Saint Sylvestre

Voilà, on y arrive. Doucement, mais sûrement, l’année 2024 tire à sa fin. Encore deux piqûres dans les bras et on pourra envisager une soirée tranquille. Non, non, pas de folies prévues, une soirée à deux, bien au chaud, devant un bon film, un DVD sans doute, et on pourra attendre minuit pour se souhaiter la bonne année, sans confettis ni feu d’artifice, une Saint Sylvestre pépère, entre pépères. Je ne sais pas ce que nous dégusterons, je serai encore interdit de cuisine pour ne pas divulgâcher les surprises : « Non, tu ne viens pas là ! ». Peu importe, ce sera avec plaisir que nous refermerons la porte de 2024.

Hier, c’était prise de sang : tout est rentré dans l’ordre, sauf ces fichues plaquettes qui recommencent leur dégringolade. De toute façon, elles peuvent bien faire les idiotes, prochainement elles seront éradiquées par une chimio virulente et compensées grâce à des perfusions. Même punition pour les globules rouges, qui seront aussi « compensés ». Les globules blancs disparaîtront : on ne sait pas les transfuser, d’où le principe de la chambre stérile qui me permettra, en théorie, d’échapper aux bactéries et virus. Je dis « en théorie » car tout n’est pas garanti à 100 %, loin s’en faut et il faut souvent une bonne cure d’antibiotiques pour enrayer les infections.

On verra bien, on ne va pas pleurer avant d’avoir mal. Les réactions des malades sont un grand mystère d’après Doc Sylvie. On ne sait pas pourquoi tout se passe bien pour certains patients et pourquoi tout va de travers pour d’autres, souvent en déjouant les pronostics initiaux. Mais tout le monde veille au grain, y compris le malade qui doit signaler toute sensation bizarre ou toute impression de fièvre. Ce sera une surveillance 24 /24, avec plusieurs passages dans la nuit car tout peut se déclencher rapidement.

Même pas peur – mais lucide, car la peur n’évite pas le danger. Il faut juste rester à l’écoute de son corps et éviter de trop sombrer avec les médicaments. Il paraît que l’on passe son temps à dormir en journée, sans doute aussi car la nuit est hachée par les visites. Mes articles ne seront certainement pas aussi réguliers.

Je voulais profiter de ce dernier passage en 2024 pour remercier très sincèrement celles et ceux qui me lisent (j’ai vu que l’on me lit aux USA, en Suède, en Belgique, en Irlande ou en Allemagne, mais surtout en France, évidemment). Je n’ai pas la prétention d’être un super blogueur, déjà je me bats pour trouver toutes les fonctions qui pourraient rendre le site plus attrayant, je ne suis pas doué. Mais vous qui me lisez, occasionnellement ou régulièrement, je tenais à vous dire que vous me permettez d’avancer, de surmonter les moments de doute, de retrouver la capacité de rire de ses propres déboires. Vous avez bien aimé « Cruchotte » et « Harry Covert », et moi aussi, finalement, je finis par m’y attacher, car nous avons tous nos imperfections et nos hésitations, c’est ce qui nous rend humains.

Je ne vous présente pas encore mes vœux, ce sera pour demain, mais en toute sobriété. Là, on va commencer le compte à rebours ensemble jusqu’à minuit. Profitez bien et soyez prudents si vous prenez la route.

Je vais éviter les chansons qui restent trop longtemps en tête et j’ai choisi d’évoquer les mots bleus… Vous vous souvenez ? Quand il est six heures au clocher de l’église et que dans le square les fleurs poétisent…

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