L’attente

La greffe est prévue pour la fin du mois de novembre, le 28 ou le 29 si le donneur (ce sera une donneuse) est disponible. D’ici le 12 novembre, date des premiers examens pré greffe, il ne va pas se passer grand-chose. Je devrais d’ailleurs envisager tout cela au conditionnel : il suffit que je sois un peu affirmatif et tout se déglingue. Je peux par exemple être appelé en urgence si l’hémoglobine baisse trop ou si les plaquettes poursuivent leur descente aux enfers : « Je viens pour la révision des plaquettes » !

Un nombre insuffisant de plaquettes complique singulièrement les choses en cas de saignement et une coupure banale avec un couteau, en tranchant le rôti dominical, peut transformer la cuisine en scène de crime, genre « Massacre à la tronçonneuse ». Doc Sylvie m’a dit qu’à la limite, elle préfère les saignements qui se voient : un bon saignement de nez qui vous fait passer une demi-heure avec une mèche de Coalgan dans la narine est moins grave qu’un saignement sournois et continu dans votre cerveau ou dans l’abdomen. Voir ou ne pas voir, telle est la question !

Les neutrophiles sont aussi à la fête en ce moment et déclarent forfait avant la bataille. Bon, de toute façon ils sont « dysplasiques » c’est à dire qu’ils ont une série de déformations qui les rendent plutôt inefficaces, ce n’est pas du 100% de globules moches mais les vaillants petits soldats qui restent intacts ont fort à faire pour protéger mon organisme des infections, c’est sans doute pour ça que j’ai une poussée de fièvre quotidienne en cours d’après-midi, un microbe banal a dû trouver que le milieu lui convenait bien et tente quelque chose. Ce n’est pas trop inquiétant pour le moment : un Doliprane l’après-midi, un autre avant d’aller au lit et je parviens à rester debout sans claquer des dents, enfin, la plupart du temps.

J’essaierai de vous expliquer prochainement ce qu’est une myélodysplasie. C’est un terme que j’avais vu en faisant des recherches sur la LLC (leucémie lymphoïde chronique) et sur les effets possibles de la chimio. Je m’étais dit alors (cela remonte à quelques années) : « Oh là là, quelle saleté ! »

Je confirme…

Tiens, je vous ai parlé de « Massacre à la tronçonneuse », c’était mon délire le soir du 31 alors que les gamins sonnaient régulièrement à la porte pour avoir des bonbons. J’ai dit à Michel : « Je devrais leur ouvrir, avec la tronçonneuse à la main, les gants et la visière de protection ». Torse nu, avec mes hématomes bien visibles, j’aurais eu du succès. Bien entendu, cela ne s’est pas fait, parce que c’était un délire de dernière minute, mais l’an prochain… Sait-on jamais ?

Vous voyez, je me projette dans l’avenir !

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