Cela va être terrible : la météo nous a prévenus et le « stagiaire » a failli avaler son micro en bafouillant : il va faire froid, il risque de neiger aussi : si, si, si, pendant une très longue période de trois journées maximum. Ici, en Anjou, ce sera terrible, surtout si une fine pellicule de neige parvient contre toute attente, à se maintenir quelques heures au sol. L’Angevin ne sait plus conduire quand il aperçoit trois flocons de neige, tellement peu habitué à en voir ! Ah, la douceur angevine chère à du Bellay, le ciel bleu ardoise et souvent laiteux de notre belle région sont tellement ancrés dans nos habitudes que la neige, et le froid, paraissent incongrus. Alors, imaginez un peu la panique lorsque la Loire charrie des glaçons !
Bref, heureusement, c’est la dernière double injection de Vidaza au CHU pour cette deuxième cure. Hier, RAS : pas de vomissements, juste un petit train de fièvre habituel. L’infirmière était étonnée que je sois au courant de ma situation médicale. Je venais d’évoquer avec elle le fait que mes globules jouaient aux vases communicants et je lui ai précisé que je surveillais la baisse de mes polynucléaires neutrophiles en prenant ma température régulièrement : rien n’est plus sournois qu’une neutropénie fébrile. « Ah mais, vous avez de sacrées connaissances ! » « Forcément, avec toutes les aventures que j’ai traversées, je me suis formé sur le tas ! ». J’imagine que beaucoup de patients ne veulent rien connaître de leur maladie et ne consultent pas les résultats des labos, soit parce qu’ils n’en ont pas envie, soit parce qu’ils sont incapables de faire la différence entre un globule rouge et un globule blanc. En ce qui me concerne, j’ai toujours essayé de comprendre comment fonctionnait mon petit corps de rêve, surtout quand il se dérègle. Ce genre de maladie est invisible, sauf pendant la période « chimio » que vous passez de toute façon en chambre stérile. Et même, le jour où je perdrai mes cheveux, personne ne s’en apercevra !
Sinon, tout est calme du côté de Doc Sylvie ou de Nelly, l’infirmière de coordination. Cela ne va pas durer, je les connais ! Il reste encore un peu de temps avant la fin de la semaine et Nelly est bien capable de m’appeler. Je les imagine, toutes les deux penchées sur l’ordinateur, ourdissant de sombres complots pour récupérer ce fichu greffon. Et quand elles seront prêtes, j’aurai intérêt à m’extirper de mon fauteuil. En attendant, je passe le temps en regardant d’excellentes séries anglaises en « replay » sur Arte, je vous en parlerai un jour si vous êtes gentils et si vous explosez les scores de « nombre de visiteurs ».
Couvrez-vous bien, ressortez vos bonnets et vos écharpes. J’ai dit à Michel que nous ferions une bataille de boules de neige : « Tu n’as pas le droit, tu attraperais la crève. Tu resteras ici, au chaud ! »
Même pas drôle !



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