« Bon, asseyez-vous en silence et ouvrez vos répertoires ! Sylvaine, arrête de papoter avec Françoise, et Asma, ne me dis pas que tu as encore oublié ton répertoire … Comment ? Tes élèves t’ont fait une blague ? Je vais t’en faire une aussi moi, apporte ton carnet de correspondance ! Voilà. Je verrai ce que j’en ferai à la fin de la séquence « agranulocytose ». Vous devriez tous prendre exemple sur Nicole, Chantal et Annick qui sont studieuses et toujours assidues ! Mag, tu veux bien ranger ta bouteille de flotte, STP ? »
C’est fou hein, prof un jour, prof toujours ! Donc pour que vous puissiez noter dans vos répertoires la définition exacte, il faut que je vous la donne, sinon vous allez devoir chercher, vous avez autre chose à faire, déjà bien beau que vous suiviez mes élucubrations quotidiennes.
L’agranulocytose est le stade critique où les neutrophiles passent en-dessous de 500 G/L. Si vos neutrophiles sont trop bas, on parle de neutropénie, s’ils arrivent dans vos chaussettes en baissant encore plus, on parle d’agranulocytose.
Maintenant, il reste à savoir pourquoi : d’après ChatGPT, pas d’affolement, il s’agit très probablement d’une conséquence du Vidaza qui ne fait pas bien la distinction entre les bonnes et les mauvaises cellules, il préfère utiliser un fusil d’assaut pour éliminer le plus de cellules problématiques. Pendant ce temps, les plaquettes sont épargnées et vivent leur meilleure vie depuis longtemps avec un chiffre de 195 G/L. L’hémoglobine est juste au-dessus du seuil où on déclenche l’alerte pour une transfusion en urgence.
Alors, bande de petits curieux, vous allez me demander ce que ça provoque si on est en agranulocytose. Non ? Eh bien je vais vous le dire quand même ! Les granulocytes, et notamment les neutrophiles, luttent contre les infections. Ils sont en quelque sorte les garants de votre système immunitaire. Si leur taux diminue ou s’effondre, comme pour moi, vous entrez dans une zone rouge qui concerne tous les microbes, même les plus bénins : un rhume peut me tuer, une gastro également, et le plus redoutable, ce sont les bronchites ou infections pulmonaires fongiques, voire une infection urinaire foudroyante. Donc pas de bisous, pas de contacts, confinement, masque si sortie en extérieur etc. M’en fiche, j’ai pas envie de faire de bisous !
L’antidote : les médecins savent que ce genre de situation est courant, enfin, ils savent que ça peut arriver, donc j’ai une ordonnance avec un antibiotique à très large spectre (j’ai la boîte) et une analyse d’urine à effectuer en urgence (j’ai le petit pot à pipi).
Je me laisse un peu de réflexion, pas trop car le labo est fermé désormais tous les après-midis ; ils font des économies au détriment de la santé des patients, et ont dû parallèlement sérieusement dégraisser leur personnel, ou les envoyer ailleurs. C’est un groupe privé, ils font ce qu’ils veulent…
Je vais vous trouver une jolie chanson pour alléger mon propos :
Paroles
Comme on s’endort
Calme et sans penser à rien
En fermant les yeux très fort
Vivre
Il fait beau, je sors
Je trouverai le bon chemin
Et je me sens mieux dehors
Vivre
Les fleurs et les animaux
Sont tous un peu de ma famille
On est tous partis de rien
Vivre
Torrents, ruisseaux
Faites, faites, faites couler l’eau
Regardez comme on est beau
On veut vivre
Plantes, plantes, grimpez
Sève rentre dans nos corps
Venez danser sur la mort
Et vivre
Soleil, terre, forêt, les plaines
Entrez dans le sang de nos veines
Nous devons devenir forts
Nous devons vivre
Di-dum-di-dum-di-da
Les tambours et les drapeaux
Il ne nous reste qu’un mot
Vivre
Petit caillou dedans ma main
Pleure ton pauvre destin
Tu pleures parce que tu voudrais bien
Vivre
Dieu, Dieu, écoutez-nous
Nous relevons votre défi
Et nous lançons notre cri
Vivre
Planètes inhabitées
Les grands cailloux de l’univers
Écoutez la folie de la Terre
Vivre
Vivre
Maintenant vivre


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