Je préviens mes lectrices et lecteurs avec des âmes sensibles, je ne veux pas angoisser qui que ce soit, mais depuis hier, force est de constater que mon état s’est brusquement dégradé. Donc, Annick, Françoise et toutes celles et ceux qui se font trop de soucis pour moi, attendez l’actualisation de la soirée, ou l’article de demain, honnêtement, je ne vous en voudrai pas.
La bonne nouvelle, c’est que j’ai passé la nuit, avec des passages compliqués, des périodes de réveil où je m’imagine dans les sous-sols du CHU, côté scanner. On me dit (c’est un délire éveillé, pas un rêve) : « On vous laisse dans le couloir, c’est archi bondé ! ». Je réclame mon téléphone : « C’est inutile, vous savez bien qu’il n’y a pas de réseau ! » J’essaie de changer de position pour soulager ma jambe – je viens de dire à Michel que je dois avoir un alien à l’intérieur – mais Doc Benoît va rigoler. Bref, je repars dans mon délire éveillé : je vois arriver des brancards, plein de brancards, mais toutes les personnes sont recouvertes d’un drap estampillé CHU Angers jusqu’au visage. Un type vient me voir, il commence à relever le drap, j’appelle « Maman ! » et je grogne un grand coup, là je crois que j’ai rêvé un peu. Pendant que je me réveille, avec cette douleur atroce qui me bouffe la jambe, j’imagine la suite du rêve : « Les mecs appellent toujours leur mère quand ils vont mourir, donc il va y passer ! ».
C’est charmant, je râle un grand coup, je regarde l’heure : c’est bon, je peux me lever et aller faire pipi dans le flacon ECBU et jouer au petit chimiste. Sauf que ma jambe ne veut pas suivre… évidemment, je réveille involontairement Michel qui vient à la rescousse. Pipi bocal, manip avec le tube et prise de température : 38.6. C’est à peine mieux que le 39 d’hier soir. Donc je prends un premier doliprane.
Hier, j’ai eu l’infirmière du service d’hospitalisation de jour, qui m’a rappelé gentiment la procédure (j’ai un document et une ordonnance). « Faites pipi dans le kit ECBU demain matin, ensuite, démarrez votre traitement antibiotique. Ce serait bien que vous voyiez votre médecin, je vous rappelle vendredi pour prendre de vos nouvelles, c’était prévu de toute façon ».
J’appelle donc la maison médicale, je sens la fièvre qui monte (je claque des dents, c’est pas pratique pour s’expliquer). Au bout d’une heure, j’ai la secrétaire qui me propose un R.V pour la fin de matinée, aujourd’hui, à 12 h 30. Elle me demande en quoi consiste l’urgence et je me mords les joues pour ne pas répondre « Bah je vais crever ! ». Mais elle est très compréhensive et j’oublie d’être désagréable.
Ensuite, j’ai appelé le cabinet infirmier et Pauline a calé la prise de sang obligatoire pour le milieu de matinée, avec plein de mots gentils, parce que tout le monde commence à penser que ça prend une sale tournure.
Ce soir, quand j’aurai les résultats, je rédigerai un complément si je suis en état de le faire. Parfois, le résultat arrive très tard dans la soirée, donc ne soyez pas inquiet si j’ai la flemme de rédiger quelque chose.
Je vous embrasse, je vais essayer de mater l’alien qui a pris possession de ma jambe gauche et démarrer les antibiotiques au petit déjeuner.
Soyez sages !
Mon héros, et maintenant, je partage avec lui cette douleur atroce à la jambe :


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