Conséquences de l’érysipèle

Non, je ne vais pas reprendre mes séquences de français quand j’étais prof et que je rusais à l’aide d’exemples tous plus drôles les uns que les autres pour aborder cette notion essentielle. Les mômes, si tu ne les fais pas rigoler, ils n’ont pas vraiment envie qu’on les bassine avec ça.

Donc mon érysipèle a des conséquences : physiques, médicales et stratégiques. C’est un peu comme un poil suspect que l’on retrouve sur la crème anglaise de son fondant au chocolat : ça ne donne plus envie de le savourer. Du côté conséquences physiques, je dirais que c’est un peu mieux aujourd’hui. La fièvre a enfin reculé. Je reste prudent, car je connais ces replis stratégiques où on croit que tout est terminé, et on se retrouve deux jours plus tard en train de grelotter (j’avais tapé distraitement « galoper ») sous la couette. Mon organisme immunodéprimé fait ce qu’il peut avec ce qu’il a et il n’a plus grand chose ! Du côté médical, mes neutrophiles sont tombés à 0,06 G/L et c’est comme si je n’avais plus rien.

Ce matin, à 9 h, l’infirmière coordinatrice du service d’hospitalisation de jour m’a appelé afin d’avoir les dernières infos. Elle est très gentille et compréhensive et elle a donc pris en note ce que je lui disais en prenant en compte ma situation : « Nous allons rediscuter avec les médecins de votre hospitalisation prévue le lundi 9 décembre, mais ils vont certainement proposer un report ». J’ai poussé un ouf de soulagement. L’infirmière m’a ensuite dit qu’elle me rappellerait en début d’après-midi pour me faire part des décisions.

C’est ce qu’elle a fait vers 14 h 30 alors que je flemmardais dans le lit après une bonne sieste. « M. Macron, le médecin a jugé impossible de vous faire démarrer la cure de Vidaza lundi. Vous avez eu une infection très sérieuse et vous serez encore sous antibiotiques. De plus, votre niveau de globules blancs est extrêmement faible et il serait dangereux de le faire baisser encore avec le Vidaza. Nous vous avons reprogrammé pour le 26 décembre ». Elle me précise, suite à mon interrogation, que la suite de la cure aura lieu en HAD (hospitalisation à domicile), avec le jour 1 de la cure au CHU.

En revanche, elle n’avait aucune info concernant une date pour la greffe. Je finis par me demander si cette greffe se fera un jour. Je sais qu’il y a toujours dans la balance les risques d’un côté et les bénéfices de l’autre. Si mon état est trop dégradé, l’option sera abandonnée et, dans ce cas, il me restera quelques semaines ou quelques mois avant de faire mes adieux. Même chose pour le Vidaza : si les risques sont trop importants, la cure peut être interrompue. Je vous lâche ça façon « brut de décoffrage » mais il faut appeler un chat un chat. Je sais moi même que je ne suis pas sur la pente ascendante même si je me sens beaucoup mieux aujourd’hui. Le moindre virus qui passera par la porte aura vite fait de me ramener à la raison. Du côté des greffeurs, c’est le silence total. Michel n’aime pas ça, et moi non plus à vrai dire.

Donc, pendant que vous vous remettrez de vos agapes, que vous terminerez les restes des différents repas et que vous vous mettrez à ranger vos intérieurs dévastés, je me lèverai à 6 h, pour un départ matinal afin de ne pas se retrouver coincés dans les encombrements.

Je dédie la chanson à Christophe, qui m’a promis de la passer en boucle chez lui pendant le réveillon, déguisé en canard, évidemment, ainsi que le 25 décembre. C’est un défi qu’il a lui-même initié et il me semble juste qu’il en paie les conséquences (cf. début de l’article).

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Réponse

  1. Avatar de Valéry Sauvage
    Valéry Sauvage

    Pour continuer avec les jeux de mots vaseux :
    C’est quand l’hérésie pèle…

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