Tic-tac, tic-tac, le temps s’écoule inexorablement. Il paraît que le temps ralentit quand on vieillit, je peux vous assurer que c’est faux. Tu t’endors en septembre et tu te réveilles en décembre.
Bon, en septembre, j’étais en forme encore quand Doc Jérôme m’annonçait qu’en fait je ne l’étais pas tant que ça et que je m’en rendrais compte tôt ou tard. Briseur d’illusions, cher Doc Jérôme. S’il n’y avait pas eu ces fichues prises de sang, j’aurais continué mon rêve. J’aime bien rêver, je rêve toutes les nuits, souvent des rêves très bizarres, voire effrayants mais je lutte toujours pour me tirer des situations inextricables dans lesquelles Morphée me place. Cela donne un sommeil agité, des grognements, des protestations dont profite Michel. Cela ne le réjouit pas toujours, évidemment.
Je ne sais toujours pas de quoi sera fait demain, ou après-demain. Quand je consulte ma boule de cristal, elle se contente de faire « tic-tac » comme une bombe à retardement. J’aimerais, si possible, avoir quelques jours de répit, sans que rien ne se passe, au moins jusqu’au 26 décembre. Si ce n’est pas trop demander, hein, je ne voudrais pas abuser, cher Père Noël. Apportez-moi juste quelques journées ordinaires, où le temps s’écoule tranquillement, comme chez les vieux, quitte à me dire « Cette journée est interminable ! » L’ennui est bon pour le cerveau qui en profite pour s’échapper et vagabonder dans les steppes de Mongolie ou dans des forêts enchantées. J’ai la chance de pouvoir rêver le jour aussi. Je me promène à Lanzarote, je me perds dans les rues d’Arrecife, je parcours la montagne crétoise ou alors je me représente les paysages enneigés de l’Aubrac, les ciels tourmentés d’Irlande ou les jardins de Blanes en Catalogne. J’ai l’esprit voyageur, je suis un vagabond de l’imaginaire, mais un imaginaire qui existe réellement quelque part.
« Et ta jambe ? » me direz-vous. Eh bien, nous ferons le point à la fin de la semaine, donner trop d’importance à l’alien risque de le conforter dans ses fantaisies. C’est un peu comme un gamin dont les parents s’extasient de ses grimaces et paroles déplacées alors qu’il conviendrait de le remettre en place.
Je vais regarder les infos du matin, je me doute que c’est encore dramatique, qu’il va falloir supporter les déclarations déplacées des uns et les sottises des autres, du style « L’état n’a rien fait pour empêcher le cyclone à Mayotte ». C’est le genre de déclarations qui aident grandement les populations locales.
Laissez-moi rêver, encore un peu…


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