement irradié afin d’éliminer les cellules cancéreuses de sa moelle osseuse. En 1970, le professeur Robert Good aux USA et le professeur Griscelli à l’hôpital Necker font bénéficier de jeunes enfants en déficit immunitaire de la greffe de moelle osseuse, avec succès.

La machine à remonter le temps arrive en 1980 ; un Français, Jean Dausset, reçoit le prix Nobel de médecine pour ses travaux sur les groupes tissulaires HLA. Tout va alors s’accélérer : en 1980, Éliane Gluckman réalise la première greffe de cordon ombilical sur un enfant atteint d’aplasie médullaire (sa moelle osseuse ne fonctionne plus à cause de cette maladie).

Nous arrivons dans les années 2000 : les traitements préparatoires à la greffe s’affinent avec l’utilisation de traitements moins toxiques. Le taux de réussite augmente singulièrement.

En 2010, on fête le 50e anniversaire des greffes de moelle osseuse. De nos jours, les progrès continuent, on soigne de plus en plus de pathologies avec cette technique, on soigne aussi des malades que l’on ne savait pas guérir jusque-là, tout au plus permettait-on aux malades de vivre quelques mois supplémentaires.

« L’affaire Vinca Curie » est un film qui retrace l’affaire des physiciens yougoslaves irradiés. Il paraît que c’est un film passionnant, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de le voir.

Si vous voulez en savoir plus sur le film, suivez le lien qui mène à un article complet :

https://www.avoir-alire.com/l-affaire-vinca-curie-dragan-bjelogrlic-critique

Voici la bande annonce :

Demain, je vous parlerai d’une découverte majeure qui concerne la greffe de moelle osseuse. Je vous mets un indice, qui devrait vous mettre les larmes aux yeux, en tout cas, c’est mon cas dès que j’écoute la chanson.

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