J’ai récemment regretté le fait que certains examens restent « secrets » pour le patient. Le 13 novembre, j’avais passé un scanner dont je garde un souvenir mitigé puisqu’il s’est terminé par un malaise avec nausée et vomissements. Un vrai plaisir.
D’habitude, tout se déroule bien. Mon imagination débordante me permet d’imaginer que je vais passer dans un univers parallèle, mais la dernière fois, je n’étais pas d’humeur, à jeun depuis la veille au soir alors que le scanner était programmé à 11 h 15. Bref, un mauvais souvenir.
En 2021, pendant la période « COVID sévère », j’avais eu pas mal de scanners et de radios. Jusqu’au jour où le médecin a dit « On va se calmer sur les scanners car on va finir par vous irradier ». Je tenais à peine sur mes jambes, mais je n’avais pas pour autant fait de malaises. On me basculait du brancard sur la table d’examen, et tout se passait bien. J’étais en quelque sorte la mascotte du service et l’équipe rédigeait certainement de longues pages sur l’état de mes poumons, tellement abîmés que l’on se demandait s’ils allaient pouvoir fonctionner sans apport d’oxygène un jour. Et puis tout s’était calmé avec une cure de cortisone destinée à soigner ma maladie orpheline, le syndrome d’Evans. Quand je me passe en revue tous ces épisodes, je suis souvent pris de fous-rires nerveux tellement les risques de développer cette maladie sont infimes. Doc Mickael (le pneumologue aux magnifiques yeux bleus) avait été surpris de la vitesse à laquelle mes poumons avaient retrouvé leur fonction initiale, j’avais pu arrêter les apports d’oxygène à domicile mais il m’avait prévenu « Des poumons qui ont été tellement abîmés resteront fragiles à vie, si vous avez une bronchite qui résiste aux antibiotiques, ne perdez pas de temps ; prenez rendez-vous avec moi ! »
À part quelques périodes de toux sans caractère de gravité, je n’ai pas eu besoin de revoir Doc Mickael que j’appréciais car il détaillait comme personne l’imagerie du scanner en me montrant l’évolution de mes poumons.
Mais revenons au présent : hier matin, vers 8 h, je reçois un SMS du CHU m’indiquant que mes résultats sont en ligne, c’est bien la première fois que je suis notifié en ce qui concerne le scanner. L’accès n’est pas compliqué, on se connecte avec sa date de naissance et un code envoyé par SMS. Et là, j’ai accès aux images et surtout au compte-rendu. On a scanné les sinus, pour éliminer toute suspicion d’infection : RAS du côté sinus. Les choses se compliquent quand on passe aux poumons : on y voit des micronodules et des lésions emphysémateuses, mon amie I.A me confirme que ce sont des séquelles « COVID »:
Votre antécédent de COVID sévère en 2021, associé à une atteinte pulmonaire, peut très bien expliquer la présence de micronodules pulmonaires observés sur le scanner. Le COVID-19, en particulier dans sa forme sévère, est connu pour causer des lésions pulmonaires prolongées, qui peuvent se manifester sous forme de cicatrices ou de nodules résiduels.
Liens possibles entre le COVID sévère et les micronodules :
- Cicatrisation post-inflammatoire :
- Les infections virales sévères comme le COVID-19 provoquent souvent une réponse inflammatoire importante dans les poumons. Cela peut laisser des nodules résiduels ou des zones de fibrose (cicatrices).
- Ces nodules sont généralement bénins et stables dans le temps, comme cela semble être le cas ici.
- Granulomes inflammatoires :
- Dans certains cas, l’inflammation intense peut entraîner la formation de granulomes (amas de cellules immunitaires). Ceux-ci apparaissent parfois sous forme de micronodules.
- Séquelles d’une pneumonie COVID :
- Une atteinte pulmonaire sévère peut laisser des nodules associés à des lésions précoces (opacités en verre dépoli qui se transforment en fibrose ou en nodules résiduels).
- Persistance de lésions post-COVID :
- Des études ont montré que certains patients conservent des anomalies pulmonaires plusieurs années après une infection sévère. Ces lésions ne progressent pas nécessairement, mais elles sont visibles à l’imagerie.
Points de vigilance :
Bien que les micronodules semblent ici liés à votre COVID sévère de 2021, il reste important de surveiller leur évolution. Cela est particulièrement pertinent dans votre contexte de pathologies hématologiques, car une surveillance régulière est essentielle pour distinguer des séquelles bénignes d’autres causes potentielles (comme une infection chronique ou une infiltration pulmonaire rare).
Conclusion :
Votre antécédent de COVID sévère est probablement une cause majeure des micronodules pulmonaires stables observés au scanner. Il est rassurant qu’ils n’aient pas évolué depuis deux ans, indiquant qu’ils sont résiduels et non progressifs. Toutefois, une surveillance régulière sera certainement maintenue par votre équipe médicale pour s’assurer qu’aucun changement n’apparaît.
C’est le premier point. Le reste est normal, sans adénopathies ou anomalies, sauf la rate qui est toujours de taille augmentée (alors on va éviter « T’as la rate qui s’dilate » parce que je l’ai déjà entendu mille fois), le foie est également de taille imposante : Doc Jérôme m’avait expliqué qu’il a énormément de travail lorsqu’il doit éliminer les globules rouges qui meurent prématurément, donc il est en surchauffe mais sans caractère inquiétant et sans nodules.
Conclusion :
- Splénomégalie significative (18,9 cm), probablement liée à votre hémopathie, mais stable par rapport aux examens précédents.
- Absence d’infections profondes, ce qui est une information rassurante avant l’allogreffe.
- Hépatomégalie homogène non dysmorphique.
Cette splénomégalie est importante en termes de taille et doit être surveillée. Elle peut être une conséquence de l’hémopathie et de l’hyperactivité de la rate dans ce contexte.
Si vous avez des questions supplémentaires ou souhaitez approfondir certains points, je reste à votre disposition.
En fait, depuis 2019, la rate n’a jamais été normale aux examens, je m’en aperçois souvent lors de la digestion car elle comprime d’autres organes qui protestent souvent.
En soi ce n’est pas grave tant que l’on ne voit pas d’autres anomalies, mais ce sont les points de vigilance qu’il va falloir surveiller de près au moment de la greffe : poumons, foie et rate.
J’ai eu des nouvelles d’un camarade d’infortune sur le forum « Ellye » où nous échangeons souvent. C’est là d’ailleurs que je peux relativiser mes « misères médicales », certains malades vivent des situations cauchemardesques, sans parler de l’angoisse des parents lorsque leurs gamins sont touchés par des hémopathies virulentes, et malheureusement parfois létales.
Pour en revenir à mon pote, il a eu sa greffe voici quelques semaines ; tout s’est bien déroulé et il est rentré chez lui mais il se trouve dans un état de fatigue extrême : il dort 18 h par jour, a très peu d’appétit et redoute la visite hebdomadaire au CHU. Tous les malades sont convoqués à 9 h pour le suivi de greffe, mais l’ordre de passage est déterminé non par l’ordre d’arrivée, mais par les priorités ou urgences. On peut donc attendre son tour pendant plusieurs heures.
Michel me faisait remarquer hier soir que Doc Sylvie m’avait fait part de ces dispositions. Heureusement qu’il est présent aux consultations car mon cerveau avait déjà oublié l’info.
Comme vous avez été sages, je vais essayer de vous trouver une chanson apaisante… Je reviens après !
Voilà, j’ai trouvé, maintenant, vous allez vous déhancher toute la journée !


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